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CHAPITRE Y. — LA HOLLANDE

Noord-HoUand, existe une position d'une, haute valeur stratégique, LeHeider. celle du Helder, et un bon port, celui de Nieuwediep, où vient déboucher le canal de navigation qui, jusqu'à ces derniers temps, était pour les gros navires la seule entrée du port d'Amsterdam. La passe du Helder est approfondie par les marées du Zuyderzée; les batteries qui s'y trouvent ont pour mission d'interdire à une flotte ennemie l'entrée du Zuyderzée et l'investissement d'Amsterdam de ce côté, de protéger le port de Nieuwediep et d'empêcher l'ennemi d'utiliser le canal d'Amsterdam au Helder pour le transport de son matériel de siège. Nieuwediep est l'arsenal maritime de la Hollande et la principale station de la flotte, elle possède une école de cadets. L'arsenal et le poi*t militaire ont été achevés dernièrement. Les chenaux qui donnent accès dans la rade et qui sont compris entre le Helder et l'île de Texel, sont au nombre de trois : le SchiUpengat, le long de la côte du Helder , il a 400 mètres de largeur à hauteur du fort de Kijkduin et 7"*, 50 de profondeur; le Westgat, au centre, dont la profondeur minima est de 7 mètres à 7"*,50; et le Noordergat, près du Texel, qui n'a que 2",50 de profondeur à marée basse. La rade du Texel, large de plus de 4 kilomètres, est connue sous le nom de Marsdiep; elle possède d'excellents mouillages.

La position du Helder et l'arsenal de Nieuwediep sont défendus du Défonsos du côté de terre par quatre forts qui viennent d'être complètement transformés; ils sont reliés par une digue continue et par des batteries. Ce sont les forts Erfprins, Amiral- Dirks, Westoever et Oostoever; ces deux derniers ne forment en réalité qu'un seul ouvrage coupé en deux par le canal de Noord-HoUand.

Du côté de la mer, plusieurs batteries défendent les passes et l'entrée Dérousesdu du port de Nieuwediep. Tout d'abord, le fort de Kijkduin (ancien fort Morand) domine toute la côte et les dunes, grâce à son altitude de -h 24" A. P. ; il bat l'entrée du Schulpengat et a aussi une grande action du côté de terre. Les autres batteries sont échelonnées de l'est à l'ouest sur la pointe môme dans l'ordre suivant : 1* la batterie Kaaphoofd, qui possède un magasin à l'épreuve ; 2** le front septentrional du fort Erfprins qui vient d'être reconstruit et armé de 14 pièces de gros calibre ; 3* la batterie orientale avec 8 pièces; 4^ la batterie Princesse- Louise; 5^ la batterie Byhat'Wierhofdj avec 8 pièces ; 6° le nouveau fort de Harssens, avec 2 coupoles, à l'entrée même du port de Nieuwediep. Napoléon avait projeté de grands travaux à Nieuwediep ; les forts du Helder ont, sous le premier Empire, porté des noms français.

C'est au Helder qu'en 1799, après s'être emparés de la flotte hollandaise, débarquèrent les Anglo-Russes; ils cherchèrent à pénétrer dans

côt($ de torre.

côté do k mer.

le pays, mais le général Brune s'appuyant aux nombreux obstacles qu'on rencontre dans la péninsule de Noord-Holland, s'opposa à leurs progrès et finit par les battre à Bergen, au nord-ouest d'Alkmaar.

PlaD de campagne.

Prise de Maaseyk.

Ligne de rijssel.

Prise dUlreclil.

Campagne de 1672. — Afin de montrer le rôle que peuvent jouer, en cas d'invasion, les différents obstacles qui viennent d'être énumérés, nous allons rappeler les principaux faits de la campagne entreprise par Louis XIV en 1672.

A cette époque, la Belgique appartenait à l'Espagne, puissance neutre ou soi-disant neutre. Louis XIV rassembla son armée, forte de 110,000 hommes, à Gharleroi, sur la Sambre, et l'on se mit en quête d'un plan de campagne permettant de pénétrer en Hollande sans traverser le territoire belge. Condé proposa de faire le siège de Maastricht, afin de s'assurer un point d'appui pour marcher en avant; mais Turenne fit remarquer qu'il valait bien mieux pénétrer rapidement sur le territoire ennemi, sans s'arrêter ainsi à des sièges inutiles, et ne pas laisser le temps aux Hollandais de s'organiser.

Luxembourg se porta en Westphalie pour y réunir ses troupes à celles de l'évêque de Mimster et attaquer l'Ost-Frise. Condé , avec 30,000 hommes, franchit aussi le Rhin poiu: protéger l'électeur de Cologne, notre allié. Turenne, qui commandait le reste de l'armée sous les ordres immédiats du roi, s'empara sans coup férir de Maaseyk, un peu en aval de Maëstricht, ce qui lui permit de masquer, avec 5,000 hommes, les 12,000 hommes qui formaient la garnison de cette dernière place. Il passa siu: les territoires de Clèves et de Juliers, possessions de l'électeur de Brandebourg, notre ennemi ; puis il s'empara de Wesel, et toute l'armée se porta sur la rive droite du Rhin. On arriva enfin sur la ligne de l'Ijssel, dont le prince d'Orange occupait les points de passage avec une armée active de 25,000 à 30,000 hommes.

La grande sécheresse fut cause que le Rhin devint en partie guéable àTolhuis, en amont d'Arnheim; Condé profita de cette heureuse circonstance pour tourner les défenses des Hollandais en passant le fleuve à ce gué entre Pannerden et Westerwoort. L'Ijssel fut ensuite franchie par Turenne à Doesbourg. Toute la partie nord de la Hollande, Groningue, la Frise, la Drenthe, la Gueldre, tomba en notre pouvoir et fut occupée en quelques semaines.

Le prince d'Orange fit tendre les inondations de la ligne du Vecht et celles qui couvrent Amsterdam; on le délogea de l'importante position d'Utrecht, qui est l'une des clefs de la Hollande ; on s'empara également de Naarden, mais Muiden résista et on ne put pénétrer au delà. Toutes les digues aboutissant à Amsterdam étaient défendues par des ouvrages^

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