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EUROPE : SUËDE ET NORWÈGE, 361 sud-est de Drontheim, et se décharge dans le Skagger-rack : il a 190 kieues de longueur.
Les lacs forment un des caractères les plus remarquables de la péninsule scandinave. Les principaux appartiennent à la Suède. Le plus vaste de tous est le Wener ; depuis que le canal de Trülhatta l’a mis en communication directe par le Gotha avec le port. de Gothembourg, il est devenu d’une extrême importance pour ia navigation et je commerce de la Suède. Le Vetter, quoique aussi long, n’offre pas une superficie à beaucoup près aussi considérable. Le Maler ou Mœlar est un lac étroit et sinueux qui communique avec la mer à Stockholm, et qui s'enfonce dans les terres à une distance de 24 lieues. La Norwége n’a qu’un lac remarquable, c’est le lac Miôssn, dans le Sondenfield. Il est très-étroit, mais long d’environ 95 lieues.
La Suède et la Norwége, mais surtout la première, sont célèbres par leurs richesses minérales. La mine d’Adelfors, en Suède, a donné jadis 30 à 40 marcs d’or par an, et n’en rend plus que 3 ou 4. La mine d'argent de Kongsberg, en Norwége, ne tardera pas à être abandonnée comme improductive : on ya trouvé une masse métallique du poids de 583 livres; on la conserve au musée de Copenhague. Les mines de cuivre sont autrement précieuses : celles de Norwége sont situées dans la partie nord du royaume ; les plus considérables se trouvent aux environs de Roeraas ; elles donnent dix milliers de quintaux par année. En Suède, les principales mines de cuivre sont celles de 'ahlun, dans la Dalécarlie, et celle d’Atwidaberg, dans l’Ostrogothie. Le fer de Suède jouit dans tout l'univers. d’une célébrité méritée. En 1819, il y avait 176 mines de fer en exploitation ; 624 fonderics, et 764 forges, produisant en tout 4,293,411 quintaux de fer. En 1824, l'exportation a été de 63,410,00û kilog., dont58,650,000 en barres. La Norwége a aussi d’exrellentes mines de ce métal. Leur produit annuel est évalué à 15,000,000 kilogrammes. Il existe encore dans ces deux pays des mines de cobalt, de plomb, d’alun, etc., ainsi que de riches carrières de granit, de marbre et de porphyre.
Le climat de la Norwége n’est pas, dans toutes ses parties, également rude et froid. C’est vers l’est et dans l’intérieur que le froid est le plus rigoureux et le plus long; en revanche, l’air y est toujours serein et
les saisons très-constantes. Les gelées de l'hiver facilitent les transil, 46
362 CHAPITRE QUATRIÈME. À ports et ouvrent aux habitants une source de plaisirs peu connue dans 1 sance les climats plus doux. Le printemps, en amenant des débâcles subites, 1 exten ne se fait presque connaître que par ses ravages. Mais les longs jours 1 et les
de l’éte qui sont, à Bcrgen, de 49 heures, et vers Drontheim, de 3se- D réflex maines, font mûrir les blés et les fruits avec une rapidité étonnante, 1 rent Quelquefois même la chaleur devient excessive et nuisible, surtout D. Le
lorsqu'elle est suivie de nuits froides. Les jours de l'hiver ne sont pas c’est-i si courts et si obscurs qu'on le pourrait eroire; le reflet des monta- fertili gnes, l'éclat de la neige et plus encore les brillantes aurores boréalcs 4 d’obs donnent, m’’:e lorsque le soleil ne se lève pas sur l'horizon, une 51 bles d Jumière assez forte pour qu'on puisse faire le gros travail. Les orages 4 gothi sont rares, et le climat est extrêmement selubre. 41 sufir Quand on se tourne vers les côtes maritimes, surtout celles d’ouest, À ram la scène change absolument. Les brouillards, les pluies, les tempêtes 4 avect y sont fréquents : c’est le climat dont nous voyons une peinture dans les M et for! chants d’Ossian. Cependant les golfes nombreux dont cette côte est en- 4 pas d trecoupée ne gèlent jamais, tandis que les ports de Stockholm et de Æ à peu Carlscrona sont fermés par les glaces durant plusieurs mois del'année. A Le Le froid n’est véritablement très-rigoureux sur les côtes occidentales À cheva que lorsque soufflent les vents d’est ou du nord. sert lé Le triste pin, le sapin et les autres arbres de cette classe couvrent les 4% nusp montagnes de la Norwége. Cependant le chêne, l’aune et le ulleul vien- Le bé nent encore au sud des monta: ; on rencontre partout le bouleau À No dont on tire, par incision, uns grelet et mousseux, ressemblant au nent { vin. Parmi les bois que produit le pays, on remarque l'ébène et une mais cspèce de igustrum d’ne très-belle couleur jaunâtre et d’une dureté Æ éd
extréine, On trouve en Norwége un grand nombre d’arbustes dont les productions sontnitiles. Le framboisier, le groseiller, le rubus-chamæmorus, diverses espèces de vaccinium et une infinité d’autres arbustes à baics pas t viennent dans une aondance prodigieuse. Les pommes, les poires, les contr pruues et les cerises viennent très-bien en plusieurs endroits, surtout Pa dans le diocèse de Bergen. Le houblon, le lin etle chanvre sont eultivés sur une assez grande échelle. Le lichen islandicus et autres espèces
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EUROPE : SUÉDE ET NORWÈGE. 363 sance des céréales. C’est surtout l'inégalité du sol qui s’oppose à leur extension. Les terrains bas sont à chaque instant exposés à être noyés, et les terrains élevés sont brûlés par la chaleur du soleil doublée par la réflexion des rochers. Lavoine et l’orge sont les espèces qui prospèrent le mieux.
Le sol de la Suède est en général semblable à celui de la Norwége, c’est-à-dire très-mauvais, quoiqu’on y trouve quelques vallées d’une fertilité surprenante. Cependant l’agriculture y éprouve un peu moins d'obstacles que dans la Norwége, et elle a fait des progrès considérables dans quelques provinces, surtout dans la Westrogothie et l’Ostrogothie. 11 paraît qu'aujourd'hui la Suède récolte assez de céréales pour suffire à la consommation des deux royaumes. Cependant, lorsque l’année est mauvaise, les paysans ont encore recours à leur farine faite avec de l’écorce de bouleau réduite en poudre, aliment à la fois malsain et fort peu substantiel. La végétation de la Suède d’ailleurs ne présente pas de différences essentielles avec celle de la Norwége ; on y trouve à peu près les mêmes cultures et les mêmes productions.
Le règne animal nous fournit peu d'observations intéressantes. Les chevaux de Norwége sont petits et vifs, et ont le pied très-sûr ; on s’en sert le plus souvent à porter les fardeaux. Ceux de Suède sont reconnus pour être d’un meilleur service à la guerre que ceux d'Allemagne. Le bétail à cornes devient extrêmement gras dans les îles qui bordent la Norwége. On l’y laisse errer en liberté, et souvent les bœufs deviennent tellement sauvages qu’on est obligé de les tucr à coups de fusil ; mais il y a, dans les deux royaumes, des pâturages excellents dans les vallées les plus hautes. On y envoie des bergers ou plus souvent des bergères qui y restent tout l'été avec leurs troupeaux. On y élève également un grand nombre de chèvres et de moutons. Les porcs n’y sont pas très-communs. Le renne constitue la richesse des habitants des contrées les plus septentrionales de la péninsule scandinave.
Parmi les animaux sauvages, nous nommerons le loup, deux espèces d’ours, le lynx, le glouton sur lequel on a débité tant de fables, l'élan qui devient de jour en jour plus rare, et plusieurs autres qu'on chasse pour s'emparer de leurs fourrures, tels que les renards blancs, rouges et noirs, les écureuils et les hermines, La Scandinavie possède aussi quelques oiseaux qui lui sont propres. Le sirix laponica, espèce de
hibou gigantesque, habite les horribles solitudes de la Lapome. C'est privcipalement des côtes occidentales de la Norwége que nous vient l’édredon, ce duvet si recherché que fournit le canard eider. Il n’est pas de danger auquel ne s’expose l’intrépide Norwégien afin de se hisser aux sommets des rochers escarpés et baignés par la mer, sur lesquels l’eider construit son nid. Une seule livre de duvet vaut une soixantaine de francs. Pour conserver une espèce aussi précieuse, la loi condamne à une forte amende quiconque tue un de ces animaux.
La prodigieuse quantité de poissons qui habitent ou viennent à certaines époques sur les côtes de la Scandinavie, est une source de riches. ses pour les habitants. Ils abondent principalement dans les mers de la Norwége, qui sont toujours ouvertes. Les espèces les plus communes sont les cabillauds, les morues, les turbots, les pliesetles harengs. Des es. saims innombrables de cette dernière espèce sortent de dessousles glaces du pôle arctique. A la latitude de l'Islande, ils forment trois corps, dont un fournit les îles et les côtes occidentales de l'Écosse; un autre se dirige vers la partie orientale de la Grande-Bretagne jusqu’à la Manche; le troisième entre dans la Baltique, à travers le Sund. Cest en grande partie de ces poissons que la dernière classe du peuple se nourrit. La pêche de la moruese fait principalement au voisinage des îles Lofloden. La saison dure 7 à 8 semaines. On coupe le poisson par morceaux et on le fait sécher sur les rochers. On en prend 700 à 800,000 par an, représentant une valeur d’au moins 3 millions : on les expédie ensuite pour l'Allemagne, la France, et surtout pour les pays catholiques du midi de l’Europe. On estime que la Norwége seuleexporte pour 6 millions de francs de poissons de toute espèce.
Les anciens ne savaient presque rien de la grande péninsule scandinave; mais dès le commencement du 1x° siècle, ses habitants se firent connaître au reste de l’Europe par des expéditions formidables. Harold, surnommé Harfager, c’est-à-dire aux beaux cheveux, ayant réuni sous son sceptre les districts auparavant indépendants de la Norwége, entrepritavecsuccès plusieurs expéditions contre lesîles Shetland, les Orcades etles Hébrides. Pendant plusiears siècles, les Danois et les Norwégiens conservérent la possession de ces îles ; ils donnèrent même un roi à l'Angleterre et s’établirent en Normandie. La défaite de Haco en Écosse et celle de Harold HFen Angleterre, au xr*siccic. mirent fin à lasuprématie
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EUROPE : SUEDE ET NORWEGE, 365 maritime des Scandinaves, et les peuples du nord tombèrent à tout jamais à un rang plus que secondaire parmi les puissances maritimes.
L'union des trois royaumes, en 1388, sous Marguerite de Waldemar, forme une époque mémorabie dans l’histoire scandinave. Mais aussitôt après la mort de cette princesse, les Suédois tentèrent de reconquérir leur indépendance. Leurs efforts répétés échouèrent cependant jusqu’au règne de Christiern IT. Les cruautés et la tyrannie de ce prince ayant’. poussé la nation au désespoir, Gustave Wasa, réfugié dns les forêts de la Dalécarlie, arbora de nouveau, en 1520, l’élendard de l'indépendance pationale. Trois ans après, il entraen triomphe à Stockholm:enfin, après une longue lutte, le Danemarck fut forcé de reconnaître l'indépendance
Le règne de Gustave Adolphe montra toute la puissance de la Suède. La réforme avait été, sous ce prince, exclusivement admise chez les Suédois. Les protestants de l'Allemagne se voyant asaillis par une ligue formidable organisée par l’Autriche, se tournèrent vers lui. En 1630, Gustave se mit en campagne avec 10,000 Suédois seulement; mais tous les États protestants de l’Aileniagne se rallièrent autour de ce petit corps de troupes. La victoire de Breitenfeld humilia la maison d'Autriche et fit prédominer le protestantisme dans l'empire. Même après la mort de Gustave, qui périt dans une dernière victoire remportée à Lutzen, ses généraux soutinrent avec succès cette guerre de 30 ans, et la ligue ca= tholique fut contrainte de subir les conditions de la paix. La Suède obtint alors la Poméranie et d’autres possessions importantes en Allemagne. Elle continua jusqu’à la fin du xvrre siècle à exercer une grande influence sur les affaires de l’Europe. Les victoires et les revers de Charles XII ont jeté un éclat, pour ainsi dire romanesque, sur l’histoire de Suède ; maïs le règne de ce prince amena l’abaissement et la déchéance du pays. Après avoir perdu la hataille de Pultava, et avoir été obligé de se réfugier à Bender, chez les Turcs, il ne put acheter la paix qu’en renonçant à la Livonie et à plusieurs de ses plus belles provinces. La Suède se trouva dès lors reléguée à un rang inférieur parmi les puissances du second ordre. Dans le cours du xvin° siècle, les seuls événements remarquables furent la révolution de 4772, par laquelle Gustave III changea le gouvernement aristocratique du pays en movarchie absolue, et l'assassinat de ce prince en 4792. Son fils lui
succéda, mais en 1808, il fut forcé par les états d’abdiquer la couronne, et le duc de Sudermanie son oncle fut nommé à sa place, Comme ce: prince n’avait point d'enfants, il adopta en 1810, avec l'approbation des états, Bernadotte, alors maréchal de France, qui fut proclamé prince royal et héritier de la couronne, et qui monta sur le trône en 41820, Pour se concilier les Suédois, Bernadotte rétablit le gouvernement reprisentatif qui n’existait plus que de nom. La Norwége, qui appartenait au Danemarck, lui futenlevée, en 1814, par décret du congrès des puissances coalisées, et donnée à la Suède, comme compensation de la Finlande que la Russie voulait conserver. Il faut reconnaître du veste que les Norwtgiens ont gagné à cette révolution ; le Danemarck avait supprimé leur constitution, elle leur fut rendue ; le Dancmarck favorisait exclusivement les Danois , aujourd’hui la Norwége s'administre par clle-mêine,
La Suède et la Norwége forment en réalité deux royaumes sous un même roi. Chacun d’eux a sa constitution, ses droits particuliers et sa représentation nationale distincte. La représentation suédoise se compose de quatre chambres ou ordres ; la noblesse, le clergé, les bourgcois et les paysans. On n’y vote pas par tête, rnais par ordre. Dans le cas de partage, la question est décidée par le conseil d’État, corps qui se compose d’un certain nombre de membres pris dans chacun des ordres. La diète a le pouvoir législatif, mais le roi jouit du veto absolu. Aucun impôt ne peut être levé, aucun emprunt contracté sans le consentement de la diète. Ce consentement est également nécessaire pour que le roi puisse déclarer la guerre. Le roi est obligé de convoquer la diète au moins tous les cinq ans. L'assemblée législative de Norwége ou Storthing ne forme qu’un seul corps, sans aucune distinction pour les votants. Elle jouit de plus grands priviléges que la diète suédoise, Elle s’assemble en général tous les trois ans, mais elle peut se réunir quand il lui plaît. Le roi n’a qu’un veto suspensif, La loi norwégienne lui interdit de créer des nobles. On peut dire que la constitution norwégienne est la plus démocratique des constitutions qui admettent encore l'institution de la royauté. |
Le budget des deux royaumes est distinct. Les revenus de la Suède s'élèvent à 60 millions de francs, et ceux de la Norwége à près de 46 rnillions. Les forces militaires présentent un total de 138,559 hommes. Elles se partagent de la manière suivante :
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SUÈDE. NORWÈGE, TOTAL Infanterie . .… , 26,221 9,642 35,863 Cav. rie . 4,580 1,070 7,650 Artiliurie « + + + 2,400 1,278 3,678 33,201 11,990 45,191 Landswehr, . . . 83,368 10,000 93,368
La marine militaire se compose de 41 vaisseaux de ligne, 8 frégates, 15 corvettes ou bricks et 467 bâtiments inférieurs.
Les chiffres que nous venons de donner paraissent considérables, sion les compare à ceux qui représentent la population des deux royaumes, La population de la Suède était, en 1840. de 3,138,000, ct celle de la Norwége, à la fin de 4845, était de 1,328,000 habitants.
Les habitants de la Suède et de laNorwége sont en général de stature moyenne; leur taille est svelte et élancée ; les yeux bleus et les cheveux blonds dominent. Les Norwégiens ont le teint plus vif que les Suédois ; ceux qui habitent les vallées élevées se distinguent par une plus grande taille du reste de la population. Il est rare de trouver dans le nord ces brunes piquantes que le soleil plus chaud de la France et de l'Italie a colorées de ses feux. De longs cheveux blonds, un teint de lis et de rose, de grands yeux bleus languissants, voilà les charmes dont le sexe s’enorgueillit dans le nord. Ajoutez à cela une figure ovale et plus de régularité que de finesse dans les traits, et vous aurez un portrait général des femmes de race scandinave. Leur teint devient dans Ja Norwége tellement éblouissant, qu’un habitant dr ‘nidi en attribuerait les vives nuances à l’usage du blanc et du rouge; mais ces funestes moyens de gâler la nature y sont inconnus.
Le caractère moral des Suédois n’est pastel qu’on pourrait se lefigurer d’après le rôle qu'ils ont joué dans l’histoire, il y a deux siècles. Aujourd'huiles paysans paraissent être une race d'hommes pesants, robustes et endurcis au travail, mais bornant toute leur ambition à s’entretenir le mieux qu’ils peuvent eux et leur famille. La classe marchande est à peu près de même ; tous en général montrent beaucoup d'application et de persévérance. La bravoure, la politesse et l’hospitalité font le caractère distinctif des principaux de la noblesse et de la haute bourgeoisie. Les Norwégiens sont plus actifs, plus entreprenants, mais
908 CHAPITRE QUATRIÈME, moins persévérants que les Suédois; leur patriotisme est plus vif, l'hospitalité est chez eux un devoir et un plaisir,
Le tuthéranisme est la religion de l'État et on peut le dire de la totalité des habitants des deux royaumes : il se distingue cependant en ce qu'il a conservé la hiérarchie épiscopale. L'archevêque d’Upsal, qui a le titre de primat du royaume, a sous lui 43 suffragants. Le nombre des catholiques s'élève à quelques milliers d’individus; on compte aussi quelques centaines de Juifs à Stockholm. Les catholiques sont exclus, de la diète et des hautes fonctions publiques. Parmi les lois qui témoignent du fanatisme qui animait jadis les Suédois, nous citerons celle qui condamne à la castration tout prêtre catholique que l’on découvre dans le royaume, et celle qui condamne à l’emprisonnement et à l’exil quicon= que se convertit au catholicisme. Nous ignorons si la première de ces lois est abrogée ; quant à la seconde, elle a été appliquée il y a à peine quelques années.
L’instruction est plus généralement répandue en Suède et en Norwége que dans quelque pays ds l'Europe que ce soit. La Suède a produit des hornmes qui ont largement contribué au progrès des sciences dans le siècle dernier ct dans le siècle actuel. Les noms de Scheele, Bergman et surlout ceux de Linnée et de Berzélius. seront toujours cités parmi les grandes gloires scientifiques de l’Europe. Plusieurs princes ont favorisé de tous leurs efforts le déveioppement intellectuel de la nation. Le roi Gustave Adolphe envoyait en Suède les livres précieux enlevés aux villes allemandes dont il se rendait maître. L'amour de sa fille Christine pour la phiosophie et les sciences est trop connu pour que nous le rappeldns. Après un intervalle de quelques règnes dévoués à la gucrre, Frédérick Adolphe et surtout sa femme, la reine Ulrique- Éléonore, protégèrent les sciences avec un zèle qu’imita leur successeur Gustave III, La littérature nationale ne s’est pas élevée, il est vrai, au rang des littératures du midi et de l'ouest de l'Europe: cependant elle s’honore d’historiens, de poëtes, et de romanciers qui mériteraient d’être mieux connus à l'étranger. La Norwége n’est pas au niveau de la Suède sous le rapport scientifique et littéraire. Elle a cependant produit des hommes recommandables, tels que l’ancien historien Pontoppidan, le botaniste Vahl, et surtout le poëte Holberg, surnommé le Plaute du nord.
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Parmi les établissements scientifiques de la Suède, le plus célebre est l'Université d'Upsal, Cette université, fondée en 1478 par Steno Sture, fut agrandie par Gustave Wasa et Guslave-Adolphe. C’est surtout au siècle dernier qu'elle a brillé du plus vif éclat ; cependant elle est encore la première institution scientifique dont le nord puisse s’enorgucillir. Elle compte un millier d'étudiants ; ses professeurs sont au nombre de 22. Sa collection minéralogique est une des plus remarquables de l'Europe; sa bibliothèque, enrichie par Gustave Adolphe, ct plusieurs de ses successeurs, se compose de 50,000 volumes. Elle possède un trésor inestimable, c'est le fameux manuscrit écrit en carace tres d'argent et appelé pour cela Codex argenteus, H contient la traduetion en m&so-gothique d’une portion de la Bible. Cette traduction, due à l’évêque aricen Ulphilas, date du 1v° siècle ; elle est donc le monument le plus antique des langues du nord, Il existe une seconde académie à Lund; et depuis 1811, la Norwëge a également la sienne, qui est établie à Christiania.
Les beaux-arts ont été moins cultivés en Suède que les sciences. Cependant Lergell, comme sculpteur, a été comparé à Canova : Breda et Fulcrantz se sont fait une réputation, le premicr dansle portrait, le second dans le paysage.
L'industrie n’a pas non plus acquis tout le développement dont elle est susceptible, à l'exception de l’industrie métallurgique, qui est trèsdéveloppée et très-productive. Du reste, la Suède et la Norwëge feraient un fort mauvais calcul si elles importaient chez elles des mae nufacturces qui n’y pourraient vivre que d'une vie artificielle. Elles ont plus d'avantage à exploiter et à débiter leurs bois de charpente, à extraire et à travailler le cuivre et le fer de leurs mines, à exporter le produit de leurs pêcheries, qu’à vouloir lutter avec lAngleterre et la France. Depuis quelques années, elles font des vaisseaux qu’elles vendent tout construits aux armatcurs étrangers : cette industrie, parfaitement appropriée à la productivité naturelle du pays, se développera merveilicusement quand les gouvernements étrangers cesscront leur lutte stupide contre les principes de la liberté commerciale.
Nous allons maintenant passer à la description topographique de la
monarchie norwégiéno-suédoise : nous commencerons par la Suède, et
uous cxaminerons ensuite la Norwége.
ie 47
Stockholm . , .
Upsal. . . … .
Stora-Kopparberg .
Goefleborg +: . ,
Linkhoping . . .
Calmar . . + . .
Jonkoping «+ + . + 'ronoberg . + Bickinge. . . .
Sharaberg + + + + Elfsborg. . + . + Gotheborg . . > Halmstadt … . . , Christianstadt .
Malmohus , + + * Gothland (ile de) . .
Westeras , + , Nikoping + + … « Œrebro. , + … Carlstadt. , . +,
NORDLAND,
Norrbotten où Bothnic septentrionale, Hesterbotten où Bothuie orcidentale , Wester-Norrland ou Nordland occidental
SUÈDE FROPREMENT DITE.
LC ROYAUME DE SUËDE comprend trois grandes régions géographiques: {a Suède proprement dite, la Gothie où Gothland, et le Nordland où Norrs Lind, Mais cs divisions administratives, ou Lan, terme qu'on pourrait traduire par préfectures où départements, sont au nombre de 24, Eu voici l'éuumération, avec les noms des chefs-lieux,
La Suède proprement dite occupe le centre du royaume, ct renferme Ja capitale ainsi que les grands districts métallurgiques. Elle consiste en une immense plaine, généralement couverte de forêts entremélécs d’endroits cultivés; quelques collines de médiocre hauteur interrompent seules sa vaste uniformité. Trois grands lacs, le Wener, le Wetter et le Mœlar forment une chaîne presque continue à travers le centre de cette région. Indépendamment de ces lacs, on en voit une inultiiude de petits, surtout vers le nord, qui communiquent avec les grands sacs par l'intermédiaire des rivières. Ces lacs n'étant pas entourés de montagnes comme les lacs de la Suisse, n’offrent pas un aspect aussi
Piloa, Una,
Fernosand,
Slocklolmn, Upsal, Westeras, Nikoping, Œrebro, Carlstudt.
Fablun, icfleborg.
Liukoping, Calmar.
Joukoping.
Wexio, Carlserona, Mariestadt, Wencrsborg.
Gothembourg.
Ialmstadt, Christianstadt, Malmo.
Wisby.
graphiques:
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EUROPE : SUÉDE ET NORWÉÈGE, 371 grandiose, Cependant leurs bords sinucux, semés çà et là de rochers et ornés de forêts, présentent des sites pittoresques ct presque fécriques.
Les divisions administratives de la Sucde ct de la Gothie, telles que nous venons de les donner, sont de date récente. Le royaume était anciennement partagé en provinces, et les Suédois n’ont pas plus oublié ces anciennes dénominations que nous-mêmes n'avons oublié les noms de Languedoc, Dauphiné, Alsace, etc. La Sudermanie (Sudermanland), qui renforme la capitale, est située au sud du lac Mœlar ; l’Upland est au nord de ce même luc ; le Westmanland, à l’ouest de l'Upland ; la Néricie, contrée peu étendue mais pittoresque, est renfermée entre les trois grands lacs ; le Wermeland, au nord du Wener, est couvert d’une multitude de petits lacs ; en” a la Dalécarlie, appclée aussi Delarne ou les Plaines, se distingue surtout par le caractère énergique des paysans qui l'habitent. Ce sont en eflet les paysans dalécarliens qui jadis ont par leurs efforts relevé la monarchie et qui continuent à en tre les plus solides soutiens. Ils ont cette prétention qu’un seul Dalécarlien vaut deux autres Suédois. Leur manière de vivre est plus que de la sobriété; le pain d’écorce constitue une grande partie de leur nourrilure ; cependant leur santé et leur vigueur n’en souffrent pas. La mémoire du grand Gustave Wasa, le fondateur de la monarchie suédoise, est l'objet de la vénération de tous les Dalécarliens.
Stockholm, capitale de toute la Suède, occupe une position magnifique, à la jonction du beau et vaste lac de Mœlar avec la mer. Elle est en partic bâtie sur plusieurs petites îles et sur deux péninsules, et offre un aspect véritablement admirable. D'innombrables rochers de granit qui s'élèvent du sein des eaux, sont en partie couverts de maisons, et en partie couverts de bois, tandis que des bâtiments de toutes formes et de toutcs grandeursajoutent à l'effet de cette scène, « Vue de la mer, dit un voyageur anglais, Stockholm produit l'effet d’une masse énorme d'édifices grandioses. Les palais et les églises s'élèvent les uns au-dessus des autres, ct tout cela semble flotter sur la mer, et offre une scène d’une incomparable grandeur. Lorsque le lac et la mer sont gelés, leur surface solide se couvre de traincaux rapides et présente un aspect des plus pittoresques. Si l’on s’en ienait à l'impression que produit Stockholm vue de loin, on croirait que la capitale de la Suède est la ville la plus magnifique du monde. Mais l’intérieur ne justifie pas, par
sa beauté, l’idée que l’on se forme d’abord. » Les rues, quoique fort longues, ne sont ni larges, ni belles : elles n’ont pas de trottoirs; les maisons sont hautes, toutes blanchies, et les boutiques n’offrent qu’une triste apparence. La plus remarquable des places qui ornent la ville est celle de Norden-Malm où s’élève la statue en bronze de Gustave-Adolphe, Le palais royal, commencé par Charles XI et terminé par Gustave IIL, est le plus beau monument de Stockholm. Cet édifice, construit dans le style grec, est de forme carrée, et élevé de quatre étages. Il est en briques, mais revêtu d’un ciment qui imite la pierre. Il occupe avec les plus beaux édifices de la ville, une des îles dont nous avons parlé. Stockholm possède un grand nombre d'établissements scientifiques et littéraires. La bibliothèque publique, fondée par Gustave-Adolphe, pessède 80,000 volumes. Ell: est particulièrement riche en manuscrits, en sagas et autres ouvrages historiques. L'Académie des sciences, créée en 1739, a publié 450 volumes de mémoires. Gustave IIT établit une société littéraire qui porte le nom d’Académie suédoise, et qui ressemble par son organisation et ses travaux à notre Académie française. La Soctété d’agriculturea rendu de grands services au pays en y faisant connaître les meilleures méthodes de culture usitées à l’étranger. Le Collége des Mines a un cabinet minéralogique précicux. Le Cabinet des modèles et des machines est une des plus riches collections de ce genre. L'Académie des sciences militaires, Institut Forestier, l'École de navigation, l’École vétérinaire, l’Institut des sourds et muets, méritent encore d’être cités.
Stockholm, comme on le voit, réunit toutes les institutions que l’on rencontre dans les plus grandes capitales de l’Europe. Elle est aussi, comme le sont Paris et Londres, la ville la plus industrielle et la plus commerçante du royaume. La population, qui était de 82,000 âmes en 1833, doit s’élever aujourd’hui à près de 90,000.
On remarque aux environs de la capitale plusieurs châteaux royaux, tels que Drottningholm, Carlberg, Ulrichsdal, et Haya. Le château de Drottningaolm est regardé comme le plus beau de la Suède. Il est bâti sur ie plan de celui de Versailles et situé sur la pointe septentrionale de l'île Lofo dans le lac Mœlar. On vante principalement ses jardins et les pièces d’eau; mais ces jardins sont tracés à la mode antique; et scs arbres, taillés de façon à représenter les formes les plus bizarres, ne sauraient plaire à un goût épuré,
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Le département de Nikoping est le seul district de la Suède propre qui soit au sud des lacs. La ville de ce nom, quoique petite et n’ayant que 3,006 habitants, a une belle apparence. Toutes ses maisons sont en bois et peintes en jaune.
Les départements de Westeras, d'Œrebro et de Carlstadt, s'étendent au nord des lacs; celui de Carlstadt confine à la Norwége. Enkoping, sur une branche du Mœlar, est la première ville que l’on rencontre à l’ouest en partant de Stockholm ; mais elle est tout à fait insigniftante. Westeras, sur le même lac, est une ville d’un peu plus de 3,000 âmes qui a une certaine importance commerciale. Elle est l’anneau qui unit la capitale avec les provinces de l’ouest et du nord. Elle consiste enune seule rue de trois mille mètres Ge longueur. Ses maisons n’ont qu'’unseulétage, et les toits de la plupart sont couverts de gazon. Westeras est le siége du plus riche évèché du royaume. La cathédrale est un édifice simple, mais élégant, On yremarque un magnifique tombeau en porphyreélevé à Éric IV, qui mourut empoisonné en 1577. Vient ensuite Koping, misérable petite ville de 1,200 âmes, mais célèbre pour avoir été la résidence de Schcele. Elle est bâtie à l'extrémité ouest du lac Mœlar. En quittant le lac et en se dirigeant au sud-ouest, on arrive à Arboga, jolie petite ville de 1,600 habitants, sur une rivière qui se jette dans le Mœlar près d’un canal qui unit ce lac à celui d’Hielmar. Un bateau à vapeur met Arboga et les villes intermédiaires en co:nmunication avec Stokholm.
Au sud-ouest d’Arboga et à la pointe occidentale du lac Hielmar, s'élève la ville d'Œrebro, où se réunit quelquefois la diète suédoise, Ses rues sont larges et spacieuses, mais les maisons y sont, comme dans toute la Suède, construites en bois. Le Stadthus, c’est-à-"ire la résidence du gouverneur, est un édifice massif et informe, L'église primitivement gothique présente maintenant un mélange de plusieurs styles : elle est bâtie en pierres et çà et là en briques. C’est dans la nef que siége la diète, iorsqu'elle se réunit à OŒrebro. En continuant sa route à l’ouest, le voyageur entre dans le département de Carlstadt, ou, corune on l’appelait naguère, la province de Wermeland. Cetée contrée, couverte de forêts et de petits lacs, est bornée au sud par le lac Wener, Elle reuferme un grand nombre de mines. Le chef-lieu, Carlstauit, est bàli près de l’endroit où ce lac reçoit le Clara-elf, rivière considéralle qui traverse les régions boisées, et qui amène d'immenses quantités
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debois de charpente. Il existe à Carlstadt desscieriesmécaniquesqui débitent plus de 50,000 planches par année. Cette ville ressemble à la plu part des autres villes suédoises. Elle n’a que2,500 habitants ; néanmoins elle n'est pas sans importance. C’est là que viennent se réunir les produits des mines et des forêts du Wermeland ; on les expédie à travers le Wener à Wenersborg, d’où ils se dirigent ensuite à Gôthembourg. Nous citerons, dans le district des mines, Philipstadt, qui n’a pas un millier d'habitants, et qui ne subsiste que par elles,
Les mines les plus remarquables du Wermeland sont celles de Perse berg, à quelques milles à l’est de Philipstadt. Elles sont au nombre de 13, et toutes creusées dans une montagne entièrement composée de filons et de couches de minerai de fer. Un voyageur qui a visité les principales mines de l’Europe, déclare qu’il n’a jamais rien vu de plus grandiose que les mines de Persberg. On aperçoit dans l’abtme entr’ouvert une longue série de cavernes béantes où se meuvent des machines gigantesques. De vastes baquets, suspendus par des chaînes bruyantes, montent et descendent incessamment ; d'immenses échelles mettent en communication les précipices creusés à tous les niveaux; les ouvricrs qui les escaladent semblent n'être que des pygmées. Le bruit des chaînes, le mugissement des pompes, les cris des mineurs, le craquement des blocs et des roues, le pas des chevaux, le retentissement des marteaux, le bruit des eaux, le grondement de la vapeur, le tonnerre souterrain que produit l’explosion des rochers que l’on fait sauter à l’aide de la poudre à canon, tout ce vacarme, toute cette agitation au sein des entrailles de la terre produit sur le visiteur une impression profonde. Les mineurs reçoivent environ 2 francs 50 centimes par jour, ce qui est un salaire fort élevé pour la Suéde.
La Dalécarlie s’étend au nord-est du Wermeland. On y remarque unc prodigieuse quantité de végétaux cryptogames. Nous avons déjà signalé le caractère particulier des habitants qui conservent encore {e costume, les mœurs et l’entreprenante énergie des anciens Suédois. La principale industrie de toute cette contrée est l’industrie métaliurgique. La plus importante de ses mines est la grande mine de cuivre de Fahlun près de la ville de ce nom. Elle consiste en une énorme masse conique dont le sommet est en bas. La base de ce cône formant la partie la plus
superficielle de la mine, c’est par elle que commencèrent les travaux ;
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EUROPE : SUÉDE ET NORWÉGE. 379 mais ic aleries ayant été pratiquées sans les précautions convenables, la masse s’effondra, et il en résulta une immense excavation semblable à un cratère. Des escaliers réguliers et faciles conduisent maintenant des bords de ce cratère jusqu'au fond, d’où s’élèvent d'énormes volumes de vapeur et de fumée quilui donnent l'apparence, mais sur une plus grande échelle, de lasolfatarre de Naples. Le minerai de Fahlun n’est pas très-riche. En 1600, la mine donna 3,627,000 kilogrammes de cuivre ; en1650, elle ne produisit que 2,494,000 kilogr. ; aujourd’hui elle n’en rend guère plus de 500,000. Les ouvriers ont maintenant atteint le sommet du cône. On se livre à d’actives recherches pour découvrir un autre cône semblable; si cette espérance ne se réalise pas, cette mine fameuse cessera, dans quelques années, par épuisement du cône aciuel. La ville de Fahlun est une ville régulièrement bâtie, mais vieille et malpropre. Elle a deux églises, dont l’une est couverte en cuivre; mais cette toiture ne produit aucun effet, le cuivre prenant bientôt après son exposition à l'air une couleur vert-blanchâtre. Les 4,500 habirants de Fahlun subsistent du travail des mines. Près de la ville, on voit encore la maison où se cacha Gustave Wasa. Son propriétaire s’est attaché à la conserver telle qu’eile était lorsqu'elle fut l'asile de ce prince. On y montreencore sa chambre, son lit, scs vêtements, sa cotte de mailles et ses armes.
Sala, qui appartient au Westmanland, est encore une petite ville qui ne vit que par les mines qui l'entourent. Elle cst propre, régulière et mal pavée. La plus importante des mines de ses environs est une mine de galène qui donne 2,606 mares d’argent et 46,000 kiiogrammes de plomb. Sous le règne de Christine, elle rendait annuellement 20,660 marcs d’argent.
Le département d’Upsal coïncide presque entièrement avec l’ancienne province d'Ugland. Le terrain est plat, mais cependant accidenté par de nombreuses petites collines arrondies qui, avec les petits lacs et les belles forêts dont la province est remplie, la rendent fort pittoresque. Elle renferme Upsal, dont l’Université jouit d’une célébrité immense et méritée, et Dannemora, la plus précieuse des mines de fer de la Suède,
Upsal est une ville respectable par son antiquité. Elle a été longtemps la résidence des rais, et n’a jamais cessé d’être le principal foyer de lumières de la Scandinavie. Elle est encore le siége d’un archevêque qui
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376 CHAPITRE QUATIUÈME.
est le primat du royaume. Déjà, à l’époque du paganisme, elle était la résidence du grand-prêtre d’Odin. Sa cathédrale est le plus grand et le plus beau temple de toute la Suède, quoique ses murs soient seulement en briques. Mais l’intérieur est remarquable. Quatre rangées de 44 colonnes cannelées supportent les voûtes du temple; l’autel est maguifique ; mais ce qui attire surtout l’attention, ce sont les monuments des rois, des héros et des grands hommes de la Suède. Dans la sacristie, on conserve divers objets curicux au point de vuc historique, parmi lesquels on distingue surtout la cotte de mailles de Margucrite de Waldemar, surnommée la Sémiramis du Nord. Nous avons déjà parlé de la fameuse Université et de la riche bibliothèque de cette ville. Elle possède encore un observatoire établi par le célèbre André Celsius et un jardin botanique créé par Linnée. Les géographes suédois prennent leur méridien d’Upsal. Cette ville n’a que 5,000 habitants, non compris, il est vrai, les étudiants de l’Université.
La mine de Dannemora est situéc près de la petite ville d’Osterby. Le fer de Suède est réputé le meilleur fer du monde, et celui de Dannemora est regardé comme le meilleur fer de la Suède. Dannemora fut d’abord exploitée comme mine d'argent; mais ce métal se trouva bientôt épuisé. On commença alors à extraire le fer qu'elle contient, ct qui acquit bientôt une réputation hors ligne. Le grand puits d'extraction a 92 mètres de profondeur ; mais les travaux ont été poussés juequ’à une profondeur de 447 mètres. On fait sauter le minerai avec la poudre à canon. À chaque instant, on entend d’effroyables explosions, semblables à des décharges de grosse artilleris qui sont répétées avec un fracas immense par les échos des cavernes et qui ébraulent la terre comme un volcan, pendant que des masses de fumée s’échappent au dehors. Cette mine est la propriété de quelques particuliers. Son produit cst évalué à 4,000 tonnes par an. On y a établi une puissante machine à vapeur qui a coûté 444,000 frar.cs. Dans le département d’'Upsal, on compte encore 27 autres mines en exploitation.
Le département de Gefleborg comprend les anciennes provinces de Gestricie et d’Helsingie, qui sont remplics de lacs et couvertes de forêts. Le paysan helsingien se distingue parmi tous les Suédois par son amour du travail et ses qualités morales. Gefleborg, dans la Gestricie, est une ville ancienne et mal bâtie. Elle est importante par son industrie, son
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EUROPE : SUÈDE ET NORWEGE, 977 portet ses chanticrs de construction. Elle à 8$,000 habitants, dont la moitié sent des pêcheurs. Soderhamm et Huddikswall, dans l'Iclsingie, sont deux petites villes maritimes, n'ayant chacune qu’une population de 1,600 à 1,800 âmes.
La Gothie ou Gothland constitue la région la plus méridionale an royaume, La mer la baigne sur toutes ses faces, excepté du côté du nord, Elle jouit d’un climat beaucoup plus doux quele reste du royaume etc’est la seule qui produise du blé en quantité suffisante. C'est aussi dans la Gothic que l’agriculture a fait le plus de progres, dans ces deirpiers temps. Les terres cullivées occupent un espace considérable ct les bois ne couvrent plus la presque totalité du pays comme dans les provinces au nord des lacs. Si l’on excepte la capitale, on peut dire que la Gothie possède tous les ports et tous !es arsenaux maritimes de la Suède : aussi est-ce par L53 mains de ses habitants que passe presque tout le commerce étranger du royaume.
Nous avons vu les noms des douze préfectures entre lesquel!cs est partagée la Gothie. Anciennement elle était divisée en quatre provinces, savoir : l'Ostrogothie et La Westrogothie, séparées l’une de Pautre par la longue ligne du lac Wetter; le Smaland, région étendue mais stérile, au sud de ce lac, et la Scanie ou Schonen, qui forme l'extrémité la plus méridionale de la Suède. La Scanie est la partie la plus peuplée ct la micux cultivée de toute la Suède.
L’Ostrogothie comprend les préfectures de Nikôping et de Linküping. La ville de Nikôping s'élève dans une situation agréable à l'extrémité d'une petite baie de la mer Baltique : quoique petite, elle offre une assez belle apparence : son commerce est insignifiant ou mêûne nul. Elle est de beaucoup surpasséc par Norrôkping, qui est la troisième ville de la Suède, avec une population de 10,000 àmes. Norrkôping est bâtie sur les bords d’une large rivière, le Motala, qui met le lac Wettcr en communication avec la Baltique et quiici se divise en nombreux canaux bordés de rochers. La principale branche d'industrie de cette ville consiste dans la fabrication de draps d'excellente qualité, et fort recherchés dansle pays. L'éducation des moutons s’est beaucoup perfectionnéeaux environs par l'introduction des mérinos. La ville est régulière ; ses maisons en bois sont jolies. Linkôping est un autre chef-lieu de préfecture.
Elle est beaucoup plus petite que Norrkôping, mais son aspcet est jlus 111, 8
Lin CHAPITRE QUATRIÈME, agréable. La cathédrale, rebâtic il y a 400 ans, est un des temples les plusremarquables de la Suède. Tout auprès s'élève un très-beau théâtre.
La principale ville du Smaland est Jonkoping, située à l'extrémité du he Wetter. Elle commande une vue magnifique sur cette immense pappe d’eau, qui est ici bordée de rochers couverts de belles forêts. La ville a été entièrement rebätie depuis 1790, é;oque où elle fut complétement brüléce, Quoique construite en bois, comme les autres villes de
a Suède, elle renferme beaucoup de maisons commodes et confortables. Elle a une population cle 3,000 habitants, parmi lesquels on compte beaucoup de citoyens riches qui y sont attirés par les agréments de sa Situation. À 4 licues de là est Tuberg, longue colline de 1422 mètres de hautour, composée d'une masse compacte de minerai de fer magnétique. La quantité de métal qu’elle renferme est telle, suivant Hausmann, qu'elle est inépuisible. La couche supérieure, qui a 412 mètres d’épaisseur, est exploitée depuis 250 anuces. On fait sauter le minerai avec la poudre à canon, ct on le porte aux fourneaux. Le mincrai n’est pas tres-riche, la proportion de fer pur variant de 21 à 32 pour cent; mais il est ures-facile à traiter et ne renferme aucun élément nuisible, Ce district renferme une quantité considérable d'autres mines de fer de qualité inférieure, ainsi que plusieurs mines de cuivre. Il possède aussi une autre mine célèbre, mais peu productive ; c'est la mine d’or d’Adelfors, On commença à l'exploiler en 1738, et son exploitation fut fructueuse pendant une cinquantaine d'années ; mais elle est aujourd'hui übandonnée,
La côte maritime du Smaland, comprenant les préfectures de Calmar et de Blekinge , est nue ct présente un aspect triste ; mais elle possède plusicurs ports importants. Calmar est citée dans l’histoire de Suède comme une forteresse excellente, et encore plus parce que ce fut daus une des salles du château que fut signé le cclebre traité qui unit les trois couronnes du nord sur latêt: de Margucrite. Carlscrona est le prineinal arsenal naval et Punce des villes les plus considérables de là Suede. Elle est bâtic sur trois petites îles uuies entre elles et avec la côte par de longs pouts de bois, tandis que d’autres Îles sont couvertes de magnifiques fortifications pour défeudre le port, Il existe des élablissements séparés pour les grands bâtiments et pour la flottiile. Mas ce qu'il y a de plus remarquable, ce sont les docks couverts, qui ont été
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