III. — Finistère
Le département de la « Fin des terres », bien que compris dpns la région climatoriale neustrienne, en 1 cependant notablement. Il ressemble plutôt à la côte anglaise, la bruine y est très fréquente, les beaux jours y sont rares et rarement le thermomètre y défasse 23°. Mais, baigné par les vapeurs de la mer, les ; rigueurs de l’hiver y sont presque inconnues. La moyenne de la température à Brest est de -4- îi»G pour I hiver, 8°9 pour le printemps, 4- ta0, 5 pour l’été, 4- ,2#’2 pour l’automne et 4- 10°5 pour l’année. Ainsi, tandis que les étés de Brest ne sont pas plus chauds que ceux de Dunkerque, ses hivers ont la môme température que ceux de Toulon. Mais les oscillations thermo- 1 «métriques peuvent être brusques et assez étendues, nlluencee par les mouvements de la terre, la tempéra-
| 7e Cr°U1-iuSque vers lrois heures du soir, puis tombe Ilus rapidement qu’elle n’était monlée, les chûtes en ■tant plus sensibles l 'été que l’hiver, le minimum de la emperalure précédant le lever du soleil. On noie peu u point de gelées, mais, quand les oscillations se font | ans un court espace de temps, elles sont d’uufant plus
LA BRETAGNE
senties que les températures moyennes sont tièdes, accompagnées de buées épaisses dont l'humidité pénètre les vêtements ; l’évaporation qui en est la conséquence agit vivement sur le larynx ou les bronches délicates. 11 pleut en elîet beaucoup à Brest ainsi que dans tout le Finistère, et ces brouillards voilent 1 atmosphère quelquefois des journées entières.
A Quimper la température moyenne annuelle est de 1 l°,l,avec -4- 6° pour l’hiver et -+■ 10°, 2 pour l’été ; à Morlaix la moyenne est de -+- 10°, 7, pour l’année, de -+- 5°, 8 pour l’hiver, de 15°, 6 pour l’été ; à Chateaulin de H- 10°, 3 pour l’année, de H- 5°, 4 pour 1 hiver, et de -4- 15°, 2 pour l’été, à Quimperlé de 10°, 9 pour l’année, de j pour l’hiver et de -4- 16°, 2 pour l’été.
Les districts de la cote où mûrissent hâtivement les légumes et les fruits, ont pris le nom de « ceinture dorée ». Quelle côte inhospitalière, cependant ! La baie d’Audierne où les vagues atlantiques hurlent avec finie, l’Enfer de PlogolT, au fond duquel les lames s’entreheurtent avec un bruit de tonnerre, la baie des Trépassés où les neuf vierges druidiques essaient en vain de fléchir le maître des ouragans, la pointe du Raz et les promontoires de la Cornouaille où s’élevait Is, 1 incomparable, qui fut criminelle comme Sodome et que le ciel détruisit comme elle.
A Brest, ville sinistre bardée de forteresses et de redoutes, où bée la gueule des canons, à la morne Landerneau, où l’on ne fait plus de charivari aux veufs qui se remarient et où il n'y a partant plusdebiuit, les touristes et les baigneurs préfèrent, l’été, les plages charmantes du Conquet et ses prairies où paissent en liberté de nobles et tiers chevaux.