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V. — Les îles de la Méditerranée

Certaines îles de la Méditerranée dépendent géographiquement et politiquement de la Turquie : telle est la Crète, qui vient d’échapper à la domination du sultan de Constantinople.

La Crète, où tant de sang vient de couler, est une des contrées du monde les plus favorisées parla nature. «Le climat est doux, quoique souvent trop sec en été ; les terres sont fertiles, malgré le manque d’eaux courantes sur les plateaux calcaires ; les ports sont larges et bien abrités, les sites grandioses et charmants. » (Ë. Reclus).

Candie n est plus qu’une ville agonisante et la capitale, La Canée, brûlée du soleil, dépourvue de verdure et de fraîcheur, entourée de rochers nus et tristes, est un séjour peu enviable surtout en été.

Thasos, la vieille colonie phénicienne, qui fut la rivale, puis la puissante alliée d’Athènes, est aussi bien

LES ILES DE LA MÉDITERRANÉE

déchue de sa splendeur ; mais elle a conservé la beauté de ses montagnes, de ses paysages verdoyants. « Les pluies qu’apporlent les vents dans le fond du golfe de Macédoine se déversent sur les hauteurs de Thasos et fournissent à la végétation de l’île toute l’humidité qui lui est nécessaire. Les eaux courantes murmurent dans les vallons, de grands arbres ombragent les pentes; les villages situés sur les premiers renflements des montagnes sont à demi-cachés derrièredes rideaux de cyprès et sous les branches des noyers et des oliviers; plus haut, de magnifiques platanes, des lauriers qui sont des arbres de haute futaie, des charmes, des chênes verts groupés en désordre, remplissent les vallées qui rayonnent en tous sens vers îe pourtour de l’île ; enfin, les escarpements supérieurs sont recouverts d’une forêt de pins d’espèces diverses, dont le feuillage sombre contraste avec le marbre éclatant des roches. »

Samo I h race, que l’on a comparée à un long cercueil posé sur la mer, est devenue déserte depuis que ses autels païens sont abandonnés, et on y compte a peine un village.

1 ni bros étale au soleil des plaines nues et rocailleuses où ne jaunissent plus les moissons.

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