‹ Géographie moderne [microforme]Chapitre 86 sur 143 · RÉPUBLIQUE DH SAINT-MARIN · texte numérisé non relu

RÉPUBLIQUE DH SAINT-MARIN

La petite république de Saint-Marin, peuplée de 8000 habitants, et enclavée entre les Marches et la Romagne, entre Urbin et Césène, est un des plus anciens états de l'Europe. El'e doit son origine à Saint-Marin, qui vint se fixer dans ce lieu au cinquième siècle, Plusieurs personnes s'étant assemblées autour de son ermitage, Marin leur transe mit ses principes de liberté et d'égalité évangéliques, Peu à peu cette société s'agrandit et devint un état. La capitale Saint-Marin, ou San-Ma:ino, se trouve sur une montagne escarpée. Il est étonnant que cette petite république n'ait pas subi le sort des autres états Italiens et n'ait pas été annexée au royauine d'Italie ; probablement son peu d'importance n’a pas excité l'ambition de Victor Emmanuel, qui lui a permis de garder son autonomie et son indépendance,

ErenDur.—La Turquie d'Europe s'étend entre le 39e parallèle et le 48e. Elle a environ 250 lieues de longueur sur 200 de largeur ; sa superficie est d’environ 150,000 lieues carrées, équivalant à peu près à l'étendue de la France.

Bornes.—Cette contrée, qui n’est qu’une partie de l'empire ottoman, forme, avec la Grèce, la grande péninsule T'urco-Hellénique. Cette péninsule s’avance entre les mers Adriatique et [onienne, à l’O., et la mer Noire, la mer de Marmara et l’Archipel, à l'E. Elle est bornte au nord par l'Autriche et la Russie ; la

Save, le Danube, les monts Carpathes et le Pruth séparent la Turquie de ces deux contrées ; elle est bornée au S. par la Grèce.

Drviston.—Les contrées renfermées dans la Tur. quie d'Europe ne sont pas toutes complètement soumises à l'empire Ottoman : il y a, au N , vers le Danube, trois grandes principautés slaves et roumaines qui ne sont que tributaires de cet empire : ces principautés sont la Moldavie, la Valachie et la Servie : Îles deux premières sont Gésignées sous le nom de Principautés-Unies de Moldavie et de Valachie, ou sous celui de Moldo-Valachie. Les provinces renfermées dans la Turquie proprement dite sont la Bulgarie, la Romélie, qui comprend l’ancienne Thrace et la Macédoine ; la Bosnie, qui renferme P'Herzégovine, l’Albanie et la Thessalie, Ces provinces, qui composent la Turquie proprement dite, sont divisées en 10 éyalets ou gouvernements généraux.

Dans le N. O. de l’Albanie, se trouve le petit pays montagneux de Monténégro, qui était indépendant de la Porte, mais qui a reconnu, en 1862, la souveraineté de la Turquie, tout en conservant son prince. Cettigne est la capitale de cette région, dont les habitants, d’origine serbe, et au nombre de 140,000, sont célèbres par leur énergie et leur courage.

MonTAGNESs.— A l’O. s’avancent les Alpes Orientales ou Alpes Dinariques, qui séparent le bassin de PAdriatique de celui de la mer Noire. Les monts Balkan séparent les tributaires de la mer Noire de ceux de l’Archipel et de la mer de Marmara, Les monts Carpathes séparent l’Autriche des Principautés danubiennes. Une autre chaîne, connue sous le nom général de chaîne Hellénique, s’avance du N. auS,, et sépare le bassin de l’Adriatique et de Ia mer Ionienne de celui de l'archipel : l'Olympe, chanté par les poëtes, est une branche de cette chaîne ; elle a environ 9,000 pieds.

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FLeuves ET RiviÈèrEes.—Dans le bassin de la mer Noire, on voit couler le Danube ; ce grand fleuve arrose de vastes plaines, et se jette dans Îâ mer: Noite

ar trois embouchures principales, dont Aa, plus mportante pour la navigation est celle de Séalinä : ses affluents les plus remarquables sont la:'Savé, rossie elle-même de la Bosna et de la Drin ; As orava et l’Isker ; sur la rive gauche, l’Aluta, 16

. Bereth et le Pruth. Dans l’Archipel, ge rendent le

Maritza, la Salembria ct le Vardar.

Vers la mer Ionienne, coule l’Aspropotamo, dont le cours inférieur se trouve duns la Grèce.

Lacs.—Le plus grand lac dela Turquie est le Rassein, près des bouches du Danube ; le lac Takinos, Le du golfe d’Orphano; le lac Scutari, au 8. du

Tonténégro.

CAPITALE ET ViLxes—La capitale de l'empire Ottoman est Constantinople. Cette ville est admirablement située à l’entrée méridionale du Bosphore de Thrace. La ville proprement dite est sur un promontoire triangulaire composé de sept collines et entouré par la mer de Marmara, le Bosphore et un bras du Bospohre. Ce bras, connu sous le nom de Corne d'Or, forme un des ports les plus beaux du monde. Vue du côté de la mer, sur sept collines, qui s'élèvent en amphithéâtres, et que couronnent élégamment des dômes et des minarets de mosquées, entremêlés d’arbres et de quelques monuments anciens, cette immense cité présente une des plus belles perspectives qu’on puisse imaginer ; mais l’intérieur ne répond pas à cette magnificence extérieure. Constantinople renferme environ 700,000 habitants. Andrinople, 100,000 âmes, sur le Maritza, position charmante ; Salonique, sur le golfe du même nom ; L’Arisse, sur la Selambrie ; Serès, près du

olfe d'Orphano; Jassy, ville de 80,000 âmes, capitale

e la Moldavie; Boukharest, capitale de la Valachie, enplée de 130,000 habitants ; Belgrade, capitale de a Servie, etc.

Au S. de l’Archipel et au S. E. de la Moréo, la Turquie possède l’île de Caudie, qui s’allonge de l'E. à-l'O. ; c'est un pays fertile et beau, mais généralement pauvre aujourd’hui. Au centre, s’élève le mont Ida. La capitale est Candie, ville de 15,000 habitants, sur la côte septentrionale. On remarque dans la partie N. O. de l’île, le port assez commerçant de Canéa.

Les Candiotes sont sujourd'hui révoltés contre l'empire Ottoman. Ils veulent conquérir leur indé. pendance.

Cramar, Soz er Pronucrions.— Le territoire géné. ralement très-montagneux de la Turquie d'Europe y rend la tompérature moins chaude que la latitudo pe semble d’abord l'annoncer, Entre les montagnes s'ouvrent des vallées délicieuses et des plaines très: fertiles, où règne un doux climat, et où croissent en abondance les orangers, les grenadiers, les figuiers, les oliviers, la vigne, le maïs, le riz, le blé, le sorgho, le lin, le raisin, le cotonnier, le melon, les pastèques, le tabac, les mûriers propres aux vers à soie. On élève beaucoup de rosiers pour la fabrication de l’eau et de l’huile de rose, Le vallonée et la noix de galle sont deux productions importantes. Les bois de construction sont admirzbles, Malheureusement l’agriculture est fort arriérée. L'aspect du pays an N. du Balkan est moins beau qu’au $. ; le climat y est froid en hiver, et l’air malsain en plusieurs endroits du cours du Danube, aux bords duquel s'étendent des marécages. |

PoPuLaTion Er ReLIGION.—L: population de la Turquie d'Europe est de 16,000,000 d'habitants. Tout l’empire Ottoman renferme environ 86 millions d’âmes. Les Turcs sont mahométans ; la règle de Jeur foi est le Koran.

GouvERNEMENT.—Le gouvernement est monar.

chique, mais n’est plus despotique comme autrefois,

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L'empereur a le titre de Sultan, de Grand-Seigneur ou de Grand-Ture ; il est en même temps souverainpontife. Le grand:vizir est le lieutenant du sultan, On donne le nom de divan au conseil d'Etat. Les divisions administratives ne sont pas dirigées par des pachas : ce titre n’est plus qu’honorifique. La dignité des pachas est indiquée par des queucs de cheval, portées sur un gonfalon.

Les trois principautés slaves et roumaines payent un tribut à la Porte: les princes de Servie sont héréditaires et reçoivent l'investiture du sultan ; la Valachie et la Moldavie sont réunies sous un seul prince ou hospodar, qu’elles ont élu elles-mêmes et qu’a reconnu la Porte.

SUPPLÉMENT

Géoarnie uisrorique. —La région occupée aujourd’hui par la Turquie d'Europe correspond aux anciens pays do Mésie, d’Illyrie, de Macédoine, de Thrace, d’Epire, et à cette partie du N. de l’ancienne Grèce qui portait et qui a conservé le nom de Thessalie.

Alexandre fut le premier qui réunit tous ces divers pays sous une seule domination : l’illustre Macédonien comprit, en outre, dans son empire, l'O. de l’Asie (jusqu’à l’Indus) et l'Egypte. (Ce vaste empire se démembra bientôt. Les Romains finirent par s'emparer de la plus grande portion, et les provinces que nous venons de décrire furent renfermées dans l'empire d'Orient, qui devint plus tard l'empire Grec ou le Bas-Empire. L'empire d'Orient fut violemment ébranlé par les Goths, les Huns, les Avares, les Bulgares ; il se trouva un moment soumis, dans le treizième siècle, aux Croisés, qui fondèrent l'empire Latin d'Orient. Il reprit son indépendance ; mais vivement attaqué par les Turcs, il fut enfin anéanti, au quinzième siècle, par cette nation à demi barbare, sortie du centre de l’Asie. Quelques seigneurs français, vénitiens et génois étaient cependant restés, depuis les Croisades, maîtres de quelques territoires, surtout dans la Grèce, que les Turcs finirent par soumettre aussi tout entière. L'empire Ottoman, longtemps redoutable, a décliné sensiblement depuis le commencement de dix-septième siè-

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