Grés et calcaires à OpercuHnes et l.uyntagv
or uni tut.
1. Marnes et calcaires à Srrputa *ptr ultra. fc. Couches à crustacés et marnes A Térôbratulcs.
TRKEA1N SECONDAIRE
Craie blanche.
TERRAIN TERTIAIRE
En remontant le bassin de la Garonne vers l’est, dans les départements de Lot-et-Garonne, du Gers, etc., un vaste ensemble de dépôts lacustres appartenant à la période tertiaire moyenne se montre seul sans aucun affleurement de dépôts marins. Les recherches des naturalistes, entre autres de M. Noulet pour la zone est et nord de ces couches, et celles de M. Éd. Lartet pour la partie comprise dans le département du Gers, ont apporté des richesses paléozoologiques que nous résumerons dans le tableau suivant.
RÉCAPITULATION DK LA FAUNR TERTIAIRE MOYENNE DU BASSIN SUPÉRIEUR DE LA GARONNE.
Gvnre*. Espèce».
Mammifères.
Quadrumanes
Chéiroptères
Insectivores
Carnassiers
Rongeurs
Édenté {Macrothrrium).
Pachydermes prohoscidient .
— périssodartyles
— artiodactyles..
Ruminants.
Oiseaux
Reptiles....
Poissons ... | Mollusques, f
Oiseaux de proie indét.
Échassiers (Pelagomis miocanus).
Passereaux indét.
Chéloniens
Sauriens
Ophidiens
Batraciens
Reptiles indét
Indét.
Gastéropodes.
Acéphales . .,
Dans cette faune dominent surtout les grands pachydermes, les Mastodontes, les Dinothérium , les Rhinocéros avec des rongeurs et des insectivores nombreux ; les carnassiers et les ruminaôts sont faibles, ce qui est le caractère de
la faune contemporaine du plateau central, par opposition à la faune tertiaire supérieure où dominaient au contraire de puissants carnassiers et de nombreux ruminants à cornes. Dans le bassin de la Garonne cette dernière faune semble manquer jusqu’à présent.
Languedoc. — Les couches tertiaires du Languedoc ou mieux des départements de la Haute-Garonne, de l’Ariége, de l'Aude, des Pyrénées-Orientales, de l’Hérault et du Gard, jusqu’à la rive droite du Rhône, peuvent être représentées de la manière suivante, dans l’ordre de leur ancienneté relative.
1 Calcaire lacustre supérieur (Montpellier, etc.). formation J sat, les jaunes marins (Montpellier, etc.), marnes bleues ( Beaucatre,
SU PBHI KUKK. J de porpjgnaDf elc).
formation | • ( Calcaire moellon et marnes sableuses jaunes.
motknnb. I Müllass0 m»r>ne. j Marnes bleue8.
j Groupe lacustre rcoyen.-j
formation J ( Supérieur.
/ Groupe nummulitique. \ Moyen.
infkrirdrb. 1 ( Inférieur.
f Groupe d'Alet ou mous- j Argiles rouges, poudingues, grès et calcaires
! nummulitique. j lacustres inférieurs.
Cette série est, comme on le voit, beaucoup plus complète que celle de la région océanique et surtout que celle du bassin de l’Adour, où le groupe nummulitique constitue à lui seul la formation tertiaire inférieure, étant immédiatement surmonté par les faluns tertiaires moyens et reposant sur la craie sans intermédiaire. Dans la région méditerranéenne, avec une épaisseur égale, il ne constitue qu’un des trois termes de la formation, celui du milieu. Le supérieur est composé de couches d’eau douce, comme dans le bassin de la Seine et le sud de l’Angleterre, et caractérisé par la même faune de mammifères ; l’inférieur comprend des poudingues, des marnes rouges, des calcaires compactes, des grès d’origine généralement d’eau douce, que nous avons désignés sous le nom de groupe d’Alet et qui comprend tout ce qui, dans le nord de la France, est placé entre les lits coquilliers du Soissonnais et la
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craie. Ces différences entre les caractères des deux bassins du sud tiennent sans doute à l’existence d’une séparation plus ou moins complète, qui devait exister à la hauteur du plateau de Lanneinezan et se diriger au nord-est.
La puissance des dépôts tertiaires inférieurs est, dans cette région, cinq ou six fois plus considérable qu'en Angleterre, en Belgique et dans le nord de la France. Le voisinage des montagnes a donné lieu à d’énormes assises de poudingues qui manquent au nord, et des dislocations énergiques les ont accidentés et nettement séparés de la formation suivante, ce que nous n’avions pas encore observé dans les autres régions, mais ce que nous retrouverons sur tout le pourtour des Alpes. Néanmoins on peut constater encore dans la hauteur de la série des modifications organiques comparables à celles que nous avons observées dans des régions éloignées sur des épaisseurs infiniment moindres et dont la stratification n'a éprouvé aucun dérangement.
Les formations moyenne et supérieure se lient à celles du bassin du Rhône, dont nous dirons aussi quelques mots.
Dauphiné, Provence et Savoie. — Jusqu'à présent nOUS avions
toujours vu les deux groupes tertiaires inférieurs composés d’un vaste ensemble de dépôts marins, renfermant par places quelques couches fluviatiles ou d’eau saumâtre subordonnées, et le troisième au-dessus exclusivement d’eau douce. Mais dans tout le bassin du Rhône inférieur aucun dépôt marin de quelque importance n’a précédé la faune terrestre et d’eau douce parallèle à celle du gypse de Montmartre.
Dans le Dauphiné et la Provence on trouve, séparant des roches secondaires les assises gypseuses d’Aix, les lignites d’Apt, etc., des dépôts sableux, argileux, marneux et des conglomérats ou brèches d’origine d’eau douce, sans fossiles dans les départements de l’Isère, delà Drômê et de Vaucluse; mais plus au sud, dans la vallée de l’Arc, ces roches meubles sont séparées à leur tour des calcaires secondaires par une série toute particulière de dépôts d’eau douce, qui n'a d’ana-
logue que dans une partie du groupe d’Alet et une petite région au sud-ouest de Montpellier.
Les deux parties contiguës du Languedoc et de la Provence présentent donc ici des différences très-prononcées. Dans la Haute-Garonne, l’Ariége et l'Aude, le groupe nummulitique marin est complètement développé; au sud de la Durance il n'y en a aucune trace. De Saint-Chinian, sur la limite des départements de l’Aude et de l'Hérault, jusqu’à la vallée du Var, près de Nice, nulle part le groupe nummulitique ne s’observe, dans le voisinage de la Méditerranée; il faut remonter au nord de Grasse et dans les Basses-Alpes pour en retrouver des traces. Cette série d’assises calcaires marneuses, argileuses, arénacées de la vallée de l’Arc et dont celle où s’exploite le lignite de Fuveau n’a pas moins de 200 mètres d’épaisseur, renferme une multitude de coquilles fluviatiles et terrestres étudiées en partie par M. Matheron, puis des reptiles et des poissons.
Quant au groupe nummulitique des Alpes-Maritimes, du Dauphiné et de la Savoie, il paraît comprendre deux assises différentes dont les relations restent encore à établir, et se trouve enchevêtré avec les roches secondaires, comme le montrent la carte géologique de la France, celles de M. A. Favre, de M. A. Sismonda et de M. Lory, auxquelles nous devons renvoyer le lecteur1. Mais ici, de même que dans le bassin de l’Adour, le groupe inférieur n’est plus représenté; les assises nummulitiques reposent directement sur les roches secondaires dont elles ont partagé les dislocations, et audessus régnent des schistes calcarifères noirs, exploités comme ardoises, désignés sous le nom de fl ysrh, et des grès (rnacigno), également concordant, équivalents du troisième groupe ou calcaire lacustre avec gypse des autres régions.
Si nous revenons à l’ouest dans les parties basses du Dau-
1. Sur ces diverses cartes res couches sont représentées par la mémo teinte jaune, bien que les légendes portent des désignations differentes.
TERRAIN TERTIAIRE
phiné et de la Provence pour y suivre la nouvelle série d’eau douce qui succède aux couches rouges du groupe précédent, nous la trouverons également plus développée dans le bassin de l'Arc, autour de la ville d'Aix, que partout ailleurs, avec des gypses subordonnés, quelques lignites encore et surtout des faunes et des flores très-variées (Aix, Gargas, etc.). En réunissant cette série au groupe dont nous venons de parler, on a, dans cette petite région, une suite de dépôts lacustres con- • tinus qui augmentent d’épaisseur du N. au S., et dont la puissance totale est d’environ 2000 mètres, la plus grande peut-être que l’on ait encore reconnue à des couches de cet âge.
Comme dans le bassin de la Seine, dans celui de la Garonne et dans ceux de l’Aube et de l'Hérault, la formation tertiaire moyenne a été marquée dans celui du Rhône par le retour des eaux de la mer qui y a déposé des couches coquillières calcaires, marneuses, sableuses, comprises sous le nom de mollasse, et qui se sont prolongées au nord jusqu’à Lyon et plus loin encore dans le bassin de la Saône, de même qu’en remontant la rive droite du Rhône.
La faune des mammifères indique ici l’horizon des faluns et des sables des bords de la Loire et celui du bqssin supérieur de la Garonne. Le Dinothérium, le Listriodon, et parmi les mammifères marins VHalitherium n’y sont pas moins fréquents. Mais des dépôts d'eau douce n’ont pas tardé à se former dans les dépressions de ces assises de la mollasse marine. Des argiles bleues et grises, des sables, des poudingues avec des bancs de lignite fort étendus (Latour-du-Pin), une faune de mollusques particulière (Hauterive), et sur la rive droite de la Durance, près du village de Cucuron, le gisement de mammifères où domine V Hipparion, forme d’herbivore qui a succédé à Y Anchitherium, sont les témoins de la fin de la période tertiaire moyenne da’ns ce pays.
Quant à la formation supérieure, elle n’a laissé que de faibles traces d’origine marine dans la Provence, où des
marnes bleues coquillières la représentent. Dans le Dauphiné, comme en remontant le bassin de la Saône, des dépôts superficiels argileux, sableux et ferrugineux avec des restes de Mastodon arvernensis, de Rhinocéros megarhinus, d 'Elephas méridionales en sont sans doute les équivalents, mais d’origine différente. Enfin, dans le bassin du Rhin, de Bàle à Wissembourg, les dépôts tertiaires moyens d’eau douce et marins sont assez bien caractérisés, de même qu’au nord-ouest de Strasbourg la présence de Lophiodon et de Propaleotherium, dans les couches de Bouxwiller, indique des assises plus anciennes.
RAïuiné du terrain tertiaire de la France. — - La Comparaison
des dépôts tertiaires épars à la surface de notre pays fournit les résultats suivants. L’étendue, la puissance et la distribution géographique des trois formations sont très -différentes suivant les lieux , et il en est de môme de la nature de leurs dépôts. Ces derniers sont d’autant plus épais qu’ils sont plus rapprochés des montagnes, et, dans ce cas, les brèches et les conglomérats y sont beaucoup plus fréquents.
Relativement à l’origine et à la nature des sédiments, on voit que, dans la Belgique, au nord, et dans le bassin de l'Adour, au sud, toute la série est marine. Dans les bassins de la Seine, de la Loire, de la Garonne et du Languedoc, les dépôts marins et d’eau douce alternent dans chaque formation (inférieure et moyenne) un plus ou moins grand nombre de fois. En Provence , toute la formation inférieure est d'eau douce; la formation moyenne est alternativement marine et d’eau douce, tandis que, sur le plateau central, toute la série tertiaire est exclusivement lacustre.
La persistance relative des groupes et des étages n'offre pas moins de variété. Le groupe inférieur du nord de la France et de la Belgique manque dans le bassin de la Loire, est vaguement indiqué dans celui de la Garonne, et manque de nouveau le long des Pyrénées-Occidentales, tandis qu’il est très-développé dans la Haute-Garonne, l’Ariége et l'Aude. 11
TERRAIN TERTIAIRE
est sans doute représenté par une partie des couches d’eau douce de la Provence, mais n’a aucun équivalent dans la région des \lpes. Le calcaire grossier, le plus constant des groupes marins, est celui que nous désignons plus généralement sous le nom de groupe nummulitique , en y réunissant toutefois les lits coquilliers du Soissonnais au-dessous et les sables moyens au-dessus. De môme le groupe lacustre moyen ou l’horizon du gypse du bassin de la Seine est le plus constant des dépôts d’eau douce. Dans la formation tertiaire moyenne l’horizon marin du grès de Fontainebleau et celui des faluns de l’ouest ou de la mollasse de l’est ont également une grande extension. Enfin, à en juger par sa faune, la formation tertiaire supérieure n’aurait, à la surface de la France, qu’un très-faible développement comparée aux deux autres.