DRAINAGE
Quelques mots seulement concernant l’histoire géologique de la région rendront clairs les rapports caractéristiques du
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drainage le plus important. Les faits sur lesquels se base l'histoire de l'époque tertiaire de ce district seront passés en revue dans les chapitres qui suivront.
Un trait caractéristique et persistant du drainage depuis qu'il a commencé à s'effectuer, et cela pendant le bouleversement de Laramide, c'est sa direction vers le sud.
Les conditions du drainage, dans les premiers temps du Tertiaire, étaient naturellement tout à fait différentes de ce qu'elles sont de nos jours. Cette région était à cette époque probablement moins élevée qu'actuellement, bien qu'elle occupât alors comme aujourd'hui la même dépression d'entremont. Des roches sédimentaires fortement plissées et bristes pendant le grand bouleversement de Laramide constituaient en grande partie les montagnes environnates. Nul doute que le relief topographique était alors beaucou;; plus considérable qu'aujourd'hui, et les conditions de haute altitude y dominaient probablement. On a décourvert que le cours du drainage primitif était absolument sud-ouest, ainsi qu'on le voit par les lignes de courants imprimées dans la formation gréseuse du mont Franklin. Dans cette vaste vallée affectant la forme d'un bassin, lacs et cours d'eau furent les uns et les autres sujets à de grandes variations quant à la dimension et à l'emplacement, variations dues (1) aux perturbations de la croute terrestre et surtout (2) à l'écoulement des laves de cette époque (rhyolites). Marais et lacs se formèrent et, par intervalles, s'entourèrent d’une forte végétation. Les tufs volcaniques se déposèrent dans ces basfonds et ces lacs peu profonds. Beaucoup de cendres volcaniques vinrent se déposer dans les rivières avec des grès arkosiques (rhyolitiques) plus grossiers. Des graviers roulèrent des hautes régions pour constituer au fond de la vallée des cônes erratiques; en outre, les glaciers des montagnes contribuèrent pour leur part dans l'accumulation de ces débris.
Tout naturellement le drainage dans ces premiers jours du Tertiaire doit s'être trouvé dans un état complet de désorganisation. Dans la suite des temps géologiques, des conditions plus calmes succédèrent aux mouvements épéirogéniques et ignés; des pentes plus stables se produisirent et l'écoulement des eaux s’organisa petit à petit en rapport avec une rivière principale—la
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rivière d'où est sortie la Kettle actuelle—coulant environ de 25 degrés dans le sud-ouest, dans l'emplacement qu'occupent aujourd'hui les crêtes des montagnes. L'ancienne vallée était probablement plus large et moins déprimée vers sa source, se retrécissant quelque peu au sud, vers le point qui délimite aujourd'hui le mont McKinley, au sud.
Au début de l'activité ignée du Miocène, d'énormes quantités de matière pyroclastiques, bombes, éléments volcaniques, tufs trachytiques et basaltiques, furent lancées au loin par un cratère qui s'était ouvert sur le mont Tenderloin. A cela succéda un écoulement de laves trachytiques et phonolites qui se déversa dans cette immense vallée.
Ces flots de laves eurent pouræffet de bouleverser le drainage une fois de plus; les eaux durent se tracer de nouveaux cours bien différents des anciens. Au lieu d'une unique décharge des caux, deux décharges s'établirent, la première d'un côté et la seconde de l'autre côté de l'amoncellement lavique. Celle de l'est donna lieu à la nouvelle rivière Kettle!.
Il y eut ensuite une grande période de dénudation semblable à celle qui se fit sentir dans plusieurs endroits des Cordillères dans les derniers temps du Tertiaire; le district tout entier se reduisit à une surface à relief peu prononcé avec, le long des noyaux ignés, le résidu de chaînes et de pics de ce qui avait été autrefois les puissantes chaînes de montagnes qui encerclaient ce district.
Le drainage s'organisa davantage, se simplifiant avec l'âge de la région; la topographie prit un aspect rudement accidenté? dû (1) au fait que la croûte terreste de ces régions avait antérieurement déjà passé par un cycle d'érosion (prétrachyte); (2) à la nature de la roche encaissante qui s'opposait à la formation de nombreux petits canaux de drainage par un réseau de plus petits cours d'eau; (3) à la nature du climat, dont on ne peut
!Lindgren (W.): The Gold Belt of the Blue Mountains, Ore; ?2nd Ann. Rept., U. S. Grol. Surv., pt. 2, 574, 582, 597, 598. (Donne de nombreux exemples analogues de changements produits dans le drainage par l'écoulement des laves).
2 Johnson (D. W.): Relations of Geology to Topography: Principles and Practice of Surveying, Vol. II, chap. 7, p. 246.
rien dire pour cette région, à cause de l'abs .:7e des sédiments du Pliocène; (4) à l’âge de la croûte terrestre, qui avait atteint un développement de grande stabilité.
Les lits des principaux cours d'eau correspondent étroitement à ceux des cours d’eau du cycle d'érosion précédent. Par exemple, le lit du creek McKinley, à cette époque, doit avoir été environ 500 pieds au-dessus du lit actuel, ou pour mieux préciser, la mine McKinley était alors enfouie sous une couche de 500 pieds, sans compter ure épaisse enveloppe de sol superficiel.
A la fin de ce cycle d'érosion, vers la fin du Pliocène ou le commencement du Pléistocene, il se produisit un grand soulèvement régional d'une nature toute différente; ce fut l’inauguration d'un nouveau cycle d'érosion: le drainage se fit d’une façon plus active, creusant des lits plus profonds dans l’ancienne surface d’érosion. (Certains massifs rocheux, situés très haut sur les versants des montagnes, surtout dans la vallée de la Franklin, représentent probablement l'érosion des cours d'eau durant les moments de stabilité dans cette période de soulèvement. J'ai précédemment fait remarquer les résultats de ce soulèvement.
On ne trouve aucune preuve de dislocation de la croûte terrestre dans cette région, vers cette époque; il se peut cependant qu'un certain ébranlement dela croûte ait agi comme facteur secondaire dans la situation des cours d'eau.
Le caractère constitutif du drainage actuel se rattache donc à toutes les phases de son développement physiographique, depuis son origine, pendant le bouleversement de Laramide, jusqu'à nos jours.
Le drainage de cette région s'est effectué d’une manière remarquablement stable, bien qu'en certains endroits la structure de la roche sous-jacente a influé sur la direction de certains cours d'eau. Aussi le batholithe de granodiorite en forme de dôme, à l'est de la branche orientale de l'affluent Nord de la rivière Kettle, a contraint le courant de suivre sa lisière occidentale, où le contact se fait avec la formation de conglomérat, moins résistant par sa nature. La rivière suit ce contact sur un parcours de quelques milles, formant une courbe de 800 pieds au sud de l'embouchure du creek Boulder.
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traire, nombre de coulées à bassins peu étendues sont intermittentes, n'ayant de l'eau que dans la période de la fonte des neiges, ou dans les saisons pluvieuses. Le type de ce genre de torrents est le creek Boulder: ses crues du printemps charrient des matériaux plus grossiers, et chaque printemps, ce ruisseau, de même que plusieurs autres petits tributaires, va grossir les eaux agitées de la rivière Kettle.
Quelques-uns des plus petits tributaires du creek Franklin, comme, par exemple, le creek Twin, se sont creusé des lits souterrains dans les calcaires du Carbonifere, laissant à sec et nus leurs lits de surface, à ces endroits. Ils reparaissent plus loin à la surface sur un certain parcours, pour disparaître de nouveau audessous des terraces alluvionnaires. J'ai donné le nom de ‘‘cours d'eau interrompus”’ (interrupted streams) à ce genre de ruisseaux.
Aux endroits où l'érosion a mis à nu les roches basales imperméables sous-jacentes recouvertes de grès et de conglomérat poreux, se rencontrent des sources d’eau fraîche, telles que celles de Deloro, près de la cabane de McLaren, sur le versant occidental du mont Franklin.