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III. ARABIE ANGLAISE

Colonie d'Aden et ses dépendances.

Superficie. — 250 kil. car.

Population. — 35100 hab.

Ville principale. — Aden (31), port fortifié gardant l'entrée de la mer Rouge, place de commerce très importante sur la route de l'Inde; exportation du café moka.

Dépendance principale. — Ilot fortifié de Périm dans le détroit même de Bab-el-Mandeb. Les anglais essayent aujourd'hui de s'établir en face d'Aden sur la côte des Çomalis.

vwv. Situation et cnraelôro africain do l'Arable. — Le plateau

d'Arabie bien qu'appartenant à l'Asie semble une dépendance de f Afrique.

Sa côte Sud-Est, presque rectiligne, est dans le prolongement des côtes africaines plus méridionales; celle de la mer Rouge correspond aux rivages égyptiens qui lui font face, et les touche presque au détroit de Bab-el-Mandeb; cette nier étroite n'est elle-même qu'une rupture récente entre l'Asie et l'Afrique.

L'Arabie tout entière, et non pas seule-

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ASIE

ment Y isthme de Suez, est le véritable trait d'union de ces deux parties du monde : ce qui les sépare en réalité, ce n'est pas le fossé étroit de la mer Rouge, c'est une des plus grandes plaines du monde, celle où coulent l'Euphrate et le Tigre et qui se prolonge vers le Sud-Est par le golfe Persique.

L'Arabie tient donc autant à l'Afrique qu'à l'Asie, elle sert de transition entre les deux.

i™- Similitude «le son aspect intérieur avec le Sahara. — Son aspect est tout à fait semblable à celui du Sahara africain. A l'intérieur, un plateau ondulé, en grande partie désert, et semé d'oasis dans les fonds abrités, s'élève du Nord au Sud; il présente dans sa partie culminante des montagnes qui traversent obliquement la péninsule sous la latitude du tropique, et marquent la limite entre les pays du Nord extrêmement secs, et ceux du Sud qui se couvrent de quelque végétation pendant la saison des pluies (décembre et janvier), et renferment des ouadi identiques à ceux du Sahara.

La faune et la flore de l'Arabie ressemblent aussi à celles du Sahara; le palmier dattier est l'arbre des oasis, la gazelle, l'hyène et le chacal parcourent les solitudes des steppes et rôdent autour des tentes errantes des tribus.

•vw>- Côtes analogues à celles du Saliara. — Il n'y a que les montagnes côtières entre le détroit de Bab-el- Mandeb et celui d'Ormuz qui reçoivent, comme l'Atlas et le massif éthiopien, des pluies assez considérables pour entretenir une végétation perpétuelle; les deux moussons de l'océan Indien y déposent en les longeant une partie de leur humidité.

C'est là Y Arabie heureuse , l'antique royaume de Saba, célèbre autrefois par ses richesses minérales, aujourd'hui par son café, et où les Anglais ont pris pied en s'établissant à Aden.

Là aussi fut fondé au moyen âge le sultanat d'Oman, où Mascate était la métiopole du grand empire maritime arabe qui s'étendait des côtes de Malabar (Hindoustan) à celle de Mozambique (Afrique orientale).

Les autres côtes qui s'étagent en terrasses autour de l'Arabie, laissant parfois le long de la mer une étroite zone de plages sablonneuses, sont presque aussi pauvres en humidité que l'intérieur du plateau : la mer Rouge et le golfe Persique donnent trop peu de vapeurs pour créer autour d'eux un climat maritime.

La Mecque, la ville sainte des musulmans, est située dans une vallée sablonneuse et aride, et elle n'a jamais eu d'importance que comme rendez-vous de pèlerins; avant Mahomet, la Kaba était le lieu do réunion des tribus nomades de

l'Arabie ; elle reçoit aujourd'hui les fidèles musulmans venus de l'Europe, de l'Asie et de l'Afrique.

•^■^ Similitude de l'état politi- «iue du SaliHia et de l'Arabie* — De toutes les conquêtes des Arabes, la seule qui leur soit restée des côtes de l'Atlantique aux rives de l'Indus est le désert africain. Ils y ont trouvé des conditions d'existence semblables à celles que leur offrait leur patrie; incapables de fonder des États stables, ils ont et é vaincus partout où ils avaient dû abandonner la vie n imade et ne sont restés leurs maîtres que dans les pays où ils ont pu la conserver. Aujourd'hui cette similitude est plus frappante que jamais entre le Sahara et X Arabie. Ici et là, les côtes seules appartiennent à de véritables États ; le centre inaccessible échappe à toute domination et les Ouahabites du Nedjed sont encore moins soumis aux gouverneurs turcs de Médine, de la Mecque et à Timan de Mascate, que les tribus sahariennes au sultan de Maroc ou à la France.

La presqu'île du Sinaï. Pour visiter le Sinaï, on part de Suez, et on contourne l'extrémité septentrionale du golfe. La première étape est Aui- Mouça, les Sources de Moïse ; ce sont cinq fontaines qu'ombragent des bouquets d'arbres et de gracieux palmiers. Dans sa configuration générale la presqu'île est formée de chaînes de montagnes presque parallèles qui se nouent en un énorme faisceau à son extrémité méridionale. Entre les montagnes s'ouvrent des vallées étroites ou ouadis absolument desséchées en été.

Les roches granitiques prennentlescolorationsles plus étranges et les plus vives : des veines de teinte orange, jaune d'ocre, jaune citron, bleues on vertes marbrent les flancs rougeâtres de la montagne. A ses pieds s'étend la mer transparente bordée de magnifiques coquilles roses. Dans le Ouadi-el- Amârabh, on rencontre des sources d'eaux amères et corrosives. Sur les flancs du Ouadi Mokatteh, (vallée écrite) soigneusement polis, s'étalent pendant trois kilomètres des inscriptions en caractères dits sinaïtiques. La montagne imposante du Sinaï, moins élevée que le Djebel-Catherine qui la précède, est voisine du mont Iloreb.

Sur le flanc du Sinaï s'accroche un couvent d'origine Byzantine, dont les murailles énormes flanquées de tours ont un aspect tout militaire. Pendant longtemps, pour se prémunir contre toute surprise, les moines ne communiquaient avec le dehors que par une fenêtre élevée et au moyen d'une corde manœuvrée par un cabestan. Aujourd'hui on pénètre dans le couvent par une vraie porte, on gravit des marches élevées, on suit des couloirs obscurs, on monte à tâtons et on arrive à une vaste cour ornéo de trois magnifiques cyprès et centre des habitations. Le [jardin dont la terre a été patiemment apportée à dos de chameau est un nid charmant de verdure etde fleurs. Lesmoines donnent l'hospitalité aux pèlerins. Ils s'adonnent aussi à l'étude. Leur bibliothèque est très riche en vieux manuscrits. Ils montrent dans leur église byzantine et romane, mais d'ornementation trèsdisparate, la chapelle du Buisson ardent, les reliques de sainte Catherine et des bijoux d'une grande valeur; près du couvent, au pied du mont Horeb, la roche miraculeuse où Moïse fit jailir l'eau vive, d'un coup de baguette. L'ascension du Sinaï est pénible mais n'offre aucune difficulté sérieuse; sur le sommet qui est plat, on indique la place où Dieu apparut à Moïse pour lui donner les tables de la loi. Le panorama est admirable et se perd au loin dans le brouillard argenté qui se confond avec la mer. Sur les flancs de la montagne, pousse en abondance uue plante qui proluil la manne.

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