CONFÉDÉRATION ARGENTINE
Division. —Elle est divisée en 14 états.
MonrTAGnes.—Les Andes la séparent du Chili, et on voit aussi les dernières ramifications méridionales des montagnes du Brésil, dans la partie orientale,
RiviÈres.—Tous les grands cours d’eau qui parcourent la confédération Argentine, se rendent dans l’Atlantique. Le principal est le Parana, qui a sa source dans le Brésil ; il coule d’abord à travers une contrée montagneuse, reçoit à droite le Paraguay, grossi du Pitcomayo et du Vermejo, et le Salado ; il se joint enfin à l'Uraguay, plus large, mais beaucoup moins Jong qne lui ; c’est à ce confluent que se forme le Rio de La Plata, qui offre plutôt l’apparence d’un golfe que d’un fleuve, et qui a plus de 60 lieues de largeur à son embouchure. Le Rio Colorado, qui traverse les Pampas, et le Rio Negro, qui forme la limite entre la république et la Patagonie, sont les autres grands tributaires de l’Atlantique.
CAPITALE ET VILLES.—La capitale est Buenos- Ayres, grande et belle ville, peuplée de 100,000 âmes, qui occupe une position magnifique sur la rive méridionale du Rio de la Plata ; le peu de profondeur de son port empêche les navires d'approcher de cette ville.
Villes principales.—Parana, sur la rive gauche du Parana, a été quelque temps capitale de la confédération. Corrientès est située un peu au-dessous du confluent du Parasuay et du Parana (20,000 âmes) ; Santa-Fé (15,000 âmes), sur la rive droite du Parana ; Mendoza, au pied des Andes, (15,000 âmes, avant le tremblement de terre qui l’a détruite en 1861) ;
Cordova, au centre ; Salta, Fucuman et Catamarca, au N. O.
Crimar.—Le climat est rigoureux dans les haute vallées des Andes. Les plaines fertiles de l’intérieu jouissent de la plus douce température ; cependan en été, c’est-à-dire en juin, juillet et août, le ve
du sud devient assez froid pour geler la surface de l’eau. Souvent aussi, dans cette saison, des pluies, accompagnées d'éclairs et de tonnerreaffreux, tombent par torrents. La chaleur est quelquefois excessive dans les Pa mpas, mais, en général, le climat est trèssalubre.
Soz sr Propucrions.—Le sol est, en granäe partie, inculte, mais presque partout fertile. Les belles plaines de la partie septentrionale produisent du maïs, du blé, de l'orge, des olives, du cacao, du sucre, du tabac, de l’indigo, du coton, etc. Les bœufs et les chevaux se rencontrent partout dans les Pampas, même à l’état sauvage. On élève beaucoup de chèvres, de moutons et de porcs.
Commerce.—Peaux, suif, bœuf salé ; laine de vigognes, d’alpagas, de moutons ; chevaux, mulets, vigognes vivantes, peaux de lions, de tigres, de chieus sauvages ; cornes, coton, etc.
PoPULATION.— 1,200,000 habitants. Les blancs forment à peu près le quart de la population ; le reste se compose de mulâtres, de métis, de nègres et d’indigènes.
ReELIGION.—Malgré la tolérance de tous les cultes, le catholicisme est presque la seule religion professée par les Argentins.
GouverRNEMENT.—Le gouvernement de ce pays est une république fédérative, |
SUPPLÉMENT
GÉOGRAPHIE HISTORIQUE.—La plupart des Provinces-Unies du Rio de la Plata, ont fait d'abord partie de l'immense viceroyauté du Pérou ; en 1778, unies à la Bolivie actuelle, au Paraguay et à l'Uraguay, elles formèrent une vice-royauté particulière, dite Rio de la Plata. En 1810, elles suivirent le mouvement insurrectignnel qui agita les possessions espa- . gnoles, Déc 1811, les troupes fidèles à la métropole y
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furent battues (à Las-Piédras), puis un gouvernement indépendant fut établi à Buenos-Ayres, mais il éprouva de fréquentes variations (1813—16), jusqu’à ce que le congrès de Tucuman promulguât la constitution. On forma une république avec trois pouvoirs, deux chambres et un président, une haute cour de justice, des juntes électives et électorales. Cette constitution n’empêche pas les Provinces-Unies du Rio de la Plata d’être en proie à l’anarchie ; lesunitaires et les fédéralistes s’y combattent sans cesse. L'industrie y est nulle et le commerce borné. L'Union a fait, de 1826 à 1828, une guerre désastreuse au Brésil, pour la possession de l’Uraguay, qui finalement a été reconnu indépendant. En 1838 et 1840, elle a eu des démêlés graves avec la France, pour avoir refusé de satisfaire aux justes réclamations des résidents français ; après un long blocus, ces démélés avaient êté heureusement terminés, en 1840, par l’Amiral de Mackau; mais il s’éleva bientôt de nouvelles difficultés, à l’occasion des entreprises du Président Rosas contre Montevideo ; elles n’ont été aplanics, après un nouveau blocus de plusieurs années, qu’en 1851, par l’amiral Le Pré-
our.
La république Argentine, celle de l’Uraguay et celle du Paraguay, se trouvaient au commencement de l’année 1864 engagées dans des complications et des querelles auxquelles l'empire voisin du Brésii ne devait pas tarder à se mêler et dont le résultat ne pouvait être qu’une guerre sanglante et générale. La situation géographique de ces pays, le manque de délimitations précises et les contestations de territoire qui en sont la suite, le désir de dominer la navigation de la Plata et de ses affluents, tels sont les motifs de division qui existent depuis longtemps entre les républiques de la Plata comine avec l’empire du Brésil, et qui, dans ces derniers temps, ont fini par les armer les uns contre les autres. Le Paraguay veut la libre navigation de la Plata, cette rivière étant le seul moyen qu'il a de communiquer avec l’Europe.
Erars.— Entre-Rios, Corrientes, Santa-Fé, Cordova, La Rioja, Santiago, Tucuman, Catamarca, Salta, Jujuy, San- Luis, Mendoza, San-Juan et Buenos-Ayres. On peut y ajouter legrand Chaco et les Pampas, qui sont fréquentés presqu’entièrement par les Indiens.
Ea partie méridionale est nresque entièrement occupée par le grand désert des Pampas, plaines monotones, couvertes d'herbes, où l’eau potable et le bois sont également rarcs ;
on y trouve beaucoup de petits lacs et de marais salés. Elles sont arrosées cà et là par quelques ruisseaux saumâtres.
ANIMaux.—Le jaguar, le lion, le couguar, le gama et le enna peuplent la plupart des forêts. Les vigognes, les amas et les alpagas sont nombreux dans les montagnes. Un animal très-commun dans les plaines est le bisacho, dont les terriers creusés dans tous les sens sont fort dangereux. On trouve aussi l’autruche. Les chiens devenus sauvages s’y sont multipliés d’une manière si prodigieuse, qu’on a été quelquefois forcé de faire marcher des troupes pour les détruire.
Gaucaos.—Les Gauchos sont d’origine espagnole, et ont embrassé les habitudes de la vie sauvage. Ils sont bergers et habitent la partie septentrionale des Pampas. Infatigables, presque toujours à cheval, occupés de la chasse et de la garde des bœufs et des chevaux, ils vivent continuellement en plein air, et ne construisent de petites huttes que pour abriter leurs femmes et leurs enfants. Ils ont peu de besoin et préfèrent leur vie dure et active, mais indépendante, aux douceurs et aux jouissances de l’état social. Les voyageurs sont toujours reçus par eux avec bienveillance, politesse et désintéressement. On rencontre aussi, dans les Pampas, des saltéadores ou brigands et des indiens indomptés. Ceux-ci sont des hommes robustes, qui passent leur vie à cheval et ne s'occupent que de guerre et de pillage.
Dans quelques parties de la confédération, on trouve les restes d'anciennes peuplades sauvages, formidables jadis. La grande tribu des Œusranis, celle des A/bipons, si redoutée des Espagnois, et celle des uaycuros, la plus féroce, sont, en grande partie, éteintes. C’est surtout après l’expulsion des Jésuites, que le nombre des sauvages a diminué promptement. Aujourd’hui presque tous ceux qui sont convertis s'occupent de la culture et de la garde des troupeaux. |
Des tribus patagones, qu'on nomme Indiens Pampas, se montrent dans le sud.
Pour ces peuples, le bœuf est ce que le renne est au Lapon et le chameau à l’Arabe : leur chair est la base de leur nourriture ; la corne et le cuir servent à une foule d’usages. Le bœuf est l'animal préféré pour les voyages dans les plaines et surtout dans les Pampas. Ils sont attelés au nombre de six paires à un chariot grossier surmonté d’une tenture de peaux et font environ 10 licues par jour, portant une charge d'environ 36 quintaux,
salés.
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