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TOUR AINE

du département de la Vienne, où, vers Marçay, Champigny et Richelieu, apparaissent encore des alluvions modernes, qui vont se prolonger au sud dans le Poitou.

§ II. Aspect général. — Agriculture, productions, etc. — Grâce à la pureté de son ciel, à la douceur de son climat, qui exclut les trop fortes chaleurs et les froids prolongés , la Touraine a de tout temps été renommée comme une des plus agréables contrées de la France. C'est la terra molle, e liela e ddetlosa , dit le Tasse. La fertilité de ses vallées, ses prairies et ses vignobles, les nombreux cours d'eau qui l'arrosent, la beauté des bords de la Loire, dont on a peut-être trop vanté les sites, mais dont on n'a pas exagéré la richesse , tout cela lui a valu le surnom de Jardin de la France, ot de tout temps y a attiré un grand concours d'étrangers. En effet, « tout est tempéré, riant, calme, reposé dans ce beau pays, le ciel, le climat, la campagne, les eaux , les bois et les hommes ; la physionomie générale du sol n'y présente rien de hardi , d'âpre , de tranché, mais un harmonieux ensemble qui ravit les yeux, plaît à l'esprit et pénètre l'âme d'un charme inexprimable ; cependant il s'en faut de beaucoup qu'il n'y ait point d'ombres à ce tableau enchanteur • , » et la réputation de la Touraine peut paraître un peu usurpée dès qu'on s'éloigne des rives de la Loire. C'est , en effet, la vallée de ce fleuve qui forme la plus belle partie de cette province. Son sol alluvionnel atteint quelquefois jusqu'à 7 mètres d'épaisseur; on y trouve sans doute des couches de sable et de cailloux , mais la surface présente toujours une couche de terre végétale très-riche, que les inondations presque périodiques de la Loire recouvrent d'un limon fertilisant. C'est donc surtout entre les levées et les bords du fleuve que se trouvent les terres les plus fertiles de la Touraine , et ces terres se prêtent à tous les genres de culture; elles produisent, outre des prairies, toute espèce de céréales, des légumes, des fruits, et même de la vigne, qui, à la vérité, donne des produits inférieurs à ceux des coteaux. Les autres vallées principales du Cher, de l'Indre, de la Vienne et de la Creuse sont moins fertiles que celles de la Loire. Mais, en dehors de ces grandes vallées, principalement sur les plateaux qui les séparent, la qualité du sol, ainsi que ses produits, varie avec chaque localité. Les deux moitiés de la province, au nord comme au sud de la Loire , présentent môme sur un sixième environ de la superûcie totale une grande quantité de landes couvertes de bruyères, d'ajoncs et d'épines-, sur la rive droite de la Loire, ces terrains incultes se trouvent principalement à l'ouest, vers Château-la-Vallière et Langeais; sur la rive gauche du fleuve, ils occupent l'angle formé par l'Indre et la Vienne, entre Azay-le-Rideau , Chinon et l'Ile-Bouchard. Toutes ces terres, généralement formées d'une argile sablonneuse plus ou moins mêlée de cailloux ou quelquefois de terres de bruyère, demeurent en friche, faute de bras et d'engrais; elles sont néanmoins susceptibles d'être mises en culture.

La Touraine se divisait autrefois en cinq cantons, différant entre eux par la nature et la qualité du sol ; c'étaient : les Varennes, la Champagne, la Brennt, le Viron et les Gdtines.

On donne le nom de Varennes aux terres qui s'étendent sur les deux rives de la Loire, entre le Cize au nord et le Cher au sud; elles sont donc surtout comprises sur la rive gauche du fleuve. Ce sont généralement des terres siliceuses , faciles à cultiver, et qui se couvrent de froment, de seigle, d'orge, de millet, de légumes. A l'est de

« Histoire des villes de France, tome I»».

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ces Varennes, sur les frontières de l'Orléanais, se trouvent la forêt d'Amboise et les coteaux qui l'embrassent, ainsi que les excellents vignobles qui produisent les vins du Cher. Au delà du Cher, entre cette rivière et l'Indre, se trouve la Cfumpeigne , qui embrasse une quinzaine de communes; c'est une contrée plate, dont les terres grasses et fertiles sont excellentes par-dessus tout pour la culture du froment. La vallée de l'Indre, qui limite ce petit pays au sud-ouest, présente de magnifiques prairies. La Urenne formail au sud de la Touraine un petit pays sur les confins du Poitou et du Berry ; c'est une contrée humide et marécageuse, qui n'est, à proprement parler, que l'extrémité septentrionale de la Brenne berrichonne, dont nous avons parlé dans la description du Berry. Entre la Loire, l'Indre et la Vienne se trouve le Véront qui occupe le sud-ouest de la province : c'est un pays riche et fertile , qui a beaucoup d'analogie avec les Varennes ; il est toutefois plus élevé et son sol plus gras; les blés, les vins et les fruits y sont de première qualité : c'est de là que sortent ces excellents fruits de la Touraine si renommés dans toute la France. Chinon en était la capitale. Au sud-est du Véron, dans les cantons de Loches et de Sainte-Maure, entre Bossé, Sainte-Catherine de Fierbois, Louans et Mantelan, se trouve un plateau formé d'un immense amas de débris de coquilles fossiles appelées /aluns, le plus considérable qui soit en France et peut-être que l'on connaisse; ces falunières n'occupent pas moins de 20 kilomètres de longueur de l'ouest à l'est, sur 8 kilomètres environ de largeur, et sont en agriculture d'une grande importance pour remplacer la marne et les autres engrais. Enfin , sur la rive droite de la Loire , sauf la petite lisière de Varennes comprise entre le fleuve et la Cize, la Touraine comprend les Gâtinet, terrains secs et arides, difficiles à cultiver, et qui ne donnent que très-peu de produits. Aussi, comme nous l'avons déjà dit, cette partie de la province renferme- t-elle , surtout vers Langeais et Chàteau-la-Vallière , un assez grand nombre de landes ou de terres arides et incultes.

Le pays si renommé de la Touraine n'a pas produit, pendant de longues années, assez de céréales pour les besoins de la consommation locale. Aujourd'hui celle culture a fait de grands progrès; le froment occupe à peu près le sixième de tout le territoire agricole; son produit annuel, qui s'élève à plus d'un million d'hectolitres, donne lieu à une exportation assez importante.

La vigne forme ensuite la culture la plus répandue : elle couvre tous les coteaux de la province et les rives de la Loire et du Cher; ses produits sont assez estimés, et atteignent chaque année 600,000 hectolitres. Ceux du Cher sont surtout employés pour faire des mélanges. Les vins rouges de Bourgueil et les vins blancs de Vouvray sont excellents comme vins ordinaires.

La culture du chanvre, comme plante textile et oléagineuse, est la plus répandue après les deux autres, et fournit chaque année 1,700,000 kilogrammes de filasse et 30,000 hectolitres de graines. Ce chanvre est de première qualité ; on le cultive en grand presque exclusivement dans l'arrondissement de Chinon, entre l'Indre, la Vienne et la Loire.

Les fruits et les légumes sont fort beaux et sont particulièrement cultivés dans les Ilots et sur I<*s bords du fleuve. On connaît la réputation des prunes de Tours, que l'on recueille surtout dans l'arrondissement de Chinon ; on estime qu'elles sont d'un

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rapport de 240,000 francs par an. Le noyer, qui se cultive un peu partout, mais surtout dans la même région de la province, donne un produit de plus de 200,000 francs. On exporte pour plus de 500,000 francs de haricots. Enfin on cultive aussi dans le val de Loire l'anis, la réglisse, la coriandre, etc.

Les forêts ne couvrent guère moins d'étendue en Touraine que le froment ; les principales sont celles d'Amboise , de Montrichard , de Loches et de Chinon , sur la rive gauche de la Loire ; leur produit est généralement employé à la fabrication du charbon ; les essences dominantes sont le chéne , le hétre et le bouleau. Lo mûrier, qui fut

apporté du Languedoc en 4603, après avoir été l'objet des plus grands soins, en Touraine, n'y comptait plus que 60, 000 pieds dans ces dernières années.

^ III. Histoire, population, etc. — La Touraine avait autrefois pour habitants les Turonet, qui n'ont joué de rôle historique ni avant ni après la conquête romaine. Elle fil partie de la 3* Lyonnaise , et fut conquise sans obstacle d'abord par les Visigoths, ensuite par les Francs. Elle eul alors quelque importance, non par ses guerriers , mais par ses saints et ses évéques. Dans le deuxième démembrement de l'empire franc, elle devint un comté particulier qui tomba bientôt sous la domination des comtes d'Anjou. Ce comté suivit les destinées des Plantagcnéts , fut confisqué par Philippe-Auguste sur Jean Sans-Terre, en 1202, et ne cessa plus dès lors de faire partie du domaine royal.

Dans le quinzième siècle , quand la royauté française se trouva dépossédée de ses provinces du nord et comme exilée dans le midi, la Touraine devint le séjour favori des rois de France : Charles VII habita principalement Loches et Chinon, Louis XI Plessis-lès-Tours, Charles VIII Amboise, Louis XII Mois, François I" Chambord, Catherine de Médicis Chenonceaux , etc. Paris sembla abandonné , le centre politique de la France déplacé, les provinces du nord dédaignées. On ne saurait apprécier l'influence qu'a eue sur la destinée des Valois leur séjour dans la molle Touraine, sur les rives enchanteresses de la Loire et du Cher, dans celte patrie d'Agnès Sorel , de Gabrielle d'Estrées et de Louiso de la Vallièrc, loin des agitations et des dangers de Paris, loin des aspecls graves et sévères des provinces du nord. Si ce séjour se fût prolongé, si l'influence méridionale eût continué à prédominer, on peut affirmer que les destinées de la France étaient inanquées. Les Bourbons ne s'y trompèrent pas, et les beaux châteaux de la Touraine furent à peine visités par eux.

Depuis celte époque cette province est restée une des parties les plus paisibles de la France, et n'a plus fait parler d'elle que par les nombreux écrivains qu'elle a produits. A leur lélc il faut placer l'une des plus grandes gloires de la France, Descaries, puis Rabelais, André Duchesne, Kacan , Commire, Rapin, Destouches, Saint- Martin, Paul-Louis Courier, Balzac, etc. On ne trouve parmi les hommes de guerre que les maréchaux Boucicaut et d'Humières, le chef d'escadre Pointis, les généraux Marescot et Menou , etc.

« Le Tourangeau, dit un historien de la Touraine, modéré dans ses goûls, exempt de passions fortes, est rarement stimulé par le sentiment ambitieux qui porte aux grandes entreprises; il s'arrête au point où commence pour lui une aisance honnête. Il est d'ailleurs d'un caractère doux, affable, prévenant, quoique naturellement un peu frondeur. Né avec beaucoup d'esprit, il néglige peut-être trop de le cultiver. L'esprit,

les mœurs et le caractère, tout porte en général l'empreinte douce et noble du climat, n

S IV. DÉPARTEMENT D'IîfDRE-ET-Loil\E. — STATISTIQUE, AGRICULTURE , COMMERCE, ETC.

— Ce département a été formé des provinces de Touraine (564,795 hect.) , Orléanais (33,401 hect.), Poitou (28,253 hect.), Anjou (16,770 hect.). Sa superficie est de 610,697 hectares, dont 330,000 de terres labourables, 130,000 de prés, 35,000 de vignes, 80,000 de bois, 60,000 de landes et bruyères, etc. Sa population était: en 1801, de 268,924 habitants; en 1821 , de 282,372 hab.; en 1841 , de 306,366 hab.; elle est aujourd'hui de 315,641 hab. 11 a pour chef-lieu Tours et se subdivise ainsi :

Arrondissement de Tours il cantons, 120 communes, 160,875 habitants.

— de Chinon . ... 7 — 87 — 90,137 —

— de Loches .... 6 — 68 — 64,629 —

3 arrondissements 24 cantons, 281 communes, 315,641 habitant*.

Ce département forme le diocèse de l'archevêché de Tours ; il relève de la cour d'appel d'Orléans et renferme 3 tribunaux de première instance et un tribunal de commerce (Tours). Pour l'instruction publique, il s'y trouve un lycée à Tours, 2 collèges, à Loches et Chinon, 316 écoles primaires. Il forme une subdivision de la 18* division militaire.

Le département d'Indre-et-Loire est surtout agricole. Nous venons de dire quels étaient la nature et la disposition du sol , ses principaux produits ; nous ajouterons seulement que les prairies artificielles y font de grands progrès, et néanmoins les bestiaux y sont de race médiocre. L'éducation des volailles et des abeilles y est mieux entendue , et l'on commence à reprendre celle des vers à soie. Les richesses minérales consistent en minerai de fer, qui alimente principalement les forges de Preuilly et de Chàteau-Ia-Vallière ; en pierres meulières et lithographiques, marne, pierre calcaire, argile, craie, falunières, etc.

Les draperies , tanneries et soieries de Tours étaient autrefois très-importantes ; la soierie occupait, à la fin du seizième siècle, 8,000 métiers et 40,000 personnes, la rubannerie 3,000 métiers, etc. Ces industries sont presque entièrement déchues; néanmoins on trouve encore dans le département des manufactures de draperies grossières, de tapis de pied, de soieries, de cotonnades, des filatures, des papeteries, des tanneries, Au premier rang de l'industrie actuelle on doit placer la fabrication du fer et de l'acier, les limes et râpes do la manufacture d'Amboise , les produits de la manufacture du Ripault , puis la faïence , la poterie, etc.

Il y a dans le département 3 rivières navigables, sur 146 kilomètres (la Loire, 83 kil.; la Vienne, 54 kil.; la Creuse, 8 kil.); un canal (celui du Rerry), sur 40 kil.; 6 routes impériales, sur 309 kil.; 17 routes départementales, sur 455 kil.; 9,565 chemins vicinaux. On y trouve en outre deux chemins de fer : 1° de Limeray à Varcnnes, par Tours, ayant un développement de 85 kil.; 2° de Tours aux Ormes, ayant un développement de 50 kilomètres.

S V. Deschu'Tion des villes. — Tourt, chef- lieu du département, siège d'un archevêché, quartier général de la 18' division militaire, est peuplée de 33,530 habitants et renferme des tribunaux civil et de commerce, un conseil de prud'hommes, un lycée, une bibliothèque, etc. Cette ville, l'une des plus célèbres de la France, est

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fort élégamment située sur la rive gauche de la Loire , entre ce neuve et le Cher, qui a son confluent près de ses murs. Son aspect du côté de la Loire est monumental. Un pont magnifique de k$k mètres de long, sur 15 mètres de large, donne entrée dans la ville, qui présente à droite et à gauche ses beaux quais et ses bâtiments municipaux; et en face, une grande rue bordée de belles maisons la coupe dans sa largeur et conduit à la route de Poitiers, qui s'élève jusqu'au pied d'une colline que couronne un massif de verdure. Tout cela est encadré, dans une plaine magnifique, par des coteaux fertiles et garnis de maisons, et par la Loire, qui nulle part n'a un aspect plus majestueux.

Tours est une ville très-ancienne, et conséquemment a des vieux quartiers sales et mal bâtis. On y remarque la cathédrale de Saint-Gratien, fondée par saint Martin, reconstruite par Grégoire de Tours, incendiée sous Louis VII et achevée de reconstruire dans le seizième siècle; l'église Saint-Clément, monument précieux du quinzième siècle; le palais de l'archevêché, le lycée, la bibliothèque, etc. C'est probablement une ville gauloise, qui devint, après la conquête romaine, le chef-lieu de la 3' Lyonnaise. Les états généraux y furent assemblés en 1308, 1468, U84 et 1506. Nous avons déjà dit que, sous Charles VII et Louis XI, elle était l'une des principales villes industrielles de la France par ses draperies d'or et d'argent, ses soieries, ses rubanneries; elle jouissait alors d'une grande prospérité et avait, dit-on, 80,000 habitants. Les guerres de religion la firent déchoir, puis la concurrence que lui fit Lyon , puis la révocation de l'édit de Nantes , puis surtout la routine où elle resta pour ses procédés de fabrication. Au commencement du dix -huitième siècle elle n'avait plus que 30,000 habilants, 6,000 ouvriers et 1,200 métiers. Aujourd'hui, sans avoir repris son ancienne splendeur, elle a vu se rouvrir des fabriques d'étoffes de soie, de passementerie, de soie à coudre, de rubans, de draps, de tapis de pied; on y trouve encore des fabriques de céruse, de faïence, de poterie, de produits chimiques, d'huiles, des fonderies de fer, des filatures de laine, des pépinières; enfin on y trouve l'une des plus importantes imprimeries de la France, qui compte 1,200 ouvriers et fabrique 150 volumes par jour. Tours sert de centre au commerce des chanvres, des fruits secs, de la cire, des lins, des cuirs, des eaux-de-vie, récoltés ou préparés dans le département.

A un kilomètre de Tours, dans la commune de la Riche, se trouve les débris du château de PUss'u-lè*-Tourt , où Louis XI passa les dernières années de sa vie. C'est là que se tinrent les états généraux de 1506, où l'on donna à Louis XII le nom de IV-rc du peuple.

Chinon, chef-lieu d'arrondissement, avec un tribunal civil, un collège et 6,77/| habitants, est bâtie dans une situation pittoresque, sur la rive droite de la Vienne, au pied d'un rocher que dominent les ruines d'un vaste château fort. Ce château , si célèbre dans notre histoire et dont l'origine remonte au neuvième, siècle, fut habité par dix rois et principalement par Charles VII , qui avait fait de Chinon une place forte très-redoutable. C'est là que Henri 11, roi d'Angleterre, mourut, que les états de 1/|28 furent assemblés, que Jeanne d'Arc fut présentée à Charles VII, etc.

Chinon exporte beaucoup de fruits cuits et a un marché considérable pour les grains et les vins de l'arrondissement. C'est la patrie de Rabelais.

Loches, chef- lieu d'arrondissement, avec un tribunal de première instance, un collège et 5,191 habitants, s'élève en amphithéâtre sur un rocher dont le sommet est occupé par un vieux château fort et la base entourée de prairies qu'arrose l'Indre. Elle est située presque en face de Beaulieu , avec laquelle elle communique par une suite de ponts. Le château de Loches, dont la fondation remonte au sixième siècle, a été habité par tous les rois de France depuis Charles VII jusqu'à Henri III. Il a servi de prison , sous Louis XI , au cardinal la Dalue et à plusieurs autres personnages. Dans l'église était le tombeau d'Agnès Sorel , qui a été restauré et placé dans une des tours. Ce qui reste de ce château sert de maison de détention et d'hôtel de sous-préfecture. Loches a des fabriques importantes de gros draps et des filatures de laine, des papeteries, tanneries, e'c; elle fait commerce de vins, bois et bestiaux.

Dans la petite ville de Beaulieu, située en face de Loches, demeurait Agnès Sorel. Il y avait aussi une abbaye fondée par Foulques Nerra , qui y fut enterré.

Amboise (arrondissement de Tours), petite ville de 4,700 habitants et l'une des plus célèbres de notre histoire , est h tuée sur la rive gauche de la Loire , au pied d'un coteau escarpé que couronne un magnifique château. Elle est mal bâtie; ses rues, étroites et tortueuses, sont traversées par un ruisseau dont les eaux sont souillées par les corroieries qui le bordent. Mais c'est une ville industrieuse , qui a une manufacture importante d'acier et de limes, des fabriques de draps, de couvertures de laine, de caslorines, de tapis. Son commerce consiste en vins, cuirs, grains, etc. On y remarque l'église paroissiale, bâtie, dit-on, par saint Martin; le tombeau du duc de Choiscul, ministre sous Louis XV; et surtout le château, dont les jardins, élevés en terrasses, dominent la ville de plus de 27 mètres. 11 est flanqué de deux belles tours d'où la vue s'étend sur les charmants paysages des deux bords de la Loire, jusqu'à Tours, dont on aperçoit les clochers à 2h kilomètres de distance. On y admire la chapelle, bâtie sur le roc, et où l'art gothique a déployé toutes ses fantaisies et ses richesses. Ce château, dont l'origine est inconnue, fut habité et embelli par plusieurs rois de la maison de Valois. Louis XI y institua l'ordre de Saint-Michel. Charles VIII y naquit et y mourut; c'est lui qui fit bâtir la chapelle. Louis XII et François I" affectionnèrent ce séjour et y firent construire la galerie et les principaux appartements. C'e>t là que, sous François II, éclata la conspiration dite d'Amboise, que les Guise éteignirent dans les supplices. Il servit de prison, sous Louis XIII, aux princes de Vendôme. Il fut concédé au duc de Choiseul , sous Louis XV, et de là passa dans la maison de Penthièvre. Il a servi récemment de séjour à Abd-el-Kader.

Près d'Amboise était le château de Chanteloup, qui appartint à la princesse des L'rsins, puis au duc de Choiseul, qui y fut exilé, puis, sous l'Empire, à Chaplal, qui y établit une fabrique de sucre de betteraves. 11 a été démoli en 1823.

Bléré (3,676 habitants), sur la rive gauche du Cher, a des corderieset des fabriques de draps , et fait un commerce considérable des vins du Cher et des bois de la forêt de Loches.

Près de Bléré se trouve le fameux château de Chenonceaux , élevé sur un pont qui traverse le Cher, et qui est aujourd'hui dans un état parfait de conservation. Il a été construit sous François I,r, habite et embelli par Diane de Poitiers et Catherine de Médicis. Il servit de retraite à la veuve de Henri III, passa dans la

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