PYRÉNÉES (HAUTES
Ce département, qui doit son nom à ce qu’il touche aux plus hautes montagnes de la chaîne des Pyrénées et en renferme plusieurs, appartient à la région sud-ouest de la France. Borné au sud par les Pyrénées qui le séparent de l'Espagne, il a pour limites, au nord, le département du Gers; à l’est, celui de la Haute-Garonue; et à l’ouest, celui des Basses-Pyrénées.
Les montagnes les plus hautes du département sont courounées de neiges éternelles et renferment des glaciers qui donnent naissance a une multitude de torrents ou gaves, comme on les nomme dans le pays. Un grand nombie de sommets sont aécharnés; d'autres, moins élevés, sont revêlus de belle forêts qui fournissent des bois pour la couslruction et la mâture. Les pins, sapins et chênes à tan sont les essenees principales de ces forêts, dont la superficie est estimée à pres de 85,000 hectares. Les beautés naturelles que présentent ici les Pyrences sont innombrables; plusieurs sont décrites dans le charmant ouvrage de Ramond. Le climat est naturellement très-varié dans cette parie de k France, En montant de Tarbes vers le Mont-Perdu, l'ou pucourt
toutes les températures de l'Europe, et la végétation suit la même échelle. Les plaines et les vallées basses sont fertiles en seigle, en orge et surtout en miliet ; on y récolte peu de froment. Le sol le plus gras est celui qui s'étend de Tarbes à Rabasteins. Le lin et le mürier y réussissent très-bien; la vigne y donne de très-bons produits. C'est audessus de la vallée de Lourdes, dit Ramond, que l’on quitte la vigne, le figuier, les vergers et les berceaux; là disparaît cette élégante culture qui distingue le Bigorre, et la nature commence à révéler des formes sauvages et pastorales. « L'économie pastorale des Pyrénées, continue cet auteur, a beaucoup de ressemblance avec celle des Alpes, Les bergers ont leurs maisons d'hiver dans les vallées inférieures ; ils placent leurs cabanes d’été partout où ils ont pu former quelques prairies dans les vallées supérieures. Ils déploient beaucoup d'intelligence endirigeantleseaux, au moyen de‘petits canaux qui sillonnent la prairie. Un même filet d’eau abreuve souvent plusieurs possessions contiguës, placées l’une au-dessus de l’autre. Une ardoise placée de champ est la simple écluse qui en coupe et détourne les eaux... Pendant que ces soins et ceux de la fenaison occupent la famille, les troupeaux vont chercher leur pâture dans les montagnes les plus élevées, de l'irrigation desquelles les nuages seuls peuvent faire les frais. Un seul homme les suit et s’y fait une hutte de quelques pierres entassées, si quelque roche creusée par la nature ne lui offre pas un asile. Quand les foins sont renfermés dans la maison d’été, et quand l’automne y ramène le bétail, la famille descend au village (à la maison d'hiver), et le berger se réfugie avec son troupeau dans la maison d’été, où il vit tout seul au milieu des neiges de l'hiver, pendant que le troupeau consomme la provision qui lui a été préparée. Il y reste exposé à beaucoup de dangers. Il l’est surtout lorsque l’hiver, se prolongeant au delà de sa durée ordinaire, met son bétail en disette, et qu’il le voit périr sous secs yeux. (Quelquefois les pâturages inférieurs sont encore couverts de neige au commencement de mai.) Et tant de travaux n'apportent au berger de ces hautc: vallées que l’étroit nécessaire, Il n’a pas, comme celui des Alpes, un bétail vigoureux et des vaches fécondes. »
Le règue minéral des Hautes-Pyrénées offre une grande variété . on ytrouve du fer, du plomb, du cuivre, du granit, de lardoise, du marbre, du sel gemme, de l’asbeste, des cristaux de grenat, elc. Les
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