ÉTUDE RÉGIONALE
Le système des monts Colombiens des Cordillères de l'Amérique du Nord, auquel appartient le district de Franklin’'s étend, au nord, depuis la plaine lavique, de la Colombie, dans l'État de Washington, jusqu’à la grande courbe que forme cette rivière, À 80 milles environ au nord de Revelstoke, C. BB. A l'endroit de la grande courbe, d'après le dessin que Daly! a fait des frontières crographiques (et que nous adoptons pour ce rapport), la trancht= des monts Rocheux coupe, dans le nord-est, tout à la fois le sys me des Selkirks et celui des monts Colombiens.
Le système des monts Colombiens est borné, dans la Colombic britannique, à l'ouest, par la contrée ondulée du Plateau intérieur, avec lequel il se confond insensiblement, après s'être abaissé de 7,000 pieds et plus qu'il a à son centre, jusqu'à une altitude qui n’atteint même pas 6,000 pieds (au-dessus du niveau de la mer) dans la région du plateau. Daly place la ligne de frontière le long du fleuve Thompson, du lac Adams et la branche occidentale de la rivière Kettle dans la Colombie britannique, tandis que dans le Washington cette ligne est déterminée par la partie inférieure de la vallée de l'Okanagan. Le système des monts Colombiens est borné, à l'est, par les Selkirks dont il est séparé par l'immense vallée du même nom, qui renferme les lacs Arrow.
Le système des monts Colombiens comprend plusieurs chaînes se courbant généralement dans la direction du nord et du sud, et que séparent entre eux, en divers endroits, de longues et profondes vallées occupées ça et là par des lacs.
1 Daly (R. A.): The Nomenclature of the North American Cordiliera, Geog. Journ., vol. XXVII, 1906, p. 588.
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Dans l: dernière édition de son ouvrage “Das Antlitz der Erde,"" Sues. suit certains principes de géologie physiographique ct structurale pour le tracé des différentes chaînes des Cordillères septentrionales, bien que, dans son texte, cet auteur, à cause du manque de renseignements suffisamment précis, n'ait, qu'à titre d'essai, entrepris la délimitation des frontières orographiques. Les principes qui lui ont servi de guides sont contenus en ces deux mots, syntaxe (ou coalescence) et enchaînement; ils décrivent la manière dont les chaînes de montagnes, ou arcs, se rencontrent les unes les autres? Le terme syntaxe, ou coalescence, désigne l'union d’arcs convergents convergeant en un point terminal, tandis que le mot encaînement s'applique à tous les cas où un arc vient mettre f in autre arc qu'il rencontre sur son parcours. Cet auteur * que comme la coalescence, ou syntaxe, de deux chaînes ue awntagne indique le résultat de deux influences dynamiques contraires, on devrait la considérer comme ligne de frontière et que, conséquemment, le nom de cette chaîne de montagne ne devrait jamais s'appliquer à ce qui est au delà de cette frontière.
Dans son mot “Zwishchengebirge,” quisignifie régions entreles montagnes et correspond assez bien aux mots ‘plateau intérieur’’ de Dawson, Suess inclut la moitié occidentale du système des monts Colombiens de Daly: cela rejette la ligne de frontière plus à l’est, vers la base de la chaîne des mon:; Gold de Dawson, un complexe du système des monts Colombiens, et la place probablement le long de la branche nord de la rivière Kettle et du lac Christina (1185° O.) Le même auteur établit qu'aucun caractère structural ne marque cette importante frontière tectonique entre le système des monts Rocheux (ce terme ici comprend les Selkirks, les Purcells et les monts Rocheux de Daly)
1 Suess (E \: Das Antlitz der Erde, IT, part. 2, 1909.
Joerg (W.): Bul. Amer. Geog. Soc., XLII, n° 3, mars 1910. Revue et comptes-rendus combinés.
? Exemple: Les arcs formés pour consolidation dans le cas d’un pavage d'asphalte (et Suess s'est basé sur cette analogie) présentent des surfaces concaves dans les endroits de dépression. La tension qui résulte de la dépression se résoud en arcs, non pas selon la même amplitude, mais souvent selon une amplitude équivalente.
et les “Zwischengebirge’”’ (régions entre les montagnes); nulle ligne de faille ne sépare les deux divisions.
Que vaut-il mieux adopter, une classification génétique, une nomenclature basée sur des principes fixes d'origine et de structure géologiques telle que pratiquée par Suess, ou une classification basée sur des principes purement géographiques, telle que la propose Daly: La classification génétique, qui tient à prendre en considération tout à la fois les procédés de reformation et d'érosion, bien qu'impraticable pour le présent, serait certainement le système le plus logique. Elle ferait disparaître dans une grande mesure ces impressions fausses de frontières brusques et bien définies entres des unités différentes, que nous suggèrent la classification géographique; elle nous présenterait, au contraire, les transitions naturelles entre les diverses lignes tectoniques, la raison de la variation de leur direction et les rapports qui existent entre elles. Bien plus, cette classification nous forcerait d'abandonner la mauvaise coutume de continuer le nom d’un chaîne montagnes au delà de certains points importants de coalescense: en un mot, une telle classification aiderait matériellement à la solution de certains problèmes de géologie historique, comme elle aiderait à tronver les relations qu'il peut y avoir entre le mouvement orogénique et l'activité ignée, problème non seulement d'intérêt scientifique, mais aussi d’une grande portée économique en ce qui a trait à la distribution des gisements de minerais et à leur exportation.
Le besoin d'une telle classification, dans laquelle chaque chaîne locale comme chaque chaînon peuvent être rattachés définitivement au système plus vaste auquel ils appartiennent, se fait sentir de jour en jour davantage dans certaines régions minières de la Colombie britanniqe et se fera sentir encore beaucoup plus au fur et à mesure que les Cordillères de cette partie du pays seront mieux connues et plus densement peuplées; cependant une telle classification générique pour les chaînes de montagnes et les systèmes orographiques doit nécessairement évoluer avec les progrès de la géologie et de la physiographie.
Pour le moment, il semble préférable d'adopter la nomenclature géographique claire et concise de Daly, qui répond à tous les besoins actuels, et, me basant sur cette nomenclature, je vais
cel
essayer de déterminer aussi bien que possible la topographie orographique de cette partie des Cordillères.