CHAPITRE m. — ALLEMAGNE DU SUD
Bavière. Entre Hallein et Salzbourg, la Salzach reçoit, rive gauche^ VAlrriy qui sert d'écoulement au pittoresque lac du Kœtiigssée et dont le petit bassin, qui constituait jadis le prieuré princier de Berchtesgaden, a été conservé par la Bavière en 1814. Au-dessous de Salzbourg, aboutit la SacUach, rive gauche, qui ouvre, dans la barrière septentrionale de la haute Salzach, la trouée du lac de Zell, et qui arrose Reichenhall, l'un des centres d'exploitations salines si nombreux dans cette contrée.
 l'est de rinn, le massif de Haasrûck sépare en deux faisceaux les routes qui conduisent à Vienne, et crée ainsi deux débouchés distincts ; mais bientôt toutes ces routes se réunissent sur la Traun et ne constituent en somme qu'une seule ligne d'opérations.
Campagnes de la Révolution et de l'Empire. — Dans les guerres de la Révolution et de l'Empire, la vallée supérieure du Danube fut prise plusieurs fois comme ligne d'opérations par nos armées marchant survienne, pendant que d'autres corps s'avançaient par la vallée du Main et celle du Pô vers le même objectif. Les mouvements de ces armées étaient intimement liés les uns aux autres ; en particulier les troupes qui s'avançaient par les vallées du Main et du Danube et qui n'étaient séparées par aucun obstacle naturel, devaient opérer conjointement et se tenir toujours en relation, sous peine de se voir accablées par l'ennemi disposant de lignes intérieures.
En 1796, Moreau s'avance jusqu'à Augsbourg et Jourdan jusqu'à Am- i79«. berg sans se relier entre eux. L'archiduc Charles opérant par lignes intérieures se porte avec la plus grande partie de ses forces contre Jourdan, l'accable et le poursuit jusque sur la Lahn. Ses victoires contraignent Moreau, qui se trouve isolé au milieu de l'Allemagne, à battre en retraite ; l'armée eût subi un désastre sans l'énergie de son général.
En 1800, l'armée d'Allemagne est concentrée dans les mains de Mo- isoo. reau et opère en une seule masse. Elle pénètre dans le bassin du Danube par la trouée du sud et rejette Kray dans Ulm. Moreau occupe la ligne du Lech et barre à l'ennemi la retraite par la rive droite du Danube, il franchit le fleuve et menace aussi la ligne de retraite de la rive gauche. Kray cherche alors à regagner au plus tôt la rive droite, de manière à s'appuyer sur les affluents du Danube et à défendre la route directe de Vienne; il passe à Neubourg, mais il est rejeté sur la rive gauche; il traverse de nouveau le fleuve à Ingolstadt, trouve Munich occupé par Moreau et se retire à grande peine derrière l'Inn. L'armistice de Pamsdorf suspend les hostilités.
A la fin de novembre, la lutte recommence. Moreau bat l'archiduc Jean à Hohenlinden (3 décembre), force le passage de l'Inn à Mùhldorf et à
Neubeuem, se porte sur Salzbourg, culbute les arrière-gardes autrichiennes sur la Traun et sur Enns et n'est arrêté que par l'armistice de Steyer. A notre extrême gauche, Augereau, dans la vallée du Main, avait battu l'ennemi à Nuremberg et s'était avancé jusqu'à Ingolstadt. 1805. En 1805, les opérations dans le premier bassin du Danube se rédui-
sent aux mouvements et aux combats qui amènent la capitulation d'Ulm. Le Lech, l'Isar, l'Inn même ne sont pas défendus. L'empereur prend soin de couvrir son flanc droit en faisant occuper tous les débouchés du Tyrol; il envahit même cette province, en chasse les corps ennemis et se relie par les routes des Alpes avec son armée d'Italie. Ces sages mesures assurent le succès de sa marche sur Vienne. Maître de cette capitale, il y organise une nouvelle base et termine la campagne par le coup de foudre d'Austerlitz.