II. — Pas-de-Calais
Le département du Pas-de-Calais est un peu plus froid que ceux de la région séquanienne proprement dite. En raison du voisinage de la mer, le climat est plutôt maritime, c’est-à-dire humide et doux ; mais il est relativement froid sur le plateau d’Artois, non en raison de l’altitude qui est faible, mais bien plus à cause du régime des vents.
A Arras, la moyenne de la température est de deux degrés inférieure à celle de Paris. Entre la mer et les coteaux du Boulonnais, les marais de Calais ont été à peu près complètement asséchés et la fièvre n’y est plus guère à redouter.
A Berck-sur-Mer, sur une belle plage de sable qui s’étend entre Boulogne et l’embouchure de la Somme, l’Assistance publique de Paris a fait construire un grand hôpital pour enfants scrofuleux. Comme le fait justement remarquer Bergeron, la position de Berck, en plein dans la zone du Gulf-Stream, a pour conséquence une température élevée sur le rivage, même en hiver, ce qui permet aux malades de rester en plein air pendant la plus grande partie de cette saison. On fixe les dunes en y plantant des pins qui mêleront bientôt leur arôme bienfaisant aux saines senteurs de la mer. Beaucoup de ces malheureux enfants qu’on amène à Berck « tiennent leur mal de pères hébétés par le cabaret et la tabagie ; c’est à la nature libre, à ses vertus, à son baume, à ses brises, de reverdir ce que la ville dorée, mais impure et fétide, a flétri. »
A l'embouchure de la Liane, pittoresquement étagée