IV. — Finmarken et Laponie
A l’extrémité septentrionale de la Scandinavie, le Finmarken et la Laponie ne comptent guère que trois mois (juillet, août et septembre), où la nature se dégage du linceul de l’hiver et renaît à la vie. 11 faut alors qu’elle accomplisse en trois moisson œuvre d’une année. Le moindre retard compromet l’existence de la vie animale et végétale. « Aussi, comme ses forces débordent pendant ce court espace de temps ! Les glaces fondent, les eaux se précipitent et couvrent la terre. Le soleil, quittant à peine l’horizon, échauffe la masse liquide et de son sein s’élancent des myriades d’insectes, des forêts de roseaux, de saules et de hautes herbes. Toute la zone polaire devient en quelques jours un immense tapis de verdure. Les plantes croissent à vue d’œil, le gibier pullule, la vie bourdonne dans les airs ». (Léo Quesnel). Mais ce jour de fête est suivie d’un long jour de deuil. Dès la fin de septembre se font sentir les âpres morsures de la bise. La mort de la nature est proche et la nuit va étendre son manteau glacé sur la Laponie.
Ce court été du Finmarken a pour ses habitants un ennemi plus terrible que les tourmentes de neige et les