IL COLONIE PORTUGAISE DE MOZAMBIQUE
De la Rovouma au Zambèze s'étend la partin septentrionale de cette colonie côtière (voir Région du Zambèze au fleuve Orange, p. 195).
•^.^ Vue d'ensemble. — Il y a
cinquante ans, personne n'eût soupçonné que le continent africain put receler, sous l'Equateur même, un système de lacs comparable à celui de l'Amérique du Nord. Les découvertes des explorateurs contemporains et la connaissance du régime des •pluies en Afrique rendent aujourd'hui parfaitement intelligible ce phénomène géographique.
L'Afrique méridionale tout entière (voir p. 148) est un plateau orienté vers le Sud et bordé de tous côtés par de hautes terrasses montagneuses qui se rattachent vers le Nord-Est aux massifs Abyssins.
Les rimes du Kénia et du Kilimandjaro hautes de plus de 5 000 mètres, les peui^-de VOugogo et du Mozambique ne son' que le dernier rempart d'un épais massif de roches primitives et volcanique dont la hauteur moyenne est d'eiiTn .
2 000 mètres.
L'abondance et la continuité des pluies y remplacent les neiges de nos Alpes; elles ont transformé en lacs les principales dépressions du sol ; elles alimentent le Nil, le Congo et le Zambèze.
A une distance moyenne de i 000 kilomètres de la côte orientale, une fente longue et étroite, probablement d'origine volcanique, s'étend du haut Nil au bas Zambèze: elle renferme le lac Louta N'siyé ou Mvoutan, tributaire du Nil, le Mouta- Ksigué, le Tanganyika, tributaire du Congo, le Nyassa, tributaire du Zambèze.
Le Tanganyika qui occupe le centre de cette profonde crevasse est à 800 mètres d'altitude, tandis que le Louta Nsigé au Nord et le Nyassa au Sud, ne sont qu'à 700 et 500 mètres.
Tous les trois se ressemblent par leur forme étroite et allongée ; bien que séparés, ils appartiennent en realité à un même bassin.
Au Nord-Est et au Sud-Ouest deux cuvettes plus vastes et plus élevées les dominent : le lac Oukéréoué ou Yictoria- Nyanza d'où sort le Nil, le lac Bangouéolo d'où sort le Congo, l'un à 1 300, l'autre à plus de 1 100 mètres d'élévation.
•vw^ Le Tanganyika. — De ces lacs le Tanganyika est le premier qu'un voyageur européen ait découvert (d 858).
Partis de Bagamoyo en face de Zanzibar, les anglais Burton et Speke, après avoir traversé le plateau de YOunyamouêzi, arrivèrent h Oudjidji d'où leur regard s'étendit sur un lac large à peine de f>0 kilomètres, bordé de rives escarpées où la végétation tropicale étalait toutes ses splendeurs, et qui s'allongeait à perte de vue au Nord- Ouest et au Sud-Est : c'était le Tanganyika.
Il s'étend sur une longueur égale à la distance de Paris aux Pyrénées.
L'écossais Camcron le premier, en 1874, soupçonna ses rapports avec le Congo ; il découvrit la rivière Loukouga qui semblait s'échapper de la rive occidentale du lac; un chef indigène lui affirma que ce cours d'eau ahoutissaitau ^.rand fleuve Louapoula (haut Congo), mais une épaisse barrière de plantes aquatiques l'empêcha de vérifier cette assertion qui a été confirmée en 1876 par Stanley.
^^ L.e Monta TVsis-né et le L<outa IWisé ou Mvoutnn. — Au Nord du Tanganyika, le Mouta N'sigué et le Louta N'sigé ou lac Mvoutan occupent l'extrémité septentrionale de la série lacustre. Le Louta a été découvert, en mars 1 864, par Samuel Baker, colonel anglais au service de l'Egypte, qui remontait le Nil.
Un autre Européen au servicede l'Egypte, Romolo Gessi fit en 1876 la circumnavigation du lac, qui aurait 60 kilomètres de largeur sur 240 de longueur et serait bordé d'élévations moyennes ne descendant nulle part à pic sur ses eaux.
En )X76, le Mouta N'sigué a été découvert par Stanley qui ne put en apercevoir qu'une baie à laquelle il donna le nom de baie Béatrice. En 1877 il a été vu également par un autre voyageur, l'Anglais Mason.
™~ L<es lacs \,vnwa et Cniroua. — Le Nyassa a été découvert par Livingstone en décembre 1859. Il ressemble au Tanganyika; mais il est plus large.
Il est bordé de tout côtés par des montagnes qui au Nord-Est dépassent 3 000 mètres, et ne sont jamais inférieures à 1 200. Ses affluents sont des chutes d'eau. Sa profondeur dépasse par endroits 250 mètres.
Le Chiré s'échappe du lac par l'extrémité méridionale et, à travers une étroite vallée, barrée de cataractes dont la principale est la chute Murchison (360 mètres), il se rend au Zambèze.
A l'Est du Chiré, Livingstone avait découvert en 1859 un lac entouré de hautes falaises, le Chiroua, qu'il croyait isolé.
Des explorations récentes et notamment celles de l'anglais Johnson ont démontré que le Chiroua communique avec le fleuve Rovouma, affluent de l'océan Indien.
"v- L«e lac Oukéréoué ou Victoria Xyaiiza. — Au Nord-Est de la grande crevasse lacustre qui s'allonge du lac Louta au lac Nyassa, le lac Oukéréoué ou Victoria - Nyanza occupe un espace comparable à celui de la Bavière tout entière, et il est plus élevé qu'aucun des lacs alpestres de la Suisse.
Speke le découvrit le 30 juillet L858 et y vit tout de suite le réservoir du Nil. Il y fit un second voyage de 1860 à 1863 avec le capitaine Grant, mais ne put le visiter complètement.
La circumnavigation accomplie par Stanley en 1875 a pleinement confirmé les rapports du premier investigateur.
' Le lac Oukéréoué se déverse au Nord dans le Nil qu'il alimente, et dont les eaux forment les chutes Ripon; au Sud il reçoit le Chimeyou ; à l'Ouest il se grossit de l'abondante Kaguera. Il est parsemé d'îles nombreuses.
w Lies lacs Bangouéolo et Moéro. — Au Sud-Ouest, les lacs Bungouéolo et Moéro font pendant au lac Oukéréoué. Us furent découverts le premier en 1868, le second en 1867 par Livingstone.
Le Bangouéolo (H 00 mètres d'altitude), a 240 kilomètres de longueur sur 1 20 de largeur. Il est formé par le Chambézi rivière origine du Congo. Il communique