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CHAPITRE VINGT-SIXIÈME

ORLÉANAIS. — DÉPARTEMENTS DU LOIRET, D'EURE-ET-LOIR ET DE LOIR-ET-CI1ER.

§ I. Limites et subdivisions. — Les pays que l'on désigne vulgairement sous le nom d'Orléanais, et qui étaient en grande partie de l'ancien domaine des premiers Capétiens, étaient bornés au nord par l'Ile-de-France, à l'est par la Bourgogne, au sud par le Berry et la Touraine , à l'ouest par le Maine. Ils se subdivisaient en Orléanais propre, capitale Orléans; Gâtînais, capitale Montargis; Pays chartrain ou Btauce, capitale Chartres; Dunois, capitale Châteaudun; Vendômois, capitale Vendôme; Blaitois, capitale Blois; Sologne, capitale RomoranUn. Leur longueur était de 220 kilomètres et leur largeur de 176, ce qui leur donnait de superficie environ 3,500 kilomètres carrés. Leur population était de 820,000 habitants.

L'Orléanais était un des grands gouvernements militaires de la France ; il formait la généralité d'Orléans, qui se divisait en 12 élections; il était du ressort du parlement de Paris, et se divisait judiciairement en h bailliages; il renfermait trois évèchés, Orléans, Blois et Chartres, suffragants de Paris. On en a formé les départements du Loiret et de Loir-et-Cher, la plus grande partie d'Eure-et-Loir, et une petite partie de la Nièvre.

$ II. Orographie. — L'Orléanais est un pays généralement plat; il est néanmoins traversé par le contre-fort d'entre Seine et Loire , que nous avons déjà décrit sous les

noms de monts du Morvan et de monts du Nivernais. Ce contre-fort pénètre dans l'Orléanais à l'angle sud-est du département du Loiret, et se compose de hauteurs peu importantes, qui ont, à leur entrée dans la province, une élévation de 222 mètres au signal de Montifaux, mais dont l'élévation ordinaire est de 160 à 180 mètres; de là, serrant de près la rive droite de la Loire , à laquelle elles n'envoient que des ruisseaux insignifiants, ces hauteurs se dirigent d'abord du sud-est au nord-ouest par Ouzouer, Vitry, Chàtillon (173 m.), aux sources de l'Œuf, et Neuville-sous-Bois (129 m.). Elles s'élargissent alors en un bas plateau , connu sous le nom de Plateau d'Orléans, et compris surtout entre Orléaus et Chartres, Loury et Illiers. Au nord d'Orléans, en face du point le plus septentrional do la Loire, cette ligne indécise de coteaux s'écarte du fleuve au nord-ouest , et remonte dans cette direction par les collines du Perche, qui séparent la vallée de l'Eure de celles du Loir et de l'Huisne, et se terminent au plateau de Mortagne, où commencent les collines de Normandie, vers les sources de la Sarthe, de l'Orne et do la Touques. Dans cette partie, le contre-fort d'entre Seine et Loire se relève , et ne tarde pas à atteindre 3 à 400 mètres.

Toutes les hauteurs qui le composent sont presque partout boisées; au temps de la Gaule celtique, elles l'étaient même entièrement; on sait que les forêts des Carnules étaient célèbres comme séjour principal des Druides , cl l'on y remarque encore aujourd'hui la forêt d'Orléans, qui s'étend au nord de la Loire. Leurs versants sont faiblement inclinés vers les deux grands bassins qu'elles séparent. Quelques contre-forts s'en détachent sur le versant septentrional; tels sont : les collines du Gàtinais, qui courent sur les deux rives du Loing, et qui, sur la rive droite, tracent la frontière orientale de la province ; elles sont généralement boisées , et l'on y trouve la forêt de Montargis. Vers le nord de la province , les collines du Perche détachent divers rameaux dont les mamelons, qui apparaissent ça et là, encaissent les nombreux cours d'eau qui se rendent à la Seine; les plus importants sont ceux qui côtoient l'Eure; ils atteignent jusqu'à 200 mètres. Sur le versant méridional du faite entre Loire et Seine, on ne trouve de contre-forts qu'à l'ouest d'Orléans, lorsque ce faite cesse de longer le fleuve; le seul à citer est celui qui se détache vers Patay (126 m.) ; il se divise au sudouest par Ouzouer-le-Marché (132 m.), et Marchenoir (143 m.), entre le Loir et la Loire, dont il accompagne la rive droite jusqu'en Touraine, au delà de Blois; il est généralement boisé, et l'on y trouve entre autres Ta forêt de Marchenoir.

La Loire traversant une grande partie de l'Orléanais, le système orographique de cette province appartient aussi aux montagnes ou collines qui forment la séparation entre la Loire et la Garonne; mais de ce côté l'on no trouve plus que les dernières ondulations des hauteurs qui courent entre le Cher et la Loire. Elles sont marquées de loin en loin par des éminences boisées de 250 à 300 mètres, qui viennent se terminer entre le Loiret , le Cosson , le Beuvron et le Cher.

§ III. Hydrographie. — L'Orléanais appartient principalement au bassin de la Loire, et en très-petite partie au bassin de la Seine. On trouve en effet dans ce dernier bassin les coors supérieurs du Loing, de l'Essonne et de l'Eure, dont nous allons d'abord dire quelques mots.

Le Loing prend sa source dans les petits plateaux qui sont au nord de Gien, arrose Montargis et finit dans l'Ile-de-France, à Moret. 11 est en partie canalisé, et nous en

reparlerons tout à l'heure. Il reçoit : à gauche, le Casseau, qui passe près de Lorris; à droite, VOuannc, qui passe à Château-Renard, et le Cléry, qui passe à Courtenay et à Ferrières.

U Essonne a deux sources qui sortent de la forêt d'Orléans: la principale est Y Œuf, qui passe à Pithiviers; il va finir dans l'Ile-de-France à Corbeil.

L'Eure natt dans les collines du Perche , coule de l'ouest à l'est, en arrosant Pontgouin et Courville, se recourbe au nord pour arroser Chartres, baigne Maintcnon et Nogent-le-Roi, et entre dans l'Ile-de-France, où nous la retrouverons. Elle se grossit de la Voise, qui finit à Maintenon, et de la Blaite, qui passe à Dreux. C'est une rivière peu large, peu profonde, et qui est navigable depuis Maintenon. Sa vallée est très-pittoresque et très-fertile.

La Loire, que nous avons déjà décrite dans le Lyonnais, le Bourbonnais, le Nivernais, entre dans l'Orléanais au-dessous de Cosne, sert de limite à cette province cl au Berry jusqu'à Gien, en arrosant Chàtillon et Briare, coule alors entièrement dans l'Orléanais, d'abord du sud-est au nord-ouest jusqu'à Orléans, puis du nord-est au sud-ouest, en arrosant Sully, Jargeau, Orléans, Saint-Mesmin, Meung, Beaugency, Mer, Blois, et sort de la province à Chouzy, après un parcours de 180 kilomètres, où elle a une largeur moyenne de 300 mètres. Son lit, peu profond, est formé de sables fins et de gros cailloux qui rendent la navigation difficile. Dans ses débordements, qui sont fréquents, elle s'élève quelquefois à 5 mètres au-dessus de son étiage. On les a arrêtés par de magnifiques levées couvertes aujourd'hui de plantations qui ombragent de belles routes , et d'où l'on jouit du spectacle du fleuve courant entre deux lignes de coteaux riches, fertiles, garnis de villages et de vergers.

La Loire est tellement serrée sur sa droite par les hauteurs ou plateaux qui forment sa ceinture, qu'elle ne reçoit aucun affinent, et il faut descendre jusqu'à Angers pour trouver la Maine, dont un sous-affiucnt, le Loir, traverse en partie l'Orléanais. Cette rivière prend sa source dans l'étang d'IUicrs, est flottable à Poncé, traverse de grandes prairies qu'elle inonde souvent, son lit étant large et peu profond; elle arrose ainsi Saint-Avit, Bonneval, Chàteaudun, Fréteval, Vendôme, Montoire, et entre dans le Maine, où nous la retrouverons.

Les affluents de gauche sont, à cause de la direction des hauteurs ou plateaux qui forment la Sologne, à peu près parallèles au fleuve. On trouve d'abord : 1° le Loiret, qui naît à 7 kilomètres d'Orléans, dans le parc du château de la Source. 11 a deux sources, l'une dite le Bouillon, l'autre YAbtme, et qui donnent un tel volume d'eau que la rivière peut porter bateau à sa sortie du parc; elle est bordée d'usines, et se jette dans la Loire à 6 kilomMres au-dessous d'Orléans. Klle reçoit un affluent, 17/uy, qui, pendant plusieurs mois de l'année, se perd dans un gouffre.

2° Le Beuvron, qui prend sa source dans les marais de la Sologne, arrose Lamothe- Beuvron, Meung, Bracieux, et finit à Candé, où il reçoit le Coston, qui passe à la Ferlé-Saint-Aignan et à Chambord.

3° Le Cher, que nous avons décrit dans le Berry, sert de limite à la province depuis Menetous jusqu'à Saint-Aignan. Il reçoit la Sauldrc, qui traverse les parties les plus mauvaises de la Sologne, arrose Salbris cl Romoranlin, et va se jeter dans le Cher, près de Selles.

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A ces divers cours d'eau il faut ajouter les canaux suivants :

1* Le canal de Briare unit la Loire à la Seine au moyen du Loing; il commence à Briare, passe à Ouzouer, coupe le Loing à Rogny, et finit à Monlargis, après un cours de 55 kilomètres. C'est le plus ancien canal de la France : il a été entrepris par Sully et ouvert en 1642. 11 se continue par le canal suivant.

2" Le canal du Loing commence à Montargis, suit le cours du Loing, dont il emprunte le lit pendant 12 à 13 kilomètres, a un parcours de 52 kilomètres, dont 18 dans l'Orléanais, et finit à Saint-Mamers, dans la Seine. Il a été ouvert en 1759.

3° Le canal d'Orléans commence près de Combleux , sur la Loire , et finit au-dessus de Montargis, dans le canal du Loing, après un parcours de 73 kilomètres. Il a été ouvert en 1692.

h* Le canal latéral à la Loire longe la rive gauche de la Loire , et fait communiquer le canal du Centre avec le canal de Briare. 11 a dans l'Orléanais 16 kilomètres de développement.

S IV. Constitution géologique. — Aspect général, productions. — L'Orléanais est presque entièrement formé de terrains tertiaires moyens , auxquels succèdent au sudest, au sud et à l'ouest, des terrains crétacés inférieurs. Au sud-est, on les trouve dans la vallée supérieure du Loing, en amont de Saint-Fargeau. Sur la frontière méridionale de l'Orléanais , ils ne se montrent que dans le fond de la vallée du Cher, principalement sur la rive gauche, et sur les deux rives de la Loire en avant de Blois. A l'ouest, ils sont plus fréquents; on les trouve à diverses reprises dans la vallée du Loir, entre Ch&teaudun et Cloye, entre Fréteval et Vendôme; enfin, depuis les Roches jusqu'à son confluent, ils accompagnent ses deux rives d'une étroite lisière. Ces terrains remontent ensuite la vallée de la Braye , dont ils forment le fond sur une trèspetite largeur : ce sont eux qui constituent presque tout le bassin de l'Huisne, et ils forment alors la lisière occidentale de l'Orléanais depuis Authon jusque vers la Loupe. Au nord du déparlement d'Eure-et-Loir apparaissent les terrains crétacés supérieurs qui, dans la province, forment une lisière étroite sur les rives de l'Eure; ils forment aussi les vallées inférieures dé la Biaise, de l'Avre et de quelques autres petits affluents de l'Eure. On les retrouve encore dans la vallée du Loing, dont ils forment le lit entre Saint-Fargeau et Chàlillon, entre Montargis et Nemours. Enfin l'on trouve dans l'Orléanais des terrains d'alluvions récentes : ce sont ceux qui forment le fond de la vallée de la Loire dans tout son parcours à travers la province ; leur plus grande largeur est entre Orléans et Ouzouer- sur- Loire; ils s'avancent alors vers le sud jusqu'au cours du Loiret. On retrouve ces alluvions dans le lit du Cher, en aval de Selles, dans la vallée du Loir depuis les Roches, au fond de la vallée de l'Eure, etc.

L'Orléanais est un pays généralement plat , mais qui présente des aspects très-différents : ainsi , au nord , c'est l'abondance et la monotonie de la Bcauce , au sud la stérilité et la désolation de la Sologne, au levant, au couchant, au centre les excellents et variés pays du Gàtinais, du Vendômois, de l'Orléanais, avec leurs vignobles, leurs forêts, leurs prairies, etc.

Cette province doit sa principale beauté à la Loire, qui la traverse de l'est à l'ouest, en y décrivant une. courbe dont la convexité est tournée vers le nord. Les rives de ce tome u, 56

grand fleuve ont été tant de fois vantées cl décrites que nous dirons seulement qu'il est bordé de lignes do coteaux plantés en vignobles ou en arbres fruitiers, parsemés de bouquets de bois et décorés de jolis villages coquettement assis dans la verdure. Ce qu'on appelle Val de Loire ou simplement Val est le pays plat qui borde immédiatement le fleuve, et qui s'étend principalement sur la rive droite; toute espèce de culture y réussit; on y trouve des prés renommés et des vignobles qui donnent d'assez bons produits.

Le Gàtinais et l'Orléanais propre, situés au nord du fleuve, présentent des plaines fertiles et bien cultivées, traversées par des chaînes de collines peu élevées, entrecoupées de vastes forêts, de belles prairies et de nombreux pâturages. Dans le Gàtinais, on trouve un sous-sol argileux ou du moins imperméable , recouvert d'un sol sablonneux qui devient argileux dans les vallons, et qui produit un froment fort estimé. L'arrondissement de Montargis, fertile en grains de toute espèce, et renommé de tout temps pour sa salubrité, offre de belles forêts, entre autres celle de Montargis, qui a environ 100 kilomètres carrés de superficie, et de nombreux étangs, d'où sortent une foule de ruisseaux, affluents du Loing. On trouve sur les bords de tous ces cours d'eau de magnifiques prairies, où l'on nourrit un grand nombre de bestiaux. Dans le bassin de l'Œuf, qui forme la majeure partie de l'arrondissement de Pithiviers, le pays est en général plus uni et bien cultivé, et l'on y récolte beaucoup de grains et de safran, réputé le meilleur de France. Quant à l'arrondissement de Gicn, la partie qui se trouve sur la rive droite de la Loire offre à peu près les mômes caractères, et présente de vastes forêts, des plaines et des coteaux fertiles en grains, fruits et safran; on y trouve de plus un grand nombre de vignobles, surtout au bord du fleuve. Mais le nordouest de cet arrondissement renferme mie assez grande étendue de landes et de plaines coupées de marécages généralement incultes.

L'Orléanais propre, qui comprend principalement l'arrondissement d'Orléans, présente aussi un pays coupé de coteaux boisés, de plaines et de vallons fertiles, où l'on récolte en abondance des céréales, des légumes et des fruits de toute espèce, du safran, du chanvre, etc. On y trouve de belles forêts, notamment celle d'Orléans, l'une des plus vastes de tout le territoire français, car elle avait, dit-on , sous François l*r, 150,000 arpents; sous Louis XVI, 100,000, et elle a encore aujourd'hui 2,000 kilomètres carrés. Çà et là elle est parsemée d'éclaircies , au milieu desquelles s'élèvent des villages et des hameaux. On trouve aussi dans l'arrondissement d'Orléans de nombreux vignobles, qui forment un des produits importants de la contrée.

La partie méridionale du déparlement du Loiret située sur la rive gauche de la Loire a un tout autre aspect. Dès qu'on s'éloigne des bords du fleuve, on ne trouvo plus que des terres peu productives, parsemées de landes et de bruyères, et qui annoncent la triste contrée de la Sologne, pays compris entre Gien et Contres, se prolongeant au sud jusque dans le Berry , et qui appartient principalement au département de Loir-et-Cher, où il constitue l'arrondissement de Romorantin.

La Sologne est un terroir ingrat, couvert de landes, de bruyères et de genêts, de nombreux étangs , de forêts de chênes rabougris et de bois de sapins. La monotonie désolante de ces tristes plaines n'est coupée que par de chétifs coteaux plantés en vignes dont les produits sont très-médiocres. Le sol superficiel est formé d'une mince

couche de sable clair et très-fin , mélangé de graviers et de cailloux ; la terre végétale, formée de détritus de plantes et de tourbes , n'a presque point d'épaisseur et repose sur une couche argileuse qui s'oppose à l'écoulement des eaux de la pluie. Pendant l'hiver, tout ce pays n'est qu'un immense marécage que le soleil dessèche en été , et qu'il transforme en un désert brûlant d'où s'échappent des miasmes pestilentiels. En toute saison, le nombre des étangs y est si considérable, que la commune de Millauçay, par exemple, près de Romorantin, en offre plus de 60, celles de Tremblevif et de Vernou plus de 90. On croit que ces étangs ont été produits par les débordements des cours d'eau et les barrages qu'on y aurait imprudemment établis dans le moyen âge; on dit même qu'ils sont de formation récente, et que le pays n'a cessé d'être fertile que depuis le soizièmc siècle. Quoi qu'il en soit, la Sologne ne produit guère aujourd'hui que du seigle, du sarrasin, un peu d'orge et d'avoine; la nourriture des habitants ne consiste qu'en pommes de terre et en cidre. Le mouton est le seul animal qui puisse vivre dans ces maigres pâturages ; il est petit , mais donne une laine assez fine. Le cultivateur emploie jusqu'à huit bœufs pour traîner sa charrue , et n'obtient qu'un labour insuflisant. Pendant deux ans il fait du seigle, de l'avoine et du blé noir, puis la troisième année il fait un pâturage- de genêts et de bruyères qui pendant 10 à 12 ans sert à nourrir les moutons. La terre y est à si bas prix qu'on l'a vendue jusqu'à 50 francs l'hectare, et la population n'y dépasse pas 40 habitants par kilomètre carré. Depuis le commencement de ce siècle, on s'est beaucoup occupé d'assainir ce pays, qui est réellement une honte pour la France , en le reboisant et en le desséchant ; on a aussi tenté de le rendre à la culture; mais les essais faits jusqu'à présent n'ont produit que de très-médiocres résultats.

A la Sologne succède, vers l'ouest, le pays de Blois ou Blaitois, qui comprend tout le reste du département de Loir-et-Cher au midi do la Loire, et s'étend par-dessus le fleuve sur la rive droite jusque vers la vallée du Loir. Quoique voisin de la Sologne, quoique généralement uni et découvert, le sol n'est plus le même. Les terres deviennent argileuses ou argilo-calcaires ; le pays, plus varié, plus accidenté, est coupé d'étroits vallons que les gens du pays nomment coulées , vallons qui séparent des plateaux boisés ou couverts de blés et de vignes , et qui donnent de magnifiques produits. Sur les bords des étangs ou dans leur fond même, quand il a été desséché, on trouve aussi des céréales et des prairies. Enfin , sur les bords du fleuve et de l'autre côté de la Loire, le pays devient tout à fait fertile ; il est généralement plat, mais assez élevé, et renferme un grand nombre de plaines à pentes peu sensibles. En résumé, le Blaisois n'a ni l'infertilité de la Sologne ni la richesse de la Beauce ou de la Touraine; il sert d'intermédiaire entre ces contrées. La culture y est très-divisée, et sur la même propriété on peut voir presque à la fois des champs couverts de moissons, des taillis, des vignobles et des prairies. « Une foule de bateaux sillonnant la Loire, qu'encadrent de verts coteaux, dit un habitant du pays; partout ailleurs des rivières ou des ruisseaux limpides promenant leurs eaux sinueuses dans de longues vallées qui s'étendent et se resserrent successivement; là, des bouquets de bois suspendus sur les coteaux; dans la plaine, avec des ombrages frais, une culture variée; plus loin , une vaste forêt qui rembrunit et couronne l'horizon ; puis enfin des hauteurs plus ou moins escarpées, d'où la vue, embrassant simultanément tous ces objets,

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jouit d'un ensemble à la fois imposant et flatteur, et où la nature parait dans sa plus douce majesté. Tel est l'aspect du Blaisois et du départemeut de Loir-et-Cher en général *. »

Au Blaisois succède, au nord de la Loire, le Vendômois, qui occupe, entre la Beauce et le Perche, l'extrémité nord-ouest du département de Loir-et-Cher. Il comprend surtout la vallée du Loir, qui est large, peu profonde et sujette à de fréquentes inondations ; aussi le fond en est-il occupé presque partout par des prairies marécageuses, presque aussi insalubres que la Sologne ; mais sur les flancs de la vallée s'étagent des bois ou des vignes.

La partie septentrionale de l'Orléanais est occupée par lo Dunois, le pays Chartrain , le Brouais, etc., qui ont formé le département d'Eure-et-Loir. La majeure partie de ce département offre de vastes plaines dont la pente est presque insensible ; le reste présente un terrain plus élevé , coupé de collines et de vallées. Le sol est généralement formé de terres argileuses mêlées d'une très-petite quantité de sables, ou bien de terres calcaires avec un mélange d'argile ; quelques cantons enfin sont arides et sablonneux. La partie sud-ouest est occupée par le Dunois, qui comprend la haute vallée du Loir et le Brouais. Ces pays, qui forment aujourd'hui l'arrondissement de Châteaudun, se composent surtout de plaines d'une grande fertilité. On y récolte de très-beau froment. Les bords du Loir présentent une foule de moulins, de fabriques de lainages, de filatures et de tanneries qui répandent l'aisance dans toute cette contrée.

Au nord du Dunois on trouve une partie de l'ancien Perche qui a formé l'arrondissement de Nogent-lc-Rotrou. C'est la partie la plus accidentée du département d'Eure-et-Loir, étant traversée par les collines du Perche ; c'est aussi la plus couverte et la plus boisée. On n'y trouve pas, pour ainsi dire, de parcelle de terrain qui ne soit plantée d'arbres et souvent entourée de haies. Les prairies y abondent et nourrissent beaucoup de chevaux de race croisée connue sous le nom de percheronne. Situé entre les vallées commerçantes de la Normandie et les riches plaines de la Beauce, qui l'encadrent et le resserrent au nord-ouest et au sud-ouest, il n'est que d'une médiocre fertilité. Dans le Perche, les villages sont très-éloignés, mais les hameaux sont multipliés à l'infini; souvent ils ne se composent que de quelques maisons ou même d'une ferme. I>es habitations isolées sont tantôt au milieu d'un verger, tantôt au bord d'une verte prairie ou sur les revers d'une colline, tantôt au fond d'un vallon qu'arrose une eau limpide. On aperçoit ces rustiques demeures à travers les arbres, les bois, les haies, et elles forment au printemps un tableau enchanteur , surtout à côté des plaines uniformes de la Beauce.

Avec l'arrondissement de Dreux , qui est le plus industriel d'Eure-et-Loir, commence le plateau de la Beauce, qui s'étend principalement entre Chartres et Orléans, et dont les dernières pentes se remarquent vers Dreux , Châteaudun , Vendôme , Blois, Orléans et Élampcs. Ce plateau , si renommé pour sa fertilité en céréales, est surtout constitué par une terre végétale formant une couche d'argile grasse et compacte, dont l'épaisseur varie de 1 mètre à 60 centimètres, et où apparaissent aussi des poudingues de silex et cailloux roulés , et presque toutes les variétés de fossiles communs aux terrains calcaires. Au-dessous vient un sol crayeux, marneux, sablonneux, que la pluie pénètre

1 Peucfact et Chanlaire, Statistique du département de Loir-et-Cher.

facilement ; quelquefois cependant , dans les bas-fonds , il se crée des gatlt ou amas d'eau considérables, tels que ceux de Poupry, dans le canton d'Orgères, de Baigneaux et de Marcilly, près de Vendôme. La Beauce exporte chaque année 800,000 hectolitres de blé , autant d'avoine, et 30,000 hectolitres de légumes secs.

« Il ne faut pas aller chercher sur le plateau de la Beauce les accidents de terrain et les sites pittoresques du Blaisois et de l'Orléanais. Nulle part la surface du sol n'est plus symétrique, plus unie, plus reposée. De quelque côté qu'on regarde, on voit se dérouler d'immenses plaines que traversent des routes d'une régularité désespérante. Partout on retrouve la même culture, la même monotonie, le mémo horizon. C'est une mer de blé qui monte , s'épaissit et croît toujours , une mer dont les flots verdoyants ou dorés entourent les villes , envahissent les villages et débordent sur les chemins. Mais l'immensité et l'uniformité des plaines de la Beauce ne sont pas sans grandeur et sans poésie. On en vient bientôt à admirer cette nature si simple dans son inépuisable fécondité, cette image calme de la richesse agricole et ces perspectives sans fin qui nous font éprouver les mêmes sensations de plaisir et de tristesse que la vue de l'Océan. Quel plus beau spectacle que l'éblouissant éclat des champs quand la brûlante ardeur du soleil les colore des tons chauds de l'été , quand ils se couronnent de bluets et de coquelicots, comme pour se préparer aux fétes de la moisson , et quand ces fleurs sauvages , pliant sous le souffle des vents , y jettent de longs reflets d'azur et de pourpre! Quelques mois après, il est vrai , cette exubérante richesse disparaît, telle qu'une décoration de théâtre , et ne laisse plus voir que des champs dépouillés par la faucille. La seule beauté comme la seule parure de ce pays sans eaux courantes et sans ombrages est donc sa fécondité. Il n'existe de prairies qu'au fond de quelques ravins , de frais paysages qu'aux bords de l'Eure , et des bois que sur quelques points extrêmes de la lisière du plateau »

S V. Histoire, population, caractère , etc. — L'Orléanais élait habité dans les temps anciens par les Carmrtu, et les forêts de ce pays renfermaient les asiles les plus sombres et les plus vénérés des druides. Il prit une très-grande part à la lutte de l'indépendance gauloise contre les armes romaines, et ce fut d'une de ses villes que partit le signal de la grande insurrection que dirigeait Vercingétorix. Après la conquête, il fit partie de la h* Lyonnaise. Sous les Francs, il forma un royaume pour l'un des fils de Clovis; et, dans le deuxième démembrement de l'empire de Charlcmagne, il se trouva divisé en plusieurs comtés indépendants. Le principal, ou comté d'Orléans, fit partie de ce duché de France dont s'étaient rendus maîtres les descendants de Robert le Fort, et par conséquent il devint, avec l'Ile-de-France et la Picardie, le noyau du royaume de France. Quant aux autres parties, elles appartinrent à divers seigneurs, mais furent assez promptement réunies à la couronne. Ainsi le Gâlinais fut acquis par Philippe I** de Foulques , comte d'Anjou ; les comtés de Blois et de Chartres furent achetés par saint Louis de Thibaud IV, comte de Champagne, etc. Comme on le voit, l'Orléanais est une des provinces fondamentales de la France, et son histoire est celle même de la monarchie ; c'est un pays qui n'en a jamais été distrait : car il ne faut pas compter comme des séparations les apanages qu'on en forma souvent en faveur des fils puînés des rois. C'est aussi un pays qui à toutes les époques a montré le plus naturel

1 Histoire des villes de France, tome II , page &68.

cl le plus complet dévouement à la cause royale : ce qui le témoigne d'une manière éclatante, c'est le siège d'Orléans en U29, ainsi que les nombreux combats livrés à cette époque dans celte province , qui fit alors le salut de la France. Nous verrons d'ailleurs les épreuves qu'eurent à subir les moindres villes de l'Orléanais, aujourd'hui si oubliées , si effacées , et dont le courage a tant servi à la formation de la nation française.

Pendant les guerres religieuses, l'Orléanais resta presque entièrement catholique, et il se passa encore de graves événements sur son territoire : le siège d'Orléans en 1560. la bataille de Dreux en 1562, etc. Enfin ce fut encore là que la royauté fut sauvée des dernières attaques de la féodalité seigneuriale par les combats de Gien et de Bléneau.

L'Orléanais a donné de nombreuses illustrations à la France. On compte parmi les hommes de guerre, l'amiral Coligny, Montgomery, le maréchal Rochainbcau, le général Marceau ; parmi les poètes, Guillaume de Lorris et Jean de Meung, auteurs du Roman de la Rose, Ronsard, Remy Belleau, Malhieu Régnier, Rotrou, Col lard eau, Panard, Collin d'Harleville; parmi les autres écrivains, le malheureux Élienne Dolet, le père Daniel, le père Pelau, Félibien, Nicolle; parmi les jurisconsultes, Pothier, Pardessus, Chauveau-Lagarde , etc. C'est encore dans l'Orléanais que sont nés madame Guyon, si fameuse dans le dix-septième siècle par le quiétisme, le mécanicien Denis Papin, le peintre Girodet, etc. Enfin ce pays a donné plusieurs hommes marquants aux assemblées révolutionnaires : Brissot , Pétion , Manuel , Léonard Bourdon , Sergent, Dussaulx, Lacroix-Frainville , Chasles, etc.

La population des divers pays de l'Orléanais n'a pas de traits bien distinctifs : l'uniformité se montre dans les caractères comme dans le sol à mesure que nous approchons du centre parisien. Ce sont des gens paisibles, laborieux , sans imagination et sans chaleur, honnêtes, mais aimant le gain; ils sont de taille moyenne, alertes et robustes , excepté dans la Sologne , où les habitants sont jaunes , maladifs et alourdis par la souffrance et la misère.

§ VI. Département du Loiret. — Stati5tiqi;e, Acnict;i.TiiRE , etc. — Ce département a été formé des provinces d'Orléanais propre (432, 9^ hect.), de Gàtinais (228,53^1 hect.), de Dunnis (20,910 hect.) et de Berry (22,750 licct.). Sa superficie est de 675,391 hectares, dont 9/j, 000 de terres labourables, 6,000 de prés, 9,000 de vignes, 28,000 de bois, 12,000 de landes. Sa population était, en 1801, de 286,050 habitants; en 1821 , de 291,294 hab.; en 18'jl , de 318,452 hab.; elle est aujourd'hui de 341,029 habitants. Il a pour chef-lieu Orléans et se subdivise ainsi :

Arrondissement d'Orlt ans . . . . ii cantons, 106 commune* f i:>4,r.00 habitant*.

— de Gien 5 — 49 — 49,162 —

— de Montargis . . 7 — 95 — "G, 4 34 —

— de l'itliiviers . . 5 — 98 — 60,833 —

4 arrondissements 31 cantons, 34S communes, 34 1 ,0ï9 habitants.

Ce département forme le diocèse de l'évôché d'Orléans, et a, pour le culte calviniste, une église consisloriale à Orléans. Il renferme, à Orléans, une cour d'appel à laquelle ressortissent 4 tribunaux de première instance et 2 tribunaux de commerce (Orléans et Montargis). Pour l'instruction publique, il a un lycée à Orléan: ,

un collège à Montargis, une école nonnale primaire à Orléans, 560 écoles primaires. Enfin il fail partie de la 1" division militaire.

Le département du Loiret est essentiellement agricole et en partie manufacturier; c'est en général un pays de plaines, et nous avons dit que la Loire le partageait en deux parties : le nord, formé de terres grasses et riches ; le sud , formé de la stérile Sologne. L'agriculture y est très-avancée. Ses principaux produits sont les grains et la vigne, qui dépassent de beaucoup la consommation (1,550,000 hectol. pour les céréales et 1,270,000 hectol. pour les vins); viennent ensuite le safran, le chanvre, le bois. Les plantes légumineuses et potagères, ainsi que les fruits, y sont d'excellente qualité, et l'on y fait un peu de cidre. Les rares de bestiaux y sont asseï belles; celle des moutons a été beaucoup améliorée. L'engrais des volailles y est considérable, et l'on y trouve beaucoup d'abeilles. On estime qu'il y a dans le Loiret 110,000 tétes de gros bétail, 520,000 moutons, 30,000 porcs, 2,300 chèvres, 30,000 chevaux, 2,000 mulets, 6,000 ânes.

Le Loiret n'a pas de grandes richesses minérales; l'exploitation s'y borne à celle des carrières de pierres à bâtir et à chaux , de la marne, de l'argile, de la terre a potier. 11 y a des sources minérales à Segray , à Beaugency, etc. Quant à l'industrie; manufacturière, elle était jadis très -florissante, et se trouve aujourd'hui, surtout h Orléans, en grande. partie déchue. Ses principaux produits sont les draps communs, la bonneterie et les couvertures de laine, les laines et cotons filés, la faïence, la poterie et la porcelaine, les vinaigreries et distilleries, les cuirs et parchemins, le sucre de betterave , les papiers , la cire blanche , etc.

Il y a dans le Loiret 2 rivières navigables (la Loire, sur 130 kil.; le Loiret, sur 3 kil.); 6 canaux, sur 104 kil. (canal d'Orléans, 73 kil.; canal de Briare, 55 kil.; canal de Digoin à Briare, 17 kil.; canal du Loing, 18 kil.); 9 routes impériales, sur 632 kil.; 16 routes départementales , sur 610 kil.; 12,000 chemins vicinaux. M est traversé par 3 chemins de fer: 1° d'Artenay à Orléans, sur 19 kil.; 2° d'Orléans à Beaugency, sur 28 kil.; 3* d'Orléans à la Ferlé-Saint-Aubin , sur 26 kilomètres.

§ VII. Département du Loiivet. — Desciuption des villes. — Orléans, chef-lieu du déparlement , siège d'un évêché et d'une cour d'appel , renferme en outre des tribunaux de première instance et do commerce, un lycée, une école secondaire do médecine, une bibliothèque de 30,000 volumes, un musée, etc. Sa population est do 67,393 habitants.

Cette ville, l'uno des plus célèbres de la France, est située à la rive droite de la Loire, sur le penchant d'un coteau, où elle se déploie avec grandeur. Elle est mal bâtie dans les vieux quartiers, mais dans les nouveaux elle a de belles rues et d'élégantes maisons. Malgré sa population, malgré sa magnifique position au point le plus septentrional de la Loire , à la rencontre de trois chemins de fer et de six grandes routes, clic est peu animée. On y remarque la cathédrale de Sainte-Croix, l'égliso Saint- Aignan , l'hôtel de ville , où se tinrent les états généraux d'Orléans; le pont de la Loire, qui a 326 mètres de longueur; la maison dite d'Agnès Sorel. la statue de Jeanne d'Arc, etc.

L'industrie d'Orléans consiste en fabriques de bonneterie , de couvertures de laine et de colon, de draps, de poterie, de vinaigre renommé, etc. Son commerce est

beaucoup plus actif et a pour objets l'épicerie, la droguerie , les bois de construction et à œuvrer, les arbres et plants de pépinières, le sel, les vins, le vinaigre, etc.

Orléans était, selon quelques auteurs, sous le nom de Genabum, une des villes les plus importantes de la Gaule. Elle fut prise d'assaut par César, devint une colonie romaine, et prit le nom de l'empereur Aurélien, Aureliana civiUu. Protégée par ses fortes murailles, elle résista aux premières invasions des barbares, fut assiégée par Attila, qui voulait, maître de cette place, conquérir la Gaule méridionale et le força à reculer après une défense héroïque. Elle fut prise par les Francs, et devint la capitale d'un de leurs royaumes. Nous avons vu comment , dans la formation du régime féodal, elle fut la capitale d'un comté qui appartenait aux premiers rois capétiens, et leur possession la plus importante sous le rapport militaire, car c'était la ville par laquelle ils exerçaient quelque action dans le midi de la France. Elle devint dans la guerre de Cent-Ans la principale place d'armes du parti royal , et les Anglais vinrent l'assiéger (1429), pour, de là, faire la conquête des provinces méridionales. Le salut d'Orléans était en réalité le salut du royaume : aussi les habitants déployèrent un courage héroïque et le plus noble dévouement. Néanmoins ils auraient succombé s'il ne leur fût venu un secours divin dans Jeanne d'Arc : on sait comment l'héroïque Pucellc délivra la ville.

Au commencement des guerres religieuses, elle fut surprise par les protestants, qui voulaient en faire, comme sa position l'indique, leur place d'armes, et unir par elle leurs partisans du nord et du midi de la France. Le duc de Guise vint l'assiéger : il fut assassiné devant ses murs. Orléans, abandonnée par les calvinistes, se montra violemment catholique : elle imita la Saint-Barthélemy par un massacre où périrent 2,000 protestants, devint une des villes principales de la Ligue, enfin fut assiégée par Henri IV. Ello joua encore un rôle important dans les troubles de la Fronde; mais depuis cette époque, depuis que la Loire a cessé d'être une ligne militaire entre le nord et le midi de la France, elle est devenue, ce qu'elle est encore aujourd'hui, calme, paisible, comme toutes ces villes importantes du moyen âge qui se sont effacées dans l'uniformité de la centralisation ; mais , contrairement à tant d'autres si oublieuses de leur passé , elle a gardé la plus vive reconnaissance pour la sainte héroïne du quinzième siècle. On fête encore chaque année dans une procession solennelle la délivrance de la ville; plusieurs monuments ont été à diverses époques consacrés à la gloire de Jeanne d'Arc, et tout récemment une belle statue lui a été élevée sur la place du Martroy.

Monlargity chef-lieu d'arrondissement, avec un tribunal civil, un tribunal de commerce , un collège et 7,527 habitants , est située sur le Loing, à la jonction des canaux d'Orléans, de Briare et du Loing, près de la grande forêt qui porte son nom. Elle est mal bâtie, ses rues sont tortueuses et inégales, et des cours d'eau nombreux la fractionnent en Ilots. On y voit encore les ruines d'un vaste château qui pouvait contenir, dit-on , 6,000 hommes de garnison , et où plusieurs rois de France ont fait leur séjour. Le château et la ville furent assiégés vainement par les Anglais en H27.

Montargis a peu d'industrie, mais elle fait un commerce important de cire, de miel, de safran et de bestiaux. Elle sert d'entrepôt aux vins dits du Gàtinais.

Cten, chef-lieu d'arrondissement, avec un tribunal civil et 6,112 habitants, est

ORLÉANAIS. m

située sur la rive droite de la Loire, et bâtie en amphithéâtre sur le penchant d'un coteau que couronnent l'église Saint-Louis et un vaste château. Ce château , dont on fait remonter l'origine jusqu'à Charlemagne, et où plusieurs rois ont fait leur séjour, est le seul monument de la ville : il renferme la mairie, la sous-préfecture, le tribunal, etc. On trouve à Gien des tanneries et des tuileries, et il s'y fait un grand commerce de laines, de vins, de safran et de bestiaux.

Cette ville est, dit-on, l'ancien Genabum, que certains auteurs mettent h Orléans. En 1652, Turenne y livra un combat au prince de Condé avec 6,000 hommes contre 12,000 , et sauva ainsi la régente et le jeune Louis XIV.

Pilhivicrt, chef-lieu d'arrondissement, avec 4,164 habitants et un tribunal civil, est située sur le penchant d'une colline, près du ruisseau de l'Œuf, qui arrose un joli vallon. Elle est assez mal bâtie, ne renferme aucun monument remarquable, et avait jadis un fort château qui a subi plusieurs sièges. On y fait commerce de safran du Gàlinais, de laines, de miel, de cuir et de vin. Ses pâtés d'alouettes et ses gâteaux d'amandes sont renommés.

Bcaugenty (arrondissement d'Orléans) est une petite ville située sur la rive droite de la Loire, qu'on y passe sur un pont de pierre de 39 arches. Sa population est tic 5,258 habitants. Sa position en fait l'entrepôt d'un grand commerce de vins, vinaigres, grains, volaille; mais son industrie est peu développée. On y remarque une vaste tour, reste de son ancien château, qui a 60 mètres de hauteur, 24 de long sur 20 de large, et dont la masse imposante domine tous les environs; on y remarque encore l'hôtel de ville, qui date de François l", et le viaduc du chemin de fer de Bordeaux, élevé à 18 mètres au-dessus du val des Marais, et d'une étendue de 300 mètres : il compte 25 arches assises sur une roche artificielle.

Celte ville est ancienne, et était autrefois très-forte, surtout par son château, où plusieurs rois de France ont demeuré. Elle fut néanmoins souvent prise et pillée, principalement par les Anglais. En 1429, Jeanne d'Arc s'en empara. En 1502 et 1567, elle fut si horriblement dévastée par les protestants, qu'elle ne s'est relevée de ses ruines que dans le siècle dernier.

CUrymr- Loire, petite ville de 2,700 habitants, est célèbre par son église, où l'on trouve de très-belles sculptures et le tombeau de Louis XI , qui avait une dévotion particulière à Notre-Dame de Cléry. On y fait commerce de vins.

Jargeau, petite ville de 2,800 habitants, située sur la rive gauche de la Loire, était autrefois fortifiée , et fut prise par les Anglais en 1428. On y construit des pressoirs, et l'on y fait commerce de bois, vinaigres et grains.

Meung, petite ville de 4,600 habitants, est agréablement située sur la rive droite de la Loire. On y fait un commerce important de grains, vins, bestiaux, vinaigres, cuirs, etc. C'est le lieu de naissance de Jehan de Meung ou Jean Clopinel , qui continua le roman de la Rose.

Patay, bourg de 1,200 habitants, à 22 kilomètres d'Orléans, est célèbre par la bataille gagnée par Jeanne d'Arc sur les Anglais en 1429.

Briare (arrondissement de Gien) est une ville de 3,500 habitants, située sur la rive droite de la Loire, à la jonction du canal qui porte son nom. On y fait surtout commerce de bois et de vins.

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