‹ Géographie universelle ou Description de toutes les parties du monde [microforme] (volume 5)Chapitre 1 sur 72 · DE LA · texte numérisé non relu

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CIIAPITRE DIX-HUITIÈME,

ALLEMAGNEe

Tableau politique et moral de l'Allemagne.

La Germanie ancienne, ou, comme on l’appelait, la Grande Germani’, était connue des Romains, mais n’avait pu être conquise par euxe Tandis que la Gaule, l'Espagne, qui ne sont pas moins éloignées de Rome que la Germañie, et la Grande-Bretagne, qui se trouve à une distance plus considérable encore, avaient été soumises et incorporées à l'Empire, les peuples germains avaient réussi à conserver leur indépendance tout entière. Suivant les auteurs latins, les Germains étaient lesvlus braves, les plus féroces el les plus sauvages de toutesles nations barbares. Le pays élait presque entièrement couvert d'immenses forêts, au nombre desquelles on distinguait surtout la forêt Hercynienne,qui s’étendait depuis le Rhin jusqu’à la Vistule. Tacite et César représentent la Germanie comme partagée entre une multitude de petites nations pauvres, courageuses et libres, dédaignant la culture du sol, méprisant les arts de la vie civilisée, aimant passionnément les combats, n’obéissant à leurs chefs que pendant la guerre, et ne reconnaissant, en temps de paix, d’autre autorité que celle de l’assemblée générale dela nation. César, Germanicus, Drusus, Trajan et d’autres grands capitaines, se

signatèrent par de nombreuses victoires remportées sur les Germains, Y. {

2 CHAPITRE DIX-HUITIÈME, et pénétrèrent même assez loin dans leur pays; toutefois les Romains ne parvinrent jamais à y fonder des établissements durables, et ils s’estimaient heureux quand ils pouvaient maintenir intactes les frontières du Rhin et du Danube.

Dans le courant du 1v° siècle, les nations germaniques franchirent ces barrières alors mal défendues, et ne tardèrent pas à renverser t’empire d'Occident, qui marchait rapidement à sa décadence. Les Saxons enva-

hirent la Grande-Bretagne; les Francs, les Hérules, les Bourguignons,

s'emparèrent de différentes parties du territoire de la Gaule; les Lombards s’établirent en Italie, les Vandales et les Goths pénétrèrent jusqu’en Espagne et en Afrique. Mais pendant que les peuples germuins établissaient leur domination sur les contrées plus favorisées du midi et de l’ouest de l’Europe, ils abandonnaient toute relation avec leur première patrie, de sorte que là Germanie restait dans la même situation qu'avant l’'émigration de ces essais de conquérants.

Ce fut seulement sous Charlemagne que la Germanie eut à subir pour la première fois le joug de la conquête : il est vrai qu’elle ne fut conquise que par des guerriers issus de son propre sein. La plus grande partie de la vie de cet homme prodigieux fut occupée à réprimer les rébellions continuelles des Saxons. Enfin, il parvint à placer sur sa tête la couronne impériale, et à réunir sous son sceptre la France, la Germanie et l'Italie. Entre les mains de ses successeurs, tous faibles et divisés, le grand empire carlovingien se démembra : le titre d'empire demeura attaché au territoire germanique, et, depuis lors, les empereurs ‘allemands se sont toujours Le comme les véritables successeurs de Charlemagne.

La division de l'empire en une multitude d’Etats féodaux se forma graduellement, à mesure que le pouvoir central s’affaiblissait ; les ducs margraves et autres nobles secouèrent à peu près complétemsnt le joug impérial, et ils réussirent à se rendre indépendants à tel point, que la dignité d’empereur devint élective d’héréditaire qu’elle était auparavant. Parmi les principaux princes spirituels et temporels, neuf s’attribuaient le titre d’électeurs et la prérogalive exclusive de conférer {a couronne impériale. Ces neuf princes étaient le roi de Bohème, les ducs de Bavière, de Saxe, de Brandebourg et de Hanovre, le palatio du Rhin, et les évêques de Mayence, de Trèves et de Cologne. L’eme

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EUROPE : ALLEMAGNE, 3 pire passa ainsi successivement dans les maisons de Saxe, de Franconie, de Bavière et d'Autriche.

L’élévation de la maison d'Autriche, au xiu' siècle, sous Rodolphe de Hapsbourg, forme une époque mémorable dans l’histoire de l’Allemagne, cette maison ayant toujours depuis (excepté pendant un trèscourt espace de temps) conservé la couronne impériale, quoique celleci fût restée élective. Néanmoins la puissance de la maison de Hapsbourg reposait beaucoup plus sur ses domaines propres et sur l’esprit belliqueux de ses sujets, que sur les dr'oits que possédaient ses mem bres à titre d'empereurs,

La réformation constitua une autre époque plus mémorable encore. Les idées de réforine religieuse é sient nées en Allemagne, et elles furent bientôt adoptées par une grande partie de la population des principaux États. Comme partoutailleurs, la réforme, d’abord purement religieuse, se révéla aussi sous un aspect politique, et diverses tentatives démocraliques agitérent le pays. Les empereurs mirent tout en œuvre pour écraser laréforme, soit religieuse, soit politique, et en même temps ils cherchèrent à établir leur suprématie sur l'Allemagne entière. La résistance énergique etopiniâtre de la ligue protestante, et les victoires multipliées de Gustave-Adolphe dans la guerre de trente ans, non-seulement firent triompher la Réforme, mais encore émancipèrent les petits États de l’autorité impériale et réduisirent cette diguité à n'être plus qu'un vain titre,

Vers lemilieu du xvirte siècle, l'aspect politique de l'Allemagne fut considérablement modifié par l’accroissement inattendu de la Prusse. L’Autriche, qui jusqu'alors avait été la seule puissance de premier ordre de PAllemagne, rencontra une puissance rivale, qui s’était en partie agrandie aux dépens de la maison de Hapsbourg. Depuis cette époque, l'influence de la Prusse n’a cessé de s’accroitre, et celle de l'Autriche a souvent perdu un terrain qu’elle semble regagner aujourd’hui.

La révolution française ébranla profondément l’ancienne constitution politique de l'Allemagne. Toute la partie occidentale de l'empire fut remaniée par Napoléon, qui la capstitua sur de nouvelles bases, avec Le titre de Confédération du Rhin, Mais une puissante réaction suivit les empiélements permanents de la France au delà du Rhin; la France fut réduite à ses anciennes limites, ct l’Allemagne, sauf quelques modifi-

cations assez importantes, reprit la situation qu’elle avait avant le commencement de la grande lutte révolutionnaire. En 1815, il se forma, entre tous les États allemands, une nouvelle confédération qui prit le nom de Confédération germanique.

Le systéme politique de l’Allemagne, quoique fort simplifié depuis lcs événemenis de 1815, offre encore des complications considérables résultant, soit du nombre et de ia diversité des États qui composent la Confédération, soit de la nature du lieu qui les unit. En conséquence, nous considérerons d'abord le corps germanique tel qu’il est représenté par la Diète, et ensuite nous passerons en revue la constitution politique, la puissance et les relations des États allemands en particulier.

L'oilice de la Diète est de maintenir la sécurité et l’inviolabilité des États qui font partie de {a Confédération, ainsi que de garantir la sûreté tant intérieure qu’extérieure de l'Allemagne. Elle a la prétention de régler toutes les relations extérieures des États allemands, et de juger toutes les contestations qui peuvent s'élever entre ces derniers, sans toutefois intervenir dans l’administration intérieure d’aucun d’eux.

La Diète se compose de plénipotentiaires nommés par les États confédérés. Elle siége à Francfort-sur-le-Mein, qui est ainsi la capitale de la Confédération germanique. Le nombre de votes attribués à chaque Etat varie d’après son étendue et sa puissance, quoiqu’on ait été loin, dans cette distribution, de suivre une proportion exacte et uniforme.

Dans le plenum, c’est-à-dire dans l’assemblée générale de tous les plénipotentiaires, on compte soixante-dix voix, qui sont réparties de la inunière suivante”

États ayant chacun quatre voix.

Autriche. Saxe. Hanovre.

Prusse Bavière. Wurtemberg.

États ayant chacun truis voix.

Bade. Hesse-Darmstadt. Luxembourg.

Hesss-Cassel, Hoilstein et Lauenbourg.

Etats qui ont chacun deux voix.

Brunswici. Mecklenbourg-Schwerin. Nassau

États n'ayant chacun qu'une voi.

Saxe-Weinar, Saxe-Meiningen. Mecklenhourg-Strelite, Same-Cobourg. Saxe-Hildburghausen. Anbhalt-Deslau.

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