ÉROSION
L'érosion subaérienne est bien marquée dans ces montagnes. Les pentes inférieures sont recouvertes d'un épais manteau de débris de roches. On voit très bien ceci au-dessus de la ligne de boisage, qui en cette région est À environ 7000 pieds au-dessus du niveau de la mer. La désintégration des roches ne s'effectue pas aussi vite en-dessous de la ligne de boisage, car la croissance forestière les protège. Il faut cependant remarquer que la zone forestière est aussi couverte de débris venant de la partie supérieure.
La quantité d'érosion dans ces régions ne peut être appréciée que par quelqu'un qui a travaillé dans ces montagnes et qui l’a vue à l'oeuvre.
C'est très dangereux d'essayer de travailler sur les pentes escarpées de ces montagnes durant ou immédiatement après une pluie abondante. L'effet d'une pluie torrentielle sur le roc se voit bien mieux au-dessus de la ligne de boisage.
Le vent est aussi un agent d'érosion important. Les sommets des crètes et des montagnes sont toujours exposés À une rafalle terrible, bien que l'atmosphère de la vallée soit absolument calme. Non seulement les sables, mais aussi les
?Tarr, R.S., “La région de la baie Yakutat, Alaska." U. S. G. S. Prof. Paper, n° 64, 1909,
débris de roche ayant un pouce de diamètre ne peuvent résister à la force de ces vents.
Comme exemple d'érosion on peut citer le cas suivant. Durant l'été 1910, il y avait un bloc de roche basique de 2 pieds de haut qui dépassait la selle balayée par le vent et la pluie sur la ligne de partage des eaux à la tête du ruisseau Mollison. Ce bloc attira notre attention pour une raison ou pour une autre et nous le visitâmes de nouveau en 1911. Il n'était plus qu'un bloc brisé en fragments ayant 8 Pouces de hauteur, et le reste avait été enlevé. Nous Pourrions encore citer beaucoup d’autres cas.
Les longs talus uniformes montrent aussi l'effet de la pluie, de la gelée, et de la neige sur ces montagnes. En plusieurs endroits le roc solide ressort en relief comme des noeuds dans le manteau épais de débris.
Dans quelques-uns des plus hauts pics, l'érosion prend une autre forme. Les rochers de la montagne Cathedral peuvent servir d'exemple. Au lieu d'un émiettement des roches, il y a de gros blocs, ayant quelquefois plusieurs pieds de diamètre, qui sont arrachés et qui roulent en bas sur les pentes plus douces de l'épaule d'en dessous. Ces rochers ont des murs verticaux de 500 à 1000 pieds de hauteur de tous cotés, de sorte qu'ils sont inaccessibles au montagnard.
Le forme d'érosion dépend en grand partie de la nature du roc sous-jacent.
Les avalanches de glace ou de neige entrainent aussi une certaine quantité de débris, et surtout les cours d'ear. de montagne qui ont des pentes très fortes et qui sont pour la plupart intermittents. Ces derniers déposent de larges cônes de déjection sur le fond de la vallée en-dessous. Ces matériaux renversent d'abord les arbustes et enfin les gros arbres. Les graviers à l'embouchure du ruisseau Steep s'élèvent à 3 pieds sur les tronc des arbres. C'est la même chose pour le ruisseau Zinc et pour un grand nombre d’autres cours d'eau.
La gravité entraine aussi peu à peu des débris de roche vers les parties inférieures. Ce procédé est plus actif au-dessus de la ligne de boisage.
Résumons. L'érosion dans ces montagnes alpines atteint
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une rapidité incroyable. Les principaux facteurs qui produisent la désintégration du roc et le transport des débris de roche à des niveaux inférieurs sont: la pluie, la gelée, le vent, les avalanches de neige, les cours d’eau, et la gravité. Le taux d'érosion est beaucoup plus grand au-dessus de la ligne de boisage. La flore tend à protéger la surface où elle pousse. Nous avons aussi signalé plus haut que les cours d'eau qui sortent d'en dessous d'un glacier contiennent une grande quantité de boue et de sable en suspension. Ceci indique l'effet de l'abrasion sur le substratum de la glace.
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