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PRÉFACE

Les ouvrages de géographie générale ne manquent point en France, et celui-ci serait-il meilleur que d'autres, s'il devait leur ressembler, nous aurions été à coup sûr téméraire de l'entreprendre et nous aurions eu tort de le publier. La seule raison d'être de ce volume est d'avoir été conçu d'après un type nouveau. Ouvrez un traité ou un dictionnaire de géographie, vous y trouverez rarement des cartes et, s'il y en a, elles sont en très petit nombre. Feuilletez un atlas, le texte explicatif fait défaut. En réunissant en un même livre toutes les cartes d'un Atlas et tout le texte d'une Géographie, nous espérons avoir produit une œuvre d'un genre inédit. Le seul mérite de notre effort est qu'il n'avait pas été tenté jusqu'ici.

Go n'est point que dans les écoles, les collèges, les lycées on ignore notre méthode. La géographie Préparatoire et la Première année de géographie destinées surtout à l'enseignement primaire élémentaire, la Deuxième et la Troisième année de géographie qui conviennent plus particulièrement à l'enseignement primaire supérieur, aux écoles normales, à l'enseignement secondaire spécial et à l'enseignement secondaire classique des filles et des garçons, étaient déjà composées d'après le plan que nous venons d'indiquer. Nous avons voulu cette fois fondre en un seul corps tous les matériaux de ces diverses publications et les approprier à l'usage non seulement du public scolaire, mais aussi du grand public, — hommes d'affaires et gens du monde.

Notre Géographie générale est donc, sous une forme relativement restreinte, un manuel, un livre de main, comme disent nos voisins d'outre-Rhin ou d'oulre-Manche, aussi court, mais aussi complet que possible. IL vise à la concision, sans s'interdire sur les points essentiels, des développements de quelque étendue. Il s'étudie à ne rien dire de trop comme à ne rien omettre d'important. Les détails de nomenclature physique, politique ou économique, les renseignements de statistique comparée sont placés en vedette, en tête de chaque chapitre. Ils sont faciles à consulter et nous avons essayé de leur donner leur relief propre, sans nuire à la perspective de l'ensemble. Ils allègent le texte qui peut courir sur les sommets des choses, sans s'attarder ni se perdre en route. Do loin en loin, des chapitres accessoires composés en plus petits caractères résument des groupes de faits secondaires qui offrent croyons-nous, un réd intérêt, mais qui peuvent demeurer au second plan ; ces lectures condensent en quelques lignes des pages nombreuses, n'en prennent que l'essentiel; elles sont destinées en même temps à reposer le lecteur; elles sont pour lui des haltes sur l'infini chemin des terres et des eaux, des villes et des peuples.

Puisse celte Géographie-Atlas paraître à la fois assez attrayante et assez pratique pour trouver place sur l'étagère mondaine comme sur le bureau du comptoir ou sur la table de travail de l'homme d'éludé. Etre lue de page en page et de ligne en ligne, elle le souhaite assurément, sans oser l'espérer. Être feuilletée du moins, et souvent consultée, tel est son plus cher désir. L'index alphabétique qui la termine invite aux recherches, les rend promptes et faciles.

Puisse surtout ce volume contribuer à répandre en France des notions précises de géographie, et à guérir les Français de deux travers graves : — l'ignorance des autres et la réclusion chez soi. .Nous sommes toujours portés à nous croire en tous points le premier peuple du monde, faute de connaître les autres peuples. Nous tendons fatalement à l'immobilité, parce «pie le savoir seul rend véritablement curieux et qu'à force de vivre au dedans nous n'éprouvons plus aucun désir d'aller voir ce qui se passe au dehors. Si qous voulons cependant conserver une place dans |(. monde, résister aux flots anglo-saxon, allemand, américain.

russe, qui menacent de nous submerger, nous, noire com ne, noire industrie, noire agriculture, notre

richesse, notre race, noire influence politique et intellectuelle, il t'aul par un vigoureux efforl sortir de nousmêmes, nous aguerrir aux voyages lointains, émigrer, coloniser, répandre partout notre langue, sûr moyen d'accroître notre exportation, apprendre en même temps les langues étrangères ; — il faut avanl tout que nous sachions la géographie.

P. FONCIN.

Par PIERRE FONGIN

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