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CHAPITRE VI. — DfiFENSB DE L'EMPIRE D'ALLEMAGNE

heurter à la dépression de Bromberg et au cours marécageux de la Netze. Entre la Netze et la Warthe, des chapelets continus de lacs recouvrent le pays et le rendent très favorable à la défensive. Sur la rive gauche de la Warthe, la Prosna, qui marque la frontière, n'est pas un obstacle sérieux ; mais bientôt Tarmée qui s'avancerait de ce côté serait rejetée par les grands marais de TObra dans le rayon d'action de la place de Posen ou de celle de Glogau.

Posen^ est une ville de 61,000 habitants ; elle en eut 75,000 au seizième siècle et au dix-septième; elle était alors Tune des grandes villes de commerce de la Pologne; ruinée par les guerres et les dévastations, elle n'avait plus qi^e 5,000 âmes quand elle devint prussienne à la fin du siècle dernier; elle se relève de ses ruines en se germanisant. Ses fortifications sont de date récente. La citadelle (fort Vimary) a été élevée vers 1830 dans le but d'empêcher la capitale de la province de tomber au pouvoir d'une insurrection polonaise. Dix ans plus tard, on s'occupa de défendre la ville elle-même ; on l'entoura d'une enceinte formée de 6 fronts polygonaux sur la rive gauche de la Warthe et on construisit sur la rive droite des ouvrages très développés s'appuyant aux forts Rauch et Radziwill. La nécessité de mettre à l'abri d'un bombardement cette ville qui contient un matériel de guerre considérable, de la transformer en grande place de guerre et d'étendre son action, a conduit à allouer en 1873 une somme de près de 28 millions pour la construction de forts détachés; ceux-ci sont aujourd'hui achevés, ils sont à des distances de 3 à 4 kilomètres de l'enceinte et ne laissent entre eux que des intervalles de 3 kilomètres au plus. Il y en a 4 sur la rive droite et 7 sur la rive gauche de la Warthe.

Nous avons déjà parlé de Glogau; cette place barre les routes qtii conduisent à Berlin au sud des marais de l'Obra et qui évitent à la fois Posen et Kustrin.

CiUdolle.

Enceinte.

Nouveaux forts.

Ligne de l'Oder. — Comme seconde ligne de défense contre une invasion venant du nord de la Pologne, l'Allemagne possède le cours de l'Oder; c'est même la seule ligne continue qui couvre complètement Berlin à l'est. Elle était jadis renforcée par de nombreuses places fortes. On n'a conservé que Glogau et Kustrin. On a jugé inutile de garder Kosel sur le haut Oder, par suite de la proximité de Ncisse et de sa situation excentrique par rapport aux lignes d'invasion principales. La grande place de Stettin a aussi été déclassée eh 1873 parce qu'elle n*est pas située sur une grande voie d'invasion. Les fortifications du côté de terre des places de la côte, Kolberg et Stralsund, ont été déclassées pour la même raison.

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