‹ Géographie médicaleChapitre 193 sur 663 · VIII. — Prusse · texte numérisé non relu

VIII. — Prusse

Au milieu de celte vaste et rude contrée, Berlin, ville de soldats et de gendarmes, s’agite, morne et triste, au 'bord de la Sprée, lugubre rivière qui ressemble infiniment plus à un égout qu’à un fleuve. En effet, « 1 Athènes de la Sprée » élève ses constructions prétentieuses et banales au milieu d’une plaine monotone de sables, de landes, de marais. « Des arbres sans vigueur penchés au-dessus de mares boueuses, des prairies humides où les crapauds sautillent par millions, de petites dunes, des broussailles grisâtres à demi ensevelies dans le sol mouvant, des chemins noirs de fange ou blancs de poussière suivant les saisons, des cabanes délabrées où perche la cigogne, voilà les traits des paysages que l’on a sous les yeux, quand on approche delà ville par d’autres chemins que les voies royales entrenues à grands i frais ». (E. Reclus).

A Berlin la température moyenne annuelle est de

Postdam elle-même, malgré ses parcs et ses châteaux, est triste et silencieuse. On n’y entend que le bruit des talons des soldats prussiens qui marquent le pas et frappent en cadence le pavé des rues désertes.

Parmi les stations minérales les plus fréquentées, on peut citer, dans la Silésie prussienne : Altwasser, Charlottenbrunn, Oher-Sal/.brunn. Les touristes y viennent aussi pour visiter les hautes cimes environnantes: Monts-des-Géants, Eulengebirge, Ileuschcuer.

Le littoral de la mer du Nord et de la Baltique a un climat moins âpre que celui du reste de la Prusse et les médecins allemands affirment qu’il y existe des endroits

l’allemagme

parfaitement aptes à servir des stations hivernales. Le vent du nord y serait peu redoutable et la côte est protégée par les falaises contre le vent d’est. Souvent on entend hurler lèvent en haut; les arbres, au sommet des montagnes, se courbent; et en bas il n’y a pas un souffle; la mer est calmeet unie. Grâce aux oscillations minima de la température quotidienne, les malades peuvent passer la plus grande partie de la journée en plein air. Ainsi le village de Cranz est très fréquenté par les habitants de Kœnigsberg.

L’ile d’Helgoland participe des mêmes conditions de température que le littoral. En été les maxima de température y sont plus bas que dans les autres stations de la mer du Nord ; à la fin de l’automne c’est le contraire; Helgolanda alors une moyenne beaucoup plus élevée; il y fait plus chaud môme qu’à Montreux et Lugano. L’air y est particulièrement chargé d’ozone et la tuberculose y est très rare.

Page 1