Glauconie inférieure. (Arctocyon prtmœvus); conglomé
rat (Coryphadon Ütoeni), et peut-être d’autres mammifères, oiseau (Gastomis parisiensis). Argile
— Calcaire pisolithique et craie blanche.
TERRAIN TERTIAIRE
Le groupe des sables inférieurs offre dans sa hauteur cinq horizons paléontologiques dont les caractères se rapprochent d’autant plus de ceux de la faune du calcaire grossier qu’ils sont plus récents. Trois de ces horizons ou de ces faunes sont exclusivement marins, un est d’origine mixte ou d’eau saumâtre avec quelques alternances d’eau douce, un est exclusivement lacustre et terrestre. La rareté ou l’absence des céphalopodes, des brachiopodes, des échinodermes, des bryozoaires, des polypiers, et souvent des rhizopodes dans la plupart de ces faunes, est une circonstance digne de remarque.
Le calcaire grossier est le mieux caractérisé des groupes du bassin de la Seine, et ses quatre étages, toujours bien distincts aussi, sont reliés par des espèces communes. Dans l’inférieur dominent des roches arénacées ou calcaires à grains verts, avec des Mummulites, certains polypiers, échinides et dents de poissons. La faune malacologique du calcaire grossier est la plus riche, non-seulement du bassin, mais à épaisseur égale, de toutes les assises tertiaires explorées jusqu’à présent. Partout les restes de mollusques y sont en prodigieuse quantité, soit parfaitement conservés lorsque la roche est meuble ou peu solide (Courtagnon, Montmirail, Damery, Grignon, Chaumont, Parnes, etc.), soit à l’état de moules et d’empreintes lorsqu’elle est solide et constitue la pierre d'appareil et le moellon de tous nos édifices. Ses nombreux bancs ont chacun des qualités particulières; l’un d’eux est caractérisé surtout par la présence d’un énorme Cérite (C. giganteum), d’autres sont presque exclusivement composés de coquilles microscopiques (Miliolites et autres petits rhizopodes).
C’est avec la faune du calcaire grossier moyen que celle de Braklesham, sur la côte du Sussex, et celle des couches de Bruxelles, ont le plus d’analogie, et c’est probablement vers ce temps que la mer envahit un instant le petit golfe du Cotentin et que se déposaient les couches de quelques localités, aujourd’hui isolées, de la Loire-Inférieure, de la Vendée, etc. Dans le calcaire grossier supérieur une faune
ANGLETERRE, BELGIQUE ET NORD DE LA FRANCE. 6î|l
de mammifères terrestres, de mollusques d’eau saumâtre, et parfois d'eau douce, accompagnés de plantes nombreuses, vient en quelque sorte préluder à celle beaucoup plus riche du gypse.
Les sables et grès moyens montrent, comme les inférieurs et les supérieurs, plusieurs niveaux de fossiles assez différents, mais se rattachant à ceux du calcaire grossier. Les crustacés y ont laissé de nombreux débris; le^ polypiers y sont plus développés qu’en aucun autre terme de la série; la Nummulites variolaria s’y montre à profusion.
Nous avons traité de la faune si remarquable du gypse [anlè, p. 195), et il serait superflu d’y revenir si ce n’est pour faire remarquer son identité avec celle des calcaires de Binstead , dans l’ile de Wight.
La formation tertiaire moyenne s’annonce, dans le bassin de la Seine, par le retour complet des eaux marines qui déposèrent les marnes à Huîtres dans toute la partie centrale et méridionale du bassin. La masse des sables et des grès siliceux supérieurs qui leur succède présente deux niveaux de coquilles fossiles marines, l’un vers sa base, l’autre immédiatement sous les calcaires lacustres supérieurs. Ces derniers n’ont encore offert que des mollusques terrestres ou d’eau douce dans le bassin de la Seine; dans celui de la Loire, des restes d’animaux vertébrés y sont fréquents, et toute une faune de grands mammifères rattache ces calcaires aux dépôts sableux de l’Orléanais et de la Sologne qui les recouvrent, ainsi qu’aux faluns coquilliers marins qui se sont déposés dans leurs dépressions.
Nous pourrons trouver, sans doute, dans d’autres parties de la France, de l’Europe, ou dans des continents plus éloignés, des ossuaires plus riches que ceux que nous venons de mentionner, mais nulle part nous ne signalerons 9 faunes de mammifères, superposées, comme dans les bassins de la Seine et de la Loire. Dans celui de la Tamise, les mammifères ne se montrent pas encore au-dessous des lignites, et sur
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aucun autre point du globe les mammifères terrestres n’ont été rencontrés dans des couches tertiaires au-dessous de l’horizon du calcaire grossier supérieur. Ainsi, non-seulement cette petite région de l'Europe occidentale aurait été privilégiée au point de voir naître de grands carnassiers et de grands pachydermes plus tôt que partout ailleurs, mais encore le bassin particulier de la Seine aurait été privilégié entre tous les autres.
Deux faunes de mammifères avaient disparu lorsque celle des Lophiodon et des Paloplolherium , et bientôt après celle des Palaiotherium et des Anoplolherium , partant comme du même centre, s'étendirent dans l’Europe occidentale, mais sans pénétrer au delA, car partout ailleurs, comme on le verra dans ce qui suit, les mammifères terrestres ne sont point encore connus au-dessous de la formation tertiaire moyenne.
Avant de quitter le bassin de la Seine citons encore, à l’appui des idées auxquelles nous avons été amené depuis longtemps, les résultats que M. Deshayes a déduits de la répartition des mollusques acéphales dans les quatre principaux groupes marins de ce bassin , résultats qui ont une véritable importance théorique.
Sur 1041 espèces de coquilles bivalves, il y en a 323 dans les sables inférieurs, 412 dans le calcaire grossier , 241 dans les sables moyens, 65 dans les sables supérieurs. Des sables inférieurs 34 espèces se continuent dans le calcaire grossier; le celui-ci 96 remontent dans les sables moyens. Entre ces derniers et les supérieurs on conçoit qu'il n’y ait aucune espèce commune par suite de l'interposition du groupe lacustre où l’on peut encore voir, par certaines alternances, comment s’est effectué le passage. Ainsi, des 1041 espèces, 130 passent d’un groupe à un autre, 911 s’éteiignent successivement.
Ces 130 espèces ne représentent que les grandes oscillations, celles des groupes ; mais, si l’on suit la distribution ou le mouvement dans les sous-divisions ou étages, on trouve qu’il y a 296 espèces à oscillations courtes ou passant d’un
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de ces étages à un autre, de sorte qu’avec les 1 .'50 précédentes on a 420 espèces, ou les 2/5 du total, qui se meuvent plus ou moins dans la hauteur de la série, et 615 qui naissent et meurent dans les divisions géologiques où nous les observons. 11 n’est pas douteux que l’étude des gastéropodes ne conduise aux mômes conclusions et ne confirme ainsi le principe que nous avons déduit, dès 1842, de l’examen comparé des faunes de transition, et, plus tard, de celui des faunes silurienne et jurassique d’Angleterre.
11 nous serait impossible, on le conçoit, de continuer à présenter ainsi la composition des dépôts tertiaires de la surface du globe ; mais il était nécessaire de montrer, par l’examen de ceux qui ont été le plus anciennement étudiés, combien ils sont variés sous le rapport de leur origine, de leurs caractères minéralogiques et des fossiles qu’ils renferment, et cela sur des épaisseurs relativement très-faibles et dans des espaces très-circonscrits. A cette extrême diversité, bien plus prononcée que dans les formations secondaires et intermédiaires, s’ajoute un élément paléozoologique presque nul auparavant; les mammifères terrestres y prouvent, par leur développement graduel , que les conditions d 'habitat étaient devenues, après la période crétacée, fort différentes de ce qu’elles avaient été jusque-là. Ceci posé, il nous suffira de faire rapidement l’application des résultatsprécédents, d’abord au reste de la France, puis aux régions plus éloignées.
France centrale. — Lorsqu’on remonte les bassins de la Loire et de l’Ailier à travers le Nivernais, le Bourbonnais et l’Auvergne, on voit les dépôts tertiaires qui en occupent le fond, tous exclusivement lacustres, reposer, au delà de la zone secondaire, dans des dépressions de roches cristallines pri-
maires et occuper des niveaux plus élevés que leurs contemporains de l’Orléanais et de la Touraine. Ils sont échelonnés ainsi des plaines de la Beauce jusque dans le bassin du l’uy en Velay et sur le pourtour du Cantal, à des altitudes croissant successivement de 140 à 800 et même 1000 mètres.
Dans ces diverses conditions, les faunes de vertébrés nous présentent des différences très-prononcées, même à un moment donné, d’où résultent pour établir leur chronologie des difficultés particulières. Les vertébrés de la faune tertiaire moyenne ont présenté, dans le département de l'Ailier, 32 genres et 48 espèces de mammifères, 8 genres et 13 espèces de reptiles, sans compter les oiseaux. Dans le bassin de la Limagne la faune supérieure a offert deux horizons bien distincts, le plus récent renfermant 12 genres représentés par le même nombre d'espèces, le plus ancien 18 genres et 41 espèces de mammifères. La faune tertiaire moyenne a présenté 20 genres et 40 espèces de mammifères, 13 genres et 18 espèces de reptiles, plus un certain nombre d’oiseaux.
Le bassin du Puy ou de la Haute-Loire est certainement un des points de la fiance les plus curieux à étudier pour le minéralogiste, le géologue et le paléontologiste. C’est entre 500 et 800 mètres d'altitude que s’observent, sur les lianes et vers le fond des nombreuses vallées excavées dans les roches anciennes, des sédiments d'eau douce sur lesquels se sont étendues ensuite d’immenses nappes trachytiques, basaltiques et phonolitiques, les tufs et les conglomérats volcaniques, qui ont imprimé au paysage de cette région un caractère original et sévère qui impressionne toujours vivement le voyageur.
Les recherches de MM. Bertrand de Doue, Avmard, F. Robert, etc., permettent de représenter comme il suit la composition géologique de ce bassin.