CHAPITRE IV. — LA BELGIQUE
cienne abbaye de la Cambre, aux portes de Bruxelles. Enfin, il y a un camp d'instniclion.pour les troupes à Beverloo, au milieu -des sables de la Campine.
Sjrstèxue défensif actuel de la Belgique. — Après 1816, on releva les remparts d'un grand nombre de places des Pays-Bas sur la frontière française ; en 1830, le nouveau royaume de Belgique fut déclaré neutre sous la garantie des grandes puissances de TEurope ; on n'entretint plus alors les fortifications des places, dont le nombre, du reste, n'était pas en rapport avec l'effectif de l'armée belge. A la suite des première^ guerres du second Empire, les Belges se croyant menacés d'une invasion et craignant même de voir revendiquer leur territoire, songèrent à se créer un système de défense.
L'organisation défensive fut établie d'après les vues d'un éminent ingénieur militaire belge, le colonel du génie Brialmont. Les anciennes places de Naraur, Philippe ville, Ath, Charleroi, Mons, Tournai, Menin, Ypres, Nieuport, Ostende, furent rasées en 1859 ; la citadelle de Gand, conservée à cette époque, fut aussi démolie en 1870. Les seuls ouvrages conservés sont: sur l'Escaut, la petite place de Termonde ou Dendermonde ; sur la Meuse, la citadelle de Namv/r et les deux forts de Liège; surlaDemer, Diest gui n'a été achevée qu'en 1838.
Dans le nouveau plan de défense, on résolut de donner à l'armée un réduit et un refuge où elle pût, en cas d'invasion, arrêter longtemps l'ennemi et attendre l'intervention des grandes puissances garantes de sa neutralité ; du reste, tout a été sacrifié à la volonté d'assurer un point de débarquement à des troupes de secours fournies par une grande puissance maritime; la puissance visée est évidemment l'Angleterre, car on sait que la neutralité et l'indépendance de la Belgique n'ont pas de plus ferme défenseur que la Grande-Bretagne. Ce sont ces considérations qui ont conduit à choisir comme réduit Anvers et non Bruxelles, bien que cette dernière ville soit la capitale et la résidence du gouvernement du pays. Bruxelles est en plaine et ne s'appuie à aucun obstacle naturel, ses fortifications eussent exigé des dépenses plus considérables que celles d'Anvers, la ville eût pu être plus facilement investie et attaquée de tous côtés. Anvers est sur l'Escaut, en un point où ce fleuve est fort large, c'est une grande ville de commerce et, de plus, elle pourrait tirer d'abondantes ressources en vivres des riches pays qui l'avoisinent. En avant d'Anvers se trouvent des obstacles naturels formés par la Dyle et la Nèthe, qui pourraient servir d'appui à l'armée belge et lui permettre de déboucher facilement de cette vaste position pour agir au besoin sm* la Meuse vers Liège et-Namur, c'est-à-dire dans la contrée où aurait lieu
sans doute le choc des armées allemandes et françaises ayant violé la neutralité belge.
Il faut noter que ce système de défense livre à Tenuemi presque tout le royaume qui serait occupé sans résistance et mis à contribution ; de plus, en présence de la rapidité de mobilisation des armées des puissances voisines, il est à craindre que la concentration de l'armée belge ne soit gênée et qpe les troupes ne puissent se réfugier au complet dans leur réduit.
Les fortifications d'Anvers ont été surtout élevées contre la France, mais elles pourraient tout aussi bien servir contre l'Allemagne dont la Belgique doit redouter les prétentions à reconstituer l'empire de Charlemagne.
Napoléon voulait faire d'Anvers un grand port de guerre sur la mer du Nord ; l'avantage de sa position prédestinait cette ville à devenir l'un des plus grands ports du monde. Après avoir atteint un haut degré de prospérité au seizième siècle , elle se vit fermer le chemin des richesses, c'est-à-dire la mer, car les passes de l'Escaut étaient entre les mains des Hollandais et un article du traité de Munster les interdisait à la navigation ; c'est Amsterdam qui hérita de son commerce ; cet état de choses dura du dix-septième au dix-neuvième siècle. Dans ces trente dernières années, le commerce d'Anvers a repris un très grand développement, et aujourd'hui, cette ville est l'un des plus grands ports de l'Europe, le troisième du continent pour le tonnage ; Hambourg et Marseille le dépassent seuls à ce point de vue. La ville renferme une population de 178,000 habitants; elle possède plusieurs bassins à flot où les wagons viennent charger les marchandises sur les quais, l'Escaut lui-même lui sert de port et l'activité y est très grande. La profondeur des passes est de 10 mètres ; le mouvement du port y est annuellement de plus de cinq millions de tonnes ; la valeur des échanges, importations et exportations, y est de près de deux milliards.
Défenses Les fortifications d'Anvers^ commencées vers 1861, ont été conçues d'après les idées nouvelles et sont certainement dans leur ensemble un des types les mieux réussis de la fortification moderne. Une enceinte continue entoure la ville et ses faubourgs; elle a une longueur de 11,500 mètres; elle s'appuie au sud contre l'Escaut et vient se relier à l'autre extrémité à la nouvelle citadelle, dite citadelle du Nord, dont les terrepleins vont être envahis par les nouveaux bassins à flot ; elle est couverte au nord par des inondations produites par les deux Schyn. Vers le sud, le terrain se relève et la protection des eaux n'existe plus ; on a construit, à une distance de 3 à 4 kilomètres de l'enceinte, huit forts ne laissant entre
l. Consulter la carte 7.