‹ Géographie militaireChapitre 211 sur 217 · CHAPITRE VI. — DEFENSE DE L'EMPIRE D'ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. — DEFENSE DE L'EMPIRE D'ALLEMAGNE

Obstacles

qui couvrent

Berlin.

Elle n'est pas foilifiée ; du reste, son occupation n'entraînerait peut-être pas Taveu de la défaite décisive de rAllemagne ; l'histoire des guerres de l'Empire nous montre que la Prusise continua la lutte bien que sa capitale fût entre les mains de l'eimemi. En 1813, après la bataille de Lùtzen, les alliés découvrirent Berlin et abandonnèrent les routes qui y mènent pour rester appuyés aux montagnes de la Bohême et pour aller se réfugier derrière les lignes de défense de la Silésie.

Si Berlin n'a ni enceinte, ni fort détaché, cette grande ville est du moins protégée par d'autres places plus ou moins éloignées et par des obstacles naturels créés par les eaux. A l'est, se trouve VOder avec Kustrin ; à l'ouest, VElbe avec Magdebourg, puis, aux portes mômes de Berlin, la place de Spandau. Au sud, Berlin est couvert par les cours marécageux de la NiUlie, afQ.uent de la Havel, et de la Dahme, affluent de la Sprée ; et l'obstacle formé par ces rivières pourrait, au moment du besoin, être renforcé par des ouvrages de fortification passagère. De plus, Torgau sur l'Elbe et Glogau sur l'Oder constituent des positions flanquantes en ce sens qu'une armée marchant du sud sur Berlin devrait détacher des troupes pour les bloquer.

Wittenberg, entre Torgau et Magdebourg, renforçait autrefois la belle -Wiiieuberg. ligne de défense de l'Elbe et commandait les routes les plus directes de la frontière française à Berlin ; mais, en Allemagne, on regarde comme inutile de posséder trois places à si faible distance les unes des autres, c'est-à-dire sur une longueur de 50 lieues ; comme de plus la Prusse n'a plus besoin de place frontière contre la Saxe, on décida l'abandon de Wittenberg ou de Torgau. Cette dernière place, située à égale distance de Dresde et de Magdebourg, fut conservée ; la première fut déclassée.

V échiquier stratégique compris entre l'Elbe et VOder, au centre duquel se trouve Berlin, a une grande importance et l'armée qui l'occupe peut faire face de tous côtés. Il s'appuie à la mer du Nord et à la Baltique, il est limité par deux grands fleuves, il est oblique par rapport à la direction des lignes d'opérations de l'ouest à l'est et flanque les zones voisines. Nous avons vu qu'après la bataille de Dresde en 1813, Napoléon avait voulu y transporter la guerre et se placer ainsi avec 200,000 hommes au milieu des armées ennemies.

Vers le milieu de cette zone de terrain, l'Elbe et l'Oder se rapprochent l'un de l'autre et la resserrent. Si donc l'ennemi parvenait à forcer le passage d'un des deux fleuves à hauteur de Berlin, la défense serait infailliblement coupée en deux et privée de toute efficacité. La place de Spandau sert précisément à renforcer le centre de cette région et à empêcher la désorganisation de la défense.

Spandau est située au confluent de la Sprée et delà Uavel, entre deux

GéOGRAPUlE. — â" PABTIE. 19

Échiquier

entre l'Elbe

et l*Oder.

Spandau.

Nouveaux ouvrages.

lacs et à 12 kilomètres à Touest de Berlin. Elle renferme des manufactures d'armes, une fonderie de canons, des ateliers de construction, une poudrerie, un laboratoire de pyrotechnie et le trésor de guerre de l'Allemagne ; ce dernier consiste en 150 millions en or monnayé qui sont enfermés dans la tour Julius à la citadelle. Les fortifications de Spandau datent du commencement du dix-septième siècle ; elles se composaient jusqu'à ces derniers temps : 1* de V enceinte de Spandau sur la rive droite de la Havel ; 2® de V enceinte du faubourg de Stresow sur la rive gauche de la Spr^e et de la Havel; 3° de la citadelle. Elles avaient été complétées en 1870 par des redoutes en fortification passagère construites en avant de la ville. Elles viennent d'être beaucoup augmentées et on y a dépensé une somme de près de 17 millions. De nouveaux ouvrages ont été construits en avant du faubourg d.^ Oranienbourg au nord ; une enceinte continue ferme l'espace compris entre le lac supérieur et la Sprée en avant de la citadelle ; enfin on a construit quatre forts détachés. Spandau est par suite devenue une grande place de guerre et ferme complètement l'espace compris entre les deux élargissements nord et sud de la Havel.

situation de Magdebourg.

Enceintes.

Magdebourg ^ — Magdebourg, située sur la rive gauche de l'Elbe, au coude que forme cette rivière, et à la limite du Harz, se trouve sur la voie directe de Cologne à Berlin et est devenue, grâce à sa position, une ville de commerce très fréquentée. Sept voies ferrées y convergent et deux ponts pour chemins de fer y franchissent l'Elbe.

La ville existait déjà au septième siècle et fut bientôt fortifiée. Elle embrassa avec ardeur la réforme de Luther et eut beaucoup à soufOrir de la guerre de Trente ans. Elle soutint en 1629 un siège de 6 mois contre Wallenstein. Prise deux ans après par Tilly, elle fut mise à sac et 30,000 de ses habitants périrent dans l'incendie. L'évéché dont elle était le siège fut sécularisé en 1648 et donné, par la paix de Westphalie, à l'électeur do Brandebourg qm, toutefois, n'en prit possession qu'en 1680. Il fit immédiatement élever la citadelle dans \me île de l'Elbe. La tête de pont de Friedrichstadt ne fut construite que plus tard.

V enceinte de la ville, sur la rive gauche, était très coïnpliquée et comprenait trois lignes successives construites à diverses époques : V le mur enlevé d'assaut par Tilly, en 1631 ; 2® une enceinte avec bastions détachés reliés par des tenailles et des ravelins ; 3"* uoe enceinte plus récente à la queue des glacis de la précédente. Le tout avait une épaisseur de 600 mètres environ. En 1869, pour permettre à la ville de s'étendre et pour englober la grande gare centrale, on démolit la moitié sud de cette enceinte et on la remplaça par de grands fronts de 7 à 800 mètres 1. Consulter la carte 47.

Page 1