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SECT, 470 — Tableau yénéral de la Nubie,
De même que l'Égypte, c’est au Nil que la Nubie doit de n'être pas complétement un désert. Ce fleuve traverse directement cette vaste contrée du sud au nord, sur une étendue de plus de 300 lieues, car nous faisons abstraction du coude qu’il forme autour du Dougola. Mais combien la Nubie diffère de l'Égypte sous le rapport de la fertilité. lei, sur toute la longueur de son cours, le Nil est généralement encaissé entre des bords élevés et des rochers. Il ne peut même, sans le secours de l’art, inonder ses rives immédiates; d’ailleurs, l’inondation ne s’élend guère à plus de 1,500 mètres des bords du fleuve. La Nubie consiste, pour ainsi dire, en un immense et étroit ruban qui longe r’une ou l’autre rive du Nil, et qui au delà ne présente à l'œil attristé que des déserts sablonneux et arides.
Une conséquence naturelle de la structure physique de la Nubie est l'extrême élévation de fatempérature. Des chaleurs presque insupportables y règnent depuis janvier jusqu’en avril; le thermomètre monte quelquefois à 48 degrés centigrade à l'ombre, et les sables, devenus brülants, ne permettent au voyageur de marcher que pendant la nuit.
3 pluies sont presque inconnues au nord du Taccazzé. Au sud de ce fleuve, la saison pluvieuse dure depuis juin jusqu’en septembre, mais avec de fréquentes irrégularités.
Les richesses minérales de la Nubie sont les mêmes que celles de l'Égypte. Les voyageurs mentionnent surtout le granit, la syénite, le porphyre, le marbre et le sel gemine. Ses mines d’or étaient jadis célèbres. Le règne végétal, bien moins riche que dans la partie inférieure de
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56 CHAPITRE QUATRIÈNE,
la vallée du Nil, se compose, en général, des mêmes espèces. Le doura et le bammia (ce dernier décrit par Prosper Alpin) sont les principales espèces degrains; on cultive aussi le fromient et le millet. On exporte deux sortes de séné; mais on ne tire aucun parti de la canne à sucre qui abovde le long du Nii. L'ébénier domine dans les forêts de la Nubie méridionale; et l'on y rencontre également plusieurs espèces de palmiers. La mimosa nilotica d'Égypte, dont on tire la gomme, est répandue jusque dans le Darfour. Pline semble indiquer le grand cotonnicr sauvage parmi les arbres de la Nubie.
Indépendamment des animaux qui lui sont communs avec la région scptentrionale de l'Afrique, la Nubie possède plusieurs espèces particulières, que nous a fait connaître le savant voyageur Ruppel. Nous citerous plusieurs espèces de renards, d’antilopes, de chats sauvages. La girafe se montre en petites troupes dans les déserts au sud de Simrie, ainsi que dans le Darfour ; on la trouve même à l’est du Bahr-el-Azrek. Elle paraît différente de la girafe de l'Afrique australe. Le fennec (canis zerba) que Bruce a décrit le premier, et qui, suivant lui, est propre à l'Abyssinie, habite aussi certaines parties de la Nubic ; Ruppel a vu ce bizarre animal dans le voisinage d’Ambukol ct dans le désert de Korti, où il vit dans des terriers qu’il creuse lui-même, et non sur les arbres, comme l'avait dit Bruce.
Personne n'ignore les nombreuses conjectures faites par les savants au sujet de cet animal, jusqu'ici introuvable, auquel on donne le nom d'unicorne où licorne, Par ses observations sur la structure des cornes de la girafe, Ruppel a démontré que l'existence d’un quadupède analogue à la licorne, n'était n1 impossible ni contraire aux lois de la nature.
Ce voyageur a recueilli sur ce point quelques informations assez cu- :
rieuses dans le Kordorïan, où la licorne se montre, dit-on, quelquefois, et où on la connait sous le non: de néllekma, Diverses personnes s'accordèrent à la décrire comme un animal de la taille d’un petit cheval, semblable à la gazelle par son élégance et sa légèreté, ayant un pelage de couleur rougeàtre, et muni d’une corne longue, droite et mince; cette corne caractéris le mâle et mai: que chez la femelle. Quelques-unes affirmaient que le sabot de nillekma était fendu; d’autres disaient qu’il était semblable à celui du cheval. D’après les renseignements qu’on donna à notre voyageur, cet animal habite les déserts au sud du Kor-