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ANSES ET CIRQUES, PORTELET

L'orig-ine des anses est la même que celle des grottes. Si plusieurs de ces dernières sont voisines les unes des autres, chacune allant toujoui's en grandissant, elles liiiissont par se rejoindre. Les éboulements se produisent «'t la mer venant déblayer le terrain, la côte se ( louve creusée sur une largeur et une profondeur qui dépendent du nombre et de la profondeur des grottes cllos-mèmes. La petite anse entre l'Ile- Percée et le Portelet en fournit un bel exemple (1), Les veines de diabase, encore visibles à mer basse, permettent de reconstituer par la pensée les grottes anciennes ; et pour ({ue l'imagination ait moins à faire, il suffit de contempler la nature encore à l'œuvre , une centaine de mètres plus au nord, à l'endroit où les veines qui coupent le rocher, dit Tombe de Janvrin, viennent percer le bord de la baie. On peut remarquer aussi comment les filons qui ont séparé l'Ile-Percée de la côte, se prolongeant à travers ces grottes disparues, n'ont pas peu contribué à leur démolition.

L'anse du Portelet, de prime abord, semble n'avoir gardé aucun indice de son origine ; le sable en recouvre la grève, et les terres éboulées de la falaise ne laissent guère la roche à nu qu'aux deux extrémités de l'anse. Pour la carrière ouverte à mi-côte, elle n'est

(I) Voir la figure I, p. 39, veines de diabase.

traversée que par des veinules de diabase. Cependant un examen plus attentif ne permet pas le doute sur le mode de formation de la petite baie.

La Tombe de Janvrin est en effet coupée, à elle seule, par quatre veines , dont trois à l'extérieur du rocher et une à Tintérieur; et sans compter la multitude des filons de môme direction situés plus au large, il y en a quatre entre la Tombe et la côte. Tout l'espace occupé par l'anse était donc singulièrement divisé. Néanmoins cela n'aurait pas suffi pour la destruction des roches qui reliaient l'ilot à la terre ; car la pointe du Fret empêchait la mer de prendre les dernières veines dans le sens de leur longueur et, du côté sud, chacune était protégée par les massifs de granité qui les séparaient. Mais il y a une autre cause de démolition bien plus efficace : ce sont les nappes horizontales ou obliques, comme il a été montré à propos du Pinacle et des cales de l'ouest de l'Ile. Or l'une de ces veines se voit à mer basse , dans le renfoncement auquel elle a donné lieu entre le Fret et la carrière latérale du Portelet; et, au-dessous de cette même carrière, il y a encore une autre nappe plus élevée et à peine baignée à mer haute. Elle montre sa tranche sur une longueur de 40 mètres et elle pa^se sous la falaise. Les roches demeurées en contre-bas à cet endroit lui servaient d'appui, ce dont elles ont conservé des traces. Pardessus étaient les granités qui remplissaient l'anse î\ la hauteur de l'ilot. Ce qui reste de cette veine obli-

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