‹ Géographie universelle ou Description de toutes les parties du monde [microforme] (volume 2)Chapitre 194 sur 215 · ES LA · texte numérisé non relu

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FRANCE. | 373 doivent trouver place ici. Le Musée impérial du Louvre comprend : 4°la galerie des tableaux des maîtres des écoles française, italienne, espagnole, flamande, allemande, etc.; c’est la plus riche collection qui soit au monde ; % la galerie des antiquités grecques, romaines, égyptiennes, assyriennes, etc., telles que statues, bustes, bas-reliefs, etc. ; 3° une nombreuse collection de vases italc-grecs, dits étrusques, statuettes en bronze, vases émaillés, etc. ; 4° un cabinet des dessins de tous les maîtres des écoles anciennes; 5° un musée de sculpture française, digne complément du muséc des antiques ; 6° unc collection de plâtres, reproduisant tous les chefs-d'œuvre de l'antiquité dont les originaux se trouvent dispersés dan; les diverses collections de l’Europe ; 7 une superbe collection chalcographique , renfermant une grande quantité de planches gravées d’après les anciens maîtres ; 8 une réunion de modèles des vaisseaux de: l'État et de la marine à différentes époques, qui forme un Musée naval des plus curieux. Le Musée du Luxemihourg est une splendide galerie de tableaux dus au pinceau des artistes vivants les plus distingués. La magnifique collection d'estampes de la Bibliothèque impériale vient d’être mentionnée; mais cet établissement possède en outre un Cabinet de médailles et antiques d’une valeur inestimable. Il contient 1,963 camées, pierres gravées, cônes et cylindres dont 4,380 antiques ; 75,894 médailles et médaillons antiques ; plus de 40,000 pièces de monnaie du moyen àge, médailles et monnaies modernes, monnaies orientales; et un grand nombre d’objets précieux de différents genres. Le Musée du palais des Thermes et de l’hôtel de Cluny, est consacré aux objets d'arts, meubles, ustensiles, etc., du moyen âge. L'hôtel de Clnny luimême est un précieux spécimen de l'architecture de cette époque. Au Musée d’Artillerie lon voit classés toutes les armes offensives et défensives et tous les instruments de guerre des nations européennes. L'HÔtel des Invalides renferme une collection de plans en relief des places de guerre. A l’Institut, on trouve une galerie d'architecture, composée de modèles en plâtre et en liége, des monuments les plus célèbres de la Grèce, de Rome, de l'Égypte, etc. Le Conservatoire des Arts et Mütiers a aussi ses galeries spéciales : on y voit les modèles de toutes les machincs et de tous ies outils propres aux arts et à l’industrie. L'Hôtel de la Monnaie renferme un superbe Musée monétaire, compesé de tous les coins et poinçons des médailles frappécs en France devuis Charles VII

jusqu’à nos jours. Il possède aussi un Cabinet de Minéralogie. L'École des Mines et le Muséum d’Histoirenaturelle ont également de magnifiques collections de minéralogie et de géologie, Cv dernier établissement possède en outre plusieurs autres collections remarquables par leur richesse, La Galerie Zoologique et celle d'Anatomie comparée n’ont pas de rivales. La Galerie Botanique se compose de nombreux herbiers réunis par les botanistes les plus distingués. La Ménagerie d'animaux vivants est cur'euse. Nous avons déjà mentionné les belles serres ct le Jurdin botani-. que du muséum d'histoire naturelle ; mais nous devons citer aussi ceux de l'École de Pharmacie et de la Faculté de Médecine. Celle-ci pose sède de plus un Cabinet d'Anatomie et une belle collection d'Anatomie pathologique. Cctte dernière porte le nom de Musée Dupuytren, en l'honneur de célèbre chirurgien qui a fondé et doté cet utile établissement.

Les établissements et les sociétés de bienfaisance ne sont pas moins nombreux que ceux consacrés aux progrès des sciences, des lettres et des arts. Paris ne compte pas en eflet moins de 17 hôpitaux et 12 hospices civils contenant près de 18,000 lits. Les plus importants parmi les premicrs sont l’Hôtel-Dieu, la Charité, la Pitié, l'Hôpital Saint-Louis ct l'Hôpital Lariboissière. Ce dernier est un bel édifice dont la distribution est parfaitement entendue. Parmi les hospices, nous citerons seulement Ja Maternité, les Enfants- Trouvés, les Incurables (hommes), les Incurables (femmes), les Quinze-Vingts, où sont entretenus 300 aveugles infirmes, et

Ja Salpétrière; celui-ci contient 5,000 lits, destinés aux femmesindigentes,

âgées de plus de 70 ans, et renferme en outre 1,200 femmes aliénées, idiotes ou épileptiques. L’hospice de Bicétre et deux autres moins considérables sont situés hors de l’enccinte de Paris ; nous parlerons tout à l'heure du premier. Il y a trois hôpitaux ct un hospice militaire : nous avons déjà cité les deux plus considérables, l'Hôpital de perfectionnement du Val-de-Grâce et l'hospice ou Hôtel des Invalides. Nous n'énumérerons pas les autres établissements charitables que renferme la capitale, uon plus que les soriétés de bienfaisance, soit religieuses, soit philanthropiques ; leur simple énumération nous entraînerait trop loin.

Nous avons dit que Paris était la ville la plus industricuse et la plus productive de France ;nous pouvons ajouter du continent européen.L’en-

quête exécutée en 1854, a constaté que la population industrielle de la

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FRANCE. 377 capitale se composait de 64,816 chefs d'industrie , et de 342,530 ouvriers de tout sexe et de tout âge ; que ls salaire moyen de ces ouvriers était de 3 francs 78 centimes ; que les diverses industries exercées par eux étaient au nombre de 395: re :, que la vente totale des produits, pour l’année 1847, avait été de :,463,628,350 francs. La répartition de cette somme a été comme ilsuit. Vêtements, 240,947,293 francs. Alimentalion, 226,863,080 francs; Bâtiments, 145,412,679; Ameublement, 437,145,246 ; Travail des métaux précieux, 134,8:0,276; Articles de Paris, 128,658,777 ; Fils et tissus, 105,818,474 ; Travail des métaux communs, 103,631,601 ; Industries chimiques et céramiques, 74.516,606; Carrosserie, sellerie et équipements militaires, 52,357,176; imprimerie, 51,161,873; Peaux et cuirs, 41,762,965; Doissellerie, Vannerie, 20,482,304 francs. Il importe de remarquer que, dans cette enquête, il a été tenu compte uniquement des industriels proprement dits ; qu’on a laissé de côté tous les commerçants, c’est-à-dire tous les individus qui se bornent à revendre les produits tels qu’ils les ont achetés, sans autre façon qu'un transport ou un fractionnement nécessaire à la vente ; et que le receusement a porté seulement sur les établissements industriels établis en dedans des murs de l'octroi. Or, l'on sait que les villes et communes conliguës à Paris sont remplies d'ateliers de tout genre, et que la majeure partie de leurs habitants se compose d'ouvriers. Il est fâcheux que le beau travail dont nous venons de donner les résultats généraux ait été limité à Paris intra-muros, et surtout ait complétement négligé le commerce de la capitale qui est assurément proportionnel à sa population totale et à son énorme production industrielle. Parmi les industries parisieunes, il en est une, l'imprimerie, qui se distingue spétialement par son activité prodigieuse. Le nombre des publications sorties des presses de la capitale pendant l'année 185%, a été de 4,321 représentant approximativement 90 millions de feuilles. L’Inprimerie impériale, fondée en 1640, est le plus important établissement typographique qui existe en Europe. Il est surtout riche en caractères propres à l'impression des ouvrages en langues oricutales. L'admirable collection de livres arabes, persans ct autres qu’elle publie depuis quelques années, surpasse tout ce qui s’est fait en ce genre. La Ajanufacture impériale des Gobelins est encore un élabiissement industriel entretenu par le

gouvernement, Cetle mauufacture, dont ia fondation est due à Colbert, vL 48

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fabrique des tapisseries et des tapis destinés à orner les palais impériaux.

La manufacture de tapis de la Savonnerie a été réunie, en 1825, à celle des Gobelins; mais les deux genres de fabrication restent distincts. Les produits qui sortent de ces ateliers sont absolument sans rivaux.

La capitale paie à elle seule plus du dixième du budget total de la France. En outre, elle a un budget particulier qui dépasse celui de plusieurs États européens. En effet, il atteint le chiffre de 52 millions en recettes, et autant en dépenses. Dans le chapitre des recelles, le chiffre de l'octroi figure pour 36 millions environ.

En terminant notre description de Paris, nous ne pouvons nous dispenser de signaler l'importance qu’elle aacquise dansle système défensif dela France, depuis l'exécution de l'immense enceinte de fortifications qu’a fait élever le gouvernement de Louis-Philippe. L’espace ne nous permet pas de citer les hommes célèbres en tout genre qu’a vus naître la capitale; la simnle nomenclature en serait trop longue.

Saint-Denis, près de la rive droite de la Seine, est remarquable par son industrie variée et par son ancienne abbaye de Bénédictins, dont les vastes et beaux bâtiments sont actuellement occupés par la Maïson impériale de la Légion d'Honneur, pour l'éducation des filles peu aisées des membres de l'ordre. La magnifique basilique de Saint-Denis, commencée par Dagobert Ir, a été terminée seulement par Louis-Philippe. Ce monument est construit dans le style gothique le plus élégant et le plus léger; sa flèche atteint la hauteur de 105 mètres. L'intérieur renferme les tombeaux de la plupart des rois de France : on admire en particulier celui de François Ler, par Philibert Delorme. Le bourg de Saint-Ouen, près de la rive droite de la Seine, sur laquelle il a un petit pont, renferme un beau châleau, où Louis XVIII, le 2 mai 4814, écrivit cette fameuse déclaration qui annonçait à la France un gouvernement constitutionnel. Neuilly, gur la rive droite de la Scine, était naguère remarquable par la charmante mixon de plaisance où Louis-Philippe faisait sa résidence habituclle pendant l'été: ce village a sur le fleuve un pont de toute beauté. Auteuil possède enccre les maisons de campagne qu'habitèrent Boileau et Molière. Devant la porte de l’église on voit une pyramide érigée à la mémoire du chancelier d’Aguesseau qui y est mort. Passy renferme une foule d'élégantes villas, et deux établissements d'eaux minérales ferru-

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portantes par leurs établissements industriels. Les Batignolles, Montmartre, Belleville ct Ménilmontant ne peuvent être considérés que comme les

vrais faubhourgs de Paris. Les deux premières de ces villes sont en général bien bâlies. Les Batignolles, Montmartre et Beileville, nossèdent chacune un théâtre.

Sceaux est une assez jolie petite ville située sur la Bièvre. Elle con-

serve encore quelques restes du superbe château où la duchesse du

Maine tenait sa cour lettrée, et de son parc magnifique. Il s’y tient tous

les lundis un grand marché de bestiaux. Arcueil est connu par son bel aqueduc qui fournit d’eau les quartiers de Paris situés sur la rive gauche de la Seine, et par la fameuse Société d’Arcueil, espèce d'académie libre que présidait l'illustre chimiste Berthollcet. Vaugirard et Grenelle sont deux gros bourgs qui se distinguent par leur activité industrielle. C’est dans la commune de Gentilly que se trouve le vieux château de Bicétre, dont les vastes bâtiments servent aujourd’hui d’hospice. On y compte plus de 3,100 vieillards indigents, etenviron un millier d'aliñnés,

idiots et épileptiques. Alfort,sur la rive gauche de la Marne, est célebre par son École impériale vétérinaire. Choisy-le-Roi, sur la rive gauche de la Seine, possède des fabriques importantes. À Charenton-le-Pont, sur la rive droite de la Marne, on voit un ancien château qu'habita Gabrielle d'Estrées, maîtresse d'Henri IV. Charenton-Saint-Maurice est célèbre par sa maison de santé pour les aliénés des deux sexes. Le bourg de Vincennes est fameux par son antique château, qui fut habité par plusieurs de nos rois, et dont le donjon a servi lougtemps de prison d’État. On remarque l’élégante chapelle gothique et la vaste salle d'armes du château. Des travaux récents en ont fait une place importante, Tout auprès de la forteresse est un parc entouré de murs, qui a environ 700 hectares de superficie et qui forme une promenade des plus agréa-

“bles. Bercy, sur la rive droite de la Seine, est contigu à Paris nième.

C'est le grand entrepôt des vins, eaux-de-vie et huiles destinés à la con sommaiion de la capitale,

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