‹ Géographie moderne [microforme]Chapitre 109 sur 143 · INDO-CHINE BRITANNIQUE · texte numérisé non relu

INDO-CHINE BRITANNIQUE

Drvision.--L’Indo-Chine britannique occupe toute la lisière occidestale de l’Inde au delà du Gange et plusieurs petits mais importants territoires situés vers l’extrémité méridionale de la péninsule. Ces possessions anglaises peuvent se grouper en deux parties ; les provinces du N.et celles du $S. Les premières, qui sont l’Assam et la Birmanie anglaise, se lient aux provinces de l'Inde, et sont soumises à la - présidence du Bengale ; les autres forment le MA des Détroits (c’est-à-dire des détroits

e Malaka et de Singapour).

La Birmanie anglaise, conquise sur l'empire Birman, comprend : l’Aracau, la province de Pégou, le Ténassérim,

ViLLes.—Aracau, sur le fleuve du même nom; Pégou, près de l’Iraouaddy ; Rangoun, célèbre port, à l'embouchure d’une des branches du même fleuve ; Martaban, sur le Salouen ; Merghi, à l'embouchure du Ténessarim ; Malaka, chef-lieu du gouvernement des Détroits ; Georgetown, dans l’île de Poulo- Pinang ; Singapour, dans l’île du même nom. C’est une situation admirable pour le commerce, et qui est comme le lien entre l’Asie et l'Océanie, entre l'Inde et la Chine. On y compte 100,000 habitants.

Les Anglais ont pris possession des îles Andaman,

ErenDue.—L'empire Chinois est le. plus vaste empire du monde après l'empire Russe. On compte lus de 1100 lieues depuis la mer du Japon jusqu’à a frontière du Turkestan, et environ 600 depuis la frontière de la Sibérie jusqu’à la mer de Chine. Sa superficie dépasse 2,600,000 lieues carrées. Latitudo moyenne, 36°.

Bornes.—Au N., la Sibérie ; à l’E., la mer du Japon, le détroit de Corée, la mer Jaune, la mer de Corte et celle de Chine ; au S$S., lIndo-Chine et l’'Hindoustan ; à l’O., le Turkestan. Presque partout de hautes chaînes le séparent de ces contrées. Ainsi, la mer et d'énormes montagnes tracent autour de l’empire Chinois des limites naturelles remarquables, et l’isolent, en quelque sorte, lu reste du monde. Les Chinois appellent leur pays l'empire du Milieu, ou fleur du Milieu, ou empire Céleste.

Division.—Quant au sol on divise l’empire Chinois en deux parties : le plateau central, et les pays en dehors duplateau. La partie orientale de cccte vaste monarchie renferme la Chine propre, la Mandchourie et la Corée. Les parties septentrionales et occidentales conviennent la Mongolie, le Turkestan chinois, le Thibet et le Boutan.

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Un royaume insulaire, celui de Lou-tchot, se rattache à la fois à la Chine et au Japon.

La Chine propre et la Mandchourie sont soumises à la même division administrative. La Chine propre est divisés en dix-huit provinces (seng), qui 8e divisent en départements (fou) ; ceux-ci comprennent RASCSES arrondissements (tcheou) subdivisés en

istricts (hien).

Le royaume de Corée, la Mongolie, le Turkestan chinois, le Thibet, le Boutan et le royaume insulaire de Lou-tchou sont tributaires de la Chine propre.

MonTAGNEs.— L'empire Chinois renfeyme à l'O, le grand plateau central de l’Asie, dont on a longtemps exagéré l'élévation. De hautes montagnes envelop-

ent ce plateau. On distingue, au N. les monts Kenteï, Sayansk, Tang-nou et Altai ; à l'O, les monts Oélestes et Bolor ; au $S. O., les monts Thsoung-ling et Kara-koroum ; au $S., les monts Kaïlas et Kouen-lun ; à l’E., les monts Khin-gan.

Les chaînes suivantes se détachent de la grande arêto dont ce plateau est environné : au N. E., on voit les monts Iablonoï ou Stanovoï ; à l'E., le Péling et le Nan-ling traversent la Chine de l'O. à VE. ; au S., les monts de Kham ; au S. O., s'élève l’énorme chaîne de l'Himalaya, qui atteint plus de 26 milles pieds au-dessus do la mer. Les tremblements de terre sont fréquents dans cet empire.

Rivrères.—Les eaux de l'empire Chinois sont reparties entre quatre grandes divisions naturelles : le plateau central ; le ve:sant du N.; le versant du Grand océan ; le versant de l’océan Indien.

Sur le plateau on remarque le Tarim, formé par la réunion du Kachghar et du Yarkand.

Sur le versant de l'océan Glacial, on distingue : une partie’ du cours de l’Irtych, de lIéniséi et de la Sélenga.

Sur le versant du Grand océan, coulent trois grands fleuves : l'Amour, le Hoang-ho (fleuve Jaune)

et le Yang-tse-kiang (fleuve Bleu). Le cours de ces fleuves est considérable ; celui du fleuve Bleu a plus de 900 lieues.

Sur le versant Indien, on distingue : le Noukiang, le Brahmanoutre et l’Indus.

Lacs.—Les principaux lacs sont : Lob-noor, sur le plateau ; le lac Palté, qui a la forme d’un annear, dans le Tibet ; les lacs Palkati, Maktougal et Zaïzan, au N. O.; Kokonor, près de la frontière de la Chine propre. |

CAPITALE ET VILLES PRINCIPALES.--La capitale de l’empirs Chinpis est l’Ckin, près du Péi-ho, auquel elle communique par un canal. Elle a près de 0 lieues de cireuit et renferme, avec ses faubourgs, environ 2,000,000 d'habitants.

En approchant, on est frappé de l'aspect bizarre et gigantesque des murailles avec leurs pavillons et leurs tours ; mais, dès qu'on a pénétré dans l’inté. rieur, la grandeur s’évanouit : les rues sont encombrées de petits magasins qui s’avancent en dehors des maisons, et elles sont déparées par une fnule de constructions chêtives. Le palais inrbérial se trouve dans la païtie centrale de la ville. Les troupes anglo: françaises sont entrées à Pékin en: 1860, après plusieurs défaites des armées chinoises.

Parmi les villes on remarque : Tien-tsin, sur le Pei-ho ; Nan-kiny,sur le Kiang ; Chang-haï, port trèscommerçant, et l’un de ceux où les Européens se sont établis en plus grand nombre: N'ng-p'o, port de me: où il y a beaucoup d’Européens ‘ou-tcheou; Caiton, port de mer remarquable ; Macao, dans l'île du même nom, cette ville appartient aux Portugais ; Victoria, ville anglaise, à l'E. de Macao ; Moukden, ancienne résidence des souverains des Mandchoux.

Lhassa, capitale du Tibet ; Han-yang, capitale du royaume de Corée; etc.

CLimaT.—L’empire Chinois réunit dans sa vaste étendue presque toutes les températures du globe,

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HMPIRE CHINOIS. 253

Dans les parties les plus septentrionales, il y a des hivers semblables à ceux de la Sibérie ; dans le $., on éprouve des chaleurs très-fortes. Les énormes moutagnes qui s'élèvent dans les parties occidentales y rendent le climat âpre et glacial.

Sor.--Dans la partie orientale, on admire presque partout de vastes et belles plaines, parsemées d’agréables monticules, entrecoupées d’ innombrables rivières et de canaux, cultivées avec le plus grand soin et couvertes d’une incroyable population ; le sol y est d’une très-grande fécondité. L’O. et le N. O. sont ua mélange de hautes montagnes, de quelques val- Jées fertiles et de vastes plaines imprégnées de sel, dont les plus grandes forment l’affreux désert de Gobi ou Chamo.

Propucrioxs.—Dans les parties chaudes la végétation est d’une richesse admirable : on voit partout le froment, le riz, la canne à sucre,le thé, le coton: pier, l’indigotier, le mâûrier, en un mot toutes les productions des paÿs tropiques jointes à celles des pays tempérés.

Comm£grce.—Parmi les riches produits que la Chine fournit au commerce, on remarque : le thé, le riz, la soie, le coton, le sacre, la porcelaine, de l'encre” renommée, châles, poil de chèvres, etc. :

PoPuLATION.——-Aucune puissance sur la terre ne possède un aussi grand nombre d’habitants. On y compte environ 450,000,000 d’âmes ; c’est plus que le tiers du geure humain.

R&r1g1on.—La plupart des habitants de cet empire professent le bouddhisme ; les prêtres portent le nom de bonzes. La doctrine, dont Confucius est regardé comme le fondateur, est suivie par l’empereur, les lettrés et les mandarins.

GouvernEMENT.--L’autorité de l’empereur de la Chine n’est pas aussi despotique qu’on l’a cru long-

264 dÉDÉRAPHIH.

temps‘: l'opinion y met un frein puissant, et l’usage oblige le souverain de choisir ses agents dans lé’ corps des lettrés, parmi lesquels tous les citoyens

peuvent être admis, C’est une dynastie mandchoue qui, depnis plns de deux siècles, règne en Chine ;

mais une formidable insurrection, celle des Taëpings,

s’est formée depuis quelques années, dans le but de

renverser cette dynastie.

SUPPLÉMENT

Géocrabnte Hisrorique.--Les Romains et les Grecs ont connu vaguement la Chine sous le nom de Sérique, dérivé du nom ser, par lequel les Tatares désignaient la soie. Pendant de longs siècles, l'Europe n'eut sur la Chine que des idées extravagantes, des notions fausses et incomplètes. Des relations arabes du neuvième siècle donnent déjà à cette contrée le nom de T'hsin, dont nous avons formé celui de Chine ; les Æhitans, qui envahirent au moyen âge le nord de l'empire, ont fait donner à celui-ci tout entier le nom de Cathaï ; le célèbre voyageur vénitien Marco-Polo donna une description de cette contrée, au treizième siècle ; les découvertes des navigateurs portugais, successeurs de Vasco de Gama, qui explorèrent la Chine par mer dès 1617, les travaux des missionnaires qui y ont pénétré dans le seiième, le dix-septième, le dix-huitième et le dix-neuvième siècle, les récits de plusieurs autres voyageurs admis dans l’intérieur du pays, de récentes expéditions anglaises et françaises entreprises avec succès contre la Chine, enfin la traduction d’un grand nombre d'ouvrages importants écrits par les Chinois eux-mêmes, ont donné aux Européens des connaissances assez précises sur le Céleste Empire.

On s'accorde à dire que les Chinois existent en corps de nation depuis plus de 4500 ans. Vingt-deux familles, qui ont donné 237 empereurs, ont successivement occupé le trône, Après s'être considérablement étendu, l'empire Chinois tomba au pouvoir des Mongols, commandés par le fameux Djenghiz-khan, et reconnut pendant 8390 ans la domination des descendants de ce conquérant, qui en furent enfin expulsés. Les Mandchoux le soumirent en 1644, et s’y sont maintenus. Mais une grande insurrection tend depuis quelque temps à les renvérser. Une phase toute

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Peupzes.—Les Chinois appartiennent à la race jaune. Ce peuple est grave, très-poli, paisible et laborieux. Il cultive les arts avec talent, et se fait remarquer depuis longtemps par une civilisation assez avancée, mais qui reste stationnaire, On lui reproche Ja dissimulation, la lâcheté, l’habitude du mensonge et le penchant à la tromperie, l’Indolence dans les classes supérieure , la malpropreté dans les classes inférieures, L’infanticidt st commun chez les Chinois. Parmi les usages les plus bizarres, il faut citer celui qui consiste à priver à peu près les femmes riches de la faculté de marcher : les pieds d’une fille, dès le moment de sa naïssance, sont comprimés par un cuir ou par des bandelettes ; à perce les malheureuses dames peuvent-elles traverser en chancelant les appartements qui leur servent de prison. L'instruction est très-répanduc : la connaissance du langage et l’art d'écrire sout les parties les plus pénibles des études, À cause de la multitude des caractères. Les examens qu’il faut subir pour devenir mandarin, sont trèsnombreux. L’'insiruction seule peut conduire aux fonctions éminentes et aux dignités,

Les Coréens sont, après les Chinois, la nation la plus civilisée de l'empire. Ils ressemblent beaucoup à ces derniers sous le rapport des mœurs et de la manière de vivre ; leur gouvernement repousse les Européens, ct ne perm'. aucune relation avec eux.

Les Manchoux sont robustes, fiers et belliqueux. Dans le dix-septième siècle, ils firent la conquête de la Chine et placèrent sur le trône de cette contrée un de leurs chefs, qui fat le premier empereur de la dynastie régnante, celle

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Les Mongols, qui ont donné leur nom à la Mongolie, sont regardés comme le type de la race jaune. Ce peuple qui, dans le moyen âge, s’est présenté en conquérant dans une grande portion de l'Asie et dans les parties orientales de l'Europe, mène aujourd’hui une vie nomade et paisible, et se distingue par sa bienveillance, sa franchise et son hospitalité, Les femmes ont beaucoup d'industrie et de gaieté. On

donne souvent le nom de Tatares (Tartares) à tous les habitants de la Mongolie, de la Mandchourie et du Turkestan.

Les Tibétains sont un peuple doux, affable et voluptrieux. Leurs femmes se chargent de tous les travaux, qui, chez nous, sont le partage des hommes.

OUVRAGES PUBLICS.—On voit règner, le long de la frontière septentrionale de la Chine proprement dite, le célèbre ct inutile rempart qu'on appelle la Grande Muraille ; cet hamense boulevard, qui fut élevé pour garantir la Chine des invasions des peuples voisins, et qui n’a pas empêché ceux-ci d'y pénétrer plusieurs fois, a 30 pieds d’élévation ; sa longeur est de 600 lieues : sa largeur est telle que six cavaliers peuvent y parader de front. On doit aussi admirer les grandes routes des Chinois et surtout leurs canaux, vastes, profonds et bordés de quais en pierre.

AGRICULTURE, —On peut dire que toute la Chine est un vaste chamn cultivé. Les Chinois cultivent avec intelligence, Le toit des maisons, les rivières inêmes, sur les eaux desquelles des radeaux couverts d’une couche de terre végétale, contribuent à nourrir cette nombreuse population, Plusieurs millions d'habitants vivent de la pêche dans des bateaux qui leur servent d'habitation,

Couxerce.—Le total des opérations commercialés pour l’année 1863 dépassait la somme de 2} milliards de francs. Ce chiffre comprend seulement la valeur des marchandises importées et exportées par les onze ports ouverts au coinmerce étranger, Ces ports, placés suivant leur importance commerciale sont : Shang-haï, Han-kno, Fou-tchou, Canton, Ning-po, Amoy, Kiou-kinng, Swatow, Tien-tsin, Tchinkiang, Tche-fou.

ErenDuEe ET Borness.— A l'E. de l’empire Chinois, et à l'extrémité orientale de l'Ancien monde, se trouve l'empire insulaire du Japon. Ilest borné au N. par la mer d'Okhotsk; à l'E, par le Grand océan ; au S., par la mer de Corée, le détroit de Corée ; à l’O., par la mer du Japon. Sa superficie est à peu près la même que celle de la France.

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Drviston.—Toutes ces îles offrent. des côtes découpées par d'innombrables bras de mer. Elles forment une grande courbure dont la convexité est tournée vers le S. E. On en distingue 4 principales qui sont, en commençant par le N.: Yéso, séparée de l'île de Sakhalien par le détroit de La Pérouse ; Nippoo, la plus grande de toutes ; Si-kok, Kiou-siou.

MonTaGnes.—Les îles dn Japon sont toutes couvertes de montagnes, la plupart volcaniques. Un grand nombre de sommités sont revêtues de neiges perpétuelles. Les terribles éruptions de l'Illigiyana désolent la partie méridionale de Kiou-siou.

Rivières ET Lacs.—Le Japon est bien arrosé, mais les rivières de ce pays n’ont pas un long cours. Les principales coulent dans l’île de Nippon. Le plus grand lac est Oitsz, au $S. O. de l’île de Nippon.

CAPITALE ET ViLces.—La capitale est Yédo, située sur la côte N. E. de l’île de Nippon, au bord de la baie du même nom. C’est une des plus grandes et des plus magnifiques cités du monde. Quoique le plan n’en soit pas aussi régulier que celui de la plupart des villes du Japon, les rues sont en général bien alignées, fort belles et très-propres. Elle renferme de grands édifices publics et une quantité considérable de couvents et de temples. On y admire Île fameux pont Nippon-bas, d’où l’on compte les distances sur tous les grands chemins de l’île ; il est construit en bois de cèdre, et bordé de balustrades ornées de boules en cuivre doré. La population d'Yédo est d'environ 1,500,000 habitants. Les autres villes principales sont : Myako, qui est considérée comme une seconde capitale ; elle est la résidence du Mikado, qui est le souverain pontife. Cette ville est le centre des sciences, de la littérature et des beaux arts, et renferme un grand nombre de temples et d’édifices remarquables par leur étendue et leur beauté. On la croit peuplée d’environ 1,000,000 d'âmes. L’extrême salubrité de Myako lui a fait

donner le no de Paradis du Japon; Osaka, sur la baie du même nom ; Nara, au N.E. de Myako ; Nagasaki, le seul port de l’empire où, pendant longtemps, il ait été permis aux vaisseaux d’aborder.

CLimaT-—La température est très-rigourense dans les îles les plus septentrionales, ailleurs, la chaleur de l’été serait assez forte si elle n’était souvent modérée par les brises de mer. Dans la saison des pluies, le tonnerre gronde journellement ; les tempêtes et les tremblements de terre sont très-fréquents. Le climat est sain au Japou ; il y règne peu de maladies, et l’on y vit très-vieux.

SOL ET PrRopucrIoNs.—Le sol du Japon, généralement montueux, est peu fertile, mais les habitants auxquels la loi fait un devoir rigoureux de l’agriculture, l’ont rendu très-productif, et les montagnes impraticables demeurent seules incultes ; on voit partout de gras pâturages, de riches forêts d’arbres précieux, et les cultures les mieux entendues. L’or et l'argent offrent de riches mines. Le cuivre, mêlé de beanconp d’or, est une des sources des richesses du pays. Le riz forme la principale nourriture des habitants ; les autres céréales ne sont pas très-généralement cultivées, mais les différentes sortes de légumes prospèrent partout. On récolte en abondance des poires, des pamplemousses, des figues, d'excellentes cerises, des nèfles, de grosses oranges ; il y a d’excellent thé. Les vers à soie sont partout l’objet d’un grand soin.

Coumerce.—L’industrie est très-avancé chez les Japonais ; ils fabriquent de balles étoffes. Ils exportent du thé, des armes blanches, de la porcelaine, du vernis renommé, etc.

PoPuraTion ET Rer&GIon.—Le Japon contient environ 36,000,000 d'habitants. Les Japonais se partagent entre deux religions dominantes : le sinto ct le bouddhisme. La tolérance est très-grande au

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GOUVERNEMENT.--Le gouvernement du Japon est une monarchie absolue. Le chef de l’empire est le Taïcoun. Le prétendu chef spirituel descendant d’une ancienne famille royale reçoit quelques honneurs royaux dans son palais, d’où il sort assez peu. Il est entouré d’une cour ; sa dignité est héréditaire ; mais il n’a aucune autorité. Un grand nombre de princes héréditaires ou Daïmios, composent une sorte de système féodal qui contrebalance quelquefois l’autorité du Taïcoun. La moitié de l’année, ces princes feudataires de l'empire résident à Yédo; leurs familles y demeurent longtemps comme otage de leur fidélité.

SUPPLÉMENT

GÉOGRAPHIE HISTORIQUE. —Entièrement séparés de reste du monde, les Japonais, qui prétendent descendre directement des dieux, dédaignèrent longtemps toute connaissance étrangère à leur patrie, et ils témoignaient le mépris le plus profond pour les nations qui leur étaient inconnues. Mai depuis quelques années ils se sont mis enfin en rapport avec les grandes nations de l'Occident, L'agriculture est l’art auquel ils se livrent avec le plus d'activité. Leurs armes blanches et leurs porcelaines surpassent tout ce qu'on fait ailléurs de plus parfait dans ce genre. Ils fabriquent même des télescopes, des thermomètres, des montres et des pendules. Intelligent, actif et sérieux, ce peuple montre beaucoup d'aptitude pour les sciences : il s'occupe de mathématiques, de physique, d'histoire et de botanique. Toutes Îles classes reçoivent une éducrtion commune dans les écoles publiques, et il n'y a peut-être pas de pays où le talent de l'écriture soit plus universellement répandu. Beaucoup de mandarins savent plusieurs langues européennes, particuliêrement le hollandais, et ne sont nullement étrangers à l'histoire et aux sciences de l’Europe. Le vol, la ruse et la fraude sont presque inconnus au Japon, et les habitants

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poussent les vertus sociales À un point extrême. Il n’est aucun péril auquel un Japonais ne s'expose pour secourir son ami. Parmi les traits qui distinguent le caractère de cette nation, on doit mettre en première ligne le respect que les enfants portent à leurs parents ;on vante également les vertus et les qualités des femmes. Quoique d’une humeur gaie et sociable, le Japonais, toujours armé d’un poignard, ne pardonne jamais une offense, et ne laisse échapper aucune occasion de signaler sa bravoure. Le suicide, inspiré par un amour-propre et un orgucil extrême, est très-commun.

Dans l’île de Yéso et le voisinage, habitent les Yéso ou Aïno, peuple doux, paisible, hospitalier et généreux. Ils sont robustes, agiles, excellents chasseurs et navigateurs intrépides ; mais ils connaissent à peine l'agriculture, et ne se servent ni d'écriture ni de monnaie. Leurs vêtements consistent généralement en peaux de phoque ct d’ours, Leur culte se borne à faire des libations et à allumer des feux en l’honneur de quelques dieux grossiers. Ils ont une grande vénération pour l'ours, et cependant ils se nourrissent de sa chair avec délice.

Ixousrrie. —Le Japon produit en abondance la soie, le thé et le coton. Pour ces trois articles, même pour le thé, il peut lutter avec la Chine et concourir dans des proportions considérables à l’approvisionnement des marchés européens et américains. Parmi les produits on signale le cuivre, le fer, Ja houille, qui rendra les plus grands services pour la navigation des paquebots à vapeur; le tabac, dont la consommation est très-grande au Japon; le camphre, le salpêtre, la porcelaine, ln laque, le papier, etc. Les Japonais, comme les Chinois, peut-être même à un degré supérieur, excellent tout à la fois dans l’agriculture et dans l’industrie. Ils savent en outre imiter avec une intelligence rare les procédés en usage chez les autres peuples, et ils possèdent toutts les qualités nécessaires pour arriver à un grand développement de productions,

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