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Description physique générale de la France.
La FRANCE, par sa position géographique, par la douceur de son climat, par la variété de ses productions, par l’admirable réseau de ses voies de navigation, est le pays de l’Europe le plus favorisé de la nature, et le mieux situé pour exercer une action prépondérante parmi les peuples civilisés de l’ancien continent. Ses limites extrêmes en latitude, sans y comprendre l'ile de Corse, soni 42 90’ et 510 5”, ses limites en longitude, en ne parlant toujours que de la partie continentale du territoire, sont 6° longitude est, et 7> 9’ longitude ouest du méridien de Paris.
Les limites naturelles de la France sont : au sud, la Méditerranée et Ja chaîne des Pyrénées qui la sépare de l'Espagne; à l’ouest, l’océan Atlantique ; au nord, la Manche et la mer du Nord; à l’est, le cours du
Rhin, depuis son embouchure jusqu'à Bâle, la chaîne du Jura et celle Vie 1
des Alpes. Ces frontières données par la nature, la République les avait conquises et l’Europe entière avait forcément accepté cet agrandissement de notre pays. Mais les revers de 1814, amenés par l'ambition démesurée d'un homme, nous ont enlevé ces frontières naturelles, et ont réduit la France à ses anciennes limites, afin que, désormais, elle restât, sur presque toute la ligné de l’est, ouverte aux armées étrangères. Aujourd’hui, la France est bornée, au nord-est, par le royaume de Belgie que, la partie hollandaise du duché de Luxembourg, le grand-duché du Rhin, qui appartient à la Prusse, et la Bavière Rhénane, A l’est proprement dit, le Rhin constitue la frontière frai.çaise sur une longueur d'environ 48 lieues, et sépare notre territoire de celui de Bade. Plus au sud, nous confinons à la Suisse, à la Savoie, au Piémont et au comté de Nice. Dans ce long espace, les seuls points où notre pays atteigne ses limites naturelles, sont celui où le Jura nous sépare des cantons suisses de Neufchâtel et de Vaud, et celui où les Alpes Cottiennes élèveut leur immense barrière entre le Piémont et nos départements des Hautes et Basses-Alpes, Peut-être le jour n’est-il pas éloigné, où
les dispositions des traités de 1814 et 4815 seront révistes. | La plus grande longueur de la France, de l'extrémité la plus occi-
dentule au nord-ouest de Brest, dans le Finistère, jusqu’à la pointe d'Antibes, daus le Var, est d’environ 4,056 kilometres ou 238 licues ordinaires de 25 au degré. Sa plus grande largeur, comptée de Givet, dans les Ardennes, au mont Huromba, au sud-ouest de Saint-Jean-Pied-de- Port dans les Basses-Pyrénées, est de 925 kilomètres ou 208 lieues. La superficie totale du territoire continental de la France est de 21,654 kilomètres carrés ou 23,343 licues carrées. En y ajoutant le département de la Corse, on trouve que la surface de lous les départements français réunis égale 530,402 kilomètres ou 26,774 lieues carrées.
SECT. 1r° — Système orographique et hydrographique de la France.
Lorsqu'on jette les yeux sur une carte de la France, on remarque, au prernier coup d'œil, que les grands cours d’eau qui arrosent le terriloire suivent, trois directions opyosées. Les plus nombreux courent dans la direction du nord-ouest vers i'Océan et vers la Manche ; plusieurs se dirigent au nord ou au nord-est; d’autres enfin se rendent 44 sud
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FRANCE. 3 dans la Méditerranée, Cette heureuse diversité dans la direction des rivières de la France est le résultat de la pente général: des terrains, dont la ligne de faite est déterminée par une chaîne de montagnes formant une courbe serpentante, qui, d’une part serattache au système pyrénéen, et de l’autre, au système »lpique,
La chaîne des Pyrénées entre en France près du village des Aldudes (Basses-Pyrénées), et se dirige de l’ouest à l’est pour se terminer un peu au nord du cap Creuz sur les bords de la Méditerranée. Sur presque toute sa longueur, évaluée à 40 myriamètres ou 90 lieues environ, c'est le faîte de ces montagnes qui constitue la ligne de séparation entre la France et l'Espagne. Les sommets ic: nlus élevés se trouvent dans la partie centrale de la chaîne : nous indiquerons tout à l'heure la hauteur des principaux d’entre eux. La pente des Pyrénées est moins rapide du côté de la France que du côté de l'Espagne. La pente moyenne du versant boréal est de 2° 30’, tandis que celle du versant méridional est de 3° 30”.
Parmi les rameaux que la chaîne pyrénéenne projette sur le sol français, on distingue celui qui sépare le bassin de l’Adour de celui de la Garonne; mais le plus remarquable est celui des Corbières, Ce dernier se détache entre les villes d’Ax et de Mont-Louis et sépare la source de l’Ariége de celle de l'Aude. 1! court au nord entre le Ley à sa gauche et l'Aude à sa droite ; mais ses sommets s'abaissent rapidement et viennent fuir au col de Narouze, à 189 mètres au-dessus du riveau de la mer. C’est ce point qui a été choisi pour creuser le bief de partage du canal du Languedoc, attendu qu'il offre la hauteur minimum de la ligne de séparation des eaux des deux mers.
Au delà de la dépression qu’occupe le canal, se montre une autre chaîne, qui forme la continuation des monts Corbires. Elle se dirige d’abord à l’est, puis au nord-est et enfin au nord, en prenant successivement les noms de Montagnes noires, de Monts Lespinousses, de Monts Garriques et de Cévennes, Les Montagnes Noires séparent le département du Tarn de celui de l'Aude ; les Monts Lespinousses et Garrigues bornent au nord le département de l'Hérault; les Cévennes proprement dites limitent au nord-ouest le département du Gard; ensuite, courant au nord-est, elles entrent dans le département de l'Ardèche, au village de Saint-Laurent. Là, elles reçoivent le nom de Montagnes du Vivarais,
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qu’elles conservent jusqu’à la dépression produite par la vallée du Gier, dans le département de la Loire. Au-dessus de la source du Gier, la ? chaîne se porte directement au nord, et traverse les départements du ” Rhône et de Saône-et-Loire ; mais elle change encore de dénomination, et prend successivement les noms de Montagnes du Lyonnais, Montagnes du Beaujolais et Montagnes du Charolais. Celle partie de la chaîne des Cévennes forme la séparation entre le bassin de la Loire à l’ouest, et celui du Rhône et de la Saône à l’est.
Cette même chaîne, après avoir traversé le département de Saône-et- Loire, entre dans celui de la Côte-d'Or, dont elle prend alors le nom, puis dans celui de la Haute-Marne, où elle est appelée plateau de Langres. En traversant ces deux départements, la chaîne suit la direction du nord-est. Le Mont Tasselot est le plus élevé des Montagnes de la Côted'Or; cependant il n’a que 608 mètres de hauteur. L’élévation du plateau de Langres ne dépasse nulle part 500 mètres. Vers Bourbonneles-Bains, la chaîne commence à décrire un demi-cercle, qui setermine à son union avec les Vosges. Cette partie de la chaîne porte le nom de Monts-Faucilles. La convexité du demi-cercle que forment les montagnes regarde vers le nord, et c’est sur le versant méridional de cette courbe que se trouvent les sources de la Saône.
Revenons maintenant sur nos pas, pour suivre les branches qui se détachent sur tout le versant gauche de cette chaîne. Un peu au nord du Mont-Lozère, vers Châteauneuf-Randon, dans le département de la Lozère, il part du tronc des Cévennes une branche importante, qui a reçu le nom de Montagnes de la Margeride, et qui se dirige du sud-est au nord-ouest. À son origine, elle sépare les sources de l'Allier de celles du Lot et de la Trueyre, affluent de ce dernier. Vers Saint-Flour, elle tourne à l’ouest jusqu’au plomb du Cantal. Ici, la branche que nous étudions se dirige au nord, sous le nom de Montagnes du Cézallier, Près de la petite ville de Besse, elle prend le nom de chaîne du Mont-Dore, et plus au nord, celui de chaîne du Puy-de-Dôme. Cestrois groupes forment ce qu’on appelle à proprement parler les Montagnes de l'Auvergne. A la Croix-Morand, près des bains du Mont-Dore, un rameau détaché de la branche principale, court à l’ouest, sépare le département de la Corrèze de celui de la Creuse et de la Haute-Vienne. Ce rameau, qui constitue les montagnes du Limousin, nous présente Ja ligne de partage entre les
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elles se terminent à l'embouchure de la Sèvre Nantaise dans la Loire. Cette chaîne de collines sépare le bassin de la Loire de celui de la Charente et de la Sèvre Niortaise. Dans le départeinent des Deux-Sèvres, elle forme ce qu'on appelle le plateau de Gâtine.
Au nord de la source de l’Ardèche, un rameau considérable, connu sous le nom de Montagnes du Velay et du Forez, se détache des Cévennes, ct se dirige presque droit au nord, en séparant le bassin de la Loire de celui de l’Allier. A la source de la Dore, une ramification appelée Montagnes de Barbézy se détache du rameau, et se porte dans la partie est du département du Puy-de-Dôme. La surface des départements de la Lozère, de la Haute-Loire, du Cantal, du Puy-de-Dôme et d’une partie de ceux de l’Ardèche, de la Loire, de l'Aveyron, de la Corrèze et de la Creuse, forment ainsi un vaste plateau, qu’on a justement nommé le plateau central de la France. Il est à remarquer que, parmi les montagnes qui couvrent ces départements, il en est un grand nombre qui sont évidemment d'anciens volcans; mais tous ces volcans sont aujourd’hui complétement éteints.
Dans le département de la Côte-d'Or, près de Pouilly, au bief de partage du canal de Bourgogne, la chaîne centrale envoie au sud-est un rameau qui a énviron 62 kilomètres ou 14 lieues de longueur, et forme le plateau du Morvan, dont la hauteur moyenne est de 500 mètres. Au sud de la source de l’Yonne, au mont Beuvray, ce rameau change de direction et court au nord-ouest jusqu’au nord de Mortagne dans le département de l'Orne. De là, il se dirige à l’ouest, séparant ainsi les eaux des affluents de la Loire d’avec les rivières qui vont se jeter dans la Manche. Près de Flers, il projette une ramification qui traverse le département de la Manche; puis il descend un peu au sud, pour reprendre bientôt la direction de l’ouest, en traversant les départements de la Bretagne. Dans l’Ille-et-Vilaine et dans les Côtes-du-Nord, la chaîne porte le nom de Monts Menez. Enfin, elle se termine par une bifurcation qui donne naissance à deux branches, l’une, appelée Mont Arrée court au nord de la rivière d’Aulne; l’autre, appelée Montagnes Noires, court au
sud de cette rivière. Cette partie de la chaîne qui court à l’ouest a reçu de Balbi le nom de chaîne Armorique.
Entre la source de la Marne ct celle de la Meuse, à deux lieu: :nviron à l’est de Langres, il se détache du plateau auquel cette vil: “onne son nom, uue branche impurtante qui se dirige au nord-nord-#st en suivant le cours de la Meuse, et porte successivement les dénominations de plateau de Langres, plateau äe l'Argonne et plateau de l'Ardenne. Un peu au nord de Rocroy, cette branche change de direction, court au nord-ouest, et traverse les départements de l’Aisne et du Pas-de-Calais, en séparant les bassins de li Somme et de l’Escaut. Entre la Meuse et la Moselle, il existe aussi un autre rameau sorti comme le précédent du plateau de Langres.
La chaîne des Vosges sépare l’Alsace de la Lorraine, c’est-à-dire le bassin du Rhin de celui de la Moselle. Elle court au nord et se termine sur le territoire allemand par la chaîne du Hundsruck, au contiuent de ces deux grands cours d’eau. Du front méridional des Vosges, se détachent plusieurs ramifications; mais la plus considérable, et la plus importante est celle qui sépare le bassin de la Saône de celui du Doubs, en longeant la rive gauche de l’Ognon. Le bassin du Rhin es! séparé de celui du Doubs par un autre rameau, qui, partant du Ballon d’Alsace s'abaisse rapidement et va se joindre au Jura.
Le Jura se compose de plusieurs chaînes parallèles qui s'étendent entre le Doubs et les lacs Suisses de Bienne et de Neufchâtel; puis se prolongent jusqu’à la rive gauche du Rhône. La direction générale de ces montagnes est du nord-nord-est au sud-sud-ouest. Vis-à-vis du fort de Lécluse, de l’autre côté du Rhône, s’élève le mont Vouache qui forme la terminaison d'un rameau parti du massif du Mont-Blanc. Ce rameau, sans la vallée du Rhône, se lierait donc directement avec la chaîne du Jura.
La grande chaîne des Alpes ne touche à la France que sur une étendue d’environ 90 kilomètres ou 20 lieues communes. Elle entre sur notre territoire au mont Tabor, situé par 45° de latitude nord, et suit la limite de l’empire jusqu’au pic du Lausanier situé par 44°2/”, où elle quitte la France pour aller former les Alpes Maritimes. De cette partie du grand système alpique, il se détache plusieurs branches importantes
qui se portent à l'ouest vers les Lords du Rhône.
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Le chaînon le plus septentrional vient du massif du Mont-Blanc, suit la rive droite de l'Isère, pénètre dans le département de ce nom au mont Granier, et vient s'épanouir un peu au nord de Grenoble, en for mant un large massifappelé le Désert de la Grande-Chartreuse. Du mont Tabor, part un chsînon considérable, qui se dirige d’abord au nord, puis se porte au sud-ouest, le long de la rive gauche de l'Isère jusqu’à l'embouchure du Drac. Les montagnes dites les Rousses qui dominent le Bourg d'Oisaus sont une ramification de ce cliaînon. Un second chat non se détache encore du Tabor, se porte au sud, puis à l’ouest, et sé vare les eaux de la Durance des affluents de l'Isère, ce chaînon renferme le Pelvoux, l’Oursine et l’Ollan, qui sont les plus hautes montagnes de la France, et donne naissance à de nombreuses ramifications qui couvrent les départements des Hautes-Alpes, de l'Isère, de la Drôme et de Vaucluse, L'une de ces ramifications s’étend jusqu’au bord du Rhône, au-dessous de Montélimart, en face de Viviers, et semble, sauf la coupure de la vallée du Rhône, ici fort étroite, se lier avec une des ramifications que les Cévennes de leur côté envoient vers le fluve.
Trois rameaux, formés de montagnes très-élevées, se détachent encore de lu chaîne des Alpes Cottiennes. Le premier se sépare aux sources de l’'Ubaye et s'étend entre cette rivière et la Durance. Le second et le troisième s'en séparent au pic Lausanier. Le second, qui a reçu le nom particulier de Busses-Alpes, se partage en ramifications qui couvrent le département de ce nom. Le troisième limite d'abord à l'est puis au sud le bassin de la Durance, c'est-à-dire suit la rive gauche du Verdon, affluent de cette rivière.
Les Montagnes Maures, qui ronstituent la chaîne la plus méridionale de cette partie de la France, paraissent w’avoir aucune liaison avec le système alpique. Elles se dirigent de l’est-uord-est à l’ouest-sud-ouest, et limitent le p:tit bassin isolé de l’Argens; une ramification que cette chaîne envoie au sud-est le long d2 la rivière de Suigne, a reçu le nom de Montagnes de l'Esterel,
Maintenant, il convient de donner le tableau des hauteurs des points principaux du système orographique que nous venous d’esquisser.