‹ Géographie médicaleChapitre 12 sur 663 · MALARIA · texte numérisé non relu

MALARIA

hn Amérique, la malaria n’apparaît qu’aux environs du 50 e degré de latitude nord et cesse complètement au delà du 20mo degré de latitude sud. En réalité, elle ne commence à faire sentir son influence que dans le voisinage des grands lacs, augmentant d’intensité en s’avançant vers le sud, suivant le cours du Mississipi et les côtes du golfe mexicain.

Dans les hautes régions des montagnes Rocheuses, sur les bords de l’océan Pacifique, dans la Colombie anglaise, dans les Etats de l’Orégon et de la Californie, sur

le haut plateau du Mexique, ses effets sont presque nuis. 1

Dans l’Amérique centrale, les côtes et les forêts sont decimees par la malaria ; on peut vivre au contraire presque sans danger sur les hauteurs qui vont en s’échelonnant pour former l’arête centrale.

Les Antilles payent aussi un tribut à la malaria, ainsi que toute la cote nord de l’Amérique du sud, surtout la Guyane. Le Brésil, le Parana, le Paraguay, les régions basses de la Bolivie sont soumis à cette même influence pernicieuse qui disparaît presque complètement dans Crugay et dans la République Argentine qui est à peu près indemne jusqu’à son extrémité méridionale.

L'Afrique est le continent qui paie le plus lourd tribut a la malaria. La côte occidentale, la plus frappée, a été appelée le <i tombeau desEuropéens ». En effet, toutes les «ôtes situées depuis le Sénégal jusqu’au 20° degré de latitude sud sont meurtrières pour les colons européens.

A mesure que l’on s’éloigne de la côte, le danger diminue. Le Maroc, l’Algérie, Tripoli, la Tunisie, l’Egypte, sont éminemment insalubres sur les côtes. Le Haut-Nil’, es bords de la mer Rouge et les régions basses de l’Abyssinie sont également très atteints. L’intérieur du continent africain et le Sahara lui-même ne sont pas absolu-

NOSOLOGIE GÉNÉRALE

nient à l’abri (las effluves malariennes. Les côtes orientales, bien que moins insalubres que les côtes occidentales, ne sont pas à l’abri de l’endémie : les côtes des Somalis, de Zanzibar, de Mozambique jusqu’à la baie de Delagoa ont une mauvaise réputation justement méritée. Madagascar, les Comores, les Seychelles paient aussi leur tribut, ainsi que les îles du Cap Vert, tandis que les îles situées près de la côte occidentale, comme Sainle- IIélène et les Canaries, sont indemnes.

Les deux tiers environ du continent asiatique sont presque complètement préservés de l’impaludisme : presque' tou te la Sibérie, la majeure partie de la Mongolie, du grand désert de lvobi, du nord de la Chine, du Tbibet, des régions montagneuses du Pamir, de l’IIin— dou-lvouch, de l’Himalaya, de la Perse, de l’Arménie et de l’Asie Mineure. Pourtant les côtes de l’Asie Mineure ne participent pas de la salubrité des régions de l’intérieur et du désert; il en est de même des îles de l’ Archipel, comme Chypre, Crète, etc. La Syrie est également visitée sur les côtes et même dans 1 intérieur; 1 endémie ne s’arrête que sur les bords du grand désert. On la retrouve en Mésopotamie, sur tout le cours de l’Euphrate et du Tigre, où elle augmente d'intensité à mesure que l’on approche du golfe Persique qui est particulièrement insalubre. Le sol des anciennes villes de Niuive et de Babvlone recèle des miasmes pernicieux.

L’Arabie n’est pas non plus complètement indemne. Les côtes du golfe Persique, de la mer d Oman, Allen, Djeddah, sont réputées pour leur insalubrité. Médine et La Mecque n’ont guère meilleure réputation. Certaines provinces de la Perse, parmi lesquelles Téhéran et Ispahan, payent leur tribu à la malaria ; de même 1 llindoustan et tout l’empire des Indes. Les deltas de l Indus et du Gange sont particulièrement redoutables. L île de

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