CHAPITRE X
Le Sahara
Sauf les lâches vertes des oasis, sur l’immense ruban terrestre qui, sur une profondeur variable, s’étend de la mer Rouge à l’Atlantique, règne l’aridité absolue et le vide. Sables mouvementés, longues routes caillouteuses, chaleurs torrides suivies de brusques retours de froid, vents empoisonnés, trombes de poussière soulevées par le siroco, ciel sans nuages et terre sans ombre, tel est le Sahara. Tandis que, à la lumière du soleil, le sable se réchauffe à 60ü ou même 70°, le rayonnement nocturne abaisse le thermomètre à deux ou trois degrés au-dessous de zéro.
Les brouillards sont rares et les pluies plus rares encore. Dans le pays des Touareg il se passe parfois dix à douze ans avant que de fortes averses remplissent le lit des torrents et renouvellent la végétation.
Pour AI. A. Meillon, la sécheresse absolue du climat saharien explique les excessives variations de sa température 'parfois glaciale en hiver, toujours brûlante en été.
Dès la fin d’avril, la chaleur esl déjà intolérable; bientôt elle devient torride; on a noté en juin 43°, 5 à Kawar dans le Sahara oriental, et même 47° à Mourzouk, dans l’Adrar.
Pendant la période de la canicule que les Arabes appellent sain ma (mortelle), on a noté à Ouargla ;35" à l’ombre et (io° au soleil.
« Alors, en elîet, dit A. Meillon, toute l’économie esl profondément troublée, la plus légère indisposition acquiert une gravité exceptionnelle, et certains accidents, comme les piqûres d insectes ou les morsures de serp< nls, relativement anodines en d’autres saisons, tuent I homme en quelques minutes». Le Sahara est alors réellement « blad-el-Ateuf, le pays de la soif, où l’on échangerait IouIps les pierres de Golcondc pour les perles d’un ruisseau ».
Les Archipels Atlantiques.