‹ Géographie géneraleChapitre 231 sur 376 · A SI F · texte numérisé non relu

A SI F

Importance tle la région comprise entre la nier Noire et lu mer Caspienne. —

La région du Caucase el de l'Arménie forme une sorte d'isthme entre la mer Noire el la mer Caspienne.

Par sa situation, cel isl lune a une grande importance. Le Caucase marque la limite entre les steppes européens du Nord, et les plateaux asiatiques du Sud. L'Arménie relie le plateau de l'Iran à celui de l'Asie Mineure.

L'isthme entier, traversé par la route terrestre de la Caspienne à la mer Noire, domine en outre la partie de l'Asie qui e.4 le carrefour où convergent cinq golfes étroits et profonds, routes naturelles otï'erles aux hommes : la mer Noire, la Méditerranée, la mer Rouge, le golfe Persique et la Caspienne, rapprochant ainsi l'extrême Orient et l'extrême Occident, les steppes russes et sibériens de l'Inde et de l'Afrique.

Des roules terrestres prolongeant les voies maritimes se sont établies entre ces golfes, comme entre les divers bassins d'un même port, et presque toutes ces routes se croisent dans l'Arménie.

ww Relief de l'Arménie. — La région arménienne est remarquableparl'irrégularité de son relief : elle a été remaniée et bouleversée par des volcans dont l'Ararat est le point culminant, et dont témoignent aussi les lacs volcaniques de Van et Gotkcha.

Elle renferme des plaines élevées et bien arrosées, comme celles d'Erzeroum, près des sources de l'Euphrate, et d'Erivan sur l'Aras.

Les hautes vallées dont les rivières divergent vers les mers environnantes rendent l'Arménie facilement pënétràble.

D'une manière générale, il y aune élévation croissante depuis les chaînes qui bordent immédiatement la plaine de la Mésopotamie et le cours du Tigre jusqu'aux massifs riches en lacs que limite au Nord la Koura, et où YAlageuss dépasse 4 000 m.

■vw*. Rég ion intermédiaire entre l'Arménie et le Caucase. *— Entre les pentes méridionales du Caucase et le revers septentrional de l'Arménie, s'étend de la mer Noire à la Caspienne une grande route naturelle dont le seuil ic plus élevé n'atteint pas 800 mètres. Toutes proportions gardées, la dépression occupée entre les deux massifs par la verdoyante vallée du Rion et par les steppes de la Koura, n'est pas moins continue que celle de la Garonne et de l'Aude entre les Pyrénées et le Massif central français.

wvi, l,o Caucase. — Le Caucase forme une barrière ininterrompue entre les steppes européens et l'ossature montagneuse de l'Asie. C'est une autre chaîne des Pyrénées deux fois plus longue et beaucouj» plus haute.

De la presqu'île d<' Taman sue la mer d'Azovà celle d'Apchéron ou de Bakou sui

la Caspienne, il n'y a véritablement qu'un passage*, l'étroit défilé de Dariel, (pie franchi! la route de Vladikavkas à Tiflis.

Comme les Pyrénées, le Caucase s'abaisse lentement vers Y Ouest, tout en serrant de très près le rivage inondé de pluie de l'antique Colchidc, et il présente à YEst un vaste épanouissement qui ne laisse qu'un étroit passage le long de la Caspienne ; comme elles, il porte ses neiges et ses glaciers presque inaccessibles dans sa partie centrale la plus voisine de l'Ouest; comme elles, il est accompagné de chaînons parallèles parfois plus élevés que la crête principale, si bien que l'Elbrouz (5 560) et le Kasbek (S 040) ne sont pas plus sur la ligne de faite que le Pic du Midi ou la Maladetta; comme elles enfin, il s'abaisse brusquement vers le Sud, tandis qu'au Nord il se prolonge par les croupes montueuses de la Kabarda.

-v/wv. Importance des possessions russes du Caucase. — Le Caucase se dresse comme une barrière entre les tribus nomades des steppes européens et les montagnes habitables de l'Asie, où des empires stables se fixèient dès la plus haute antiquité.

En occupant le massif du Caucase la Russie est devenue une puissance asiatique bien plus encore qu'en s'étendant en Sibérie.

La possession de la dépression de Bakou à Poti, lui assure l'un des chemins les plus anciens qui aient uni l'extrême Orient aux pays méditerranéens. La conquête récente dcBatoum sur la mer Noire l'a rapprochée de la voie qui mène du golfe Persique à la mer Noire, de Bassorah à Trébizondc, en passant par Diarbékir et Erzeroum.

En occupant l'Arménie au Nord de l'Aras, elle menace la route de Tauris au golfe d'Oman, et même celle d' Alexandre 1 14 à Bass»rah; elle se rapproche de l'Inde.

C'est ainsi que de Tillis elle se mêle forcément à toutes les questions poétiques et commerciales de l'Asie occidentale.

La route de Tiflis à Vladikavkas (Défilé de Dariel). — La route de Tiilis à Vladikavkas traverse le Caucase. Elle a 277 kilomètres partagés en treize stanzias, stations de poste ou d'hôtelleries. Le voyage dure deux jours.

Eu partant de Tiflis, après avoir franchi la Koura, on commence à gravir le massif par de belles vallées, au milieu des bois, des pâturages, des rianls villages, des rocs pittoresques couronnés d'aouls (petits forts). Le milieu d*' la route est à Mlet, co- i quettement campé au bord d'un torrent dans un cira que de murailles verticales. Ou monte alors en' zigzag à Toudaour sur un plateau couvert de rhodo-' deudrons violets, puis dans les pâturages aux cainomilles blanches, aux gentianes jaunes, jusqu'au faîte nu et désolé haut do 7 977 pieds que la route . franchit à son point culminant. La descente est \ em tigineuse. Au-dessus des roches sombres et perpenl diculaires, le Kash.dc élève sa cime éblouissante de neigea lGJiitJ pieds. Le Terek éeiune au fond do Sun lit tortueux, qui l'orne' bientôt l'étroit défile du Dariel. 11 a fallu tailler daus le roc vif presque toute cette partie de la route. Le site est effrayant et colossal. Enfin, la vallée s'ouvre, les montagne! s'écartent, on arrive en pays plat, à Wladmavkas.

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