KOLOMEA
Au lieu de nous traîner d'arrondissement en arrondissement pour décrire des villes souvent insignifiantes, plaçgons-nous tout de suite dans la capitale, Lemberg, en polonais Lwow, et Léopol en polonais latinisant,
entretennes, chose rare dans ce pays. Les édifices sont dans un style noble qui étonne le voyageur accoutumé à la vue des masures polo- } naises. L'hôtel de ville, l'hôpital, la bibliothèque publique ct le musée doivent être mentionnés. 11 y avait antrefois 72 églises, toutes plus belleset plus riches les unes que les autres. Sous Joseph IT, ie nombre en a été ré- [duit à une vingtaine, ce qnipeut suffire à une population de 53,000 ha-
}de Grecs et d'Arméniens. Toutes ces communions ont leur temple, et,
capitale autrefois de la Russie-Rouge, aujourd'hui de toute la Gallicie, à | est une grande °t belle ville située sur les bords du Peltew, affluent du D LA Boug. Elle a des rues assez larges, droites, bien pavées et proprement sl
TanNoPoL. . . « + TARNOPGL, 10,000; Mikulince, 2,000. "NA BRZEZANT . « + + BRZEZANI, 4,500; Bobrka, 2,600; Robatyn et Burstyn, 2,000. } STAY SE 0 + STry, 5,000; Haliez, 3,00, ,
KOLOMEA, 7,000; Sniatyn, 6,000; Kuty, 4,000, AE ER
Ebitants parmi lesquels il y a 44,000 Juifs, ainsi qu'un certain nombre AE
11 comme dans toute la Gallicie, beaucoup de liberté pour lear culte, Les LU LS ANS 8 églises les plus remarquables sont actuellement la cathédrale et l'église des A FN D Dominicains: cette dernière renferme un magnifique monument en mar. 1H RE bre élevé à la mémoire de la comtesse Borowska et dû au ciscau du 1: à ci OR célèbre Thorwaldsen, Lemherg posséde une université, un lycér, une MATE école d'arts et métic's,ct deux séminaires théologiques, Nous avons déjà
4 : nommé la bibliothèque et 2 musée. Cette ville a des fabriques de dive | verses espèces, surtout pour les toiles et les draps. Elle fait aussi un commerce (tendu et avantageux avec la Russie, la Turquie, et les autres pays voisins.
Les faubourgs de Lemberg sont très-crands et très-jolis ; dans celui qui porte le nom de Krakovie, on remarque le magnifique palais de l'archevêque arménien. Enfin les environs offrent une foule de vucs LAS Et riantes.
L'esprit des habitants de Lemberg a pu faire dire à un voyageur D'OR aussi peu orthodoxe que sévère : « Vous voyez vivre dans la meilleure nu M à : harmonie, l’archevêque et le surintendant, l’évêque grec et le Latin, % RE LUS ï le pontife arménien et le grand rabbin. La plus grande tolérance : “ 4 Li règne, et même beaucoup de relâchement dans la discipline; car plu SU: QE sieurs prêtres catholiques abandonnent le c“libat pour Pa saints nœud: A RLEEER je du mariage, ailleurs incompatibles avec les ordres sacrés, et personne Me Fo ne leur reproche leur femme, leur ménage et leurs nombreux enfants, 4 n , L'ombre de Joseph I semble protéger encore ce pays; c’est la même ht re ; liberté publique, la même tolérance religieuse. »
AA DT Maintenant nous partagerons le r.ste de la Gallicie avec ses villes « villages, en deux divisions fondées sur l'ethnographie et l'histoire. Li
er PS e première est la partie qui appartient à la Petite-Pologne, et qui est habitée Lo par des Polonais. Dans les pays en plaine, voisins de la Vistule, nous re. ATOER R marquerons lzeszow et Tarnow, villes de 5,000 habitants chacune, avec LT RER RÉ quelques manufactures surtout de linge de table. Toutes deux ont un FAUT | ‘ tx h gymnase, Tarnow, en outre, est remarquable par son église collégiale. Pot A GUN gorze est située vis-à-vis Krakovie à laquelle elle est unie par un pont: c’est une ville nouvelle dont le commerce est favorisé par des priviléges wat! spéciaux. Andrichow ct Kenty prospèrent par leurs fabriques de toiles, NANTES ti 1e Biala par ses manufactures de draps, Bochnia et Wieliczka par leurs etl pe + + ur Ya bres mines de sel, Pius haut dans les Karpathes, les petites villes de Xe
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EUROPE : POLOGNE, 1 Sandee, do Erésuc, de Goriiiz se distinguent aussi par leur industrie, Kro- «no est l'étape principale des vins de Hongrie, et Gorlitz a mérité par sonactivité manufacturière et commerçante le surnom de petit Dantzick.
Un mot maintenant sur les fameuses salines que nous venons de citer. Selon les historiens polonais, celles de Bochnia furent découvertes en 13514. [s attribuent cette découverte à sainte Cunégonde, princesse hongroise, épouse du duc Boleslas V, mais avec des circonstances fabuleuses, d’où cependant on pourrait conclure qu’elle a amené des mineurs hongrois. Les exploitations régulières et bien connues ne remontent qu'à 1442 ; mais aujourd'hui les salines de Bochnia sont moins considérables que celles de Wicliczka. Le produit de l’une et de l'autre, sous le gouvernement polonais, s'élevait à 6 millions de francs, dont les frais absorbaient les neuf dixièmes. D’après les améliorations faites sous le gouvernement autrichien, on assure que ces salines rapportent net 5 millions de francs. La mine de Bochnia, selon Schober, consiste en un long corridor souterrain qui a 750 pieds de largeur du nord au sud, et dont la longueur de Pest à l’ouest est de 10,009 pieds ; la plus grande profondeur est de 1,000 à 4,200 pieds. La mine commence d'abord par les cristaux, et le sel s’y trouve tout par filon ; il est un peu plus fin que celui de Wieliczka, surtout quand on creuse en profondeur. On le taille en petits morceaux pour être mis dans des tonneaux. Du reste, sur toute l'étendue du roe, il y a si peu d'humidité, que l'on n’y trouve que de la poussière. Il y a de l’albâtre dans cette mine.
Les salines de Wieliczka se divisent en trois parties : le Saint-Jean, le Champ-Vieux et le Champ-Neuf. La ville est non-seulement toute minée, mais les mines s'étendent encore de chaque côté, savoir : de l'est à l’ouest, de 6,000 pieds; du sud au nord, de 2,000; et dans le plus creux du vallon, de 800 de profondeur. Il y a dix puits, mais celui qu'on nomme Wodna Gora ne sert qu'à faire sortir les eaux qui s’infiltrent des terrains supéricurs, car dans toute l'étendue de la mine on n’a pas trouvé une seule source d'eau. Dans le puits Leszno, le roi Auguste II à fait construire un escalier tournant de quatre cent soixante-dix marches et qui a coûté 24,000 francs. C'est par le puits Dantélowitz que lr* voyageurs sont descendus au moyen de cordes. Arrivé dans la première mine, on admire la grandeur et la propreté des allées et des
voûtes. Dans piusieurs de celles-ci on trouve des chapelles et des au tels taillés dans le roc, c'est-à-dire dans le sel, et ornés d’un crucifix ou de quelque image de saint, devant lequel brûle continuellement une lampe La chapelle de Saint-Antoine a 30 pieds de haut. Il y a des cham bres aussi vastes qu’une grande église ; quelques-unes servent de maga sins pour les tonneaux pleins de sel, d’autres pour le fourrage des chevau ; dans d’autres, on loge ces animaux, qu’on y tient au nombre de 20 à 30, selon la quantité des transports à faire. Dans quelques endroits où il ya eu de l’eau, le pavé et les parois sont couverts de cristaux de scl entfassés les uns sur les autres par milliers, dont plusieurs pèsent une demi-livre et plus, et qui forment un coup d'œil assez brillant quand on en approche plusieurs flambeaux, mais moins éblouissant que ne l'avaient dit quelques anciens voyageurs enthousiastes. Dans la chapelle de Sainte-Cunégonde, on voit la statue du roi Auguste Ill taillée en sel.
La partie de la Gallicie ou de la ci-devant haute Pologne que nous venons de parcourir, est habitée par deux variétés de Polonais : les Mazurakes, dans la plaine, ont peu de traits distinctifs, mais les Gorales ou montagnards meritent de nous arrèter.
Les Gorales se distinguent des autres races slaves par une taille plus svelte, une physionomie plus marquée, un nez plus allongé, des lèvres plus fines; ils s’en rapprochent toutefois par la petitesse des yeux etla saillie prononcée des pommettes. Plus vifs, plus agiles, plus robustes, plus dociles et plus rusés que les Slaves de la plaine, ils portent à ceuxci une ancienne haine. Autrefois les habitants de la plaine, plus riches et plus puissants que les montagnards, ne faissaient passer aucune occasion de les opprimer ou de les tracasser; les montagnards irrités ont k plus d’une fois envahi la plaine et attenté aux propriétés de leurs oppres seurs, qui enfin n’osaient plus pénétrer dans les montagnes, certains qu’ils étaient de ne plus en revenir. Mais depuis que l'Autriche est en
possession de ces pays, ces désordres ont cessé : quelques exemples de jusiice sévère ont suffi. Les Gorales se promènent bien encore dans leurs montagnes, la hache à la main, malgré les défenses; mais ce n’est plus que pour praver par leur contenance une loi qu’ils n’osent enfreindre par des actions, et tout voyageur peut maintenant traverser le pays ou y séjourner en sûreté, D'ailleurs, la hache ne pouvait guère être interdite
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EUROPE : POLOGNE,: 217 tout à fait aux Gorales ; c’est une arme nationale, dont ils se servent avec hplus grande dextérité : ils la lancent à plus de quarante pas, sans jumais manquer le but. Elle leur sert aussi d'ornement, ctils ne la quittent jamais, pas même dans leurs jeux et dans leurs danses.
Les Gorales reviennent des plaines, au commencement de la mauvaise saison, apportant à peine de quoi pourvoir à leur subsistance. Le plus souvent, après avoir passé l’été, au milieu des déserts, à soigner les bêtes à laine, ils sont obligés, peu de temps après, de s'éloigner de leurs cabanes pour aller ailleurs chercher leur vie. Cependant quelques-uns d'entre eux possédent des moyens de subsistance plus certains. Ce sont ceux qui, livrés aux métiers de tisserands, de colporteurs et de merciers, s répandent çà et là dans toute la monarchie autrichienne. Mais le chanvre et le lin que l’on cultive dans ces montagnes sont si gros, si durs et d’une si petite hauteur, qu’ils ne méritent pas d’être travaillés, quoique l’indigence des habitants les force à s’en occuper. Ils y joignent encore une industrie particulière : ils fabriquent des meubles grossiers, qui ne seraient recherchés nulle part ailleurs qu’en Pologne. La stérilité du sol se refuse à produire du froment; l’orge et l'avoine y croissent, ainsi que le sarrasin, dont cependant la culture n’est pas bien connue
| dans ces montagnes.
L'avoine est ainsi à peu près la seule frumentacée qui leur donne du pain ; ils la broient eux-mêmes dans un moulin à la main ; et de la farine grossière qu’ils en retirent avec la petite paille, ils se font une pâte sans
levain et sans sel; ils lui donnent la forme d’un gâteau rond, d’un pied
de diamètre et haut d’un demi-pouce, qu’ils font cuire sous la cendre, et )
dont ils se servent au licu de pain. Cette espèce de gâteau d’avoine, qu’ils | >}
appellent platski, des pommes de terre et des chenx, du petit-lait, du beurre et du fromage, voilà toute la nourriture de ce peuplefrugal. Une santé inaltérable, une longévité rare, sont toujours la récompense d’une
| viesimple et d’une frugalité sévère.Ce pays compte beaucoupde vieillards: L on cita au voyageur Schultes plusieurs centenaires, et entre autres un
homme de 412 ans, labourant ses champs ausai bien qu’un jeune homme
| de vingt ans. «A 141 ans, il devint père de nouveau, et personne ne revo- | quaiten doute la fidélité de son épouse, qui est sa troisième femme. Nous
n’eùmes pas de peine à croire ce qu’on ajouta: c’est que ce patriarche ne
buvait que très-peu de liqueurs fortes. »
ve 28
L’habillement de ces montagnards est aussi simple que leur nourri. ture; aussi sont-ils leurs propres tailleurs, leurs tisserands et leurs cor. donniers. Ils fabriquent le cuir de leurs chaussures, qu'ils fixent avec des courroies, à la manière des anciens. L'été, ils portent des caleçons d’une forte toile de chanvre avec une chemise pareille, en dehors de ka culotte, serrée seulement au milieu du corps avec une large courroie, En hiver, c’est un drap blanc très-grossier qui forme leurs caleçons; ils y joignent pour habit une casaque très-courte, d’un drap brun, aui
grossier que l’autre. Ils fabriquent eux-mêmes ces draps, et se servent,
pour is fouler, de leurs moulins à scie. Ce drap est si compacte, quel pluie la plus forte ne saurait le pénétrer. Ils se passeraient ainsi de l'univers entier, s'ils n'étaient pas obligés de recourir au bourg voisin pour leur coiffure; ils achètent à Makou leurs chapeaux, qui sont de forme ronde.
Nous reprenons notre tournée topographique pour parcourir la nartic orientale de la Gallicie, habitée par un peuple du sang russe. Les deux premières villes qui réclament notre attention sont Przmyst et Jarosw, situées sur le San. La première n’off-e de remarquable que son po! couvert sur la rivière que nous venons de nommer. Elle a aussi quel ques fabriques. La seconde renferme une belle église dédiée à Pannse Maria, c’est-à-dire à la sainte Vierge. La fabrication des draps et de là cire constitue sa principale industrie. Dans les arrondissements septentrionaux, tous les bras sont occupés à l'agriculture : cependant Belz a des fabriques de potasse. Sur la frontière nord-est, la ville privilégiée de Brody, peuplée de près de 25,000 habitants, dont les trois quarts sont Juifs, est florissante par le grand commerce qu'elle fait avec la Turquie, la Pologne et la Russie. Quoique les riches israélites entretiennent une école savante et une école de commerce, ils n'embellissent pas leurs maisons, et la ville est fort mal bâtie. Tarnopol sur le Séred, est importante par soninstitut philosophique, ses tanneries et son commerce.Dansk partie méridionale, nous distinguons sur le Dnicster, une ville passablement bâtie, Sambor, qui possède un gymnase et des mannfactures d& toiles. Un peu au sud, Drohobicz doit sa prospérité à ses salines, à ses foires et à son commerce. Haliez, l'ancienne capitale de la Gallicie, es! située sur Ja rive droite du Dnicster. Ses 2,000 habitants, presque tous Juifs, appartiennent à la secte des Karaïtes. Leur séjour dans crite ville
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EUROPE : POLOSNE, C9 remonte au del du x siècle, ear les Byzantins observent déjà que «les Chalisii, alliés de l’empereur Manuel, suivaient la loi de Moïse. » Slanislawow, située à quelque distance , est une des principales places fortes de Ia Gallicic. Dans la contrée entre le Pruth et les montagnes sommées Pokutil, on trouve, surle Pruth, Kolomea et Snyatin, toutes deux importantes par leurs tanneries et leurs foires. Kutty ou Kuttow, située au sud de la rivière, renferme une colonie d’Arméniens qui fabriquent du maroquin.
Les habitants de toutes ces provinces centrales et orientales de la Gallicie, quoique ayant aujourd’hui en partie, et surtout dans les plaines, ‘opté un langage mélangé du russe et du polonais, descendent de la race à laquelle les Polonais donnent le nom de Russinie ou Rousniaques, vour les distinguer des Rosziénie où Moscowali, qui sont les Grands- Russes. Nous avons déjà parlé de ceux qui habitent la Hongrie. Un voyageur dit, au sujet de ceux de la Gallicie : « Un air particulier dans la rhysionomie des habitants vous avertit que vous êtes au milieu d’une horde slave différente; ce sont les Rousniaques, gens moins civilisés encore, mais en revanche moins dépravés que les Galliciens : leur fru- “lité est encore plus grande que ia leur; ils paraissent aussi plus donnés au travail, quoique plus ignorants en agriculture.Je n'aijamais E vu, par exemple, des femmes gallicieunes filer leur quenouille en garint leurs troupeaux, comme on le voit chez les femmes rousniaques.
b Ils sont de la religion grecque ; leurs curés sont mariés, et comme ils
sont plus mal payés que les autres ecclésiastiques, et qu'ils ont de plus hcharge d'une famille, ils sont dans l'honorable nécessité ae travailler; Lils prêchent donc d'exemple, et ce n'est point en vain. Leurs églises se | distinguent de celles des villages catholiques, en ce qu’elles ont trois clochers de grandeur différente : ces bonnes gens entendent par là figurer ls trois personnes de la Trinité; ils ne croient pas apparemment | que ces personnes soient égales, Le principal clocher est en l'honneur de Dieu le père ; Dieu le fils est représenté par le second clocher, et le } troisieme rappelle le Saint-Esprit. » Les habitants de la Pokutie ont conservé plus que les autres Rousniaques leurs mœurs particulières ; mais 165 Houcoules où Hougoules, pâtres qui demeurent dans les Karpa-
thes, gardent même quelques traces de la vie sauvage. Les paysaus de la Gallicie croupissent dans une ignorance et une pa
resse sans nareilles ; la servitude leur Ôôte pour ainsi dire l'intelligence et le courage. Les propriétaires des biens-fonds sont ou des grands sei. gneurs qui possèdent des terrains plus vastes que plusieurs priucipan. tés de Allemagne, ou de petits nobles, ou bien quelques paysans libres, Les premiers, pour la plupart du temps, font administrer leurs terre: par des officiers chassés de l'Allemagne et de la Bohème. Ces régisseurs les volent au point de se mettre, en peu d'années, dans le cas de quitter le service de leurs maîtres, et d’acheter leurs terres, Il n’est pas rare de voir ces parvenus coupables affecter bientôt le ton et le rang des petits seigneurs. Quelques princes et grands propriétaires, pour éviter ces friponneries, cèdent leurs terres à des fermiers, qui épuisent le sol en lui demandant, dans l’espace de deux étés, ce qu'il n'aurait dû domner qu’en celui de dix ans. Les seigneurs de la seconde classe, fixés dans
leurs terres, ne manquent point de zèle; mais ils manquent de lumière; |
sur l’économie rurale. La petitc noblesse, quoique respectable par ses sentiments et ses mœurs patriarcales, ne se distingue des paysans que par les droits de propriété qu’elle a sur leur personne : il y a done pen à espérer de cette caste; car « l’homme doit avoir l'esprit cultivé, si lon » veut qu'il cultive bien son champ. » Le clergé, qui devrait être plus instruit que la noblesse, n'offre pas, à cet égard, beaucoup de ressources, Les curés s'élèvent peu au-dessus des paysans libres, Le domaine public donne de justes espérances d'une bonne culture; mais longtemps le choix des régissrurs n’a pas été heureux : c’est une amélioration qu'il faut attendre du temps et de l'expérience; malheureusement les mi nistres autrichiens craignent tout ce qui n'est pas allemand, Un développement plus libre des institutions nationales pourrait seul achever la civilisation de ce pays.
Déja l’industrie a fait des progrès considérables, La fabrication des toiles s'est répandue sur les frontières de la Silésie et dans les montagnes. Ce n'était au commencement que de la grosse toile; mais elle était, au reste, d’une bonne qualité. On apprend maintenant peu à peu à li donner la finesse et la beauté du coup d'œil. Une autre branche importante est la fabrication des couvertures de laine, Les teintureries de coton de Nawsie égalent celles du Levant. Parmi les verreries, celle de Lubaczow est considérable, Dans les environs de Wicliczka, on fai, dans une cinquantaine de forges, de bons ouvrages en fer, et cette in-
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EUROPE : POLOGNE. 221 dustrie est répandue dans toute la partie montagneuse. Les tanneries, ls blanchisseries de cire, les fabriques d’eau-de-vie, de salpêtre, de potasse et autres, sont déjà dans un état qui promet beaucoup. Une
D grande route commerciale contribue à animer les exportations ; c’est
une création de Joseph II. Les nobles de Gallicie ont la borne habitude de consommer leur argent dans le pays; bien peu d’entre eux vont sruiner à la cour ou à l'étranger.
SECT. 6e. — Bukowine.
Nous devons placer ici la Bukowine, qui est unie sous le rapport administratif à la Gallicie, sous le nom de cercle de Czernowitz, mais qui a [ses états provinciaux à part, et une population bien différemment composée. Des forêts de hêtres, mêlés de pins et de sapins, couvrent
Ds flancs des Karpathes, et dans les vallées de le Molduva, du Sereth ct
du Pruth, les blés, les pâturages, les fruits abondent; on y voit la vigne en treilles. De nombreuses sources salines, du plomb argentifère à irlibaba, du cuivre à Poschoryta, du fer à lakobeny, forment les ri hesses minérales du pays. Suczawa, jadis résidence des despotes de Bholdavie, comptait au xv° siècle 46,000 maisons; elle n’en renferme aujourd'hui que 4,000, avec 6,000 habitants. Sereth, sur la rivière de nème nom, n’en a que 3,500. Czernowitz, avec 8,000 âmes, est la ville a plus considérable de la Bukowine dont elle est Le chef-lieu. Elle est Bituée non loin des bords du Pruth et se distingue par son industrie et jar son commerce. On y remarque plusieurs établissements d’instrucion publique.
La population de la Bukowine, qu’on évalue à plus de 250,000 habints, répandus sur une surface d’environ 260 lieues carrées, se comjose principalement de Holdoveny, semblables en tout aux autres Valalues, de religion grecque, ct soumis à la domination de leurs boyards, Ni forment aujourd’hui l'orc'e des seigneurs, comme les masiles brment celui des chevaliers. Des colonies allemandes, arméniennes, es et même magyares, se sont établies dans ce beau pays; mais les Milppons où Lippowany, au nombre d’environ 10,000, sont la seule Bnarquoble. Ce sont des Russes de l’ancien rite, mais ayant des céré- Buuics et des doctrines particulières, en partie peu connues. Émigrés
de la Crimée, où les Tartares et les Russes les vexaient tour à tour, i, vinrent ici demander un asile à Joseph IL, et se montrent dignes de: liberté qui leur est accordée, par leur conduite tranquille et leur, mœurs frugales,
La Bukowine esi le berceau de la nation moldave. En 1496, wx armée polonaise de 80,000 hommes ayant assiégé Suczawa, fut entie. rement défaite par l’hospodar Étienne le Grand. Plus de 20,000 nobles polonais furent faits prisonniers. Le vainqueur les fit atteler à la char. rue et les obligea de semer des graines de hêtre sur Le champ de b.. taille. Le hêtre est appelé bois de sang par les Valaques, qui supposi: que la croix sur laquelle mourut le Chrisc en était faite. Les Tur aussi s'en servent pour empaler leurs victimes. De là le nom de fur à sang, qui équivaut à celui de Bukowine.
Lorsque les Autrichiens eurent envahi la Gallicie, JosephIt se fi faire par un officier supérieur un rapport d'où il résulte « que la pos session de la Bukowine est nécessaire pour flanquer convenablemux les provinces autrichiennes qui font face à la Pologne et à la Moscovi; qu’elle fournit une ligne de communication militaire entre F1 Gallici et la Trausylvanie; enfin que, dans le cas d’une guerre avec le Turc ou le Moscovite, clle assure aux Autrichiens le terrain dominant les postions ennemies. » Ces raisonnements spécieux, mais parfaiternent iv justes, décidèrent le maintien de loccupation déjà exécutée, et h Turquie, espérant l’appui de l'Autriche contre la Russie, y donne cousentement secret. Néanmoins l’hospodar Ghika o5sa protester si lennellement cuntre ce démembrement de ft Moldavie. Mais le Jak main, sa tête, mise devant ses pieds, vint révéler la politique de la Pot
ttaumr guonane,
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Nous avc qui font pa Caucase qu partenir. N de Pologne l'es! érance nitionalité.
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JosephIt se Î te « que la por convenablemen t à Ja Moscovi; entre 11 Galice
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