CHAPITRE Y
L’Islande.
T — Tristesse et insalubrité de l'Islande.
« Voisine du cercle polaire, sous un climat rebelle, entre l’Europe et l’Amérique, au sein d’une mer froide où se rencontrent le Ilot de l’Atlantique et celui de .1 Océan glacial », l’Islande, pays de névés, do volcans, de sources chaudes, de fontaines bouillantes et de geyaers, na que de rares vallons où l’herbe pousse, et les bouleaux de ses forêts n’atteignent pas la taille de l’homme.
L île des glaces est par excellence le pays des contrastes. En bien dos endroits les sources thermales y sont assez abondantes pour former en plein hiver des ruisseaux d’eaux tièdes où pullulent les truites.
Bien que refroidie par ce voisinage des glaces polaires, Islande n’a pourtant pas une température sensiblement dus basse que celle des autres pays situés sous la même alitude. Mais le climat est très variable : la côte oriena < n (.oit les courants glacés du pôle ; la côte occidentale est au contraire réchauffée par les eaux du Gulfîtream. Cotte opposition des courants amène des chan-
l’islandb
gements brusques dans les climats locaux. A Reykjavik, à l’ouest, la température moyenne est de 4°, 5 ; pex-
tréme chaleur est de -h 21°, 25 et l’extrême froid de — 16%25. Au nord, au fond du fjord Eysa, la température moyenne est de H- 6°, 8, l’extrême chaleur de 24° et l’extrême froid de — 34\
En résumé, le climat de l’Islande est indépendant de celui du pôle et participe du climat insulaire adouci par le passage du Gulf-Stream, exactement comme les côtes occidentales de l’Europe septentrionale.
Reykjav ik, sa capitale, n’est qu’un bourg de douze cents habitants, aux maisons de bois recouvertes de toile goudronnée, et d’où tout confortable et toute hygiène sont bannis.
Sous ces cieux qui n’ont point de sourires, sur cette malheureuse terre de désolation que se disputent la mer et le feu, la mortalité est très élevée. Cette mortalité s’explique sans peine par l’insalubrité des cabanes et la mauvaise qualité de la nourriture. La plupart des visiteurs qui y séjournent un certain temps, finissent presque tous par être atteints d’une sorte de scorbut qui est le résultat du déplorable régime alimentaire auquel ils sont obligés de se soumettre. Si la phtisie y est rare, la grippe et la bronchite y sont des plus meurtrières. Quant à la lèpre, c’est, avec les kystes hydatiques et le tœnia, une des spécialités pathologiques de la pauvre Islande.