II. — Constantinople et la Turquie proprement dite
La Turquie proprement dite, c’est-à-dire le morceau d’Europe qui appartient encore réellement à « l’homme malade », s’est bien restreinte depuis un siècle. Le sultan de Stamboul ne règne plus en maître absolu que sur une faible partie de la péninsule balkanique : une bande de terrain qui va de l’Adriatique et de la mer Ionienne à la mer Noire et à la mer de Marmara, de Skutari à Constantinople.
Bien qu’abritée des âpres vents polaires par un massif de hauteurs qui la protègent au nord, Constantinople ressent assez durement les rigueurs de l’hiver et le thermomètre y descend quelquefois à 20 degrés au-dessous de zéro. Mais l’été y est tempéré par les brises de la mer de Marmara et on y compte en automne un grand nombre de journées délicieusement ensoleillées. En parcourant les sinuosités des ruelles immondes de la grande cité au décor féerique, ses rues où gitent les chiens errants et les pourceaux, je m’étonnais de ne pas voir germer plus fréquentes et plus meurtrières les maladies et les épidémies ; mais les incendies viennent en aide à l’insouciance turque : ils rajeunissent et assainissent la ville.
11 y a, aux portes de Constantinople, sur les rives du Bosphore, des paysages d’une beauté incomparable. Balta-Liman, Tbérapia, Buyuk-Déré sont des lieux de villégiature charmants.
Andrinople est la grande ville de la plaine thrace. C’est comme une cité riante mêlée de campagnes et de bosquets, que raffralchissent des eaux vives.
Au sud de la Macédoine, là où commence la péninsule