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V. — Sèmiretchie

La Sèmiretchie est le pays des lacs : au nord, les . eaux claires et glacées du Balkach, au sud les eaux attiédies par de nombreuses sources chaudes de l’issyk- ? Koul. Le climat est sévère : d'une extrême rigueur en hiver, d’une chaleur atroce en été ; le thermomètre peut descendre à 40 degrés au-dessous de zéro et monter à 40 degrés au-dessus. Aux plaines attristées par des steppes nus succèdent des marais où bourdonnent les moustiques, des champs de roseaux où se vautre le sanglier. Pourtant, à Verniy, la capitale, au pied du mont Almati, on voit mûrir de belles pommes. Sur le plateau de Djourki, dans l’Alataou, il existe des sources sulfureuses aux environs de lvopal, à Arasan où

PROVINCE TRANSCASPIENN’B 351

les employés russes trouvent un hôtel, un parc et des agréments de villégiature.

VI, — Province Iranscaspienne.

La province transcaspienne comprend tout le plateau de rOust-Oust, entre le lac d'Aral et la mer Caspienne, et, depuis la soumission des Tourkmènes Tekkés et l’occupation par les Russes de l’oasis de Merv, s’étend jusqu’aux frontières persanes et afghanes.

L ue grande partie de cette région est occcupée par les sables arides, silencieux, uniformes, où ne croissent que quelques saxaouls. Pourtant, dans ces steppes nus et désolés, « la nature a comme ailleurs ses habits ordinaires et ses habits de fête, ses jours de joie et ses jours de larmes. Sa meilleure époque est celle du printemps : le steppe alors, dans bien des endroits, se revêt d’une herbe courte mais épaisse, parsemée de tulipes jaunes qui scintillent comme des étoiles. En été, au contraire, l ardeur du soleil brûle les herbes, et le sable on est chaud à ce point qu en y mettant des œufs ils cuisent comme au feu. Beaucoup de lacs et de ruisseaux sont desséchés. Toute créature a soif d’une goutte d’eau. L’automne est doux, calme et serein ; parfois il orne d’une nouvelle verdure un bout de prairie et les bords des ruisseaux comme si la nature voulait gratifier les animaux de quelques belles journées encore, de quelque dernière parure, en compensation du rude hiver qui •s’approche. Les gelées sont fortes et les neiges sont grandes; les vents, que rien n’arrête sur celte immense étendue, formant d'horribles chasse-neiiïe. .> (B Zaleski). v

Le* v‘Hes principales de cette région sont : Krasnovodsk, Askhabad et Merv.

TÜRKESTAN

Krasnovodsk, sur la Caspienne, malgré ses somp tueuses maisons de pierre, avec ses arbres rabougris et sans cesse assoiffés, est une ville des moins agréables à habiter. Elle manque, en outre, d’eau potable. Askhabad a au contraire le luxe des eaux vives et des arbres verdoyants. A Merv, l’air est presque toujours sec et salubre, mais au moindre vent il est jaune de sable et devient presque irrespirable. Le climat y est sec et chaud, variant de -t- 36° à — 7°. II ne pleut que de février à avril. Il tombe de la neige pendant une vingtaine de nuits d’hiver. Les marécages du Mourghab engendrent parfois des fièvres très dangereuses.

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