‹ Géographie géneraleChapitre 285 sur 376 · ALEXANDRIE · texte numérisé non relu

ALEXANDRIE

Bouche de Oa.mioÏLe

0 LongàrE-du Wriri de Paris

vwv. I/Égrypte et In crue «lu rvil.

— L'antiquité a représenté le Nil sous les traits d'un vieillard couché et entouré d'innombrables enfants. C'est qu'en effet, le Nil est le père de l'Egypte : elle est contenue tout entière dans une étroite vallée d'alluvions, entre deux hautes falaises parallèles, et se termine près de la mer par un lar^e delta. Vallée, alluvions, delta, sont l'œuvre du Nil et de ses crues.

Vers le 20 juin, l'eau du lleuve se colore en vert et commence à croître. La crue monte peu à peu, les eaux blanchissent; vers le 20 juillet, elles sont, rougies, puis brunies par le limon qu'elles charrient. Dans les premiers jours d'août, le Nil atteint la moitié de sa hauteur, 17 coudées au nilomètre du Caire; on coupe

alors, au milieu des réjouissances, la digue qui retenait les eaux. Arrivée à son maximum, vers le 25 septembre, la crue se maintient jusqu'au 20 octobre ou aux premiers jours de novembre.

Alors la décroissance commence, fort rapide jusqu'en janvier, plus lente après, et ne finissant qu'en juin. Les eaux se purifient à mesure qu'elles baissent, en déposant peu à peu les limons et les sables qu'elles transportent.

^/v^^ L<e régime et le cours «lu IXil. — La régularité et la bienfaisance de ces crues frappaient d'autant plus les anciens qu'ils en ignoraient les causes. Les sources du Nil étaient inconnues.

Les Égyptiens dominèrent la Nubie, où leurs monuments sont nombreux; mais ils ne dépassèrent jamais les marécages et les forêts de roseaux du Bahr-el-Ghazal.

Il était réservé au dix-neuvième siècle de percer le mystère qui environnait les sources du Nil. Cette découverte appartient à l'Anglais Speke, qui arriva le premier, le 30 juillet 1858, au bord du lac Oukéréoué ou Victoria Nyanza (1 300 mètres au-dessus du niveau de la mer). Le Chimeyou et le Kaguera, qui sont les affluents les plus méridionaux de ce lac, peuvent être considérés comme les sources du Nil, qui aurait ainsi une longueur totale tic (3400 kilomètres (distance du Caire a A.rkangel).

Tandis que la plupart des grands fleuves, tels que l'Amazone ou \cCongo, parcourent une seule zone, et ne cessent de s'accroî-

tre jusqu'à leur embouchure, le Nil, orienté du Sud au Nord, traverse successivement plusieurs zones, et, grossi dès sa naissance par les pluies équatoriales, il coule, à partir de Berber, sans recevoir aucun affluent pendant 2 800 kilomètres, dans une région sans pluies, où l'évaporation l'appauvrit.

Son cours se divise ainsi en trois parties :

1° Dans la zone des pluies, sous l'équateur, il sert d'écoulement aux lacs Oukéréoué et houta N'sigé, et, sous le nom de Bahr el Abiad (Nil blanc), il draine ses plus grandes masses d'eaux dans l'immense région spongieuse du Bahr-el-Ghazal, où le lac No devient à chaque saison de pluies un gigantesque marécage;

2° Dans une zone intermédiaire, il reçoit à Khartoum le Bahr-el-Asrak (Nil bleu), et à Berber V Atbara, nés tous deux dans le massif alpestre de YAbyssinie;

3° Dans la zone sèche, il ne reçoit plus que des torrents intermittents, et son cours est coupé par près de 20 cataractes.

Le commencement de sa crue, vers le 20 juin, est déterminé par YAtbara, que gonflent les premières pluies; le Bahr-el- Ghazal et les débris végétaux qu'il entraîne colorent ensuite ses eaux en vert ; il devient enfin rouge, puis brun, par l'afflux du Bahr el Asràk, tout chargé des débris arrachés au sol volcanique de l'Abyssinie.

Les cataractes et les rapides, qui entravent la navigation, ont du moins l'avantage de retenir, de retarder les eaux, et

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