VIII. — Puy-de-Dôme
Au congrès de climatologie, d’hvrologie et de géologie,
I tenu à Clermont-Ferrand, en octobre 1896, M. Proust ! déclarait que l Auvergne est une des contrées les plus | )ittoresques et les plus saines de l’Europe.
Pour lui, c est une Suisse françaisedonl les beaux sites l l’altitude sont méconnus ou négligés.
La douceur relative du climat, les grandes facilités de !' ommunication attirent déjà les touristes dans h; Puy- | le-Dôme. En raison de l’éloignement de l’Océan, c’est
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un des déparlements les moins pluvieux de la France.
La triste et presque noire Clermont, qui n’a point à s’enorgueillir ni de la beauté ni de la propreté de ses rues, a presque à ses portes le village de Royat où l’on va en moins d’un quart d’heure par un tramway électrique. Bâti en partie dans le frais vallon de Saint-Mart, en partie sur les pentes d’une colline tournée au nord, et au pied de laquelle la Tiretaine s’est creusée un lit profond, Royat, qui regarde les plaines de la Limagne, a un climat doux, chaud en été, et sans variations brusques. Ses eaux, bicarbonatées chlorurées sodiques, s’adressent aux arthritiques nerveux, anémiques, aux sujets atteints d’affections digestives, « Son eau gazeuse, chlorurée et arsénicale, ses bains à eau courante, son air pur, tout contribue à lui donner des qualités reconstituantes ». (De La Harpe).
Dans une vallée nue, sans arbres, diaprée de prairies et dominée par des montagnes à la sylvestre parure, Mont-Dore a un air sec, pur et tonique. D’après Al. Vacher, la température moyenne de juillet est de 15°, 2, celle d’août de 13°, 7. Il se produit quelques variations importantes - après les pluies et les orages. Ses eaux oligo-métalliques chaudes s’emploienten boisson, bains, douches, pulvérisations. Pour le Dr C. Chauvet, la spécialité de ces eaux s’adresse aux maladies chroniques des voies respiratoires, surtout quand il y a un étal congestif dominant la scène pathologique. La tuberculose pulmonaire à tous ses degrés, surtout quand il y a une tendance fluxionnaire, y est avantageusement modifiée. La pleurésie chronique qui précède si souvent la tuberculose, y est modifiée comme cette dernière. Dans les alîections bronchiques chroniques avec sécrétion abondante, la sécrétion diminue rapidement. Le rhumatisme et les névralgies y sont également traités avec succès.
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M. Rocliebois conseille les eaux du Mont-Dore dans les cardiopathies d’origine arthritique. Par contre, il les déconseille dans les cas d’artério-sclérose pure. Enfin, grâce à sa situation, à 1050 mètres au-dessus du niveau de la mer, on peut faire au Mont-Dore une cure d’altitude.
Dans une profonde vallée, au milieu des vertes prairies qu arrose la Sioule, où les vents soufflent qu’une haleine attiédie, Chàteauneuf a de nombreuses sources froides et chaudes, carbonalées, sodiques et ferrugineuses, qui jaillissent au contact du granit et du porphyre. On les conseille dans l’anémie, la chlorose, les affections du tube digestif, dans le rhumatisme, les mélrites.
Revenons dans la vallée de la Dordogne, en nous élevant à une altitude de 846 mètres ; voici le rocher granitique de La Bourboule au pied duquel jaillissent des eaux chioi urées, bicarbonatées, arsenicales chaudes. L’air est vif et tonique, le climat doux et tempéré. Comme chlorurées bicarbonatées, les eaux de La Bourboule s’adressent aux lymphatiques et aux scrofuleux. Leur richesse en arsenic les recommande dans les dermatoses, surtout le psoriasis, les affections pulmonaires et bronchiques, dans les cachexies et même dans le diabète. Enfin, grâce à leur haute lhermalité, elles réussissent dans le rhumatisme noueux et les formes ataxiques de la goutte.
Dans la vallée étroite du Vauziron, sur le versant occidental du massif montagneux qui sépare la vallée de l’Ailier de celle de la Loire, la petite ville de Châleldon laisse suinter par plusieurs sources des eaux bicarbonatées mixtes qu’on fait boire aux anémiques et aux dyspeptiques.
A moins d’une heure de la ville de Riom, dans la |i valll5e du Surdon, le village de Chalel-Guyon a un cli-
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mat tempéré, chaud en été, avec un peu de pluie et d’humidité. Vingt-sixsources y débitent des eaux bicarbonatées chlorurées chaudes, limpides, fortement gazeuses et piquantes. Suivant Baraduc, elles sont surtout indiquées dans les diathèses caractérisées par un retard ou une déviation des échanges nutritifs, par une tendance aux congestions organiques sans lésion organique du cœur et des gros vaisseaux. Parmi ces diathésiques, il faut choisir ceux qui sont atteints dans les organes abdominaux. Parmi les goutteux, il faut choisir les sujets dyspeptiques ou congestifs qui ont besoin d’une dérivation sur le tube intestinal. Enfin les propriétés purgatives des eaux de Chatel-Guyon sont utilisées dans l’état saburral, l’embarras gastrique chronique, dans la constipation habituelle, la pléthore abdominale, la tendance à l’obésité, dans la congestion cérébrale, chez les sujets en imminence de ramollissement cérébral.
Sur le versant oriental de la chaîne des Puys, à 764 mètres d’altitude, sous des cieux cléments en été, le village de Saint-Nectaire a au moins une dizaine de sources qui versent des eaux chlorurées bicarbonatées dont on vante l’efficacité contre l’anémie et la chlorose ; on les recommande aussi dans les dyspepsies avec hyperchlorhydrie et dans les troubles de la sécrétion urinaire.
Enfin les eaux ferrugineuses et gazeuses deRenlaigue sont exportées comme eaux de table.