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et sous Louis XVI. Voici quelle est, d’après l'Annuaire de la Marine pour l'année 18592, la situation des forces navales de la France :
BATIMENTS À VOILES À FLOT. — Vaisseaux de ligne. — Vaisseaux du premier rang, de 120 avons, 2 ; de 112 canons, 1, — Du deuxième rang, de 110 à 100 canons, 4. — Du troisième rang, de 90 à 82 canons, 9, — Du quatrième rang, de 80 canons, 6. — Total, 25.
Frégates. — Frégates du premier rang, de 60 canons, 11, — Du deuxième rang, de 52 à 60 canvns, 14. — Du troisième rang, de 46 à 40 canons, 12. — Total, 37.
Corvetles, — Corvettes à gaillards, de 30 à 28 canons, 12. — Corvettes à batterie barbette, de 24 à 14 canons, 15, — Total, 27,
Bricks. — Bricks de première classe, de 20 à 16 canons, 21. — Bricks-avisos, de 10 canons 18.-— Total 39,
Bütiments légers. — Canonnières-Bricks, de 4 canons, 8. — Goëlettes, dr'6 canons, 23 — Cutters, de 6 à 4 canons, 10. — Chebeck, de 4 canons, 1. — Total, 42.
Bâtiments de transport, — Bûtiments de 800 tonneaux, 11; de 600 tonneaux, 3; de 550 louneaux, 3 ; de 500 tonneaux, 2 ; de 300 tonneaux, 3 ; de 260 tonneaux, 1 ; de 200 tonneaux 3: de 150 tonneaux, 2 ; de 90 tonneaux, 1 ; de 50 tonneaux, 1. — Total, 30,
BATIMENTS À VAPEUR À FLOT. — Le NAPOLÉON, vaisseau de 960 chevaux et de 90 canons.
Frégates. — Frégates de 650 chevaux, 2 ; de 540 chevaux, 1 ; de 460 chevaux, 10. — Total, 19.
Corvettes. -— Corvettes de 400 chevaux, 4 ; de 320 chevaux, 2 ; de 300 chevaux, 6; de 260 chevaux, 1 ; de 220 chevaux, 15. — Total, 28.
Avisos. — Avisos de 200 chevaux, 6 ; de 180 chevaux, 23; de 172 chevaux, 1 ; de 160 chevaux, 23; de 120 chevaux, 12; de 100 chevaux, 3, de 80 chevaux, 3 ; de 70 chevaux, 1 ; de 60 chevaux, 2 ; de 50 chevaux, 1 ; de 30 chevaux, 2 ; de 20 chevaux, 1. — Total, 57.
BATIMENTS MIXTES À FLOT. — Le CHARLEMAGNE, vaisseau de 450 chevaux et de 90 canons. — F'régale de 220 chevaux, 1 ; — Corveties de 120 chevaux, 2. — Aviso de 30 chevaux, Î.
BATIMENTS A VOILES EN CONSTRUCTION. Vaisseaux de ligne : 1 du premier rang ; 9 du deuxième rang ; 10 du éroisième rang.
Frégates : 5 du premier rang ; 10 du deuxième rang ; 3 dutroisième.
Corvettes à gaillards, 4.
Bricks de première classe, à.
BATIMENTS À VAPEUR EN CONSTRUCTION. — Corvettes de première classe de 400 chevaux, 3. — Avisos de 120 chevaux, 2 ; de 60 chevaux, 1 ; de 20 chevaux, 1.
La marine a, comme l’armée de terre, ses écoles spéciales, que nous devons nommer. L'École navale, particulièrement destinée à former des officiers de marine, est établie à Lord le vaisseau le Borda, en rade de Brest. Les élèves, au nombre de 180 à 200, n’y sont admis qu’à la suite d’un concours. Une Ecole du génie maritime est établie à Lorient. Cette ville possède encore, ainsi que Brest et Toulon, des Écoles d’arlillerie de marine, Une Ecole de pyrotechnie a été établie à Toulon, en 4844. 11 existe dans les principaux ports de l'Empire, des écoles
d'hydrographie. Enfin Brest, Toulon et Rochefort ont des écoles de maistrance, destinées à former des maîtres et contre-maitres pour les diverses professions rela'ives aux constructions navales.
Si la France, à partir de l’époque des guerres de Charlemagne, s’est placée au-dessus de toutes les nations européennes par sa gloire militaire, elle a conquis auss: depuis longtemps le premier rang par sa gloire littéraire. Il serait ridicule de notre part d’énumérer ici les grands noms qui ont valu à notre pays cette supériorité incontestable, à notre langue sa rapide diffusion chez tous les peuples lettrés, et aux idées françaises cette influence tellement prodigieuse qu'elles ont aité la vieille Europe dans ses fondements, et qu’à cette heure encore les gouvernements oppresseurs ne tournent qu’en tremblant les yeux vers la France, tandis que les peuples la regardent avec espoir, comme le lieu d'où doit venir pour eux la force qui fera triompher le droit.
Malgré tout l'éclat dont la France brille sous le rapport littéraire, malgré l’activité intellectuelle qui caractérise la plus grande partie de ses populations, il faut avouer que l'instruction élémentaire y est moins répaudue que chez quelques autres nations européennes. La période orageuse de la Révolution, ia période guerrière de l'Empire, ne permirent guère aux gouvernements de cette époque de s'occuper de cette grande question de l'instruction et de l’éducation des masses. La Restauration s’en occupa fort peu, mais par d’autres motifs. Sous le gouvernement de Juillet, cette grande question a été plutôt agitée que résolue
et c’est ce que l’on peut dire encore aujourd’hui. | A. En 1830, on ne comptait que 27,365 écoles soit publiques, soit pri-
vées, fréquentées par 969,340 jeunes garçons. La statistique de 183 à constaté que le nombre des écoles s'élevait à 42,551 dont 34,890 écoles communales, et le nombre des élèves garçons à 2,149,672. Depuis cette époque, il a été créé 4,063 nouvelles écoles communales. Les écoies de filles sont aujourd’hui au nornbre de 19,415, dont 7,926 écoles communales, et reçoivent ensemble 1,354,636 élèves. Les cours d'adultes, c’est-à-dire les cours destinés aux hommes faits, qui ont été privés dans leur jeune âge des bienfaits de l'instruction première étaient, à la fin de 4847, au nombre de 6,877 et ils étaient fréquentés par 115,164 individus. A ces écoles, il faut ajouter les salles d’asile, les écoles d'apprentis pour les jeunes ouvriers, et les ouvroirs pour les jeunes filles par-
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genues à leur treizième année sans avoir fréquenté les écoles. A la fin de 1847, on comptait 4,861 salles d’asile dans lesquelles étaient recueillis et soignés 124,287 cnfants ; 36 écoles d’apprentis recevant 2,011 enfants ; 388 ouvroirs fréquentés par 43,200 jeunes filles. En récepitulant le nombre des enfants dans tous les établissements d'instruction pri. maire, on arrive à ce résultat : écoles primaires pour les garçons, 2,176,079 ; écoles primaires pour les filles, 1,354,056; cours d'adultes 415,164; écoles d’apprentis, garçons, 2,011; ouvroirs, filles, 13,200 ; total : 3,784,797. A côté des établissements d'instruction primaire que nous venons d’énumérer, il faut placer les écoles instituées dans tous les corps de l’armée, pour répandre parmi les jeunes soldats les principes élémentaires de cette instruction qui est nécessaire à tout citoyen. Les cours sont gratuits et obligatoires. On compte chaque année 75,000 hommes, en moyenne, qui suivent les écoles régimentaires.
L'instruction secondaire est donnée dans les lycées, les colléges come munaux, les institutions libres et les écoles secondaires ecclésiastiques. Le nombre des lycées, naguère appelés colléges royaux, est aujourd'hui de 57. En 1849, ils renfermaient 18,697 élèves. Ce chiffre a vraisemblablement diminué. Le nombre des colléges communaux est seulement de 288 ; en évaluant leurs élèves à 24,000, nous pensons être au-dessus de la vérité. En 1843, on comptait 914 établissements privés pour linstruction secondaire. Sur ce nombre, Paris, Lyon, Marseille, Toulouse, Rouen et Bordeaux en possédaient 456. Ces 914 institutions recevaient 34,336 élèves. Les modifications apportées depuis peu à l’organisation de instruction publique, ont dû profiter aux établissements ecclésiastiques, et diminuer le nombre des élèves des établissements universitaires; mais nous n'avons pas de renscignements exacts à ce sujet.
Voici quel était, en 1851, la situation de l’enseignement dans le déparlement de la Seine, c’est-à-dire à Paris, au centre du mouvement intellectuel de la France, On y comptait 269 établissements communaux, écoles primaires, salles d'asile, ete, qui recevaient 48,534 élèves, et 522 établiss ements libres de diverses catégories qui en contenaient 28,072, Ce qui fait un total de 591 établissements et plus de 76,200 élèves. Mais il faut encore 1jo ter les établissements que possèdent les
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arrondissements de Sceaux et de Saint-Denis. Ces établissements com. prenaient 294 écoles primaires communales et salles d’asile, fréquenîées par 23,264 enfants ; 226 établissements libres pour 9,884. Aïnsi le département de la Seine comptait 4,308 écoles primaires pour 409,794 écoliers. Paris possède en outre trois écoles primaires supérieures, dont deux pour les garçons, et une pour les filles. Le chiffre des lycées de Paris, en 4854, a été de 3,872 élèves seulement, et celui des élèves des pensions établies dans la ville, de 44,782.
Les écoles secondaires ecclésiastiques, dites petits séminaires, sont placées sous l'autorité exclusive des évêques. En 1841, on comptait 126 établissements de cette catégorie, renfermant près de 20,000 élèves. A cette heure, le nombre de ces établissements, ainsi que de leurs élèves doit être bien plus considérable,
Le tableau qui suit, fait connaître dans quelle proportion l'instruction primaire est répandue dans les divers départements,