TENEURS
Les teneurs de ces gisements sont reconnues comme étant très irrégulières. Voici un relevé d'essai de traitement quant à ces minerais, préparé par le minéralogiste provincial de la Colombie britannique pour l'année 1898, et que nous trouvons à la page 1016:—
“Reconnaissant qu'il est peu sage de se fier à de petits échantillons, et qu'il n’y a qu'une analyse pratique qui puisse donner une idée satisfaisante de la valeur d'une mine, M" J.-E. Hardman, ingénieur de mines, de Montréal, se fit construire, en 1897, à l'embouchure du creek Saw Mill, un petit atelier de bocardage dans le but de faire lui-même les essais de minerai des diverses mines sous son contrôle. La machine est une petite batterie à 5 ‘‘pilons” construite de façon à être aisément portative, manufacturée en Nouvelle-Écosse, et actionnée par un petit moteuf vertical tirant sa vapeur d’une chaudière verticale. L'usine est pourvue des plaques ordinaires d'amalgamation, etc., pour recueillir l’or “libre”;
c'est, en somme, une petite usine très complète et bien construite, qui a été aménagée sous le toit de l'ancien moulin à scies. Des séries d'essais ont été faites sur le minerai de plusieurs des claims situés sur ce creek, en lots de à 10 tonnes chacun. A4 point de vue commercial, les résultats obtenus n'ont pas été satisiaisants, car, nonobstant le fait que l’on a pu recueillir un peu d'or, en aucun cas la teneur du minerai n’a été suffisamment élevée pour garantir une expioitation sérieuse de ces claims. Les essais, cependant, ne semblent pas avoir donné satisfaction aux propriétaires des claims, pour la raison que ces essais n'ont pas correspondu avec les leurs. J'ai entendu bien des critiques à ce sujet, dans lesquelles on m'exprimait le regret de ce que l'usine eût été confiée à des hommes sans expérience, qui avaient laissé s'échapper des vaieurs dans les tailings. Dans tout cela, je ne sais que ce que m'en ont dit des hommes qui doivent être considérés comme parties intéressées.
“I m'a été possible de me former une opinion sur la manière dont on avait traité les minerais qu'en faisant l'essai des tailings, ce que je fis en présence d'un ingénieur des mines bien connu, M* Farrell, de San Francisco, qui, de son côté, a fait, pour son propre compte, divers essais indépendants des miens. Les résidus de traitement avaient été entraînés au fond du creek à quelques centaines de pieds de là, parmi le gravier, et avait été soumis aux pluies et à la neige d'un hiver. flat passé à la batée, tout à la fois, le gravier et les résidus sur toute cette distance, et j'ai constaté que, à chaque batée, je pouvais recueillir, outre les sulfures de fer auxquels je m'attendais, un globule de mercure gros comme la tête d'une allumette et j'ai trouvé au fond du récipient un filet d'amalgame long de } à } pouce. En faisant couler le mercure sur un fer chaud, je vis qu'il y avait laissé une parcelle d'or de bonne taille. Je 1 *massai une certaine quantité du mercure et de l’'amalgame, que j'expédi: à l'essayeur provincial; ce dernier me fit rapport que le mercure portait 2% d'or, tandis que le ‘sable noir’ contenait $20 en or avec trace d'argent. Des échantillons ramassés dans les résidus m'ont donné à l'essai jusqu'à $4 d'or.
“D'après le résultat de mor enquête, je suis convaincu que l'usine en question n’a pas extrait tout l'or que pouvaient contenir les minerais, et que les essais qui y ont été faits n'ont pas indiqué le véritable rendement de ces mines. De plus, je me suis convaincu que l'or n'y est “libre” qu'en partie, et qu’il aurait fallu adopter quelque méthode de Concentration pour obtenir l'or contenu dans les sulfures de fer.”