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Ktnt ïiil*<'rnl»Io de l'agriculture on Espagne. — Malîieureusement ces qualités sont compensées par des défauts qui font de l'Espagne un des pays les plus arriérés de l'Europe. Chez les classes supérieures, la culture intellectuelle est moins développée que dans la plupart des autres contrées prolestantes ou catholiques; la plus profonde ignorance règne parmi les masses.
L'abondance des richesses que l'exploitation du Pérou et du Mexique a apportées en Espagne du seizième au dix-neuvième siècle , a , pendant cette longue période, encouragé l'indolence naturelle des habitants qui est un ell'et du climat. Ces sources de revenus ont été perdues avec les colonies, et l'agriculture se trouve dans un état bien inférieur à celui où l'avaient laissée les conquérants arabes : il y a même de véritables déserts connus sous le nom de despoblados. L'élevage des moutons dont les troupeaux transhumants ont contribué, pour une glande paît, à ruiner la culture des céréales, est à son tour tombé dans une profonde décadence, et de tous les pays de l'Europe, l'Espagne est peut-être aujourd'hui celui qui nourrit le moins de mérinos. •«w*- léCm richesses minérales tle l'Espagne. — 11 en a été de ses richesses minérales comme de ses richesses agricoles. L'Espagne fut dans l'antiquité le Pérou et le Mexique du monde méditerranéen ; Phéniciens, Grecs, Carthaginois, Romains exploitèrent tour à tour son or, son argent, son fer, son cuivre, son plomb, son mercure. Si les capitaux français, anglais et allemands ne venaient pas dans la péninsule réveiller l'industrie minière, elle aurait complètement disparu du pays, là même où les traces de l'exploitation des anciens sont le plus apparentes.
w^ I/aveuir <le l'Espagne. — Cependant sous l'impulsion étrangère, le travail national à repris depuis vingt ans quelque énergie. Les dévastations du phylloxéra en France ont aussi favorisé beaucoup les progrès de la viticulture espagnole, quoique le fléau s'y soit aussi attaqué. Mais il faudra encore de Ioul-s efforts pour regagner dans tous les sens |i- terrain perdu depuis trois siècles, et ces efforts ne sauraient aboutir, si le pays ne jouit enfin de la stabilité politique qui lui a manqué plus encore qu'à la France, depuis le commencement de ce siècle.
Quant aux colonies qui restent à l'Espagne, la belle île de Cuba et, les Philippines, si la politique de la métropole continue d'être a leur égard une politique d'exploitation et non de liberté, il est. a craindre qu'elles ne cherchent a se rendre indépendantes comme l'ont lad. au
commencement du siècle, leurs sœurs
d'Amérique. Cuba surtout a déjà été trou-
blée par de nombreuses révoltes et se «eut attirée de plus en plus vers le grand centre économique des Elats-Unis.
^w. L,e Portugal. — Seuls les Portugais ont continué a formel- dans la pé ninsule ibérique un peuple à part : leur isolement tient surtout à une différence de situation et de climat.
Tourné vers l'ouest, soumis aux vents de l'Atlantique qui lui portent la pluie, le Portugal forme une zone particulièrement arrosée et tempérée, où la nonchalance, générale chez les Espagnols, a fait place à l'activité soutenue et à l'équilibre. Avant que les Espagnols n'eussent aidé Colomb à découvrir l'Amérique, les Portugais avaient franchi avec Gaina le cap de Bonne-Espérance, et fondé sur les côtes de Ylnde et de l'Afrique, un grand empire colonial.
En Amérique, le Brésil, le seul des États latins que n'aient pas bouleversé des révolutions périodiques, est un État d'origine portugaise.
Il ne reste aujourd'hui au Portugal que des débris de son ancienne puissance. Les plus importants sont ses établissements côtiers de l'Afrique méridionale qui tiennent l'embouchure du Congo et du Zambéze. Mais dans l'intérieur même du continent, il s'est laissé dépasser par la France, la Belgique et l'Angleterre.
La Sierra Nevada (montagne neigeuse) forme entre Grenade et Almeria, un massif isolé de 80 kilomètres de long sur 10 de large. D'innombrables ruisseaux alimentes par les pluies en hiver et souvent par la fonte des neiges en élé, ont modelé ses flancs ; ils entretiennent à ses pieds, sur le versant nord-ouest, dans la Véga de Grenade, une fraicheur et une verdure admirables, qui encadrent la ville merveilleuse, comme l'appellent les Espagnols. Ceux qui descendent au nord, ne prenant pas leurs sources dans les hauteurs des neiges persistantes, tarissent au contraire chaque été et laissent alors dépourvue d'eau la morne plaine de Guadiz, balayée par un vent glacial en hiver et brûlant en été. De ce côté, la montagne déchirée et ravinée, offre des teintes rougeàtres superbes dans sa nudité désolée. Il semble qu'elle ait inspiré plusieurs des tableaux étranges de Gustave Doré. Au sud, la région fameuse des Alpujarras, est formée par deux bassins en forme de cuvette qui ne communiquent avec la route du pays que par deux cluses étroites aboutissant à la Méditerranée, l'une à Adra et l'autre à Motril. Près de ce dernier défilé s'élève la montagne connue sous le nom de SuspcrodelMoru (soupir du Maure1, d'où Boabdil, le dernier roi musulman d'Espagne, put jeter les yeux une dernière fois sur sa ville de Grenade et sur son palais de l'Alhainbra, dont il abandonnait pour toujours les frais ombrages, les eaux limpides et murmurantes, les galeries exquises de grâce et de légèreté. Les Alpujarras forment comme une citadelle imprenable : c'est là que 1rs Arabes se défendirent contre les Chrétiens longtemps après la soumission du reste du pays. Les champs sont encore aujourd'hui bien arrosés et les villages nombreux. On y respire en hiver un an- toujours tiède.
Pour bien von- la Sierra Nevada, il faut monter au sommet 'In Pichaco de lu Veleta (3 4T0">), inférieur de peu de mètres au pic voisin de Mutdacen "A iiiic"1). !'• gèanl de toutes les chaînes ibériques. Les champs de i" ;e étincelants, la mer dont l'azur profond se confond avec celui du ciel, les tons violents des rocs calcinés par le soleil, les tapis de verdure opulent ■ tachés de blanc par lus villages, forment un panor a grandiose et saisissant.