FOSSILES CONTENUS DANS LES LIMONS DE ST-EUGÈNE
Les plantes trouvées dans les limons de St-Eugène ont été soumises pour identification à M. Arthur Hoillick, dont le rapport préliminaire est comme suit:
“La pâte dans laquelle sont contenus ces restes de plantes est faite d'une argile gréseuse, gris pâle, très friable, qui demande un grand soin pour sa manipulation. En général, les spécimens sont comparativement bien conservés, bien qu'il y en ait beaucoup qui soient fragmentaires. Les espèces qu'ils représentent sont peu nombreuses compar:itivement au nombre des spécimens, même si les fragments non déterminables qui s'y trouvent sont comptés comme espèces distinctes; deux genres, Fagus et Platanus, y ont de si nombreux représentants, qu’ensemble, ils constituent à peu près le tiers de toute la collection.
La disposition systématique des spécimens identifiés est comme suit:
Angiospermes.
Monocotylédones.
Fragment d'une grande feuille, à nervures parallèles obscures (43L). Fragment d’une tige, à stries longitudinales bien définies (43K). Ces deux fragments sont évidemment des monocotylédones, mais ils sont trop vagues pour que l'on reconnaisse leur genre ou leur famille. La feuille rappelle quelque peu celle du palmier ou du yuc:a, et l’autre fragment a ur peu l'apparence d'un pétiole de palme, mais ces caractères sont trop superficiels pour avoir une certaine valeur dans le diagnose.
Juglandées.
Hicoria n. esp. ? (43A, 43P, pour partie).
Voici une feuille que l'on peut difficilement distinguer de l'une ou l’autre de nos espèces de noyer, particulièrement certaines formes de
H. glabra (Mill) Britton. Cependant, je crois que nous serions justifiabie de la considérer comme le représentant d'une espèce éteinte.
Salicinées.
Un fragment de la partie inférieure d'une grande feuille avec primaires latérales bien définies, identifié provisoirement comme appartenant au genre Populus (430).
Bétulinées.
Alnus n. esp. ? (43G).
Cette feuille rappelle les formes de feuille les plus orbiculaires d'Ainus rugosa (Du Roi) K. Koch.
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Fagacées.
f Fagus n. esp. (43F., 43R).
3 Cette espèce a bon nombre de spécimens dans la collection. Les
feuilles sont grandes et bien conservées.
Fagus n. esp. ? (43P pour partie).
Feuille beaucoup plus petite que la précédente et difficilement re- «unnaissable de la feuille de Fagus Americana Sweet actuelle.
Artocarpées.
Ficus n. esp. (feuille) (43E).
Ficus n. esp. (fruit) (43M).
Ce dernier est le spécimen le plus intéressant et le plus remarquable de toute la collection. Il consiste en une branche longue et fine, sur laquelle les fruits sessiles sont disposés par paires et en grappes plus iortes. Il ne peut être question de ranger ces fruits dans le genre Ficus ctilest probable que la branche chargée de fruits et la feuille appartiennent à une seule espèce; mais comme ils ne sont pas ensemble dans la même gaîne, il semble préférable qu'on les considère comme espèces différentes et que, dans le cas où on les décrirait, il leur soit donné à chacun un nom spécifique.
Ulmacées.
UÜlmus n. esp. (?) (43Q).
Un fragment unique de la base d’une feuille, évidemment du genre Uimus, que l'on pourrait comparer plus ou moins bien avec les feuilles de certaines espèces actuelles et fossiles; cependant, il n’est pas possible, avec ce que nous avons de cette feuille, de faire une comparaison satisfaisante.
Ménispermacées.
Cebatha (Cocculus) n. esp. (43B, 43C, 43D).
Ces trois spécimens différent entre eux plus ou moins et par le contour et par les nervures, et il se peut qu'ils représentent plus d'une espèce; cependant, si l'hétérophillie caractéristique du genre est prise en considération, on peut regarder ces spécimens comme appartenant tous à la seule et même espèce.
Cissampeles ? (43N).
Fragment d'une feuille qui présente quelques-uns des caractères
de ce genre, mais sur lequel on ne peut donner qu'une détermination provisoire.
Platanacées.
Platanus n. esp. (43H, 43]J).
Cette espèce est largement représentée dans la collection. Piu-
sieurs des spécimens sont très grands, mesurant à peu près 9 pouces de large par 7 pouces et plus de long; si ce n'est leur taille, rien ne les distingue des feuilles profondément lobées de Platanus occidentalis L., actuel, ou de l'espèce éteinte P. aceroïdes Godepp.
Vitacées.
Vitis n. esp. ? (43 I).
On peut diffcilement distinguer cette feuille d'avec certaines formes que l'on voit souvent, Vitis labrusca L., et V. riparia Michx., de nos jours. Cette feuille est toutefois beaucoup plus grande que celles de l’une ou l’autre de ces espèces.
L'étude de cette liste indique qu'un climat pour le moins tempéré prévalait dans la vallée du Kootenay à l'époque de cette flore. La seule présence du genre Ficus en est une preuve suffisante, attendu que c'est là un genre tropical dans sa distribution, et que trois espèces seulement ne s'élèvent, en latitude, jamais plu. loin que la partie méridionale des États-Unis. Les autres genres ont une distribution géographique :i étendue, au nord comme au sud, que, par eux-mêmes, ils n’offrent aucune indication quant au climat. Cependant, la taille singulièrement grande des feuilles indique une puissance de végétation comme il ne s’en trouve probablement que dans les pays plus chauds que ne l’est le centre des États-Unis, ce qui semblerait confirmer la preuve que présente sous ce rapport le genre Ficus.”