MONARCHIE SCANDINAVE
vêge ; sous le nom de Monts Kiœlen, parvenue à peu près vers le milieu de la Scandinavie, elle se divise en ‘ deux grandes branches, dont l’une va au S. O., parcourt la Norvége et se termine au cap Lindesnæs ; l’autre se prolonge au $., à travers la Suède, jusqu’au promontoire de Falsterbo.
Freuves Er Rivières.--La Scandinavie est divisée en trois versants maritimes : celui du N. et de V'O., incliné vers la mer Glaciale, l'océan Atlantique, et la mer du Nord, et placé à l'O. des monts Kiœlen et de la branche norvégienne ; celui du S$., incliné vers le Skager-Rack, le golfe de Christiana et le Cattégat ; le troisième versant est celui dus. E. et de VE, penché vers la Baltique et le golte de Botnie.
Sur le premier de ces versants, il y a une foule de
etites rivières, parmi lesquelles on remarque, dans le K de la Norvége, la Tana.
Sur le second, est un fleuve plus important, le Glommen, qui se jette dans le golfe de Christiana ; le Gotha, qui se jette dans le Cattégat.
Sur le versant de la Baltique, on trouve en descendant vers le sud : la Tornea ; la Lulea ; la Pitea; PUmea ; l’Angermanna ; l’Indals ; la Luisne ; la Dal ; la Matola ; ete. Un grand canal naturel, nommé Tarendo-elf, unit la Tornea au Kalix. Le principal canal srtificiel est celui de Gotha, qui unit le Cattégat
à la Paltique, en joignant le lac Wener au lac Weter.
Lacs.—-l y en a une foule ; on remarque ceux de Wener, de Weter, de Meler, de Tornea, de Lulea, de Si'jan, dans la Suède ; de Moiïsen, dans la Norvége.
Au sud du lac Moisen, dans la rivière Maan-elv se trouve une cataracte, la ie belle de toute l’Europe : trois chutes distinctes la composent, et chacune se précipite d’une hauteur de 700 à 800 pieds; lorsqu'on est convenablement placé pour voir à la fois ces trois immenses nappes d’eau, c’est un spectacle sublime,
Izes.—Un grand nombre d’îles sont répandues sur les côtes septentrionales et occidentales de la Scandinavie. Les plus remarquables composent l’archipel de Lafoden. On distingue, au $S. E., dans la Baltique, deux îles importantes : Olaud et Gotland ; un peu plus au N, sont les nombreuses petites îles qu’on nomme les Scherens de Stockholm.
CapiTALE ET Vicces.—La capitale de la Suède est Stockholm. Elle est admirablement située sur deux presqu'îles et plusieurs îles baignées par le détroit qui unit le lac Meler à la Baltique : cette capitale n’est pas très-grande et ne contient que 112,000 âmes. Les sites les plus variés l'entourent, et elle semble placée au milieu d’un grand et superbe jardin, Le lac Meler est parsemé d’une foule de jolies îles ; ses bords, découpés par d’innombrables golfes et surmontés souvent de rochers pittoresques, offrent de toutes parts des châteaux, des maiïsons de campagne et de frais paysages. Le palais du Roi est une des plus belles demeures royales de l’Europe. Gœtheborg, à l'embouchure dela Güôta ; Malme, sur le Sund ; Carlscrona, et Kalmar, sur la Baltique ; Upsal, à 15 lieues au nord de Stockholm, célèbre par son université ; Fahlun, au N. O. d'Upsal.
Christiana, capitale de la Norvége, sur le golfe du même nom, ville commerçante et très-industrieuse ; cette ville n’a que 40,000 habitants et possède une importante université. Dronthein et Bergen, sur la mer du Nord ; Kongsberg, à l'O. de Christiana ; Christiansand, sur le Skager-Rack, etc.
CzimaT, So ET PRoDpucrTIONs.—Le climat est généralement froid. Il faut observer cependant que la Suède est moine froide que la Norvége. Les hivers sont longs et rigoureux. Généralement on respire, dans ces contrées, un air pur et sain. Les étés y sont fort courts, mais très-chauds, à cause de la grande longueur des jours ; etla végétation y croît avec une rapidité surprenante.
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MONAROHIT SCANDINAVE. 151
Dans les parties septentrionales, qui s’avancent dans la zone glaciale, le soleil reste en été sur l’horison plusieurs semaines de suite, et en hiver il est invisible pendant le même intervalle ; mais l’horreur de cette Jongue nuit est diminuée par des aurores boréales très-brillantes et par la clarté de la lune, qui donnent un degré suffisant de lumière pour les occupations ordinaires.
Le sol est assez fertile dans les parties méridiopales ; on y récolte du blé, du seigle, de l'orge, de l’avoine, des pommes de terre et du lin. Les sombres et grandes forêts sont formées de pins, de frènes, de bouleaux et de sapins d’une hauteur extraordinaire. Les parties boréales sont presque dépourvues de plantes, et les chétives récoltes qu’espère le cultivateur sont même souvent détruites par les gelées ; aussi les malheureux habitants se trouvent- ‘ ils fréquemment réduits à se nourrir d’une pâte faite avec l'écorce amère du pin.
Coumerce.—Fer, acier, cuivre, bois, vaisseaux neufs, poisson, huiles, alun, potasse, térébenthine, goudron, bêtes à cornes, etc.
PoPULATION.—5,500,000 habitants, dont 3,900,000 pour la Suède et 1,600,000 pour la Norvége.
ReLiGIoN.—Le luthér anisme est la religion dominante.
GoUvERNEMENT.—Le gouvernement de la Suède et de la Norvége est une monarchie constitutionnelle. Quoique réunies sous un même sceptre, ces deux contrées ont leurs lois distinctes ; leurs assemblées législatives sont indépendantes ; et chacune a le titre de royaume.
SUPPLÉMENT
GÉOGRAPHIE HISTOR IQUE.—-La Scandinavie portait aussi ce nom chez les anciens ; mais elle était fort peu connue, et on la regardait comme une île. On prétend qu’elle fut la patrie
de ces.Goths belliqueux qui contribuèrent si puissamment à renverser l'empire Romain ; mais il est plus vraisemblable qu’elle fut elle-même conquise par les Goths, venus des rives S. E. de la mer Baltique. Elle fut, du moins, le berceau des Hérules, qui portèrent les derniers coups à l'empire Romain d'Occident, et celui des Normands, qui se sont établis au moyen âge sur les côtes de France et de plusieurs contrées méridionales de l'Europe. Parmi les peuples de cette péninsule, on remarquait les Suions, qui paraissent avoir laissé leur nom à la Suède.
Corontes.—La Suède ne possède en dehors de l’Europe qu’une petite colonie : c’est l’île Saint-Barthelemi, une des îles Caraïbes, dans les Antilles.
CHEMINS 0E FER.—Les principaux cheins de fer, la plupart non terminés, sont : la ligne de Stockliolm à Gœtheborg et à Malmoæ : le chemin de Stockholm à Christiana et de la même ville à Dalécarlie et à Gefle. Les chemins du Nordland ; de Christiana à Drontheim, à Kongsberg, et à Skien, par Drammen, etc.
IxsTRUCTION PuBLIQUE.—La langue suédoise et la langue norvégienne appartiennent à la même origine que le danois et l'allemand ; elles sont mâles et énergiques. Les sciences sont cultivées avec succès dans la Scandinavie, et le peuple y est généralement éclairé : tous les paysans savent lire, Un grand nombre émigrent et viennent se fixer dans la province d’Ontario et dans les Etats-Unis de l'Ouest.
Lapoxs.—Les Lapons forment, dans le N. de la Suède et de la Norvége, un peuple à part, remarquable par sa petite taille, son visage large, sa peau brune et huileuse, sa voix aigre et désagréable. 1ls sont doux, gais, assez intelligents et très-agiles, mis fort portés à la paresse. La civilisation a peu pénétré chez ce peuple. La plupart sont nomades, et, malgré la rigueur du climat, leur vie errante est tellement pleine de charme pour eux, qu’ils meurent ordinairement de chagrin lorsqu'ils sont forcés de l’abandonner. Ils se nourrissent du produit de leur chasse, de celui de leur pêche, et de la chair et du lait des rennes , chaque famille laponaise possède au moins 2 ou 300 dr .s animaux utiles: c’est une espèce de cerf, qui, attelé aux traîneaux sur la glace et la neige, franchit les distances avec une rapidité extraordinaire.
On trouve dans la Scandinavie des castors et beaucoup
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d’autres animaux rovêtus de riches fourrures. C'est la patrie des lemmings, ou rats de Norvége, qui causent de grands dégâts par la quantité de grain qu’ils enfouissent dans leurs profonds souterrains ; ces animaux sont fort curieux par leur manière de voyager : ils émigrent souvent par troupes nombreuses et avec un ordre remarquable,
RSR
ErENDuE.—La Russie d'Europe occupa la partie orientale de l’Europe, et s’étend depuis le 41e jus: qu’au 70e degré de latitude N. Elle a une longueur de 725 lieues et une largeur de 540 lieues ; sa superficie est de 1,150,000 lieues carrées. C’est le plus grand empire du globe. Elle surpasse en étendue tout le reste de l’Europe. Cependant ce n’est là qu’une portion de l’Empire Russe, qui s’étend encore dans le N. de l'Asie et qui s’avance, tous les ans, de l’autre côté du Caucase,
Bornes.—-La Russie est bornée au N. par la mer Glaciale ; à lVE., par la rivière Kara, les monts Ourals, la rivière Oural et la mer Caspienne, qui la séparent de l’Asie ; au S. E., par le Caucase et la mer Noire ; à l'O., par l'Autriche, la Prusse, la mer Baltique, le galfe de Batnie, la rivière Torneg et la Tana, qui la séparent de la Suède.
Diviston.—La Russie d'Europe comprend : 19 50 gouvernements ou 51, avec l’ancien royaume de Pologne ; 3° une république militaire, celle des Cosaques du Don; 3© le grand-duché de Finlande ; 4© trois territoires Caucasiens.
Toutes ces divisions peuvent être classées en cinq régions naturelles : 1© le versant de l'océan Glacial ; 2° le versant de la mer Baltique ; 3° lo versant de la mer Noire et de la mer d’Azof ; 4° le versaut de la mer Caspienne ; 5© la région entre la mer Noire et la mer Caspienne,
MowraGnes.—La Russie n’est, pour ainsi dire, qu’une plaine immense coupée çà et là dans son intérieur par quelques chaînes de collines, et bordée à l'E. par les monts Ourals et au S. E. par les monts Caucase. La grande arête qui sépare l’Europe en deux versants parcourt la Russie d'Europe depuis les monts Ourals jusqu’à la frontière de l’empire d’Autriche ; elle se dirige généralement du N. E. auS. O., et n’est formée que de collines ou de petites montagnes : les monts Valdai en sont une des parties les plus remarquables et donnent naissance à la plupart des fleuves qui arrosent ce pays. C’est dans le Caucase que se trouvent les plus hauts sommets de la Russie ; des glaces et des neiges éternelles couvrent cette chaîne majestueuse. Le pic de lElbrouz atteint près de 17,000 pieds de hauteur.
FLeuves er Rivières.—La Russie est divisée en quatre versants maritimes : le versant de l’océan Glacial, le versant de la Baitique, le versant de la mer Noire et celui de la mer Caspienne.
Sur lo versant de l’océan Glacial, coulent la Kara, la Petchora, le Mézen, le Dvina du nord, l’Onéga ; ces trois derniers fleuves sont tributa'res de la mer Blanche.
Sur le versant de la Baltique : la Tornea, qui tombe au fond du golfe de Bothnie ; la Néve, dont le cours n’est pas long, mais fort large; la Dvina du sud, qui se jette dans le golfe de Livonie ; le Niémen et la Vistule, qui ont la fin de leurs cours sur le territoire Prussien.
Le versant de la mer Noire a pour fleuve principal le Danube qui sépare la Russie de la Turquie ; le Pruth sépare la Russie de l'Autriche ; le Dniester, le Boug, le Dniéper ; le Don se jette dans la mer d’Azof.
Le Kouban se jette près du détroit d'Iénikalé; un de ses bras se rend à la mer d’Azof.
Le versant de la mer Caspiennea pour fleuve principal le Volga le pius grand cours d’eau de l'Eu-
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qui tombent dans la mer Caspienne sont : l’Oural, le Kouma et le Térek.
Canaux.—- Plusieurs canaux font très-utilement
communiquer entre eux les quatre versants de la Russie.
CAPITALE ET Vices.--La vapitale de l’empire est Saint-Pétersbourg ; cette ville s'élève au fond du golfe de Finlande, sur les deux rives et sur plusieurs Îles de la Néva, qui se divise en quatre grandes branches. Sa plus vaste et sa plus belle partie occupe la rive gauche du fleuve. (Cette capitale fut bâtie par Pierre-le-Grand, au commencement du dix-huitième siècle, au milieu de marais insalubres. Malgré le désavantage de son site, c’est une des capitales les plus magnifiques de l’Europe. On y compte 550,000 âmes. Parmi les monuments de cette immense cité, il faut signaler la statue équestre en bronze de Pierre-le-Grand, posée sur un énorme bloc de granite ; le palais de l'Amirauté, le palais de la Tauride, le palais d'Hiver, le théâtre d'Alexandre, les églises d’Isaac et de Notre-Dame de Kazan. Près de la ville s'élève le bel observatoir e de Poulkova. Moscou, sur la rivière du même nom; Astrakhan, à l'embouchure du Volga; Kazan, sur le Volga ; Odessa, sur la mer Noire; Arkhangel, sur la mer Blanche ; Kronstat, forteresse au fond du golfe de Finlande, près de Saint-Petersbourg, etc.
Czimar.—-Le nom de Russie réveille l’idée d’une température très-froide ; le N. est, en effet, soumis à un climat très rigoureux ; mais le S. jouit d’un climat plus doux et assez agréable. En Russie, le froid est généralement plus grand, à latitude-égale,
ue dans la plupart des autres pays de l’Europe. ans le midi même, il fait souvent très-froid en hiver, mais les étés y soni fort chauds.
156 a£ogRarttiE.
Soc xr Propuçrions.--Le N. est un pays triste et stérile où le froid nuit à ia végétation. |
Le N. O. est rempli de läcs, qu’embellissent souvent des aspects pittoresques, et entre lesquels s'élèvent. des collines rocaillenses. Le centre et l'O. sont les parties les plus peuplées et les mieux cultivées. Le S, offre plusieurs cantons agréables et fertiles ; on y récolte beaucoup de blé, de tabac et de lin, et la vigne y réussit ; maïs il y à aussi de grandes steppes herbacées, infestées de sautcrelles,
Le S. E., entre la mer d’Azof et la mer Caspienne, contient de vastes steppes sablonneuses, des plaines iuprégnées de sel et beaucoup de petits lacs salés ; tout, dans l'aspect de cette région, annonce que la mer Caspienne était autrefois unie à la mer Noire.
Evfin l'E. est remarquable par ses immenses forêts et ses richesses minérales ; on y trouve d’abondantes mines de cuivre, d’or, de platine et même quelques diamants.
PoPpuLATION ET RELIGION.—-La population s’élève à 68,000,000 d'habitants. (C’est environ le quart de la population totale de PEurope. La religion dominante est la religion grecque, une des branches du christianisme : elle ne reconnaît pas la suprématie spirituelle du Pape. L’Empereur est le chef suprème de l'Eglise grecque en Russie ; mais il délèguc son autorité à l’assemblée du saint-synode, qui siége à Saint-Petersbourg.
Les catholiques sont très-nombreux dans les provinces polonaises. Les juifs y sont fort répandus; l’on a appelé la Pologne le Paradis des juifs : presque tout le commerce s’y trouve entre leurs mains.
GouvERNEMENT. —Le gouvernement de la Russie est une monarchie absolue, l'Empereur ou Tzar prend aussi le titre d’autocrate de toutes les Russies. Il y a un sénat, mais cette assemb lée est entièrement soumise au pouvoir de l'Empereur.
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RUBSTE, 167
SUPPLÉMENT
Géocrarais nisrorique.—Les anciens désignaient vaguement sous le nom de Sarmatie, et quelquefois sous celui de Scythie, les contrees qui forment aujourd'hui la Russié d'Europe. Parmi les peuples qu'ils connurent dans ces vastes régions, on distingue : au N. O., les Vénèdes, les Gothons, qui paraissent être les mêmes que les Goths ; les Estuens ou Esthes ; les Fennes ou Finnois : à l’O., les Peucins ou Bastarnes, lés Besses ;—au milieu, les Agathyrses, les Sauromates ou Sarmates ; —au S., les Roxolans, dont le nom, suivant quelques étymologistes, a formé celui des Russes ; les Budins ; les Jazyges ; les Taures et les Cimmériens, dans la Khersonèse Taurique. Plusieurs colonies grecques s’établirent dans cette Khersonèse et dans son voisinage, au bord du Pont-Euxin : on remarquait Odessos, Olbia, Carcine, Khersoncsos, Théodosie, Panticapée.
Au commencement du moyen âge, on voit paraître le nom de Slaves pour désigner les peuples de la plus grande partie de ces contrées. Rurik, chef des Varègues, pirates scandinaves qui infestèrent longtemps les bords de la Baltique, fonda au neuvième siècle une monarchie qui fut le berceau de l'empire Russe, et dont le siége fut d’abord dans ie bass'n du Dnieper. D’autres princes portèrent ensuite dans le bassin du Volga le siége de cette souveraineté, qui eut longtemps le titre de grände principauté de Moscovie. Dans le treizième siècle, la Russie fut assujettie par les Mongols, et resta sous leur domination jusque vers la fin du quinzième siècle. Redevenu indépendant, cet état prit le nom d’empire au seizième siècle ; à partir de Pierre le Grand, c'est-à-dire de la fin du dix-septième siècle, il s’est constamment et rapidement accru.
Aujourd'hui l'empire Russe s'étend non-seulement en Europe, mais dans le N. et l'O. de l'Asie. Il occupe à peu près le huitième de la surface des parties terrestres du globe, La population totale de cet empire est de’75 inillions d’habitants.