ÉPOQUE TERTIAIRE
Période Éocène-oligocène.
Telles furent les conditions orogéniques qui donnèrent à la Cordillère une topographie tourmentée et instable: il en résulta immédiatement Un nouveau cycle de vigoureuse érosion et de sédi. mentation sous l'influence atmosphérique, Les axes des chaînes de roches sédimentaires étaient, à cette époque, les mêmes que ceux des chaînes de roches granitiques, mais les Premières avaient un relief topographique beaucoup plus considérable.
Le mouvement d'exhaussement et le Changement topographique Produisirent, dans cette partie de la Cordillère, un changement de climat; celui-ci, de Sub-tropical qu'il était durant le Crétact, devint, dans l'Éocene, froid et humide, ce que prouvent les sédiments de couleur claire, Jes schistes Charbonneux et les grès contenant, en ua endroit, des c'ébris de végétation. Les conglomérats hétérogènes grossiers renfermant des blocaux et des gravicrs striés et tail; indig it des Conditions alpestres très tourmentées chez les hauts Pi. aux environnants, et même la présence de glaciers locaux ‘jui annortèrent leur quote part de Matériaux pour la formation de Conglomérats amoncelés en cônes alluvionnaires au Pied des chaînes de montagnes.
Bien que, dans ses grandes lignes, le même qu'aujourd'hui, lc drainage de la période éocène-oligocène se trouvait alors dans un véritable tat de désorganisation, à cause (1) du fait que les Cpanchemen. de laves Produisirent comme un barrage, et (2) de l'invasion des conglomérats de cônes de débris accumulés sur les bords du bassin. Où les poussières volcaniques s'amassèrent, il se forma des lacs et des Marais de dépression qui permirent de temps à autre une végétation temporaire. De légères oscillations de la croûte terrestre, postérieures au bouleversement de Laramide, mais qui précédèrent la fin de cette Période de déformation topographique, ont PU peut-être affecter le cours du drainage et la nature de la sédimentarion. Les dépôts d'eau douce s'effectuèrent rapidement, si l'on <a juge (1) par la grossièreté des matières déposées: (2) Paï la présence d'une stratification entrecroisée; et (3) Par l'espace entre les couches de Stratification du grès en Certains endroits. jus Cours rl'oau à lits fortement
inclinés roulaient des eaux chargées de matériaux grossiers qui rapidement s'accumulèrent dans un travail de nivellement. Le drainage occupait à cette époque des lits plus profonds que de nos jours, ce qui semblerait indiquer que la région était alors plus élevée, probablement à l'altitude qu''ile occupait après l'exhaussement du Pliocène.
L'activité volcanique de la première partie de cette période se traduisit par une phase explosive qui permit aux tufs acides aussi bien qu'à des blocs de rhyolite plus où moins gros d'envahir le bassin, où ils furent travaillés par l'action des courants. Vinrent ensuite des épanchements rhyolitiques de peu d'importance, que l'on retrouv aujourd'hui intercalés dans les grès arkosiques et les tufs. La sédimentation s'est continué ainsi jusqu'à ce que les vallées eussent été comblées. Vers la fin de cette période, l'activité volcanique atteignit son maximum de violance et donna lieu à une coulée immense de porphyre rhyolitique et de rhyolite du cratère du mont McKinley. Cette coulée, comme on peut le voir sur le mont Franklin et le mont McKinley, alla niveler une ancienne vallée, qui s'était creusé un lit presque jusqu'à la couche rocheuse; cette couche rocheuse était une partie de l'érosion de surface du Crétacé recouvrant la granodiorite jurassique.
Période Oligocène.
À la suite de cette longue période de sédimentation continentale se produisit un mouvement épéirogénique, probable-
ment contemporain à l'intrusion des stocks de monzonite.! Les mouvements affectèrement la direction nord-ouest sud-est etilen résulta un plissement des cout hes dans la direction du nord-nord-est. Cependant la rhvolite du mont Mckinley conserva beaucoup de sa rigidité, si on compare cette roche avec les grès, les tufs, les conglomérats et de faibles épanchements de rhyolite, tous plus aptes à se disloquer.
Des perturbations de la croûte terrestre marquèrent ll commencement du nouveau cycle d'érosion auquel est dû en majeure partie le déplacement, par toute la Colombie britannique
1 Les précurseurs des intrusions alcalines récentes du Miocène.
méridionale, d'une très grande épaisseur des couches sédimentaires et volcaniques du début du Tertiaire, I n'est Pas possible de dire jusqu'à quel point la formation de la rivière Kettle a subi les effets de cette érosion, dans les endroits çà cette formation existait autrefois. Cette période d'érosion est indiquée, dans le district de Franklin, par une discordance qui démontre que les sédiments bouleversés avaient été dénudés de telle sorte, qu'ils formaient une région stable peu accidentée où coulait une rivière de vallée, large et peu profonde. La rivière dont le lit fut comblé par l'épanchement de porphyre à rhyolite, dû changer son Cours, qui vint suivre le bord oriental de cet panchement de roche résistante. Cependant, vers la fin du long cycle qui précéda les épanchements de roches du Miocène, elle avait repris en partie son cours primitif, ce qui se voit à la façon dont le trachyte du Miocène le recouvre sur le mont Franklin.
Période Miorène.
À la suite d'une longue érosion, l'activité ignée se réveilla
brusquement et expulsa d'un cratère du mont Tenderloin des tufs basaltiques et trachytiques et autres matières auxquelles succédèrent une immense coulée de trachyte qui alla combler les dépressions et les vallées alluvionnaires de la surface telle que constituée précédemment. La shonkinite-pyroxénite (“Black Lead") et la syénite augitique injectées dans la surface des épanchements de laves, atteignirent même les gravieis grossiers et le limon de la formation de la rivière Kettle, non encore consolidés, produisant un métamorphisme de contact très intense dont les effets agirent sur la formation sur une distance de près de 50 pieds de son contact immédiat. C'est À cette période qu'on attribue en partie le “Black Lead."
Des prolongements ou apophyses de porphyre syénitique ont pénétré la couche rocheuse qui recouvrait la face concave du chonolithe. Les épanchements de trachyte modifèrent le Cours primitif de la rivière; donc, deux rivières se sont développées sur la marge de l'épanchement, celle de l'est allant former la branche principale de la rivière Kettle.
Plus tard pendant la période miocène, alors qu'il existait encore une épaisse couche enveloppante de laves et de sédi-
ments superposés, les magmas de pulaskite projetèrent dans la région tout un système de dykes, alimentés probablement par le grand batholithe de Rossland, à l'est, qui comprend une grande partie de la chaîne Granitique. L'invasion batholithique et l'activité ignée ont été probablement <n relation avec les mouvements orogéniques, comme le démontrent les systèmes bien définis de dykes qui ont subsisté dans cette région.
La dislocation des couches de la surface d'érosion postoligocène du mont Tenderloin se produisit probablement durant cette période, vu que l'on trouve des dykes de syénite du même âge traversant le même contact et d’une manière analogue à celle des failles.
Rien ne prouve que, à Franklin, les magmas de pulaskite aient atteint la surface pour y former des épanchements, comme ils ont fait dans le district de Boundary.
Les dykes de lamprophyre ont été les dernières intrusions de cette époque; ils s’effectuèrent probablement dans la dernière partie du Miocène et l’on peut les rapporter aux derniers épanchements de lave basaltique, dont on trouve des vestiges dans la région du Plateau intérieur.!
Période Pliocène.
Succédant à la longue période d'activité et de perturbation de la croûte terrestre du Miocène, se produisirent les conditions de calme et de stabilité d'une longue période d’érosion qui dura pendant la plus grande partie du Pliocène. C'est à ce long cycle d'érosion que la topographie? actuelle de Franklin, au moins, doit son origine; il s’est probablement fait sentir dans tout le reste de la Colombie britannique méridionale. Lesystème actuel de drainage s'esquissa et il se produisit une topographie à contours mal-définis. Le niveau des terres, à cette époque, était de quelque 2,000 pieds inférieur à celui de nos jours. Le diluvium de quartz aurifère des premiers temps du Pliocène implique une longue période de décomposition due en partie à l'influence atmosphérique, et une stabilité de niveau assez
1 Dawson (G. M.): Kamloops Map Sheet.
2 ‘Where interstream areas are large, the contours have few reëntrants, and the topography as a whoie appears large featured, or coarse textured."”
semblable par les conditions à celle de la Pénéplanation crétacée de la fin du Mésozoïque, alors que les grès, les lignites, les argiles et autres roches semblables, postérieures au mouvement orogénique, se déposèrent, formant un Contraste frappant avec les sédiments grossiers des premiers temps du Tertiaire.
Ainsi, à la fin des deux époques mésozoïque et tertiaire, le terrain était arrivé a son état de post-maturité et de pénéplanation locale.