‹ Géographie universelle ou Description de toutes les parties du monde [microforme] (volume 4)Chapitre 71 sur 75 · VII, L · texte numérisé non relu

VII, L

de bisons. On donne aussi ce nom aux plaines qui bordent les rivières, et qui sont généralement inondées pendant toute la saison pluvieuse. Les arbres qui y croissent appartiennent aux espèces aquatiques; ce sont : le magnolier des marais (magnolia glauca) et le gordonia argenté à fleurs odorantes. On les Yoit, isolés ou réunis en groupes, former de pelits bois percés à jour, tandis que la plus grande partie de la savane est couverte d’herbes longues et succulentes entremêlées de plantes et d’arbrisseaux. Le cirier de la Louisiane (myrica cerifera) se distingue ici parmi plusieurs espèces d’azaléas, de kalmias , d’andromèdes et de rhododendrons, ici épars, là en touffes, entrelacés tantôt par la grenadille pourprée, tantôt par la capricieuse clitoria, qui en parent les voûtes de festons riches et variés. Les bords des étangs, ainsi que les endroits bas et bourbeux, sont ornés des fleurs azurées et brillantes de l’ixia, des fleurs dorées de la canna lutea et des touffes roses de l’hydrangea ; tandis qu’une infinité de riantes espèces de phlox, avec la timide sensitive, l’irritable dionée, l’amaryllis-atamasco, couleur de feu, dans les savanes où la marée atteint les rangs impénétrables du palmier royal (yucca gloriosa) , forment aux bois une ceinture variée, et marquent les limites douteuses où la savane s’élève vers les forêts.

Les plateaux calcaires qui forment la presque totalité des contrées situées à l’oue: de la chaîne de PAlléghany, présentent quelques parties entièrement dénuées d’arbres, nommées barrens. Ceux d’entre ces plateaux calcaires qui, élevés de 300 à 400 picds, bordent les lits des fleuves profondément encaissés, se revêtent des plus riantes forêts, L'Ohio coule à l’ombre des platanes et des tulipiers, comme un canal qui aurait été creusé dans un vaste parc de plaisance. Quelquefois, s’enlaçant d’un arbre à l’autre, les lianes forment, au-dessus d’un bras de rivière, des arches de fleurs et de verdure. En descendant au sud, les orangers sauvages se mêlent avec le laurier odorant et le laurier commun. La colonne droite et argentée du figuier papaver, qui s’élève à 20 pieds de haut, et que couronne un dais de feuilles larges et découpées, ne forme pas une des moindres beautés de ce pays enchanteur. Au-dessus de tous ce: végétaux domine le grand magnolia ; il s’élance à la hauteur de 400 pieds et au delà ; son tronc, parfaitement droit, est surmonté d’une tête épaisse et volumineuse, dont Ie feuillage, d’un vert obscur, affecte une figure conique; au centre des couronnes de

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fleurs qui terminent les branches, s’épanouit une fleur du blanc le plus pur, qu’à sa forme on prendrait pour une grande rose, et à laquelle succède une espèce de cône cramoisi qui, en s’ouvrant, laisse voir suspendues à des fils déliés et longs de six pouces au moins, des semences arrondies en grains du plus beau corail rouge : ainsi, par ses fleurs, par son fruit et par sa grandeur, le magnolia surpasse tous ses rivaux.

Mais l’étendue des pays auxquels s’applique ce tableau de la végétation sauvage, diminue chaque jour par suite des progrès des défrichements et de l’agriculture. Chaque jour les forêts et les savanes sont envahies par de nouveaux colons qui se livrent avec ardeur aux plus rudes travaux ; car aux États-Unis l’agriculteur travaille pour lui :il vit libre, heureux et dans l’aisance. La classe agricole comprend incontestablement les trois quarts de la population. Les richesses que le commerce apporte au colon en échange de ses produits, lui fournissent les moyens de faire toutes les améliorations possibles et d'élever ainsi l’agriculture à un état de plus en plus florissant. L’exportation des céréales et de la farine augmente chaque année ; les États-Unis sont, avec la Pologne et la Russie, le grenier de réserve de l’Europe occidentale lorsque les récoltes sont insuffisantes. Parmi les productions agricoles, les plus importantes sont la pomme de terre et le maïs, originaires du pays; l'épeautre, le froment, le seigle, l’orge, le sarrasin, l’avoine, les fèves, les pois, le chanvre et le lin. Le riz des Carolines et le tabac de la Virginie sont célèbres. La culture des légumes, commune dans les fermes de l’Europe, paraît encore négligée ; mais il y a, autour des villes surtout, de belles prairies artificielles. Les vergers sont très-soignés, et le cidre qu’ils fournissent est la boisson ordinaire dans les États du nord et du centre. On y récolte aussi beaucoup de houblon. On distingue parmi les pommes de terre une espèce particulière appelée ground-nut, et parmi les fruits d’arbre la pomme de Newtown qui abonde auprès de New-York, ainsi que les abricots et les pêches de Virginie dont on tire une eau-de-vie renommée.

Le nombre des quadrupèdes indigènes, particulièrement de ceux d'une grande taille, diminue à mesure que la race blanche prend, par la culiure, possession des terres où ils erraient. Teis sont le bison et l'élan d'Amérique. Le bisun, quoiqu'il ait une bosse sur le dos, consti-

tue une espèce bien distincte des zébus de l’Inde et de l'Afrique, et des aurochs un peu bossus du nord de l’Europe. Le bison d'Amérique a toujours le cou, les épaules et le dessous du corps chargés d’une laine épaisse ; une longue barbe lui pend sous le menton et sa queue ne va pas jusqu'au jarret. Il diffère aussi beaucoup du petit bœuf musqué du nord de ces contrées, qui, par la forme de leurs cornes, se rapprochent beau. coup des buffles du cap de Bonne-Espérance. L’élan d'Amérique, orignal ou moose-deer, répandu depuis les Montagnes-Rocheuses et le golfe de Californie jusqu’à celui de Saint-Laurent, a disparu dans tous les pays cultivés : sa taille est à peu près celle d’un cheval, et ses cornes, palmées, pèsent de 30 à 40 livres. Le cerf d’Ancrique est plus grand que celui d'Europe. On en voit de nombreux troupeaux paissant dans les savanes du Mississipi et du Missouri, où se plaît aussi l’espèce connue sous le no;n de daim de Virginie. Il y a encore deux espèces d’ours noirs (ursus americanus et ursus ferox) ; ce dernier se montre très-redoutable. Mais l'animal qu’on craint le plus dans les parties septentrionales, est le catamount ou chat des montagnes. Le lynx, l’once, le matgay sont moius redoutables et donneni des fourrures dont aucune pourtant n'égale celle du castor. L’ondatra imite cet animal singulier, en construisant sa hutte dans des ruisseaux peu profonds. On remarque encore le renard gris et celui de Virginie, le chat de New-York, le coase, l’urson, espèce de porc-épic, le manicou et six variétés d’écureuils, dont l’une est un écureuil volant qui se rapproche du polatouche.

La classe des oiseaux ne saurait nous arrêter, quoiqu'elle fournisse à l'observateur une foule de détails intéressants. L’ornithologie de l'A. mérique du Nord a été l'objet de travaux très-importants, auxquels nous devons renvoyer le naturaliste. Du reste il n’est personne aujourd'hui qui ne connaisse les magnifiques ouvrages de Wilson, d’Audubon et de Charles Louis Bonaparte , prince de Musignano, auquel la science est si redevable.

Nous ne pouvons énumérer tous les trésors minéraux que renferme le sol de l'immense territoire des Etats-Unis : nous nommerons seulement les principaux. En premier lieu. nous rangerons la houille et le fer. La houille et l’anthracite abondent dans les Etats de New-Jersey, Maryland, Massachusetts, New-York, Pensylvanie, Ohio, Kentucky, Tennessée, Indiana et Missouri. Le fer se présente sous diverses formes

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AMÉRIQUE, 389 dans presque toutes les provinces, mais surtout dans la Louisiane, l’Arkansas, les deux Carolines, la Pensylvanie, le New-Jersey, le New- Hampshire, le Connecticut, le Maine, le Massachusetts, et les États de New-York et Rhode-Island.

Parmi les autres métaux, qui s’exploitent aux États-Unis, nous citerons le plomb, le cuivre, le :nercure, le zinc, le manganèse, le bismuth, l’antimoine, l'argent et l’or. Avant la découverte des mines de la Californie, les Américains vantaient la richesse des gisements aurifères de la Caroline du Nord ; on n’en parle plus depuis la découverte des inépuisables trésors que possede la Californie.

On rencontre, aans plusieurs .'istricts de l’Union, des sources salées qui s’exploitent avec succès. En 1822, les diverses sources exploitées produisaient déjà 1,200,000 boisseaux de sel. Dans la Géorgie et dans le Kentucky, il existe de vastes cavernes qui fournissent une quantité considérable de nitrate de potasse. Enfin, le sol des États- Unis n’est pas dépourvu de pierres précieuses : le béryl, l’hyacinthe, le rubis, le chrysobéril, la tourmaline, le corindon, l’opale, le cristal de roche, la calcédoine, l’agate , le jaspe se trouvent dans divers points de cette vaste contrée.

SECT. 2e. — Description tonographique des Etats-Unis.

On connaît l’origine des États-Unis. Ce ne furent d’abord que des colonies formées par des émigrations successives, et qui restèrent soumises à la domination de l'Angleterre, la mère patrie. Mais lorsque ces colonies furent devenues puissantes et eurent conscience de leur force, elles se trouvèrent disposées à secouer le joug de la métropole. Celleci ayant élevé la prétention d’imposer ses colonies de l'Amérique du Nord, sans leur consentement, il s’éleva un conflit qui amena bientôt la fameuse déclaration d'indépendance du 4 juillet 1776. Après une guerre de sept ans, dont Washington fut le héros, et daas laquelle les insurgés furent soutenus par la France, l'Espagne et la Hollande, l’indépendance des États-Unis fut reconnue par la Grande-Bretagne en 1783. Les articles de la Confédération furent dressés en 1777, et la constitution actuelle, rédigée en 1787, reçut sa première application en 1789, après avoir été approuvée par les treize États primitifs de l’Union.

Ces treize États étaient le New-Hampshire, le Massachusetts, Rhode- Island, le Connecticut, New-York, New-Jersey, la Pensylvanie, le Dela. ware, le Maryland, la Virginie, la Caroline du Nord, la Caroline du Sud et la Géorgie. La Louisiane, colonie française embrassant le territoire situé à l'ouest du Mississipi, fut achetée à la France , en 1803, sous le consulat de Bonaparte, et admise dans l’union cn 1812. La Floride fut achetée à l'Espagne en 1819, et admise dans l’union en 1845. L’incorporation du Texas est de la même année. Le Nouveau-Mexique et la Cali. fornie furent acquis par un traité ratifié en 1848 par la république du Mexique. Les autres États ou sont des démembrements des anciens États, ou des territoires qui se sont joints volontäirement à l’Union, et ant été admis dans son sein à des époques différentes. Le Vermont a été détaché de l'État de New-York en 4790 ; le Maine s’est séparé du Massachusetts, et a été reconnu en 1820, comme État indépendant. En 4799, le Kentucky, dont la population s'était considérablement accrue, demanda à former un État , ct sa demande fut accueillie. Le congrès adopta alors une résolution , d’après laquelle tout territoire nouveau, dont la population aurait atteint le chiffre de 60,000 âmes, serait alors en droit de réclamer son admission dans la confédération. C’est en vertu de ce nrincipe que le Tennessée fut reconnu comme État indépendant et comme membre de l’Union, en 1796; l'Ohio, en 1803 ; l’Indiana, en 1816; l’Alabama, en 1817; l'Illinois en 1818, etc. Aujourd'hui le nombre des États est de 34, ycompris, la Californie; mais dans ce nombre ne sont pas com: pris les nouveaux territoires récemment organisés ou en train de l'être. Le tableau suivant indique le nom de ces États, leur superficie, leur population, et la capitale de chacun d’eux. On remarquera, au sujet de ces capitales, que ce titre est généralement attribué à des villes peu importantes. Il sémble que ce soit un principe généralement admis aux États, que le gouvernement doit résider de préférence dans une petite ville, sans doute afin d’éviter la pression, ct parfois même les violences auxquelles il pourrait être exposé s’il avait son siége dahs la cité la plus populeuse,

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paré du Massa 15 GEORGIE... . « « « 61,000 879,000 Milledgeville. ndant. En 4799, le 18 FLORIDE. « . , . « 57,759 88,000 Tallahassée. t accrue, demanda 17 ALABAMA. . , , 50,875 772,000 Montgomery. , 18 KENTUCKY. . , , 42,000 1,002,000 Francfort. ngrès adopta alors 19 TENNESSÉE, , « « « 43,300 1,024,000 Nashville. eau, dont la popu- 20 Ono. . . . . . 39,000 1,977,000 Columbus. t alors en droit de 21 INDIANA. « . , « « 36,250 989,000 Indianopolis. | 22 ILLINOIS. à: , + + 68,900 859,000 Springfield. n vertu de ce prin- M 23 Micmican. . . . 65,000 396,000 Lansing. pendant et comme 4 24 ARKANSAS. + + + 57,000 200,000 Little-Rock. | 25 Mussissipt. . , 45,375 623,000 Jackson.

in Le ] / . , Es e » 9 2 en ASIG FAR 26 Missouri. . « . « 63,000 685,000 Jefferson. nomère des Ltats M 97 Wisconsin. . + « à 54,000 395,000 Madison. e ne sont pas com: 28 Jowa. . . . e. e. e 30,000 192,000 Jowa. : , 29 LOUISIANE, + « + + 48,000 501,000 Bâton-Rouge. en train de l'être. 30 Texas. . « + . + 200,000 188,000 Austin. ! ur superficie, leur 31 CALIFORNIE. . + + » » 200,000 San-Francisco. ‘ rquera , au Sujet 4 M MIiNEsoTA. . . , 200,000 6,000 Saint-Paul, $ à des villes 3 ORÉGON. « + . « « 342,000 20,000 Orégon. lé à des villes peu Be Uribe dd à " 25,000 ; lement admis aux # Nouveau-MEXIQUE. . 200,080 62,000 Santa-Fé. |

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De nouveaux territoires et de nouveaux États viendront sans doute bientôt accroître le chiffre actuel, car le progrès de la population américaine est remarquable par sa rapidité, et en outre c’est surtout sur les États-Unis que l'Europe verse les flots d’émigrants auxquels l’ancien rè continent refuse des moyens d'existence. La population des États-Unis, ae à l’époque du premier recensement, en 1790, était de 3,929,827 âmes; : en 4800, de 5,305,925 ; en 1810, de 7,239,814; en 1820, de 9,638,131 ;

soa CHAPITRE QUATRIÈME.

en 1830, de 12,866,000 ; en 1840, de 17,068,666 ; enfin, d'après le der. nier recensement de 1850, elle s'élevait à près de 24 millions d’habi tants Les États de Massachusetts, de Connecticut, de New-Hampshire, de Vermont, du Maine et de Rhode-Island font partie du territoire qui portait jadis le nom de Nouvelle-Angleterre, et qui fut le siége des premières colonies anglaises, Ce territoire fut peuplé, vers le commencement du xvir siècle, par les puritains qui fuyaient devant la persécution que l’Église établie exerçait à l’égard des sectes indépendantes. Ces émigrants étaient imbus d'opinions parfois fort extravagantes en matière de religion, et de plus les diverse” sectes de dissenters se montraient entre elles de la plus extrême intolérance, malgré les plaintes que toutes avaient élevées contre l'intolérance de l’Église anglicane. Mais ious étaient des hommes plutot exalté; qu’impies, de mœurs austères, infatigables au travail, et de la conduite lu plus régulière : aussi, le développement de la richesse et de la population y fut-il très-rapide. Ce furent les habitants de ces provinces qui se mirent à la tête du mouvement qui aff'anchit l'Amérique du joug britannique. Aujourd’hui encore, cette partie des États-Unis continue d’être le foyer de l'esprit commercial et maritime, le siége de la civilisation la plus généralement répandue. Le sombre presbytérianisme y avait introduit une bigoterie intolérante ; mais il ne montre plus son influence que dans la pureté des mœurs et le respect pour le culte. La nature accorde aux habitants de la Nouvelle-Angleterre une coustitution très-saine et très-robuste. Le sexe y possède au plns haut degré ce teint de roses et cet air de candeur virginale qu’on vante chez les Anglo-Américaines. Élevées avec plus de soin que dans les États méridionaux, les femmes ont la conversation agréable et spirituelle ; elles n’en sont pas moins d’excellentes ménagères.

Le Massachusetts est la pl'is ancienne de ces colonies ; c’est celle où la civilisation est la plus avancée, et en même temps celle qui présente le plus complétement le caractère distinctif des pays de la Nouvelle-Angleterre. Le territoire de cet État ne forme presqu’une vaste plaine : le sol, sablonneux 1e long de la côte, se compose en grande partie d’une terre grasse, fertile. Son extrémité occidentale est traversée par la chaîne de l'Al'éghany. Il y a beaucoup de sapins, de houleaux, de chà-

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taigners, d’érables à sucre. Les arbres fruitiers de l'Europe septentriopale y prospèrent. Le froment redoute les vapeurs salées de l'Océan et ne vient bien que dans l’intérieur des terres, dans la vallée du Connecticut qui traverse tonte la Nouvelle-Angleterre du nord au sud. Le maïs, le seigle et l’avoine sont les grains qu’on cultuve le plus généralement. Les bestiaux y sont nombreux et de bonne race; aussi, exporte-t-on une grande quantité de viandes salées et de fromages. Le Massachusetts est un des États de l'Amérique où l’industrie a fait le plus de progrès. Les principales manufactures sont les distilleries, les raffineries de sucre, les brasseries, les fabriques de papier, les corderies, les filatures de coton et de laine, les tanneries, les fabriques de toile, de bougie, de quincaillerie, d’ébénisterie, etc. Enfin, pour le commerce maritime, la construction des navires et les pêcheries, on ne peut lui contester la prééminence. Le cap Codd doit son nom à l'immense quantité de morues qu’on y pêche.

Boston, la capitale du Massachusetts et dernièrement encore de l’'Upion entière, est située sur une péuinsule au fond de la baie qui en porte le nom, et qu’on appelle aussi baie de Massachusetts. La forme et les rues de cette ville sont irrégulières; mais les maisons belles, agréables et propres, lui donnent l’aspect d’une ville anglaise. Parmi les édifices publics, il en est plusieurs d’assez élégants ; on remarque surtout le nouveau palais d’État. Nous citerons encore un édifice particulier, curieux par ses dimensions : c’est uu hôtel destiné aux voyageurs, qui a sept étages de hauteur et renferme 2006 appartements. Avant les récents et extraordinaires progrès de New-York, Boston était le centre du :ommerce des États-Unis. Son port est sûr et assez spacieux pour contenir 500 vaisseaux à l’ancre. L'entrée a une lieue et demie ou deux lieues de largeur ; mais, remplie d’îlots, elle peut à peine admettre deux bâtiments de front. Les deux principales de ces Îles, Castel-Island et Governor's-Island, si elles étaient bien fortifiées, mettraient la ville en sûreté du côté de la mer. De larges et magnifiques ponts, dont l’un a environ 800 mètres de longueur, unissent Boston au continent. La population de cette ville dépasse 90,000 âmes. Ses habitants se distinguent par leur. piété, leur probité rigoureuse, l’austérité de leurs mœurs, leur hospitalité à l’égard des étrangers, leur respect pour toutes les vertus morales et sociales. Nulle part on n’observe plus strictement le jour du repos. Boston est le siége d’une multitude de sociétés savantes, litté-|

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raires, bienfaisantes ou pieuses. Elle a même reçu le nom d'Athènes de l'Union; c’est elle en eflet qui a donné naissance à Francklin, aux deux Adams, à Fisher Ames et à d’auires personnages éminents. Enfin, c’est à Boston que se publie le North American Review, le recueil philosophi. que et littéraire le plus estimé des Litats-Unis.

Le Massachusetts renferme encore plusieurs autres villes qui méri tent d’être citées. Salem, dont le nom indique le fanatisme puritain de ses fondateurs, est une jolie ville de 46,000 âmes, qui s’est enrichie par ses pêcheries, et par son commerce avec les Indes-Orientales. Plymouth, la plus ancienne des villes anglo-américaines, car sa fondation date de 1621, n’a que 6,000 habitants ; néanmoins elle fait un commerce considérable. Cambridge a une population de 9,000 âmes. Cette ville est célèbre dans tous les États-Unis par son université, appelée Harvard. College. Cette institution est richement dotée ; elle a de nombreux et excellents professeurs, et possède une belle bibliothèque de plus de 30,000 volumes. Nantucket, sur l'île de ce nom, a 10,000 habitants : elle prospère par ses pêcheries, et fournit un grand nombre de navires baleiniers. Charlestown a 41,000 âmes ; Springfield, 12,000 ; New-Bedford, 44,000 ; Taunton, 12,000 ; et Lowell, 24,000. Ces deux dernières se distinguent par leur industrie : ce ne sont, pour ainsi dire, que deux immenses manufactures de coton.

Le Connecticut est situé immédiatement au sud du Massachusetts, et s'étend le long de la baie de l'Atlantique appelée Détroit de Long-Island. C’est un État presque exclusivement agricole. Le fermier, libre et heureux par son travail, ses lumières et la pureté de ses mœurs, se distingue encore par son hospitalité. Les crimes y sont presque inconnus, Ilest vrai que l'éducation publique est largement organisée ; le fonds des écoles forme un capital de 6,250,000 francs. On trouverait difficilement, dans le Connecticut, an individu ne sachant pas lire et écrire, Le corps législatif siége alternativement à Hartford et à New-Haven. La première est une jolie petite ville de 8,000 âmes, située sur les bords du Connecticut. La seconde, qui a été fondée par des Hollandais, ainsi que l'indique son nom, est une ville régulière et bien bâtie, qui renferme 42,009 habitants. C'est par son port que se fait presque tout le commerce de PÉtat. Disons encore que New-Haven possède un collige estimé, appelé Fale-College.

M ANS Le re DIN AR ss ES

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