CONSIDERATIONS SUR LA MORTALITE ET LA NATALITE
MALADIE ENDEMIQUE ET ENDEMO-EPIDEMIQUE
Il est très difficile d’être renseigné sur la mortalité du pays. Alors que dans la plupart des colonies, les médecins de l’Assistance médicale sont des fonctionnaires fournissant des rapports et statistiques, à la Martinique le médecin de l’Assistance publique se contente de donner des consultations périodiques et ne fournit aucun renseignement. Il ne déclare que les maladies-contagieuses et cela pour obtenir une désinfection des locaux par les soins de l’Institut d'hygiène.
La direction du Service de Santé, n’a de statistique sérieuse que pour les troupes, et ces statistiques ne reflètent qu'indirectement l’état sanitaire général du pays.
Malgré tout on peut dire qu'aucune épidémie sérieuse n’a sévi à la Martinique depuis cinq ans.
Maladies endémiques et endemo-épidémiques Grippe :
Il y a chaque année des poussées de grippe, à forme nerveuse, digestive où pulmonaire ; mais les cas sont bénins et la mortalité insignifiante.
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Fièvre typhoide :
Quelques cas chaque année, de ci de là, épidémies de familles, de maisons. L'eau est rarement incriminée bien que de nombreuses sources soient dépourvues de protection et que les canalisations soient en mauvais état.
Paludisme.
Le paludisme sévit dans le centre de l’île (Lamentin, Rivière-Salée, Saint-Esprit-Robert) où des marécages à eau saumâtre entretiennent de nombreux moustiques. Cas peu graves s’ils sont soignés. On a remarqué la coïncidence des poussées paludéennes avec le retour de travailleurs rapatriés de la Guadeoupe, du Venezuela ou de la Guyane.
« En 1919, Lamoureux et Porry E, se livrant à une enquête qui a porté sur la totalité de l’ile examinent pendant la saison sèche (janvier à avril) le sang de 1188 enfants de localité réputée palustre, âgés de 15 mois à 12 ans. 32 examens furent positifs soit un pourcentage de 2,69 %.
À Fort-de-France et dans les petits bourgs voisins, l’index trouvé est nul. Dans la partie méridionale de l’île, mais toujours sur la côte ouest baignée par la mer des caraïbes, l’index trouvé par eux est faible, voisin de 2 %,, sauf à la Poterie où il atteint 10,5 %.
Poursuivant leur enquête vers la partie moyenne de la côte crientale baignée par l'Océan Atlantique, il trouve une zone où le paludisme est plus intense, sans que toutefois l’affection y révète en général des poussées sévères.
Cette zône est formée du groupement d'un certain nombre de bourgs (Tartane Robert-François) dont l’index hématologique moyen atteint 7.77 %, le maximum s’élevant à 15.
Le service de santé, signale dans son rapport annuel en 1927, une activité épidémique du paludisme en octobre, novembre, décembre, dans la zône de marais de Rivière Salée.
Une enquête de l’'I.H.M., établit que l'index hématologique s’est montré égal à 72 % des individus fiévreux qui représentaient eux-mêmes une proportion de près de 75 % de la population « autant que nous avons pu nous en rendre compte ». ;
La recherche de l'index anophélien, de l'index splénique, fut négative.
La forme d’hématozoaire trouvée a consisté uniquement en plasmodium praecox avec présence de croissants dans 25 % des cas.
Parasitisme intestinal :
La grande maladie du pays, de l’avis de tous. On trouve, en effet, dans des proportions formidables des ascaris, des tricocéphales, des oeufs d’Ankylostomeset de Bilharzies.
En 1910. Dans le Bulletin de Pathologie exotique, Noc, écrit : « Qu’amené à faire l'examen des selles d’un orphelinat de 51 personnes à l’occasion de la bilharziose américaine, il trouva incidemment 100 % d’infectés par ankylostonses.
En 1919. — L'Institut d'Hygiène a eu l’occasion de
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pratiquer 947 examens de selles, avec 264 cas positifs soit un pourcentage de 28 %.
En 1920. — Le nombre des examens s'élève à 1243 avec un pourcentage de 22 % de porteurs d’ankylostomes.
En 1924. — On trouve encore 24 % d'infectés sur 1215 malades examinés.
Dans la Gazette hebdomadaire des Sciences médicales de Bordeaux du 14 mai 1922, le Dr Marcel Léger, directeur de l’Institut de Biologie de l’A.O.F. publie les résultats d'étude systématique faite en 1918 pendant un court séjour à la Martinique. Ses recherches portèrent sur un contingent de 404 jeunes soldats venus de tous les points de l’île et sur un groupement de 15 hommes de l’Hospice des vieillards de Fort-de-France.
« Dans le premier groupe, 82,35 % étaient porteurs d’helminthes, dans le second groupe, 93 % étaient parasités, et du point de vue spécial de l’ankylostomes 63,7 % dans le premier groupe et 40 % dans le second étaient infectés par les ankylostomes. Quand aux ascaris les statistiques de 1919-20-21 relevées par le médecinmajor Magnan portent des pourcentages variant pour les cas examinés de 36,43 % 28,41 %, à 40,65 %.
Le Dr Léger, au cours de ces mêmes recherches, que nous venons de citer, publie un pourcentage de 20 %
Pour le fricocéphale, les statistiques des années 1919- 20-21 contiennent un pourcentage variant de 48,35 % à 46,65 %.
En 1918, le Dr Léger (Marcel) opérant dans les conditions déjà décrites trouve sur un contingent de 404 sol-