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I. — Climatologie générale

« Que du golfe du Mexique à l’est, de l’océan Pacifique à l'ouest, des terres basses de l’isthme de Téhuantépec au sud, on marche sur Mexico, Puebla, Guadalajara, Guanajuato, ou sur n’importe quelle grande ville mexicaine, on a toujours devant soi de hautes montagnes à gravir. » (0. Reclus). Il en résulte que le Mexique se trouve divisé, au point de vue clamatologique en trois zones : zone chaude, zone tempérée, zone froide.

La région chaude (tierras calientes) occupe les bords des océans Atlantique et Pacifique, ainsi que les pentes intermédiaires qui s’élèvent jusqu’à 400 à 500 mètres au-dessus du niveau des mers. La température moyenne y atteint +25°. C’est « la zone éclatante, à la fois prôpide et fatale, où c’est l’homme qui végète et la plante qui vit »>. En elïet, la nature végétale y est d’une puissance exubérante, par l’excès même de la température et l'abondance des eaux courantes. Les vents alizés arri-

CLIMATOLOGIE GÉNÉRALE

vent de ce côté chargés de l’humidité qu’ils ont recueillie dans leur longue course sur la surface de l’océan. C’est la région des cultures tropicales. Mais la plupart des ports sont désolés par la lièvre jaune et la fièvre malarienne.

Au-dessus, à mi-hauteur du plan incliné, jusqu’à 2000 mètres d’altitude, s’étend la zone tempérée (tierras templadas) : la température moyenne annuelle y est de 18° à 20° et le thermomètre y éprouve si peu de variations d’une époque de l’année à l’autre qu’on y jouit d’un printemps perpétuel. C’est une région délicieuse: la végétation y est aussi active et aussi vigoureuse que sur le littoral, mais sans son ciel embrasé et ses miasmes empestés. « Elle est exempte de ces myriades d’insectes incommodes ou venimeux qui pullulent dans la région basse de la terre chaude et y font le tourment de l'homme. On y respire l’atmosphère pure du plateau sans en subir les passagères fraîcheurs et l’air vif, dangereux aux poitrines délicates. La zone tempérée est un paradis terrestre quand l’eau y abonde, comme à Xalapa et dans quelques autres districts, où les glaciers éternels de quelques montagnes, tels que le pic d’Oribaza et le Cofre de Perole, se chargent d’en fournir aux sources toute l'année. » (M. Chevalier).

Au-dessus de la zone tempérée se déploient les terres froides (tierras fri as) où le climat est cependant fort doux. La température moyenne de Mexico et d’une bonne partie du plateau de l’Anhahuac est de 17". C’est seulement un peu moins que celle de Naples et de la Sicile, et c’est celle des trois mois de l’été à Paris. Peu daut la saison d hiver la chaleur du jour a Mexico est de L5" à 14 ' et en été le thermomètre à l’ombre ne dépasse pas 26 ’.

En somme le plateau de l’Anhahuac est caractérisé

MEXIQUE

par une température printanière qui s’étend à toute l’année, par une atmosphère raréfiée où l’oxygène est beaucoup moins dense, l’évaporation plus rapide et la ’ circulation capillaire plus active.

Celte délimitation des zones climatériques n’est pas

toujours nettement tranchée ; elles se fondent presque .

partout l’une dans l’autre par transitions successives.

Mais, dans son ensemble, le Mexique est un pays chaud, et le plateau d’Anhahuac est un pays tempéré suspendu au-dessus de la zone tropicale. La zone des terres tempérées, sur les deux versants de l’Atlantique et du Pacifique, jouit véritablement d’un printemps perpétuel, sans grands froids en hiver, sans chaleurs intolérables en été; dans chaque vallon coule un ruisseau ; une végétation touffue entoure chaque demeure et les arbres de l’Europe s’y mêlent à ceux de l’Afrique.

Los vents dominants au Mexique sont le norte ou vent du nord, parfois très violent dans legolfe du Mexique et sur la côte orientale, et le sur ou vent du sud, de mai à octobre, sur la côte occiden-

très dangereux

taie.

L'année n’a que deux saisons; l’été ou saison des pluies (tiempo de aguas) et l’hiver ou saison sèche (tiempode secas). Ces deux saisonsse succèdent brusquement, presque sans transition et sans changement sensible de température. La différence est moins tranchée à mesure qu’on s’avance vers le nord et les pluies y commencent plus tard.

En général, les pluies commencent à tomber vers le milieu de mai ; les nuages alors s’abattent en averses fréquentes. On voit d’ordinaire naître l’ouragan indiqué par un grand nuage noir qui se dresse du côté de la mer, comme un torse immense, aux membres a demi tronqués : c’est le giganlon ou géant qui bientôt envn-

iNOSOLOGIK

hil loul le ciel. «Aux heures de l’après-midi les nuages crèvent, illuminés d’éclairs, accompagnés de foudre: les Aztèques y reconnaissent la voix d’une divinité, le Tepeyololl ou Cœur-de-la-Montagne, résonnant en longs échos sur les rochers. Aux averses soudaines succède une pluie, continue qui dure ordinairement jusqu’à la tombée de la nuit ; le ciel se nettoie et. les voyageurs peuvent reprendre avec confiance leur route interrompue pendant les jours d’orage : à l’aube du jour, les vents ont déjà desséché le sol ». (E. Reclus).

Les pluies tombent ainsi pendant les mois de juin, juillet et septembre, entrecoupées de jours sereins et de courtes périodes de sécheresse. En octobre, les pluies ont cessé; quelques sommets se couronnent de neigp ; le manque d’humidité et non la froidure dépouillent les arbres de leurs feuilles.

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