PROVINCE DE LA NOUVELLE-ECOSSE
Erenpur.—[La Nouvelle-Ecosse a 84 lieues du nord au sud, depuis le cap Sable jusqu’au détroit de Canso ; et 38 lieues de l’est à l’ouest. Latitude moyenne 45°.
Bornrs.—Cette Province est une presqu'île entourée des eaux du golfe St. Laurent, de la baie de Fundy et de la baie de Chignectou ; elle tient au nord-ouest au Nouveau-Brunswick par un isthme. L'Ile du Cap Breton en fait partie et est séparée du continent par le détroit de Canso.
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Drvision.—La Nouvelle-Ecosse est divisée en 18 comtés, y compris l’île du Cap Breton ; les comtés se subdivisent en arrondissements et en cantons.
Elle est représentée à Ottawa par 19 membres des Communes et par 12 Sénateurs.
MonTAGNEs.— Le sol est peu montagneux ; au centre se trouve un petit plateau, dont Îles versants forment plusieurs petites rivières qui arrosent cette péninsule.
Rivières Er Lacs.—Les rivières ne sont pas considérables : la plus remarquable est la rivière Annapolis. Les lacs les plus importants sont le lac Rossignol et le lac Bras-d’Or, qui divise lîle du Cap-Breton presque d’une extrémité à l’autre.
Baïres.—La Nouvelle-Ecosse est entourée de beiles baies, de hâvres et de rades où les vaisseaux trouvent un abri sûr et commode: les plus remarquables sont celles de Fundy, de Minas, de Chibouctou, de Guysborough, etc.
CLIMAT.— Le climat est à peu près celui du Nouveau-Brunswick ; il est cependant un peu plus doux.
SoL.—Le sol est en général assez fertile et l’agriculture est plus florissante qu’au Nouveau-Brunswick. Les parties les plus fertiles se trouvent le long de la baie de Fundy ; le voisinage de l'Océan est peu fertile : dans l’intérieur le sol est pierreux.
PropucrIons.—Celles de la Province de Québec. Il y a beaucoup de pommes et de poires.
CAPITALE ET Vicres.—La capitale est Halifax, dans la baie de Chébouctou, l’un des plus beaux et des plus sûrs ports da Nouveau-Monde. Les villes remarquables sont : Annapolis, Pictou, Truro, Liverpool, Lunenburg, Yarmouth, Guysborough, Arichat, dans l’île Madame, et Sidney, dans l’île du Cap-Breton.
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PoPuLATION. — La population est d’environ 350,000 âmes.
RELtGION.—La religion dominante est le protestantisme, Ilya denx évêques catholiques, l’un à Halifax, l’autre à Pictou.
Coumeror.—Les articles importés sont les mêmes que ceux de la Province de Québec. Les articles exportés sont le charbon et le fer, qui donnent de grands profits à la Nouvelle-Ecosse ; ° poisson, les huiles, les peaux de loup-marin, le bo: de construction, le plâtre, les pierres meulières, le bœuf et le lard salés, le beurre et le fromage, etc.
Caemins À Lisses.—TL'Acte impérial réunissant les Provinces Maritimes aux deux Canadas assure la construction d’un chemin à lisses intercolonial, qui unira Halifax au Grand Tronc, dont le terminus est maintenant à la rivière du Loup, à 60 lieues au-dessous de Québec.
GOUVERNEMENT. — Le gouvernement local est constitutionnel. Il se compose d'un Lieutenant-Gouverneur, d’une Assemblée Législative et d’un Conseil Législatif.
SUPPLÉMENT
GÉOGRAPHIE HSTORIQUE.—La Nouve'le-Ecosse, autrefois l’Acadie, est la plus ancienne c‘lonie française en Amérique. Elle fut découverte par Sébastien Cabot, en 1497. Sous le règne de Henri 1V, en 1604, MM. De Monts et de Poutrincourt y jetèrent les fondements de Port-Royal, sur la côte orientale de la baie de Fundy ; le nom d’Annapolis lui fut ensuite donné. En 1713, l’Acadie, après avoirété prise ct rendue plusieurs fois, tomba définitivement au pouvoir des Anglais. En 1750, Halifax fut foncé et devint le chef-lieu de la colonie. L'année 1713 vit s'élever, au Cap-Breton, cette forteresse de Louisbourg, qui jusqu’à la conquête fit tant de mal aux Anglais.
En 1751, la Nouvelle-Ecosse reçut une constitution mode-
lée sur celle de la Grande-Bretagne. A cette époque, celle comprenait T'erreneuve et le Nouveau-Brunswick. Terreneuve en fut détachée en 1767, et le Nouveau-Brunswick en 1785. Le Cap-Breton, qui, depuis 1763, avait formé une Province détachée, fut réuni, en 1820, à la Nouvelle-Ecosse.
Depuis 1713, époque de la cession de l’Acadie à l’Angleterre, jusqu’en l’année 1758, les infortunés Acadiens furent exposés aux vexations et à la plus odieuse tyrannie de ia part des Anglais. Enfin, cette même année 1758, l’Angleterre, au mépris des lois les plus sacrées de la propriété et du droit des gens, et par ane infâme trahison, fit embarquer les malheureux Acadiens sur des vaisseaux et les dispersa sur les côtes inhospitalières des Etats-Unis. Leursterres furent distribuées à des favoris.
Côres, Ports £r PêcHeRIEs.—La Nouvelle-Ecosse est la Province la plus orientale de la Puissance du Canada. L’étendue des côtes de la Puissance se monte à plus de 600 lieues; elles sont percées de 60 ports de mer capables de recevoir les plus grands vaisseaux ; à ees ports, on peut ajouter près de 150 hâvres. Au-delà de 100 rivières viennent sur ce parcours jeter leurs eaux à la mer.
Voilà les richesses que nous possédons et le champ qui s'ouvre à l'esprit d'entreprise des habitants de la Puissance du Canada. Les nations étrangères exploitent nos pêcheries depuis longtemps et retirent de notre golfe de grands avantages. Nous, jusqu’à présent, nous les avons laissées faire ; à peine nous sommes-nous aperçus qu’il nous est facile d’en faire autant. Pourtant, nous avons les éléments de succès sous la main. Il y a dans notre pays une race de marins forts et courageux ; il ne nous manque donc que des hommes entreprenants et possédant un capital suffisant pour équiper de petits navires.
On ne compte que 10 mille pêcheurs dans la Province de Québec. Au Nouveau-Brunswick et à la Nouvelle-Ecosse, le nombre des pêcheurs est plus considérable ; dans cette dernière province, ils sont au notmubre de 25,000.