‹ Géographie géneraleChapitre 173 sur 376 · II. Italiennes. — Compagnie Floiuo-Ru · texte numérisé non relu

II. Italiennes. — Compagnie Floiuo-Ru

BATTINO :

Ports d'attache: Marseille, Gênes, Livourne.

Civita-Vecchia, Naples, Païenne, Hrindisi et Venise.

Pays desservis : Corse, Sardaigne, Sicile, Tunisie, (irèce, Constantinople, Kclielles du Levant, Port-Saïd et Alexandrie,

III. Autrichiennes. — Lloyd Austro-Hongrois {Méditerranée orientale) :

De Trieste et de Fiume aux ports de Grèce, de l'Archipel, à Constantinople, aux [unis de la nier Noire, à Smyrne, aux Echelles, à Port- Saïd et à Alexandrie.

EUnOTTî

vwv. Aspect sônn-al. — La Méditerranée s'allonge profondément entre des terres très rapprochées, et présente un grand nombre de bassins distincts.

C'est presque un lac; elle ne communique avec l'Atlantique que par la passe étroite de Gibraltar, ouverte par Hercule, disaient les anciens, en réalité par l'action des ilôts, à une époque géologique relativement récente.

^•~ Le I»a«.»*iii occidental* — Entre la Sicile et Tunis, un détroit resserré fait de la parlie de la Méditerranée comprise entre l'Espagne, laFrance, l'Italie et les pays Barbaresques, un bassin occidental que commandait autrefois Carthage, et que l'Angleterre commande doublement aujourd'hui par Malte et Gibraltar. La protection de la Tunisie donne aussi à la France une bonne position sur ce passage.

^^ L<e bassin oriental. — A l'est de Tunis et de la Sicile, un nouveau bassin méditerranéen s'allonge en rectangle jusqu'à la côte syrienne, entre le pied de l'Italie, les pointes de la Grèce, et l'Asie Mineure d'une part, d'autre part l'Egypte la régence de Tripoli et la Tunisie. C'est la parlie la plus importante de la Méditerranée, et comme le carrefour de touLes les mers qui la composent.

Par le canal de Malte (entre la Sicile et la Tunisie), elle communique avec le bassin occidental ; par l'Adriatique, elle pénètre dans l'intérieur du continent, jusqu'au pied des massifs alpestres ; par l'Archipel, elle s'allonge jusqu'à la mer de Marmara et à la mer Noire ; le golfe d'Alexandretle est tout près de l'Euphrate supérieur qui conduit au golfe Persique et aux Indes (p. 155).

Enfin, un français, M. de Lesseps, a ouvert la roule de la mer Rouge et de l'océan Indien en perçant le canal de Suez.

Un problème politique qui est toujours à résoudre, la « question d'Orient, » doit une partie de son importance à la situation de cette Méditerranée orientale : il s'agit de maintenir l'équilibre entre les puissances européennes qui y sont établies, et d'en interdire l'accès à une nouvelle : la Russie.

vwv. Ua. mer Noire. — LaRussie, en effet, n'a de côtes que sur le troisième bassin méditerranéen, la mer Noire, qui est isolée de la grande mer par une série de passages très resserrés : les Dardanelles, la petite mer de Marmara et le Bosphore. Constantinople est la clef de ces passages : nouvelle Carthage orientale, niais plus forte que celle-ci à cause de l'étroitesse du Bosphore, die ferme la nier Noire.

Tant que Constantinople sera aux Turcs el sous la sauvegarde des puissances occidentales, les Russes ne pourront exercer d'influence sérieuse sur la Méditerranée :

de là leurs tentatives réitérées pour s'emparer du Bosphore.

wn/>. lia Méditerranée dan»

rantiffuité. — La Méditerranée, aux

horizons bornés, où les navires ne pouvaient perdre bien longtemps de vue la terre ferme, se prêtait à souhait à la navigation imparfaite des anciens.

Les Grecs, postés au centre même de la Méditerranée orientale, y enlevèrent promptement la suprématie aux Phéniciens, qui n'avaient que des comptoirs côtiers; peu à peu ils allèrent s'établir sur les rives de la mer Noire, et sur celles de la Méditerranée occidentale, où ils colonisèrent Naples, Marseille et les côtes de l'Espagne. Ils firent enfin de la Sicile une île grecque. Cette île, d'une importance capitale par sa situation entre les deux mers, servit de champ de bataille aux Romains et aux Carthaginois : le peuple vainqueur devait avoir l'empire de la Méditerranée. C'est aux Romains qu'il échut, et leur domaine n'eut en réalité d'autres limites que celles de la Méditerranée ellemême.

La Méditerranée an moyen âge. — Au moyen âge, lorsque le commerce des Indes se fut développé, par l'intermédiaire des Arabes, avec les ports de Syrie et d'Egypte, Venise, située au fond de l'Adriatique, véritable port de l'Europe centrale, atteignit une prospérité inouïe. Elle ne la perdit que lorsque les Portugais, ayant doublé le cap de Bonne- Espérance (p. 18 et 19), eurent ouvert par l'océan Atlantique une communication maritime directe avec l'Hindoustan.

Quant à Gênes, sa rivale d'un moment, dont les colonies principales étaient dans la mer Noire, la prise de Constantinople par les Turcs lui fut un coup mortel.

•va-v/v I/Angrlctcrre dans la Méditerranée. — Aujourd'hui le percement, de l'isthme de Suez a fait de la Méditerranée la véritable route des Indes. Elle n'est plus seulement l'intermédiaire naturel entre les peuples de l'Europe méridionale, de l'Asie Mineure et de l'Afrique du Nord, elle est le premier tronçon du chemin de l'extrême Orient.

Aussi l'Angleterre qui veut communiquer librement avec sa grande colonie de l'Hindoustan attache-t-elle une importance extrême à la possession de la Mi diterranée : elle la tient par Gibraltar, Malte, Chypre ; elle veut s'établir aujourd'hui en Egypte, malgré l'Europe, et, par Périm et Aden (p. 155), elle ferme et ouvre à son %vé la mer Rouge, qui n'est plus qu'une annexe de la Méditerranée.

■v/wn. I^a Grèce et l'Italie dan* la Méditerranée. — - Semblables à deux jetées allongées vers l'Egypte et la route de Suc/, la Grèce et Y Italie sont, connue autrefois, des puissances méditerranéennes de premier ordre. Elles sont bien placées pour le transit des voyageurs et des

marchandises précieuses, qui préfèrent les routes de terre aux routes de mer : Brindisi, en Italie, remplace déjà Marseille comme tête de ligne de la mails anglaise des Inde». Ce sera sans doute un jour le tour du Pire .

-vw\ Ijtt, France dans la Médîterranée.— Mans la Méditerranée occidentale, la puissance prépondérante est la France. Ses deux ports de Marseille et d'Alger la dominent au Nord et au Sud; par l'occupation et le protectorat de la Tunisie, sa force s'est singulièrement accrue. Elle est maîtresse aujourd'hui de la situation de Carthage : elle peut neutraliser en parlie l'importance de la position italienne de Cagliari (Sardaigne) par celle de Bizerte (Tunisie), et la position anglaise de Malle par celle de Tunis.

Bizerte. — Bizerte est une ancienne colonie phéni

cienne (Zaritus). Entourée de murailles d'un blanc éblouissant, elle est assise au bord des flots, au fond d'un arc immense qui s'étend entre la masse éclatant; du cap Blanc au nord-ouestetlecapZébib au sud-est. La baie, largement ouverte, est exposée aux. coups de vents du nord et du nord-est : mais ces vents soufflent rarement, et seulement en hiver. La côte sablonneuse se prolonge en pente douce sur les flots ; mais on trouve des profondeurs de 4 mètres près de la jetée, de 1 mètres à une distance de 80 mètres, de 10 mètres à 300 mètres, etc. Il suffirait de quelques dragages pour approfondir l'entrée du port; la rade est naturellement accessible aux plus gros navires.

Le port actuel de Bizerte ne mérite pas ce nom ce n'est qu'un canal avec un quai étroit formé de grosses pierres, que bordent des échoppes et où de vieux canons de bronze, rongés par les vagues, servent à amarrer quelques barques et quelques bateaux, de pêche.

Sur la rive droite, entre le canal et la mer, dans une sorte de presqu'ile plate et sablonneuse est le fort de la Chaîne, ainsi nommé parce que c est de là que partait la chaîne qui fermait autrefois l'entrée du port. Dans l'île qui n'a guère plus de 400 mètres de long, s'élèvent la petite mosquée, le palais du gouverneur, les consulats et quelques maisons à l'européenne. Sur la rive gauche du canal s'étend en pente douce la ville proprement dite, la ville arabe, avec ses ruelles étroites et sali s ses maisons cubiques blanchies à la chaux, sa kasbah, sorte de cité militaire entourée de murailles crénelées, sa grande mosquée que domine un minaret effilé. Les murailles de la ville sont délabrées; elles s'avancent en pointe au nord-ouest jusqu'au fort d'Espagne, sur une colline peu élevée, mais qui domine toute la plage. Hors des murs, vers la mer, au nord de la kasbah est le quartier des Andalous, encore plus sale et plus misérable que les autres.

Malgré son aspect pittoresque et sa riante ceinture de jardins, la ville de Bizerte tninbaiten ruines en 1881. Elle a pris déjà un meilleur aspect et elle pourra retrouver son ancienne prospérité, grâce au rétablissement do l'ordre, de la sécurité et d'une sage administration : car elle est le débouché naturel d'une région riche et fertile, surtout en blés et en olives.

Mais l'importance véritable que l'avenir lui réserve tient à ce qu'elle sera tôt ou tard un grand port militaire, un Toulon tunisien. Ce port est tout creusé d'avance; il e-t formé par le lae qui s'étend derriéru la ville, sur une longueur de 13 kilomètres, sur une largeur de !) a 10, avec des profondeurs de 12 à treize mètres, il pourrait abriter contre tout danger dérober mémo 6 la vue de l'ennemi les Hottes les plus nombreuses. Il suffirait d'un chenal de soo métros creusé dans le sable au sud do la ville, pour le mettre eu communication directe avec la mer; car le canal actuel ne saurait être aisément utilisé. Il communique lui-même au sud-ouest avec un antre lac près duquel est située la ville de Mateur.

Page 1